PR I APE
Il n’est pas très facile de déterminer d’une façon précise la place occupée par Priape dans l’ensemble de la mythologie grecque. C’était une divinité d’origine asiatique, probablement très ancienne, mais dont le culte ne se répandit qu’assez tardivement sur le territoire des Hellènes. On voit ici l’anthropomorphisme personnifier une idée qui se retrouve probablement chez tous les peuples primitifs, celle de la génération, de l’énergie productrice de la nature, aussi bien chez l’homme que dans le règne animal et végétal. Aussi Priape est-il représenté ithyphalhque, le phallus étant considéré comme le symbole de la puissance génératrice. On a déjà vu dans le chapitre consacré à Hermès que les Hermai en étaient fréquemment pourvus. De là, dans le culte de Priape, un côté obscène, le seul d’ailleurs que l’on connaisse en général, et que certains écrivains érotiques se sont attachés à mettre en relief.
Nous possédons au sujet de la naissance de Priape plusieurs légendes qui ne sont probablement que des variantes d’une tradition unique. D’après celle-ci le dieu aurait été le fruit des amours de Zeus et d’Aphrodite. La déesse de l’amour n’aurait pas échappé à la jalousie vindicative d’Hera. Quand Aphrodite fut sur le point de déposer son fardeau, l’épouse légitime de Zeus accourut auprès d’elle et lui posa la main sur le ventre. 11 en résulta qu’Aphrodite mit au monde un être d’un aspect repoussant, avec une langue et un ventre énormes. Saisie d’horreur, la déesse s’enfuit, abandonnant le nouveau-né, qui fut recueilli et élevé par des bergers.
Une autre version fait de Priape le fils de Dionysos et d’Aphrodite, tandisqu’une tradition différente lui donne pour père Adonis. D’après cette légende Aphrodite épouse de Dionysos, aurait