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TERRESTRE

Poséidon avec le trident et un dauphin. (Conze, Heroen und Goettergestalten.)

L’activité de Poséidon ne s’exerçait pas seulement sur la mer. Une des épithètes qu’on trouve le plus souvent accolée à son nom est celle de rrstrrr/âajv (celui qui ébranle la terre). « Une perception confuse de la solidarité qui unit les phénomènes les plus redoutables de l’activité tellurique, rapportait à une impulsion donnée par son bras et la poussée des vagues marines et l’effort des ondes souterraines qui faisaient trembler le sol des hommes consternés. 8 (Bouché-Leclercq). — La chose n’avait rien d’étonnant dans un pays soumis, comme la Grèce et les lies qui l’avoisinent, aux tremblements de terre et aux convulsions volcaniques. En 464 avant Jésus-Christ la ville Sparte fut presque complètement détruite par une secousse sismique. On y vit un effet de colère de Poséidon. Des hilotes, descendants des populations indigènes réduites par les Spartiates à une dure servitude, s’étaient réfugiés dans le temple de Poséidon qui s’élevait près du Ténare. Sur l’ordre des éphores, les malheureux avait été arrachés du sanctuaire et mis à mort. Cette profanation faillit, dans la pensée des contemporains, amener la ruine de la

DIVINITES DE LA MER ET DES EAUX

cité. Quand en 373 un tremblement de terre suivi d’un raz de marée anéantit les deux villes d’Heliké et de Boura, on attribua également cette catastrophe à la vengeance de Poséidon. On racontait que sur l’ordre de l’oracle de Delphes, les Ioniens d’Asie étaient venus demander aux habitants des deux localités citées plus haut, ce que nous appellerions une réplique de la statue du dieu dont ils voulaient établir le culte chez eux. Non seulement on avait repoussé leur requête, mais encore on avait empêché les envoyés d’offrir un sacrifice au dieu de la mer qui se vengea en faisant disparaître complètement ces lieux maudits. Lorsqu’au 11e siècle, l’ile d’Hiéra émergea subitement

Poséidon, Apollon et Artémis. D’apres la frise du Parthénon.

de la mer entre celles de Thera et de Therasia, on y vit un effet de la volonté de Poséidon. Les Rhodiens s’empressèrent de lui élever un temple qui fut consacré à Poséidon ' acnfuXioS (celui qui soutient les fondements de la terre). Ils croyaient d’ailleurs que leur propre territoire et d’autres encore devaient leur naissance à des tremblements de terre.

Cette action de Poséidon apparaissait aux Grecs en de multiples endroits. C’était lui qui, d’un coup de trident avait ouvert la vallée de Tempé, permettant ainsi l’écoulement des eaux et assurant par là la prospérité du pays. Tous les détroits, ceux qui séparent P île de Lesbos de l’Asie Mineure, l’Euripe qui s’étend entre Pile d’Eubée et la côte grecque, ce que nous appelons aujourd’hui le détroit de Messine, entre la Sicile et l’Italie, étaient dans l’imagination des Grecs, l’œuvre de Poséidon. Homère nous a laissé une description saisissante du dieu considéré à ce point de vue. « Poséidon fait trembler l’immense terre. Il ébranle à la fois les hautes cimes des montagnes, l’Ida

du sommet aux racines, la ville des Troyens et les vaisseaux des Grecs. Le roi des morts, Hadès, dans ses demeures souterraines, est frappé d’épouvante ; il saute de son trône en jetant un cri d’effroi ; il craint que les coups formidables de Poséidon n’entr ouvrent la terre et ne montrent aux yeux des humains et des immortels les demeures ténébreuses redoutables, dont les dieux eux-mêmes ont horreur. »

On a vu d’autre part que dans sa lutte avec Athéna au sujet de la souveraineté de l’Attique, Poséidon avait fait jaillir une source salée sur l’Acropole. Il en existait une autre dans le temple du dieu à Mantinée et on en signale une troisième à Mylasa. Enfin, sur la côte argienne, une source

d’eau douce à laquelle on avait donné le nom de Deiné, jaillissait dans la mer. On la considérait comme un don de Poséidon, en l’honneur duquel on y noyait des chevaux.

Poséidon était en effet considéré, non seulement comme le dieu de la mer, mais encore comme celui de bêlement liquide en général et par suite des eaux douces, des sources et des fleuves. La fameuse source Hippocrêne, sur l’Hélicon, était due à un coup de sabot du cheval Pégase qui, d’après certains auteurs, était né des amours de Poséidon et de la Méduse. Il en était de même de la source Peiréné près de Corinthe. C’est près de la source Arné que Rhea, d’après la légende, avait caché Poseideon après sa naissance pour l’empêcher d’être dévoré par son père Kronos. On racontait aussi que le dieu avait fait jaillir deux sources de l’île Atlantis, et on lui attribuait encore l’apparition d’eaux bienfaisantes en d’autres endroits. Citons entre autres le puits de Kalichoros à Eleusis, un lac, dit de Poséidon à Agiaé, dont il était défendu de pêcher les poissons et sur les bords duquel s’élevaient un temple et une statue du dieu. A proximité du port de Nymphaion, près du cap Malée, il y avait une grotte d’où sortait une source et près de laquelle on avait dressé une statue du dieu.

Les fleuves faisaient également partie du domaine de Poséidon. Le lit de l’Alphée lui servait, disait-on parfois de résidence, et quand il veut séduire Tyro, il prend la forme du fleuve Enipeus. Ici encore nous voyons le dieu apparaître sous ses deux aspects de divinité terrible ou bienfaisante. S’il lui arrive de faire jaillir des sources comme dans la légende d’Amymone ou d’ouvrir le passage à un fleuve comme pour l’Alphée, on le voit dans d’autres circonstances monder un pays ou en dessécher tous les points d’eau. C’est ce qui arriva en Argohde, quand Poséidon vit attribuer à Hera la souveraineté de ce pays qu’il réclamait pour lui-même. Une légende disait qu’il s’était cependant laissé attendrir par l’épouse de Zeus et avait ordonné aux flots de se retirer. Les Argiens lui avaient

Poséidon et Amphitrite.

Kylix. Londres, British Muséum, (Overbeck, Atlas der Kunstmythologie.)

DIVINITÉS DE LA MER ET DES EAUX

élevé un temple à l’endroit qui marquait l’arrêt de l’inondation. D autre part, furieux contre les habitants de Trézène, Poséidon avait rendu leur champs infertiles en faisant pénétrer de l’eau salée jusque dans les racines des plantes. Sa colère ne s’apaisa qu’à la suite de prières et de sacrifices.

Poséidon et Amphitrite sur leur char de noces. D’après une mosaïque de Pompei. (Overbeck, Atlas der Kunstmythologie.)

On a déjà lu plus haut les amours de Poséidon et d’un certain nombre de nymphes. Celle qui joue le rôle le plus important est la nymphe Méha dont on fait tantôt la femme, tantôt la fille de Poséidon, tandisque d’autres auteurs lui donnent pour père Océan. On racontait aussi que Méfia avait épousé le dieu-fleuve Inachos et qu elle avait eu pour fils le fleuve thessalien Ismenios. Elle eut de Poséidon le géant Amykos dont nous avons raconté précédemment les aventures.

POSEIDON « Pour toi, Poséidon les immortels ont divisé les honneurs en deux parts ;

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