LE TYPE DEFINITIF DE ZEUS
ZEUS Nous avons rapporté successivement les principales légendes mytho-
PERSONNIFICATION logées relatives à la naissance de Zeus, à ses amours, à ses attributs et à son L’IDÉE DIVINE culte. De tous ces mythes, d’origine très diverse, l’anthropomorphisme grec CHEZ LES GRECS. a fini par tirer une figure idéale d’une grande beauté morale qui résumait en elle toutes les conceptions helléniques au sujet de la divinité. Ce n’était plus le Zeus des premiers âges, contraint à une lutte parfois désespérée, pour arriver à triompher de ses ennemis. Vainqueur des Titans et des Géants, en qui on a vu les soubresauts de la nature en révolte, Zeus a également imposé sa suprématie à tous les autres dieux qui lui font cortège et avec lesquels il va souvent jusqu’à se confondre. De même, le maître de l’Olympe qui au début était l’ennemi des hommes n’est plus leur ennemi et ne les poursuit plus de sa colère. Il est, au contraire, animé à leur égard des sentiments les plus bienveillants et veille sur leur vie, mélangée de bien et de mal, suivant les lois du destin.
Comme I a écrit M. Jules Girard, « Zeus est le protecteur des droits sur lesquels reposent tous les rapports des hommes entre eux. Dieu suprême du serment et de la famille, il veille sur l’enceinte qui enclôt l’habitation de chacun ; il est le patron des hôtes et des suppléants ; il est celui des hérauts, il est même celui des suppliants. Ainsi les sentiments de respect, de douceur, de charité trouvent en lui leur sanction. De même que les dieux ne sont pas toujours inflexibles, il faut, d’après sa volonté bienfaisante, que les hommes ne soient pas durs et impitoyables entre eux. 11 faut surtout que la société humaine subsiste et pour cela qu elle obéisse aux lois morales qui ne sont pas moins nécessaires à sa conservation que les lois de mesure et d’équilibre ne le sont à celle de l’univers » .
C est en s’inspirant de ces idées que les artistes grecs ont représenté Zeus. Ses traits expriment toujours la force, mais en même temps la sagesse et la bonté. Sa tête puissante porte des cheveux abondants qui partent du sommet du crâne comme d’un centre commun, se redressent sur le front où ils forment une touffe et retombent en boucles ondoyantes. Les joues du maître de l’Olympe sont adornées d une barbe épaisse et touffue. Quelquefois nue, la tête de Zeus est le plus souvent ceinte d’une bandelette ou couronnée de laurier ou encore d’olivier.
Zeus est généralement représenté tenant un sceptre terminé par l’aigle. On sait que cet animal
Tête de Zeus antique.
Musée de Pétrograd.
(Overbeck, Allas der Kunstmythologie.)
était consacré à Zeus parce que, d’après Athénée, c’est lui qui, en Crète, « allait chaque jour puiser le nectar à la fontaine et le lui apportait à travers les airs » . On disait aussi que l’aigle rapportait à Zeus les foudres qu’il avait lancés sur la terre. Sur certaines représentations figurées on voit Zeus tenant l’aigle sur la main droite.
Zeus est parfois couvert de l’égide provenant, comme on sait, de la chèvre Amalthée et qui avait la propriété d’être impénétrable. D’après la légende, il suffisait au dieu d’agiter cette peau pour porter partout la terreur et l’effroi. L’égide est enroulée autour du bras de Zeus ou rejetée sur l’épaule gauche, ou encore étendue sur ses genoux. Mais l’arme principale de Zeus c’était le foudre, forgé à son intention par les Cyclopes durant la lutte contre les Titans. Au début, les artistes représentaient le foudre comme une simple lance ; peu à peu, cette représentation se complique de rayons, de vents, de pluie et de feu. On arrive enfin au foudre ailé ce qui, disait-on, exprimait avec quelle rapidité arrivaient les vengeances de Zeus. Mais là encore les Grecs avaient su exprimer l’idée d’un dieu bienfaisant ; quand Zeus tenait le foudre roulé dans sa main, ou près de ses genoux, cela prouvait qu’il était dans une attitude paisible et qu’il ne méditait aucune idée de vengeance contre les hommes.
Zeus Ammon.
D’après un masque du Musee du Vatican.
(Overbeck, Atlas der Kunstmythologie.)