HESTIA DÉESSE DU FOYER
LE Hestia n’est pas seulement la déesse du foyer de chaque famille ; elle joue
FOYER COMMUN. , . , . • r « .
le meme rôle dans 1 ttat tout entier. U,haque cite avait son toyer commun ou le
principal magistrat offrait des sacrifices à Hestia. Remplie d’abord par les rois, cette fonction passa
ensuite non à des prêtres, mais à des personnages politiques. Dans sa Politique, Aristote nous
renseigne d’une façon très claire sur ce point. « Reste encore le soin qu’on doit au culte des dieux
et qu’on remet à des pontifes, à des inspecteurs des choses saintes, qui veillent à l’entretien et à la
réparation des temples et des autres objets consacrés aux dieux. Parfois cette magistrature est unique
et c’est le plus ordinaire dans les petits Etats ; parfois elle se partage en plusieurs charges tout à fait
LES DIVINITES DU FEU
distinctes du sacerdoce confiées à des sacrificateurs, à des inspecteurs des temples, à des trésoriers des revenus sacrés. Vient ensuite la magistrature totalement séparée, à qui est confié le soin de tous les sacrifices publics et qui sont en quelque sorte l’honneur du foyer national. Les magistrats de cette classe se nomment archontes, rois ou prytanes. »
Par suite, l’édifice public où était entretenu le feu sacré portait dans beaucoup de villes grecques le nom de prytanée. 11 servait d’ailleurs à plusieurs usages; c’est là qu’on recevait les ambassadeurs, les hôtes publics de distinction. On y tenait aussi parfois les audiences des tribunaux. Le plus grand honneur qu’on pouvait accorder à un citoyen, c’était de l’admettre à être nourri au Prytanée aux frais de l’Etat. D’un autre côté, quand des émigrants allaient fonder au loin des colonies, ils emportaient toujours avec eux une parcelle de feu empruntée au foyer commun de la cité et destinée à la ville nouvelle qu’ils allaient fonder.
CULTE D’HESTIA. En règle générale, Hestia était associée à tous les sacrifices offerts aux
divinités. On commençait par lui faire une libation, et cette cérémonie se renouvelait à la fin du sacrifice. Il en était ainsi, non seulement dans les fêtes familiales, mais encore dans les fêtes publiques. « Hestia, dit l’hymne homérique à Aphrodite, jouit de la graisse des sacrifices. » Dans un autre hymne, il est encore dit : « Sans toi (Hestia) pas de grands festins chez les mortels; on commence par Hestia à répandre le doux vin, pour elle sont les premières et les dernières libations ». Avant donc que d’offrir ces sacrifices aux dieux, on honorait la déesse même du feu dans lequel devaient brûler les offrandes des mortels. Mais en même temps Hestia recevait de ses adorateurs des tributs personnels. Les auteurs anciens nous disent qu’on lui sacrifiait de préférence des porcs, mais sans ajouter pour quelle raison c’était surtout cet animal qui servait de victime.
HESTIA Le caractère abstrait de la personnalité d’Hestia, l’absence presque complète
de mythes à son sujet, n’étaient pas faits pour attirer l’attention des artistes grecs. Il n’y a donc rien d étonnant à ce que nous ne trouvions pas dans les auteurs anciens grands renseignements sur les représentations figurées de la déesse. Ils nous parlent d’une statue d’Hestia par Glaucos qui vivait au cinquième siècle avant notre ère. D’après Pausanias, il y avait une autre statue de la déesse dans le vestibule du temple de Zeus à Olympie. Pline nous dit que Scopas avait représenté Hestia, mais nous ne savons pas dans quel temple. Enfin, il est fait mention de statues d’Hestia à Phères en Achaïe et dans le Prytanée d’Athènes, et la déesse aurait également figuré sur les frises du Parthénon, mais cette affirmation est sujette à caution. Il en va de même de certaines statues qui nous ont été conservées, comme par exemple la Vesta dite Giustiniam, aujourd hui au M usée Torloma. Les critiques les plus autorisés y voient plutôt Déméter ou Koré. Si l’on cite une représentation d’Hestia sur un trépied antique qui se trouve au Louvre, et une autre de la même déesse sur la coupe de Sosias, on a tout épuisé en ce qui concerne ce côté du sujet dans une étude sur Hestia.
Hephaistos ramene a l’Olympe par Dionysos, Marsyas et une Menade. Londres, Britisli Muséum. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)