‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 48 sur 206 · H ER A · texte numérisé non relu

H ER A

un temple d’Hera, sans portes ni fenêtres et qui, brûlé pendant la seconde guerre médique, avait été relevé de ses ruines. A Platées, on célébrait les Daidalia, instituées, disait-on, par Hera elle -même. Leur nom venait de ce qu’on y promenait une vierge de bois, Daidalé, en souvenir d’une aventure que nous avons rapportée plus haut (v. p. 23), Il y avait les petites Daidalia célébrées tous les ans par les Platéens et les grandes Daidalia qui étaient décennales et auxquelles participaient toutes les villes de la Béotie.

Hera était également honorée en Eubée où, d’après la légende, elle avait été élevée par sa nourrice Makris et où Zeus l’aurait séduite en prenant la forme d’un coucou. Le culte de la déesse se retrouvait encore en Thrace et dans certaines îles de la mer Egée. C’est à Samos que se trouvait le plus grand de tous les temples consacrés à Hera. D’après la légende, il aurait été construit par les Argonautes. Le plus ancien symbole de la déesse fut, dit-on, une simple planche que remplaça ensuite un xoanon moins grossier auquel succéda une statue en bois due au sculpteur Smilis. On sait d'ailleurs que les Samiens prétendaient qu’Hera était née dans leur île. Des fêtes annuelles, auxquelles prenaient part tous les habitants de la ville, commémoraient cet événement. La statue de la déesse, transportée sur les bords de l’Imbrasos, y était cachée sous un osier où l’on venait la rechercher en grande pompe.

Dans l’île de Lesbos, on célébrait, en l’honneur d’Hera, des concours de beauté, Kallisteia, probablement en souvenir du jugement de Paris.

Enfin, Hera était encore honorée à Cnossos, en Crète, ainsi que dans la Grande Grèce et particulièrement en Sicile, où Syracuse, Agrigente, Métaponte et Sélinonte avaient élevé des temples en l’honneur de l’épouse de Zeus.

ATTRIBUTS La description de la statue d’Hera par Polyclète nous montre que la déesse

D HERA. tenait d’une main un sceptre terminé par un coucou, de l’autre une grenade. Le

coucou était, disait-on, le symbole de l’amour de Zeus pour Hera, puisque c’était sous cette forme que le maître de l'Olympe avait séduit sa sœur. En ce qui concerne la grenade, Pausanias dit : « on donne de cet attribut des raisons secrètes que je passe sous silence » . On est généralement d’accord pour y voir le symbole de la fécondité, ou un attribut d’Hera en tant que déesse de l’accouchement, de même que pour les ciseaux qui figurent sur certaines monnaies. Enfin, le principal animal consacré à Hera était le paon dont le brillant plumage symbolisait, disait-on, le ciel constellé d’étoiles.

Comme on le voit par tout ce qui précède, le culte d’Hera était très répandu dans le monde hellénique tout entier. Sans être aussi nombreuses que celles de Zeus, les épithètes accolées à son nom n’en atteignent pas moins un chiffre respectable et leur explication demanderait tout un chapitre. Les principales se rapportent aux fonctions remplies par Hera en sa qualité de protectrice des femmes. Un auteur du XVIIe siècle a ainsi résumé le rôle de l’épouse de Zeus : « Elle eut l’intendance des mariages et la préfecture des noces, et celle de leurs suites naturelles, c’est-à-dire qu’elle présida aux accouchements et à plusieurs choses qui en dépendent. »

Tête de l'Hera Ludovisi.

Rome, Villa Ludovisi.

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