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DANS L’ART

représentations artistiques dont ce dieu fut, à partir d’une certaine époque, l’objet de prédilection très marqué. Grâce aux travaux remarquables de plusieurs savants, dans ces vingt dernières années, on peut se faire maintenant une idée assez nette de cette question, jusque là assez confuse.

Nous avons déjà parlé des xoana ou statues de bois qui avaient été consacrés à Pan dans l’île de Psythaleia, mais dont Pausamas ne nous a laissé aucune description. L’hymne homérique que nous

avons cité appelle Pan le « dieu aux pieds de chèvre, à deux cornes à la chevelure inculte

jouant de la syrinx le dos couvert d’une peau de lynx. » C’est ainsi qu’il avait probablement été

représenté sur la porte du Pœcile par les peintres Panainos et Mikon, dans leur fresque de la bataille de Marathon où, d’après la légende, l’intervention du dieu avait joué un si grand rôle. Dans ce genre de représentations, ce qui ressort surtout, c’est la nature animale du dieu. A côté de ce type en apparaîtra un autre, dans lequel l’animalité disparaît presqu’entièrement, et n’est plus indiquée que par les cornes et par les oreilles.

Le monument le plus remarquable du dieu conçu au premier de ces deux points de vue est une statuette de bronze découverte en 1816 dans le Péloponèse. Le dieu, semblable à un bouc dressé sur les pattes de derrière, est nu. De la main gauche il tient la syrinx, tandisqu’il laisse tomber la main droite. Le buste et les bras sont ceux d’un homme, mais la partie inférieure du corps est tout à fait celle du bouc, de même que la tête avec ses oreilles pointues et sa barbe. L’expression de la tête rappelle plutôt le groin du porc.

Dès la seconde moitié du V1 siècle, les artistes grecs, en particulier ceux de l’Attique, sous l’influence du théâtre, s’attachent à humaniser de plus en plus la figure de Pan. A côté des Satyres et des Silènes, il entre à son tour dans le cortège de Dionysos dont il n’est pas un des compagnons les moins bruyants. Sans doute il n’a pas encore complètement perdu son caractère d’animalité, mais son profil se rapproche de celui de l’homme, son attitude et ses gestes se font plus humains.

C’est encore dans le Péloponèse, le pays ou le culte de Pan remontait à la plus haute antiquité, que s’opère la transformation qui aboutit à la création d’un type de dieu juvénile et imberbe, où seules les petites cornes, presque dissimulées dans la chevelure, rappellent sa nature primitive. La plupart des écrivains sont d’accord pour voir dans une statuette en bronze du Cabinet des Médailles, une œuvre très proche parente du Doryphore de Polyclète. Le dieu a ici l’apparence d’un jeune homme. De la main gauche il tenait sans doute le lagobolon, de la droite la syrinx. Placées dans la chevelure, les petites cornes sont à peine apparentes. Un autre type, très semblable à celui dont nous venons de parler et dû à la même école, a été conservé en de nombreuses répliques. 11 se différencie en ce que Pan tient la houlette de la main droite et la syrinx de la main gauche. Dans le fameux buste, connu sous le nom de Faune de Winckelmann, les cornes sont directement placées sur le front, les yeux non pas baissés, mais levés et toute la figure a une expression de sensualité raffinée.

DIONYSOS

Au IVe siècle, on voit apparaître deux nouveaux types dans la représentation artistique du dieu Pan. Il sert, en architecture, de figure décorative pour les pilastres ou les balustrades, et est d’autre part représenté sur des bas-reliefs, en compagnie des nymphes. Sous la première forme, il est toujours couvert d’un manteau. Le côté thiéromorphique ressort dans les jambes de bouc et dans l’expression du visage. Le dieu a une barbe et des oreilles de bouc, mais pas de cornes. De la main gauche il tient la syrinx. Nous possédons un assez grand nombre de statues de ce genre ; la plus remarquable est celle trouvée au Pirée en 1840. Appuyé contre un pilier, le dieu est enveloppé dans un manteau sous lequel est caché le bras droit et qui laisse apparaître les jambes de bouc. La syrinx est tenue

dans la main gauche. On trouve d’assez nombreuses variantes de ce type, dispersées dans les différents M usées de l’Europe. D’autre part, il y eut des Hermai de Pan, comme des autres divinités. L’un des plus remarquables est celui trouvé à la fin du XVlll' siècle dans la ville d’Antonm le Pieux près de Civita Lavigna par Gavin Hamilton, et actuellement au British Muséum. Le dieu barbu n’a plus de cornes ; il porte un vêtement aux plis gracieux et joue de la flûte.

