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DES

SANCTUAIRES

D’HADÈS

LE DEPART D'ADONIS (Phot. Builoz.)

Nouvelle TXlythologie illustrée. D'après le tableau de Rubens. Musée du Puy.

HAD ES ET LES DIVINITÉS SOUTERRAINES

Le même auteur nous parle également d’un autre Plutonium réputé qui se trouvait dans la même région, à Hiérapolis. « Le Plutonium, situé sous un petit ressaut de la montagne qui le surplombe, est une ouverture étroite, juste assez large pour admettre un homme, mais excessivement profonde. L accès est défendu par une grille carrée, d’un demi-phlètre de pourtour. Le trou est rempli d’une vapeur brumeuse et épaisse, telle qu’il est difficile de distinguer le sol. Quand il ne fait pas de vent, ceux qui font cercle autour de la grille ne sont nullement incommodés par l’air, parce que cette vapeur ne s y mêle pas; mais tout animal qui pénètre dans l’enceinte est immédiatement frappé de mort; les

Le chien Cerbere. (Conze, Heroen und Çoettergeslalten.)

taureaux qu’on y introduit tombent et en sont retirés sans vie ; nous y avons nous-même lancé des moineaux qui sont tombés aussitôt asphyxiés. Mais les Galles eunuques y pénètrent sans danger; ils s’approchent même de l’ouverture, se penchent dessus, y entrent même jusqu’à un certain point en retenant le plus qu’ils peuvent leur respiration, car nous avons vu sur leur figure l’indice d’une certaine suffocation qu’ils supportent soit en vertu d’une tolérance particulière aux castrats, soit à cause d’une attention de la Providence qui se comprend lorsqu’il s’agit d’enthousiasme, soit par l’effet de quelques antidotes. »

Dans la Grèce proprement dite on honorait le dieu du monde souterrain en communauté avec Déméter ou Perséphone dans un certain nombre de sanctuaires, dont les plus nombreux, au nombre de six, se trouvaient dans le Péléponèse. On trouvait, d’autre part, une statue du dieu dans le temple d’Athéna à Choronée, et à Athènes son image se dressait à côté de celles d’Hermès et de Gæa dans un temple où les accusés acquittés par le tribunal de l’Aréopage avaient coutume d’apporter des offrandes. Enfin, à Eleusis, Pluton était honoré en même temps que Déméter et Perséphone.

Comment se pratiquait en général le culte du dieu des enfers ? Nous ne possédons à ce sujet que de très maigres données. Un passage de l’Iliade nous montre Altheia, mère de Méléagre, invoquant les dieux. « Elle frappait de ses deux mains la terre féconde; elle conjurait à genoux, le sein sillonné de larmes, Hadès et Perséphone de donner la mort au fils né de ses entrailles. » Pour attirer l’attention du dieu on frappait donc la terre des mains, ou encore des pieds. Afin de se le rendre favorable, on lui sacrifiait des victimes, principalement des moutons, qui devaient être de couleur noire. Les animaux consacrés à Hadès étaient le chien, le loup et le serpent ; parmi les arbres, il faut citer le cyprès qui pare aujourd’hui encore nos cimetières, et parmi les fleurs le narcisse.

REPRÉSENTATIONS Les mêmes raisons qui expliquent le peu de développement du culte

d’Hadès nous font comprendre pourquoi les artistes grecs se sont peu attachés à représenter dans leurs œuvres la figure du dieu des enfers. Il n’occupe dans l’art hellénique qu’une place très modeste à côté de celle de ses deux frères, Zeus et Poséidon, dont il ne se différencie d’ailleurs que par l’expression plus sombre de ses traits, par ses longs cheveux et sa barbe assez inculte. Habitant des froides régions, Hadès est généralement représenté avec d’amples vêtements destinés à le garantir contre les rigueurs de la température.

C’est sur des peintures de vases et des bas-reliefs qu’on trouve le plus grand nombre de représentations artistiques du dieu des enfers. La mention la plus ancienne que nous possédions à ce sujet est celle de Pausanias qui dit qu’Hadès figurait sur les bas-reliefs du trône d’Apollon d’Amyclée par Bathykles. On a retrouvé près de Sparte une série de bas-reliefs, où l’on a cru reconnaître Hadès et Perséphone, mais cette identification n’est pas généralement admise. Il n’en est pas de même de quelques vases à figures noires, de style archaïque, où la figure du dieu infernal ressort très distinctement.

Un sculpteur de l’époque classique, Agoracritos, élève de Phidias, avait exécuté pour la ville de Coronée un groupe au sujet duquel les auteurs anciens n’étaient eux-mêmes pas d’accord. D’après Pausanias ce groupe représentait Hadès et Athéna, tandis que Strabon y voit Zeus et Athéna. Sur les peintures de vases de cette époque, on constate la transformation qui s’était opérée dans la conception du dieu des enfers sous l’influence des mystères d’Eleusis. Hadès apparaît comme un dieu bienfaisant, dont le principal attribut est la corne d’abondance.

Bryaxis d’Athènes, contemporain de Scopas, fut l’auteur d’une statue de Serapis, donnée par une ville grecque à Pholémée Philadelphe qui la fit élever sur le promontoire de Rhakotis. Suivant certains auteurs, les traits de Serapis se confondraient avec ceux d’Hadès et nous aurions là r expression idéale du type de notre dieu. L’artiste avait employé presque tous les métaux connus dans l’édification de cette statue, l’or, l’argent, l’airain, le plomb, l’étain et avait recouvert le tout d’une couche de peinture foncée. C'était probablement une statue assise, dont on a rapproché celle de la Villa Borghèse. Si nous citons la tête de marbre de la collection Chigi et quelques peintures murales d’époque postérieure, nous aurons donné un tableau succinct de tout ce qu’on sait au sujet des représentations artistiques du dieu des enfers.

HADES ET LES DIVINITES SOUTERRAINES

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