LES SACRIFICES
L’élément masculin était représenté par les tallophores, choisis parmi les plus beaux vieillards athéniens, et tenant à la main un rameau d’olivier. Ils étaient suivis par des troupes d’hoplites, de conducteurs de chars, de cavaliers. C’était le côté le plus brillant de la procession et celui aussi qui excitait le plus l’admiration de la foule.
La cérémonie des Panathénées se terminait par les sacrifices faits à la déesse. D’abord très modestes (à l’origine il ne s’agissait que de deux têtes de bétail), ces sacrifices avaient pris un développement de plus en plus considérable au fur et à mesure de l’extension de l’hégémonie athénienne. On en faisait sur l’autel d’Athéna Hygeia, d’Athéna Polias et d’Athéna Nikè. Les animaux sacrifiés étaient des brebis, des taureaux et des vaches.
Les dons faits par Athéna aux hommes ne se bornaient pas à l’agriculture. Elle passait pour avoir enseigné presque tous les métiers aux mortels. L’Iliade nous raconte que la déesse avait tissé son propre peplos ainsi que le vêtement d’Hera, l’épouse de Zeus. C’est par elle que les Grecs avaient appris à filer, tisser et fouler la lame. La broderie leur venait également d’elle. On racontait à ce sujet une légende qui montre à quel point Athéna était jalouse de sa supériorité sur les humains. Une jeune Lydienne, du nom d’Arachné, était devenue une brodeuse d’une habileté extraordinaire. Elle osa provoquer Athéna elle-même, disant qu elle ne craignait pas la comparaison entre son travail et celui de la déesse. Comme preuve à l’appui, elle étala une broderie d’une finesse et d’une beauté incomparables ; on y voyait reproduits les principaux épisodes des amours des dieux. Athéna examina minutieusement l’ouvrage d’Arachné mais ne put y trouver le moindre défaut. Pour punir sa rivale, elle la transforma en araignée.
Athéna n’était pas seulement la patronne des artisans, potiers, cordonniers, charpentiers, carrossiers. On lui attribuait également l’invention de l’orfèvrerie, de la ciselure, de la peinture à l’encaustique, de la sculpture, de l’architecture. Elle était même considérée comme la protectrice de la médecine, sous le nom d’ Hygeia. On racontait que pendant la construction du Parthénon, un ouvrier étant tombé d’un échafaudage, Athéna était apparue en songe à Periclès et lui avait indiqué l’herbe qu’il fallait employer pour guérir le blessé.
Sur l’Acropole même d’Athènes, s’élevaient plusieurs temples dédiés à Athéna. Les plus anciens étaient l’Erechtheion construit, disait-on, à l’endroit même qui avait été le théâtre de la lutte entre Athéna et Poséidon. Brûlé par les Perses, il fut reconstruit après la paix de Nicias.
A quelques mètres à peine d’Erechtheion se dressait un autre temple d’Athéna, l’Hekatompedon, dont la cella orientale abritait probablement la statue d’Athéna Polias, tombée, croyait-on, du ciel. Egalement incendié par les Perses, il fut reconstruit peu après, mais disparut de bonne heure; on en a déblayé les fondations à une époque relativement récente.