‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 167 sur 206 · AMOUR ET PSYCHÉ · texte numérisé non relu

AMOUR ET PSYCHÉ

Groupe de la période hellénistique trouvé sur l'Aventin Rome, Musee du Capitole.

(Phot. Alinari, Florence.)

DIONYSOS

On peut rattacher à la légende de Lycourgos celle de son frère Butes. Devenu roi des Thraces à la suite de la mort de Lycourgos, Butes conduit une colonie dans l’île de Naxos. Pour se procurer des compagnes, il fait avec ses guerriers une descente sur les côtes de Thessalie. On y célébrait précisément les fêtes de Dionysos. Les arrivants se précipitent sur les Ménades qu’ils enlèvent, mais Dionysos intervient, frappe de démence Butes qui se précipite dans un puits.

DIONYSOS On a vu plus haut que la légende la plus généralement admise au sujet de

ET , la naissance de Diony sos est celle qui place

PENTHEE. .

LES MINYADES ce 3 Thebes. Mais, la encore, le dieu, à son retour de l’Asie, rencontre un ennemi acharné dans la personne de Penthée, fils d’Echion, l’un des Spartes nés des dents du dragon et d’Agavé, la propre sœur de Sémélé. Outré de voir les femmes thébaines courir en foule aux fêtes orgiastiques qui avaient lieu sur le mont Cithéron,

Penthée s’y rend à son tour et se cache dans un buisson ou, suivant une autre version, entre les branches d’un pin. Sa cachette ne tarde pas à être découverte et les Ménades, en proie au délire, se précipitent sur l’intrus. La plus acharnée est sa propre mère Agavé qui le prend pour une bête féroce.

Le malheureux est mis en pièces. On disait que, sur un oracle de la Pythie, les femmes thébaines avaient ensuite été rendre les honneurs divins à Penthée auprès du buisson qui lui avait servi de cachette.

A Orchomène, ce sont les trois filles du roi Minyas,

Alcippe, Arsinoé et Alkathos qui s’attirent la colère de Dionysos en refusant de s’associer à leurs compagnes pour célébrer le culte du dieu. Celui-ci emploie tous les moyens pour les convaincre. Il se présente d’abord à elles sous les traits d’une jeune fille. Voyant que la douceur ne réussit pas, il a recours à la terreur et se transforme successivement en taureau, en lion et en panthère. Les Minyades restent inébranlables. Dionysos les rend alors furieuses et, dans sa démence, Alcippe tue son propre fils Hippasos. Les trois sœurs furent ensuite métamorphosées par Hermès en chauve-souris, en chouette et en chat-huant.

C’est dans la même catégorie qu’il faut ranger l’aventure des Proitides, Lysippè, et Iphianassa, filles de Proitos, roi de Tirynthe. Elles aussi refusent avec indignation de prendre part aux fêtes par lesquelles on honorait Dionysos. Frappées de démence, elles parcourent la campagne à demi-nues, en beuglant comme des vaches. Leur folie devient contagieuse; toutes les femmes de Tirynthe les suivent dans leur course vagabonde. Epouvanté, Proitos s’adresse au devin Melampos qui s’engage

à guérir les démentes si leur père veut lui céder un tiers de son royaume. Cette exigence révolte d’abord Proitos, mais loin de lui faire la moindre concession, Melampos au cours d’une seconde démarche augmente encore ses prétentions et le malheureux père est obligé de s’incliner. Le devin se met alors à la poursuite des jeunes filles, en compagnie de jeunes gens qui poussent de grands cris. C’est seulement près de Sicyone que Melampos atteint Lysippé et Iphianassa. Il les purifie et épouse l’une d’elles, tandis que l’autre devient la compagne de son frère Bias.

DIONYSOS On a déjà vu plus haut que les habitants de l’île de Naxos prétendaient que

Dionysos était né sur leur territoire. Celui-ci fut le théâtre de plusieurs aventures qui occupent une grande place dans l’histoire légendaire du fils de Zeus et de Sémélé. La plus importante est celle qui a trait à l’enlèvement du dieu par des pirates tyrrhéniens pendant qu’il se rendait à Naxos et qui nous est retracée dans l’un des hymnes homériques.

