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II. — ATTRIBUTIONS ET CULTE DE POSEIDON

Le domaine propre de Poséidon, c’est la mer. Comme les autres dieux, il vient siéger sur l’Olympe, mais sa résidence habituelle c’est, d’après Homère, « Aigué, où, au fond de l’abîme, s’élèvent ses éternelles et superbes demeures resplendissantes d’or. Poséidon, continue le poète, entre dans son palais, place sous le joug ses coursiers aux pieds d’airain, au vol rapide, à la crinière d’or, saisit un fouet merveilleux, monte sur son char et le lance sur les flots ; les monstres marins reconnaissent leur maître, sortent de leur retraite et bondissent de joie ; la mer s’entr ouvre avec amour, les coursiers volent rapidement, et, sous le char, l’essieu d’airain n’est même pas humecté. »

Ce qui frappe d’abord dans le caractère de Poséidon comme souverain de la mer, c’est sa brutalité, sa sauvagerie qui se traduisent souvent par de terribles cataclysmes. Dans l’Odyssée, nous le voyons saisir son trident, agiter les flots, déchaîner tous les vents, exciter toutes les tempêtes. « De sombres nuages voilent à la fois la mer et les rivages, la nuit se précipite du ciel. Euros, Notos se heurtent avec le violent Zéphyre et l’impétueux Borée et soulèvent d’immenses vagues. » « Tel, dit encore Homère, l’épervier rapide prend son essor du haut d’une roche escarpée et se précipite dans la plaine à la poursuite d’un faible oiseau, tel s’élance le dieu. » On a vu plus haut comment Poséidon manifeste sa colère en faisant surgir de la mer des monstres marins dont l’apparition jette l’effroi parmi les populations. Malheur à ceux que cette même colère poursuit sur les flots de la mer ! Pour avoir tué le géant Polyphème, fils de Poséidon, Ulysse devra errer pendant de longues années sur les routes marines, menacé à chaque instant de se voir englouti par les vagues déchaînées. Ajax, après avoir échappé au péril, a eu la malencontreuse idée de s’écrier: « Oui, malgré les dieux, j’échappe au vaste abîme de la mer. » Il n’en faut pas davantage pour que Poséidon irrité le fasse périr. Quand il s’agit de jeter à bas le rempart qui protégeait la flotte grecque mouillée devant Troie « Poséidon lui-même, le trident à la main, conduisit les flots soulevés et fit rouler dans la mer les rochers et les

POSEIDON

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