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UN PROBLÈME DIFFICILE

LES DIVINITÉS DU FEU

fondation des mystères de Samothrace la légende d’un déluge provoqué par la rupture des digues du Pont-Euxin ; toutes les îles sont submergées, sauf le point le plus élevé de Samothrace où viennent se réfugier ceux qui ont pu échapper au désastre. Par reconnaissance, ils consacrèrent 1 île tout entière aux Cabires. On voit ensuite arriver à Samothrace d’illustres personnages, parmi lesquels Dardanos, lasion et Harmonia, enfants de Zeus et de l’Atlantide Electre. C’est Iasion qui institue les mystères, tandis que Dardanos va fonder sur la côte voisine l’empire des Troyens et qu’Harmoma épouse le héros thébain Cadmos. D’après la légende, Héraklès, Jason, les Dioscures, Orphée ainsi qu Ulysse

Héphaistos ramene dans l’Olympe par Dionysos. Stamnos à figures rouges. (Gerhard, Auserlesene Vasenbilder .)

et Agamemnon étaient venus s’initier aux mystères de Samothrace, dont les cérémonies ne nous sont connues que d’une façon imparfaite. « C’était, écrit François Lenormant, un ensemble de rites entourés d’un respect superstitieux et voilés aux profanes par la loi du secret le plus sévère, de cérémonies et de spectacles sacrés, accompagnés de paroles énigmatiques, dont l’intelligence du myste (initié) devait tirer le sens intime. . . Dans les formules parlées, les mystes entendaient et appelaient les noms véritables des dieux des mystères, cachés au commun des hommes... 11 y avait deux classes de mystes, correspondant évidemment à deux degrés successifs d’initiation. » Les initiés portaient une couronne d’olivier et avaient en outre autour de la tête une bandelette de pourpre qui passait pour avoir la vertu de sauver des plus grands périls. On racontait que les troupes d’Agamemnon

s’étant mutinées, il avait suffi au roi de se présenter devant elles le front ceint de la bandelette de Samothrace pour que tout rentrât dans l’ordre. De même Ulysse, menacé de périr dans un naufrage, avait échappé au péril après s’être ceint les reins du même ornement.

Un des côtés les plus importants des mystères de Samothrace, c’étaient les rites purificatoires. Un prêtre spécial était affecté à ce service, mais avant d’accorder l’absolution, il soumettait les fidèles à une sorte de confession à laquelle ils essayaient de se soustraire par des équivoques. Lorsque Lysandre se présenta devant ce prêtre, celui-ci lui dit de confesser le plus grand crime qu’il avait commis. Le rusé Lacédémonien ayant demandé : « Est-ce toi ou les dieux qui l’exigent ? » , le prêtre répondit : « Ce sont les dieux. » Sur quoi Lysandre dit simplement : « Retire-toi alors ; s’ils m’interrogent, je leur dirai la vérité. » Les Cabires eux-mêmes avaient, dans certaines circonstances, rempli ce rôle de purificateurs. On racontait qu’une fille de Zeus et d’Hera avait dérobé à sa mère sa boîte de parfums, puis s’était enfuie pour échapper à la colère maternelle. Arrivée dans l'île de Samothrace, elle s’était d’abord réfugiée dans la maison d’une femme nouvellement accouchée, puis au milieu d’un cortège de funérailles. Prenant pitié d’elle, Zeus ordonna aux Cabires de l’emmener aux bords du fleuve des enfers où ils la purifièrent ; elle devint ensuite Hécate. L’île de Samothrace joua d’ailleurs le rôle d’un véritable lieu d’asile. Arsinoé Philadelphe vint s’y réfugier pour échapper aux poursuites de Ptolémée Philadelphe et on cite encore d’autres personnages qui vinrent chercher à Samothrace un refuge contre leurs ennemis.

Il y avait à Samothrace des cérémonies relatives au culte des Cabires pendant toute l’année, mais la grande fête se célébrait en été, avec un très grand éclat. On y accourait de toute la Thrace et de l’Asie Mineure tout entière. Des prêtres, portant le nom de Samoi, exécutaient des danses armées au son de la flûte et du tympanon. Enfin, les Cabires possédaient à Samothrace un oracle au sujet duquel nous ne possédons aucun renseignement précis.

Le culte des Cabires se retrouvait également à Imbros, à Thasos et en Macédoine. A Pergame ces dieux passaient pour les fils d’Ouranos et auraient élevé Zeus enfant. A Milet, on racontait que les habitants de la ville d’Assesos étant assiégés avaient envoyé consulter l’oracle. Celui-ci leur avait répondu que le salut leur viendrait de la Phrygie. En effet, deux jeunes hommes, Pottes et Ounes, venus de ce pays et porteurs d’images des Cabires, leur aidèrent à repousser 1 assaillant.

Dans la Grèce continentale, le culte des Cabires ne prit jamais un aussi grand développement que dans certaines îles de la mer Eg ée. C’est en Béotie qu’il était le plus répandu. A Anthédon, ville côtière, il y avait un sanctuaire des Cabires, tout près d un temple de Déméter. Pausamas raconte que les Thébains honoraient les Cabires en dehors de leur ville d un « culte orgiastique et mystérieux » sur lequel sa superstition ne veut pas s’expliquer. Il nous apprend seulement que ces Cabires sont au nombre de deux, Prométhée et son fils Ætnaeos. « Ils avaient donné 1 hospitalité à Déméter dans ses courses errantes ; en récompense ils reçurent d elle le dépôt des objets ineffables et sacrés que l’on conservait dans la ciste mystique et les préceptes des rites qui devinrent ceux des saintes orgies qu’ils instituèrent et où ils furent désormais associés à la déesse. «

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