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I. — PRINCIPAUX MYTHES RELATIFS A HERA

ANS tenir dans la mythologie grecque une place aussi considérable que Zeus, Hera y joue cependant un rôle très important. On le verra par le grand nombre de légendes qui se rattachent à cette déesse..

Hera était l’un des six enfants de Kronos. Elle avait subi le sort de ses deux sœurs, Demeter et Hestia, et de ses deux frères, Poséidon et Hadès, c’est-à-dire qu’à peine née elle avait été avalée par un père impitoyable. Nous avons déjà raconté comment Kronos, trompé par son épouse, absorba une pierre à la place du dernier-né de Rhéa et les malheurs qui s’en suivirent pour lui. 11 dut rendre à la lumière les frères et les sœurs de Zeus qui séjournaient dans son estomac et c est ainsi que Hera reprit sa place dans la troisième et dernière dynastie divine.

Les légendes relatives à l’enfance et à la jeunesse d’H era sont assez variées. Tantôt on nous raconte qu elle fut élevée par Océan et Téthys, tantôt elle aurait vécu ses premières années à Samos, à Stymphale, en Eubée. Les Samiens prétendaient qu Hera était née dans leur île, sur les bords du fleuve Imbrasos, sous un saule qui, avec le chêne de Dodone, était l’arbre le plus ancien de la Grèce. A Stymphale, Hera était adorée sous la triple épithète d’enfant, de femme et de veuve : enfant, parce qu elle avait été nourrie à Stymphale et que vierge encore elle y avait vécu ; femme, parce qu elle y était devenue I épouse de Zeus ; veuve, parce que, pour un motif ignoré, elle avait quitté Zeus et s’était de nouveau réfugié à Stymphale. C’est en Eubée que se place la scène de la séduction d’Hera par Zeus métamorphosé en coucou (v. p. 23). Pausanias nous raconte à ce sujet : « Zeus enleva la jeune Hera, que sa nourrice, Macris, élevait en Eubée, et la cacha, vierge encore, dans une grotte du Cithéron, où ils s’aimèrent. Mais bientôt, irritée, on ne sait trop pourquoi, contre Zeus, la déesse se retira en Eubée. Zeus, ne pouvant se décider à revenir, fit promener dans les villes de Béotie un xoanon (statue de bois) voilé, sur un char que traînaient des bœufs, et partout l’on racontait que c’était la nouvelle fiancée du dieu, Plataïa, fille d’Asopos. Quand Hera connut la nouvelle, elle revint en toute hâte, courut au char, déchira les vêtements de la mariée et trouva, à sa grande joie, un xoanon au lieu d’une femme. »

UNION D’HERA Quoique sœur et frère, Hera et Zeus représentaient dans la mythologie

grecque le type idéal du mariage. D’après la légende, leurs relations remontaient

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