Sur les bas-reliefs où le dieu est représenté avec des nymphes, on le voit en général assis sur un rocher, complètement nu, avec des jambes de bouc et de fortes cornes, jouant de la syrinx. Très souvent les nymphes, au nombre de trois, sont conduites par Hermès. Parmi ces bas-reliefs, assez nombreux et dont le type varie beaucoup, il faut signaler celui qui a été trouvé sur la pente méridionale de l’Acropole d’Athènes. Un homme s’approche des nymphes auxquelles il vient offrir ses prières, tandis que d’une grotte ressort la partie supérieure du corps de Pan, aux fortes cornes. Tous ces monuments témoignent du développement extraordinaire que prit à Athènes le culte de Pan après la bataille de Marathon

Nous avons déjà parlé de l’influence exercée par l’art de Praxitèle sur la transformation du type de Pan en un personnage juvénile d’où l’animalité a presque complètement disparu. Le grand sculpteur avait lui-même exécuté un groupe représentant Pan avec Danaé et des nymphes. Nous ne savons malheureusement pas grand’chose au sujet de cette oeuvre. Le dieu avait des pieds de bouc et portait sur ses épaules une outre, geste familier aux Satyres et aux Silènes. On suppose que Scopas de son côté avait taillé dans le marbre l’image de Pan, et on croit en reconnaître une reproduction sur une monnaie d’Heraia, ville où se trouvait un sanctuaire du dieu. Celui-ci est représenté sous les traits d un chasseur, appuyé de la main gauche sur un épieu de chasse. Il est cornu, mais a des

jambes d'homme et non de bouc. Enfin, sur des peintures de vases attiques, on voit Pan avec Aphrodite et Eros.

Parmi les monnaies les plus curieuses qui reproduisent la tête de Pan, il faut citer celles de Panticapée, dont les plus anciennes présentent le dieu sous des traits assez sauvages, avec des oreilles pointues, mais sans cornes. Dans la suite, le type fut rajeuni et devint beaucoup plus gracieux. Les monnaies arcadiennes nous offrent également deux aspects du dieu, particulièrement honoré par les bergers de cette région. On voit tantôt le corps entier du dieu, avec des jambes d’homme, de petites

cornes, assis sur un rocher, tenant le lagobolon, tandis que la syrinx gît à ses pieds. Tantôt, c’est la tête seule du dieu qui est représentée, sous des traits juvéniles, avec de petites cornes.

Les peintres grecs n’ont certainement pas négligé une figure comme celle de Pan qui offrait à leur imagination un sujet de riches développements. Malheureusement, non seulement il n’est rien resté de leurs œuvres, mais encore nous ne trouvons dans les auteurs anciens que de rares indications sur ce point. C’est ainsi que nous ne connaissons que les grandes lignes du tableau dans lequel Zeuxis, le plus grand peintre de l’antiquité, avaient représenté Pan surpris par les nymphes pendant son sommeil. Elles lui coupaient la barbe, pour le rendre ridicule et diminuer ses chances de plaire à la nymphe Echo. D’après Pline, le peintre Nicomaque aurait pris pour sujet d’un de ses tableaux Pan se glissant auprès d’une nymphe endormie. Le même auteur parle d’une toile de Protogène, représentant Pan, sans entrer dans d’autres détails à ce sujet.

A l’époque hellénistique, les représentations artistiques de Pan les plus variées, aussi bien dans la sculpture que dans la peinture de vases, prennent un développement de plus en plus considérable, en particulier sous l'influence du contact du dieu avec les autres personnages du cortège de Dionysos, Silènes et Satyres.

D’autre part, on donne une famille à Pan. Il a une femme, Panine, et des enfants, les Panisques. Une statuette en marbre de la villa Albam représente une Panine debout, jouant de la double flûte. La tête juvénile, pourvue de grandes cornes, légèrement inclinée de côté, a une expression très gracieuse. Une peau de chèvre recouvre une partie du corps qui se termine par des pattes de chèvre. On connait également un certain nombre de représentations de Panisques. Le plus connu de ces monuments est un bas-relief du Musée du Latran. Une nymphe donne à boire à Areas, tandis que Pan enfant, aux jambes de bouc, joue de la syrinx. On trouve des scènes analogues sur des peintures murales de Pompei. La vogue rencontrée par Pan auprès des artistes se continua jusqu’au délà de l’époque impériale à Rome.

Priape. Rome.

(Clarac, Musée-)

DIONYSOS

Triomphe de Dionysos.

( Monument i dell' Instiluto archaeologico. )

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