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PANATHÉNÉES

Les plus brillantes des fêtes célébrées à Athènes en l’honneur d’Athéna étaient les Panathénées. On suppose, qu’au début du moins, elles avaient un caractère agricole et étaient destinées à fêter la fin de la moisson. Elles perdirent d’assez bonne heure ce caractère et s’adressèrent surtout à Athéna Polias ou protectrice des villes.

On faisait remonter l’origine des Panathénées à Erichthomos, dont nous avons raconté la légende plus haut. Ce fut lui qui.

d’après Apollodore d’Athènes,

« érigea à Athéna la statue en bois qui est dans la citadelle et institua la fête des Panathénées » .

Appelées d’abord Athenaia, ces cérémonies n’auraient pris le nom de Panathénées qu’après la réunion des douze bourgs de l’Attique en une seule ville par Thésée. Les Petites Panathénées auraient été célébrées régulièrement tous les ans depuis Solon. L’institution des Grandes Panathénées, qui avaient lieu tous les quatre ans, était attribuée à Pisistrate. Elles prirent, dès cette époque, un éclat particulier, grâce aux concours gymnique et musical qui s’y ajoutèrent. Plus tard Périclès développa encore ce côté de la fête,

car on lui attribue l’introduction du concours de cithare, de chant et de flûte. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il fit construire l’Odéon où ces concours purent se dérouler à leur aise.

La durée des Panathénées était de dix jours. Elles débutaient par les concours et les jeux : concours musical, gymnique, hippique, de danse (pyrrhique), de beauté masculine (euandrie), course aux flambeaux (lampadodromie).

Lors de l’institution des Grandes Panathénées, Pisistrate aurait, pour la première fois, fait chanter les poèmes d’Homère. Ce fut là l’origine du concours musical qui fut complété par l’adjonction d’épreuves d’instruments de musique, comme la cithare et la flûte. Les prix décernés aux vainqueurs consistaient en sommes d’argent, assez élevées pour l’époque, et en couronnes. Le concours musical n’était pas spécialement réservé aux Athéniens, mais ouvert à tous les Grecs.

Athéna jouant de la lyre devant Dionysos. Amphore bachique du Musee de Berlin.

(Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)

Egalement institué par Pisistrate, le concours gymnique comprenait cinq épreuves principales : la course, la lutte, le pugilat, le saut, le lancement du disque ou du palet. 11 y avait trois catégories de concurrents : les enfants, les jeunes gens, les hommes. Les vainqueurs recevaient des amphores d huile d’olives, appelées « amphores panathénaïques » . L’un des côtés de ce vase représentait Athéna Polias brandissant la lance, l’autre une scène du concours.

Plus ancien, le concours hippique remontait, disait-on, à Erichthonios lui-même. A l’origine c’était une course de chars, pendant laquelle l’athlète (apobates), monté sur le char que dirigeait l’aurige, se livrait à des exercices de voltige. 11 y avait des courses de chars de guerre attelés de deux et de quatre chevaux, avec des catégories différentes suivant 1 âge des chevaux d’un côté, et suivant leur qualité de l’autre. Les courses de chevaux non attelés furent également introduites dans

la suite. Comme pour le concours gymnique, les prix consistaient en amphores d’huile d’olive. Enfin on procédait, à l’occasion des Panathénées, à de véritables manœuvres de cavalerie : tous les cavaliers athéniens, divisés en deux groupes, simulaient une charge pour ensuite se réunir en une seule troupe qui venait s’arrêter devant la tribune où siégeaient les principaux magistrats athéniens.

Le concours de danse guerrière ou pyrrhique remontait, lui aussi, à une très haute antiquité. Nous avons déjà raconté plus haut qu’on attribuait l’invention de ce genre d’exercice à Athéna elle-même, qui aurait dansé la première pyrrhique pour célébrer la victoire des dieux sur les géants. Cette danse se pratiquait principalement aux sons de la flûte, mais aussi de la lyre, et cet accompagnement était parfois entremêlé de chant. Les danseurs tenaient d’une main un bouclier, de l’autre une lance. La pyrrhique avait un caractère exclusivement guerrier et reproduisait, en les mimant, les différentes phases de la lutte à main armée. Là encore on trouve trois catégories de concurrents : enfants, éphèbes, adultes. Le prix consistait en un bœuf dont le prix était évalué à cent drachmes.

L’importance attachée par les Grecs aux avantages physiques, avait fait instituer par les Athéniens le concours d'euandrie, ou de beauté masculine. 11 y avait probablement là encore trois catégories, suivant l’âge des concurrents. Comme pour la pyrrhique, le prix consistait en un bœuf de la valeur de cent drachmes.

La course aux flambeaux, ou lampadodromie , qui se célébrait la veille du jour du grand sacrifice à Athéna, était une institution d’origine très ancienne. Elle comprenait deux cents coureurs,

(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)

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ATHENA

Statue de style archaïque.

Rome, Galerie Albani

(Phot. Alinari, Florence )

ATHENA

échelonnés sur cinq files. L’espace à parcourir était d’environ mille mètres. « Au signal donné, dit M. Foucart, le premier part, la torche allumée, la tenant de manière qu’elle ne s’éteigne pas; de toute sa vitesse il parcourt l’espace qui le sépare du second ; celui-ci, qui l’attendait, saisit la torche et, s’élançant à son tour, la remet au troisième, et ainsi de suite jusqu’au quarantième et dernier. » Le vainqueur était le coureur qui, le premier des cinq files, arrivait à l’autel qu’il allumait de sa torche. Le prix consistait en une hydrie de trente drachmes.

Tous ces concours que nous venons d’énumérer n’avaient, en général, aucun caractère religieux et leur développement successif avait été parallèle à celui de la civilisation athénienne. L’acte principal de la fête des Panathénées, c’était la remise en grande pompe du peplos offert à Athéna et avait lieu le jour anniversaire, disaiton, de la naissance de la déesse.

La confection du peplos sacré était l’objet des plus grands soins. Le tissage de ce vêtement de laine se faisait sous la surveillance de la prêtresse d’Athéna Polias, qui avait sous ses ordres deux arréphores et un certain nombre d’autres jeunes filles. On y représentait la participation d’Athéna à la Gigantornachie. A une époque ultérieure on fit figurer sur le peplos les portraits d’hommes qu’on voulait honorer ou se rendre favorables, mais cette innovation fut, en général, mal accueillie. C’est également assez tard aussi qu’on prit l’habitude de fixer le peplos comme une voile gigantesque au mât de la trirème sacrée, que l’on hissait au sommet de l’Acropole à l’aide de machines.

Le cortège de la fête, minutieusement organisé, partait du Céramique extérieur, traversait le Céramique intérieur, passait devant l’Eleusmion et le Pelasgikon et atteignait enfin les Propylées qu’il franchissait. En tête marchaient probablement, à côté du prêtre d’Athéna, les principaux magistrats d’Athènes, prytanes, archontes, stratèges, taxiarques. Venaient ensuite les animaux destinés aux sacrifices. Les canéphores qui suivaient, étaient de jeunes Athéniennes, appartenant aux meilleures familles de la ville et choisies pour leur beauté. Elles portaient sur la tête de légères corbeilles contenant les offrandes faites à la déesse ou des objets du culte. Les vases destinés aux sacrifices étaient portés par les skaphéphores, qui étaient des métèques dont les femmes et les filles prenaient également part à la procession. Les unes portaient des ombrelles, les autres des hydries ou vases à puiser de l’eau, d’autres enfin, les diphrophores , portaient des sièges probablement destinés aux canéphores.

Athéna et Hermes. Amphore de Nota, British Muséum.

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