« En chantant Dionysos, le fils de la glorieuse Sémélé, je rappellerai comment un jour, sur le bord de la mer inépuisable, à l’extrémité saillante d’un promontoire, il apparut, semblable à un adolescent, dans la fleur de la jeunesse : sa belle chevelure noire flottait tout entière sur ses fortes épaules que revêtait un manteau de pourpre. Soudain, des hommes montés sur un beau navire, des pirates tyrrhéniens, approchent rapidement à travers les sombres vagues : c’est une mauvaise destinée qui les amène. Ils ont vu le dieu, ils se font signe l’un à l’autre, ils sautent à terre: aussitôt ils saisissent leur proie et l’emportent dans leur navire, et leur cœur se remplit de joie. Ils l’avaient pris pour le fils d’un des rois nourrissons de Zeus, et ils voulaient le charger de liens pesants ; mais le dieu n’est pas enchaîné par les liens et l’osier tombe loin de ses mains et de ses pieds, et lui, il s’assied en souriant de ses yeux noirs. Le pilote, qui l’a observé, adresse à ses compagnons de pressantes exhortations, et il leur dit : « Malheureux, quel est celui que vous avez enlevé et que vous voulez enchaîner? Quel est ce dieu puissant ? Notre solide navire ne peut pas le porter. Car c’est Zeus ou Apollon à l’arc d’argent, ou Poséidon, puisqu’il ne ressemble pas aux autres hommes mortels, mais aux dieux qui habitent le palais de l’Olympe. Allons, déposons-le sans retard sur le noir continent, et ne portez pas les mains sur lui, de peur que sa colère ne suscite les vents violents et les longues tempêtes. » 11 dit, et le chef du navire le réprimande durement : « Misérable, fais attention que le vent nous seconde ; tends la voile du navire en employant tous les agrès ; quant à celui-ci, nos hommes s’en occuperont ensuite ; j’espère qu’il arrivera en Egypte ou à Chypre, ou chez les Hyperboréens, ou encore plus loin, et qu’à la fin il nous dira où sont les siens et toutes ses richesses, et ses parents, puisque la divinité l’a fait tomber entre nos mains. « A ces mots, il dressa le mât du navire et tendit la voile. Le vent souffla en pleine voile et ils mirent tous les agrès dehors. Mais, à 1 instant, leurs yeux sont frappés d’éclatants prodiges. D’abord, le long du sombre et rapide navire, coulent les flots murmurants d’un vin délicieux, parfumé, qui exhale une odeur divine. A ce spectacle, la stupeur saisit les matelots. En même temps on voit grimper jusqu’au haut de la voile une vigne qui projette ça et là ses rameaux, auxquels se suspendent des grappes nombreuses ; autour du mât s enlace un

DIONYSOS

lierre au sombre feuillage, tout fleuri, et d’où naissent de gracieux fruits ; toutes les chevilles des rameurs ont des couronnes. A cette vue les matelots ordonnent au pilote de gagner la terre. Mais le dieu est devenu un lion, un lion qui, à la proue, pousse de furieux rugissements; au milieu du navire, donnant des signes de sa puissance, il crée une ourse au cou velu qui se dresse furieuse, tandis que le lion, à l’extrémité du pont, lance des regards terribles. Les matelots s’enfuient à la poupe auprès du sage pilote et s’y arrêtent éperdus; alors, tout à coup le lion bondit et saisit le chef. Les autres, à cette vue, voulant éviter la fatale destinée, sautèrent tous à la fois dans la mer divine, et ils devinrent dauphins. Dionysos eut pitié du pilote ; il le sauva, il le rendit cher à son cœur et lui dit : « Rassure-toi, excellent pilote, toi qui es cher à mon cœur, car je suis Dionysos, le dieu retentissant

qu’enfanta une mère cadméenne, Sémélé, unie d’amour à Zeus. » (Trad. Decharme.)

DIONYSOS

ET

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