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L'ENLÈVEMENT DE PERSÉPHONE

Groupe exécuté d après les dessins de Le Brun, par Girardon. Jardins de Versailles.

autre bondit par dessus l’autel, tandisqu’un troisième accourt à toute vitesse. Dionysos assiste à cette scène, un bâton dans la main gauche, un canthare dans la droite. Il semble stupéfait de l’audace irrespectueuse des Silènes. Sur le même vase, l’artiste a représenté des Silènes qui veulent faire violence à l’épouse même de Zeus, à Hera. Celle-ci est défendue par Hermès qui se Pl ace devant elle, mais c’est à l’intervention d’Heraklès qu’elle doit son salut. Son arrivée met les assaillants en fuite.

Le plus illustre des héros semble en effet inspirer aux compagnons de Dionysos un indicible effroi. Nous possédons plusieures peintures de vases qui en témoignent. Dans l’une de ces scènes, on voit six Silènes rassemblés autour de Dionysos, chacun ayant à côté de lui un récipient plein de vin.

Soudain, Heraklès arrive, couvert de la peau de lion, armé de l’arc et de la massue. Dionysos salue le fils d’Alcmène, tandis que les Silènes frappés d’effroi, prennent les poses les plus comiques. Sur un autre vase, Heraklès est représenté, étendu à côté de Dionysos. Un Silène, rampant sur ses genoux, va voler un gateau, tandisque son compagnon regarde au loin, comme s’il ne se passait rien. Sur un autre vase, on aperçoit Heraklès chassant devant lui deux Silènes, attachés l’un à l’autre par les mains, pendant que deux autres s’enfuient. Enfin, les peintres de vases nous montrent encore des Silènes qui ont réussi à dérober les armes à Heraklès endormi, mais il suffit que le héros fasse un mouvement dans son sommeil ou ouvre les yeux, pour que les voleurs

terrifiés jettent là le fruit de leur larcin et s’enfuient à toutes jambes. Un autre héros célèbre, Persée est également l’objet de l’attaque des Satyres. Pour s’en débarrasser, il leur présente la tête de la Gorgone, et il est amusant de voir comment les gaillards frappés de terreur ferment les yeux ou plient les genoux.

Satyre portant une outre.

(Conze, Heroen und Goettergestalten.)

SATYRES Les Silènes qui par leur nature se rapprochent du cheval, tandisque les

ET SILENES Satyres ressemblent davantage au bouc, apparaissent les premiers dans les DANS L’ART.

représentations artistiques les plus anciennes qui nous soient parvenues. On les voit d’abord, avec une queue et des oreilles de cheval, des sabots non fendus, sur des monnaies de Thasos et sur des gemmes. Un des monuments les plus anciens qui nous aient été conservés, un sarcophage de Clazomène, nous montre un Silène, à l’aspect tout à fait bestial. Son nez épais est retroussé, son œil rond, ses cheveux et sa barbe ressemblent à une crinière, son oreille

est pointue. Ses jambes se terminent par des sabots. Une queue se détache de la chute des reins. C’est sous des traits sensiblement analogues que nous apparaissent six Silènes, en compagnie de six nymphes sur une amphore reproduite par Roulez dans ses Vases de Leyde : grosse tête, nez camus, oreilles d’âne, forte crinière, barbe tombant presque sur le ventre, queue de cheval. Sur les vases

archaïques d’origine attique, les Silènes, tout en conservant leur caractère bestial, ont quelque chose de plus gracieux, avec une tête qui ne les différencie pas des hommes. Parfois, ils ont des jambes de cheval, tandisque sur d’autres représentations ils ont des jambes humaines et sont complètement vêtus.

Les vases attiques les plus anciens nous montrent surtout les Silènes en compagnie de Dionysos. On les voit encore dansant avec des Ménades, ou les emportant. Mais c’est principalement comme serviteurs du dieu qu’ils nous apparaissent, comme dans la scène où ils accompagnent Dionysos ramenant Héphaistos dans l’Olympe. Le cortège dionysiaque n’a pas encore le caractère orgiastique qu’il prendra plus tard, mais cela n’empêche pas les artistes de nous représenter les Silènes dans les attitudes les plus obscènes. Ils portent sur le dos des outres pleines de vin, ou tiennent à la main une œnochoé ; rarement on les voit boire euxmêmes. Assistant aux vendanges, les Silènes cueillent le raisin, le portent au pressoir et le foulent. Ils jouent de la flûte et de la cithare ; les animaux qu’on trouve le plus souvent en leur compagnie sont le mulet, l’âne, le bouc et quelquefois le taureau.

Dans la période qui suivit celle de l’art archaïque, le type du Silène, sous l’influence des artistes athéniens, subit un certain nombre de modifications. Leurs longs cheveux disparaissent, pour faire place à une calvitie plus ou moins complète. L’expression du visage devient plus vivante, moins bestiale. On les trouve encore souvent groupés avec des Ménades et surtout en compagnie de Dionysos, autour duquel ils s’agitent en dansant et en jouant de la flûte. C’est à cette époque que les artistes commencent à représenter les Silènes dans les scènes mythiques dont nous avons parlé plus

Silene et Dionysos, dit le Faune à l’enfant. (Clarac, Musée.)

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