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EOS PORTANT LE CORPS DE SON FILS MEMNON

Paris, Musee du Louvre.

DIVINITES DE LA MER ET DES EAUX

énormes poutres sur lesquels les Grecs, au prix de cruelles fatigues, avaient assis les fondations. Le mur fut bientôt de niveau avec le cours de l’HelIespont rapide, et le sable, en couvrant le rivage, fit disparaître à jamais ses traces. »

Un peuple aussi subtil que celui des Hellènes ne pouvait cependant pas refuser au dieu de la mer, une part, si légère fût-elle, de cette bienveillance envers les humains qui caractérise les divinités de l’Olympe. La mer n’est pas constamment démontée, le marin n’est pas sans cesse obligé de lutter contre les flots déchaînés. Poséidon, comme l’a dit M. Bouché- Leclercq, « déchaîne la tempête quand il lui plaît ; mais lorsque la mer s aplanit et boit son écume, que les vents s’apaisent et que le dauphin bondit sur les eaux glauques, alors 1 Hellène comprend qu’une intelligence tient en bride les coursiers chassés par la rafale et que les plus violentes convulsions de la nature ont pourtant leur mesure et leur loi. Poséidon devient alors ’aacpoMoS (qui soutient les fondements de la terre) ; ses traits se détendent ; il semble se rappeler que la blonde Aphrodite est

née dans son empire. » Achille dira à Ulysse : « Si le puissant Poséidon nous accorde une heureuse traversée, nous atteindrons dans la troisième journée les fertiles rivages de la Phtie. » On a déjà vu plus haut comment Zeus, en emportant Europe, traversa triomphalement la mer dont Poséidon a aplani les flots. Pour que Leto puisse donner naissance à Apollon et à Artémis, le dieu de la mer couvre comme d’un toit l’île d’Ortygie qu’il fait de nouveau émerger ensuite. S’il y a des naufrages, il arrive aussi que des navigateurs échappent, comme par miracle, aux plus grands dangers, et l’on voit des Tritons écarter les navires des écueils sur lesquels ils sont prêts à se briser. Poséidon donnera même plus tard aux Dioscures le pouvoir de calmer les flots. Souverain maître de la mer, rien ne se passe dans son domaine sans sa permission. Il tient dans sa main le sort des navires qui sillonnent les flots et devient ainsi le patron des marins. Si les Grecs ont pu aborder sur les rivages en face desquels s’élevaient les murs de la ville de 1 roie, c’est que le prêtre troyen de Poséidon n’a pas offert à son dieu un sacrifice pour empêcher le débarquement de l’ennemi. 11 est lapidé et à sa place Laocoon, prêtre d’Apollon, est désigné pour sacrifier un taureau au dieu de

la mer. Le navire Argo qui avait permis aux Argonautes d accomplir heureusement leur expédition est consacré à Poséidon à Corinthe. Avant d’entreprendre une traversée ou pour obtenir une bonne pêche, on offre un sacrifice au dieu, on lui adresse des prières, on lui fait des promesses en cas de réussite. Les pêcheurs de thon lui demandent de préserver leurs filets des déchirures causées par les

trop gros poissons ; ils lui offrent les prémices de leur pêche et à Corcyre lui sacrifiaient un taureau. Ailleurs, on remerciait par des sacrifices Poséidon quand il rejetait de la mer le goémon sur les rivages. Lorsque les Grecs, devenus puissance maritime, portèrent la guerre sur mer, ils attribuèrent à Poséidon les grandes victoires qu’ils remportèrent, en particulier pendant les guerres médiques. On lui décerna l’épithète de actjvrjp (sauveur) après qu’une tempête eut dispersé la flotte perse. Après la défaite de Xerxès à Salamine, les vainqueurs offrirent à Poséidon les prémices de leur victoire, en lui consacrant une trière phénicienne à Sumum et une autre à Corinthe. Convaincus que c’était grâce à Poséidon qu’ils avaient remporté la victoire terrestre de Platées, les Hellènes lui élevèrent une statue colossale. Suivant Eschyle, le roi des Perses dût ses défaites à l'orgueil démesuré qui l’avait poussé, lui mortel, à contraindre les dieux et en particulier Poséidon.

POSEIDON

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