‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 182 sur 206 · ECHO · texte numérisé non relu

ECHO

PITYS.

« Les nymphes Orestiades, dit l'hymne homérique, suivent Pan d’un pas furtif vers la fontaine profonde, et à sa voix mêlent leur voix sonores. » Plusieurs légendes nous montrent le dieu, enflammé de désir, et cherchant à assouvir sa passion sur quelques unes de ses gracieuses compagnes. L’une d’elles, la nymphe Syrinx, en butte aux poursuites de Pan, fuit éperdument devant lui. Elle arrive au bord du fleuve Ladon et va tomber entre les mains de son persécuteur.

Elle implore le fleuve de le soustraire à ses atteintes. Son vœu est exaucé. Au moment où Pan étend la main pour se saisir de sa proie, il ne lui reste entre les doigts qu’un roseau. 11 se lamente, mais s’arrête tout à coup, en entendant le bruit

musical produit par le vent qui agite les roseaux. Le dieux en coupe plusieurs, les réunit entre eux avec de la cire, et de 1 instrument ainsi inventé, la syrinx, tire des sons qui désormais charmeront les

oreilles des sauvages bergers de l’Arcadie. On localisait cette légende près du mont Ménale,

à Melpea.

Echo était, d’après la légende, une des nymphes Orestiades et avait pour père un mortel. Nul ne savait mieux qu’elle jouer de la flûte et de la syrinx, aucune voix n’était plus harmonieuse que la sienne. Pan s’éprend pour elle d’une passion farouche, mais la vierge le repousse avec dédain.

N’osant pas se venger directement, le dieu excite contre elle les bergers qui, dans leur démence,

s’emparent de la malheureuse, la déchirent et éparpillent de tous côtés les différentes parties de son corps. M aïs, la Terre bienveillante recueille ces « disjecta membra corporis » et leur donne une sépulture. La nymphe survit, en ce sens qu’elle imite et reproduit tous les sons qui frappent ses oreilles. Suivant une autre légende, ce n’est pas de Pan, mais d’Hera qu’Echo aurait été la victime et c’est par dévouement pour Zeus qu’elle aurait encouru son terrible châtiment. Pour détourner l’attention de l’épouse du maître de l’Olympe, pendant que celui-ci s’empressait auprès des nymphes, Echo s’appliquait à causer avec elle sans arrêt. Ayant découvert le subterfuge, Hera métamorphosa sa jeune compagne en écho, personne qui, dit Ovide, est incapable de tenir sa langue, qui ne sait point parler la première, qui ne peut se taire quand on lui parle, qui ne fait que répéter les derniers

son de la voix qu elle entend. Le même poète nous rapporte encore une autre légende, tout à fait différente, au sujet de la nymphe Echo. C’est elle qui se voit repoussée par le beau Narcisse, et qui de chagrin, va se cacher au fond d’une grotte, où elle dépérit de langueur. A la fin, dit le poète des Métamorphoses « il ne lui reste plus que la voix et les os ; sa voix s’est conservée ; ses os ont pris la forme d’un rocher.

Depuis ce jour on ne la voit plus sur les montagnes ; mais des profondes retraites où elle se dérobe, elle se fait encore entendre à tous ceux qui l’appellent. »

Pan fut d’abord plus heureux dans ses entreprises auprès de la nymphe Pitys qui le préféra au dieu du vent, Borée, également amoureux d’elle. Dans un accès de fureur, ce dernier, après avoir accablé de coups la nymphe, la jeta en bas d’un rocher. Comme pour Echo, ce fut Gaea, la Terre qui, émue de pitié, vint au secours de la malheureuse victime. Elle la transforma en l’arbre qui porte son nom, le pin (en grec

ATTRIBUTIONS Avant tout dieu des bergers et des troupeaux, Pan a pour principal attribut

la houlette ; son compagnon préféré est le chien et parfois le lièvre. Il s’intéresse à l’élevage des abeilles et aime à recevoir du miel en offrande. Par l’invention de la syrinx il est un dieu de la musique. Celle-ci favorise la danse, à laquelle Pan s’adonne avec passion ; il est le dieu « qui bondit, qui saute, qui danse. » Sous ce rapport, il est proche parent des Satyres, dont il a également le caractère lascif et qui tiennent même de lui, comme on l’a dit, l’élément animal de leur physionomie. Il n’y a donc rien d étonnant à ce qu’il prenne à son tour place dans le cortège de Dionysos où il occupe souvent le premier rang. La poésie érotique s’emparera de Pan qui lui

DIONYSOS

fournira maint sujet à des développements d’où l’obscénité n’est pas toujours bannie. La nature fruste des adorateurs principaux du dieu, les bergers, semblait excuser ces débordements d’un naturalisme souvent grossier.

Page 1