LE CULTE DE PAN A ATHÈNES
Si l’on en croit Hérodote, ce serait pendant les guerres médiques que le culte de Pan aurait été intro-
duit â Athènes. Voici dans quelles circonstances. Lorsque l’armée perse ayant envahi la Grèce menaça directement Athènes, les citoyens de cette ville envoyèrent un messager aux Spartiates, considérés alors comme la principale puissance militaire du continent hellénique, pour réclamer leur secours. Les Lacédémoniens répondirent qu’ils étaient disposés à marcher contre l’ennemi commun, mais qu’ils étaient tenus d’observer une loi qui leur interdisait d’entrer en campagne avant la pleine lune. Ce n’était qu’un mauvais prétexte invoqué par les autorités Spartiates, jalouses de la prédominance athénienne. En rapportant la réponse qui lui avait été faite, le messager athénien, Phidippidès raconta qu’au moment où il avait traversé le mont Parthénios, le dieu Pan l’avait arrêté et l’avait prié de demander aux Athéniens pourquoi ils ne pratiquaient pas son culte, alors qu’il leur avait en mainte occasion témoigné une bienveillance, susceptible de se tradnire d’une façon effective. Suivant Hérodote, les Athéniens, loin d’accueillir ce récit comme une fable, y ajoutèrent créance. Quand, malgré leur infériorité numérique, ils eurent mis en déroute à Marathon l’armée perse,
Pan. (Conze, Heroen und Goellergestallen.)
ils crurent qu’ils devaient en partie leur succès à l’intervention de Pan qui avait jeté le désordre dans l’armée ennemie et en avait ainsi provoqué la déroute. De là viendrait l’expression de « panique » qui caractérise cet esprit de fuite irraisonnée auquel se trouvent en proie des masses d hommes qui ne voient plus de salut que dans la vitesse de leurs jambes. « Les paniques, dit un auteur ancien, sont des frayeurs soudaines et irréfléchies ; c’est ainsi que l’on voit les troupeaux de bœufs ou les troupeaux de chèvres fuir affolés de terreur, quand ces animaux ont tout à coup entendu un bruit sortir d’une
forêt ou des profondeurs d’un ravin. » Pour témoigner leur reconnaissance envers le dieu Pan, les Athéniens lui dédièrent un sanctuaire sur l’Acropole où fut placée une statue du dieu en marbre de Paros. On lui faisait chaque année des sacrifices solennels, suivis d’une course aux flambeaux. L intervention de Pan en faveur de ses adorateurs se manifesta, au dire des auteurs anciens, dans plusieurs autres circonstances. Pendant la bataille de Salamine on le vit planer sur un promontoire ainsi que dans 1 île de Psythaleia où on lui éleva des statues de bois ou xoana que Pausanias affirme
Pan et les nymphes. D apres un bas-relief antique découvert à Mégalopolis. (Conze, Heroen und Goettergestalten.)
avoir encore vus. Pan manifeste encore sa présence au siège de Phylé et il participe avec Apollon à la déroute des Gaulois devant Delphes. Dès lors, le culte de Pan se généralise de plus en plus en Grèce et pénètre même en Asie. On a d’autre part déjà vu à la fin de l’hymne homérique cité plus haut que les dieux donnèrent au fils d’H ermès « le nom de Pan (tous) parce qu’il les avait tous réjouis 9 . S’emparant de cette explication étymologique, on en vint à faire de Pan une divinité universelle, à voir en lui le grand Tout. C’est ce qu’exprime un hymne orphique où on peut lire : « J invoque Pan, dieu puissant, dieu pastoral ; Pan, l’ensemble de l’univers, le ciel, la mer, la terre souveraine et le feu immortel, car ce sont là les membres de Pan... dieu dont les accords mélodieux célèbrent la vie universelle; dieu aux mille noms, maître souverain du monde, qui fait naître tout, qui engendre tout. » L’humble dieu des bergers d’Arcadie avait été ainsi promu à la dignité de divinité de premier ordre.
DIONYSOS
LES ATTRIBUTS Le principal attribut du dieu était la syrinx, communément désignée sous
DE PAN. |e nom Je Je Pan. Voici la définition qu’en donne un écrivain ancien.
(' La syrinx est un assemblage de roseaux et de cire, j’entends la syrinx improvisée; elle se compose d’un grand nombre de tuyaux placés en retrait les uns des autres, de manière à diminuer insensiblement depuis le plus long jusqu’au plus court ; du côté de l’orifice ouvert ils sont de niveau ; à l’autre bout, par suite de leur longueur inégale, ils forment des gradins, de sorte que l’ensemble rappelle l’aspect d’une aile d’oiseau » .
Les artistes n’ont presque jamais représenté Pan sans la syrinx, dont on croyait entendre les sons dans la grotte de l’Acropole et sur le Ménale. On voit aussi quelquefois le dieu avec une flûte, mais à une époque beaucoup plus tardive.
Certains monuments étrusques nous montrent Pan tenant une lyre. Enfin, le tympanon est un autre instrument de musique dont Pan s’aide pour danser.
Le dieu tient souvent à la main la boulette, ou plutôt le lagobolon ou pedum, qui sert à la fois à ramener les brebis qui s’écartent du troupeau et à assommer les lièvres. C’est également en qualité de chasseur qu’on le voit armé d’un ou deux épieux, en particulier sur des monnaies arcadiennes.
Le thyrse apparaît assez rarement comme attribut de Pan.
Il n’en est pas de même de la corne à boire qu’on trouve très fréquemment entre les mains du dieu qui, dans d’autres cas, porte une amphore sur l’épaule. Il apparaît également, dans certaines scènes, un flambeau à la main, et comme dieu qui inspire la terreur dite panique, il a été représenté un casque sur la tête, cuirassé et tenant un bouclier. Enfin, l’outre est un attribut très fréquent du dieu, en particulier dans les cortèges bachiques.
Le compagnon le plus fidèle de Pan, c’est le chien qu’on trouve souvent en sa société, ainsi que le lièvre. Le
mulet sert quelquefois de monture au dieu, quoique cet animal soit plus particulièrement consacré à Dionysos. Il en va de même de la panthère.
Parmi les oiseaux associés à Pan on ne cite guère que l’aigle et le griffon, et comme plantes le lierre et le pin dont les feuilles et les branchages servaient à couronner la tête du dieu. Comme on l’a lu plus haut, l’une des nymphes poursuivie par Pan avait été transformée en pin.
Pan appuyé contre un pilastre.
(Conze, Heroen und Goetlergeslalten.)
PAN La popularité du culte de Pan se traduisit par le grand nombre de