L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
ATHENA
Le plus célèbre des temples d’Athéna, le chef-d’œuvre de l’architecture grecque, et on peut ajouter de l’architecture en général, le Parthénon faisait, pour ainsi dire, suite à 1 Hékatompedon dont une vingtaine de mètres à peine le séparaient. Construit à la fin du sixième siècle, détruit pendant la seconde guerre médique, il fut réédifié sur des plans nouveaux par Périclès, qui confia la direction des travaux à Iktinos. Phidias et ses élèves travaillèrent à l’embellissement du Parthénon où fut placée l’une des plus belles statues de la déesse, due au ciseau du plus grand sculpteur de tous les temps. Au début, le nom de Parthénon n’était donné qu’à l’une des cella du temple, et c’est Démosthène qui le premier appliqua la dénomination de Parthénon à 1 ensemble de la construction.
(la Victoire), datant à peu près de la même époque que l’Erechtheion, s’élevait à l’angle sud-ouest de l’Acropole et avait probablement remplacé un vieil autel de la déesse.
En dehors d’Athènes, Athéna possédait encore plusieurs sanctuaires sur le territoire de l’Attique. Le sommet du Pentéhque portait une statue de la déesse. Entre Marathon et Athènes se trouvait le temple de Pallène, et on prétendait même que cet endroit avait été le point de départ du culte d’Athéna, mais la chose est peu vraisemblable.
Essaimant dans l’HelIade tout entière, le culte d’Athéna était célébré sur de nombreux points, aussi bien au Nord qu’au Sud de l’Attique. En Béotie, le sanctuaire d’Athéna Itoma était le siège de la fête fédérale des Pambéoties. Athéna Alalkomena était honorée dans une petite localité béotienne du même nom, située sur une petite rivière, le Triton. Le temple de la déesse contenait une statue d ivoire tombée, disait-on, du ciel. Les habitants d’Alalkomène prétendaient d’ailleurs qu’Athéna était née chez eux et avait été élevée sur leur territoire. C’était près de là que se trouvait la forêt de chênes dont le bois servait à fabriquer les xoana pour la fête des Daîdaha dont nous avons parlé plus haut.
En Phocide on trouvait des sanctuaires d’Athéna à Delphes, à Daulis et à Elatée ; en Locride, à Amphissa, dont le temple se vantait de posséder un Palladium rapporté de 1 roie. Enfin, en Thessahe, Athéna était honorée en plusieurs endroits, comme déesse de la guerre et de l’agriculture.
En redescendant vers le sud on rencontrait trois sanctuaires d’Athéna, à Mégare. A Corinthe, le culte de la déesse perpétuait le don du frein qu elle avait fait à Bellerophon et qui avait permis au héros de dompter Pégase.
Le temple d’Athéna à Sicyone avait, d’après la légende, été élevé par un héros du nom d Epopeus et la déesse avait manifesté sa satisfaction en faisant jaillir une source d’huile dans le temple.
A Argos, Athéna Salpynx était honorée comme déesse de la trompette guerrière. On faisait
Enfin, le petit temple d Athéna Nikè
Athéna s’apprêtant à écrire.
Amphore de Nota. Collection de Luynes.
(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
chaque année prendre un bain à la statue de la déesse, et la tête de la Gorgone était, disait-on, enterrée tout près de son temple.
Dans une petite île, située en face de Trèzène, s’élevait le temple d’Athéna Apatouria où les jeunes filles venaient consacrer leur ceinture à la déesse avant leur mariage.
En Arcadie, Athéna possédait des sanctuaires à Mantinée et à Tégée. Cette dernière ville se prétendait imprenable parce que la déesse avait fait présent d’un cheveu de la Gorgone à son héros Kepheus. Le temple d Athéna Aléa (qui donne la chaleur bienfaisante) ayant été détruit par un incendie, fut reconstruit à la fin du quatrième siècle par Scopas. C’était un édifice magnifique, tout en marbre, où l’on conservait une statue de la déesse, œuvre d’Endoios. A l’occasion de la fête
de la déesse, avaient lieu dans le stade de la ville des concours sur la nature desquels nous ne possédons pas de renseignements précis.
Athéna était également honorée en Elide et principalement à Elis, sous le nom de Meter (mère). La légende v disait qu’après les ravages exercés par Héraklès sur la population de E Elide, les mères avaient supplié la déesse de leur accorder de nombreux enfants et qu’Athéna avait exaucé leurs vœux. Athéna Axiopoinos (qui est justement puni) possédait à Sparte un sanctuaire qui, d’après la légende, avait été fondé par Héraklès en souvenir du châtiment qu’il avait infligé à Hippokoon.
On sait le rôle important joué par la Crète dans la formation des mythes grecs dont beaucoup sont originaires de ce pays. Les Crétois prétendaient qu’Athéna était née dans leur île, à lhenai, près de Cnossos, au bord d’une source d’où sort un petit ruisseau, le Triton. C’est en frappant un nuage d’un coup de foudre que Zeus aurait fait apparaître au jour sa fille préférée. D’après une autre légende crétoise, Athéna et Helios auraient été les parents des Corybantes.
A Lindos, dans l’île de Rhodes, s’élevait un temple d’Athéna à la fondation duquel se rattachaient diverses légendes. Suivant l’une de ces traditions, le xoanon, ou statue en bois de la déesse, fut apporté à Lindos par Danaos qui s’enfuyait de l’Egypte. Une autre version fait intervenir Helios (le Soleil). Au moment de la naissance d’Athéna, il annonce aux habitants de l’île que ceux qui offriraient le premier sacrifice à la déesse la garderaient auprès d’eux. Dans leur hâte, les Rhodiens firent cette offrande sans allumer de feu, habitude qui se conserva depuis cette époque. En témoignage
Lecythe archaïque du Musee de Berlin.
(Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)
ATHENA
de satisfaction, Helios fit tomber sur l’ile une pluie d’or. On racontait également que Cadmos avait offert à l’Athéna de Lindos un bassin d’airain, avec inscription phénicienne. La déesse ne s’était pas montrée ingrate envers ses adorateurs. Elle leur avait non seulement appris le travail du bronze, mais encore l’art de tailler des statues qui semblaient animées de vie et douées de mouvement.
On trouve encore des sanctuaires d’Athéna dans un certain nombre de villes d’Asie Mineure, en Troade, dans la Grande Grèce. Universellement répandu, le culte de la déesse a suivi dans toutes ses étapes la diffusion de la civilisation grecque à travers le monde.
ORACLES Athéna ne possédait aucun sanctuaire
D ATHENA. comparable à ceux de Zeus à Dodone ou d’Apollon à Delphes, pour la révélation de l’avenir aux mortels.
La légende de son apparition en songe à Bellerophon auquel elle enseigne le moyen de dompter Pégase, nous montre que la déesse n’aimait pas avoir recours à des intermédiaires pour manifester sa volonté. N’est-ce pas à elle qu on attribuait ce proverbe qui est comme un résumé de la sagesse humaine :
« Aide-toi et le ciel t’aidera » ?
Certaines légendes prétendent cependant qu’Athéna aurait disputé à Apollon « le privilège d’être auprès des mortels l’interprète de la volonté de Zeus » , par le moyen de la thrioboie.
Les « Thries » , nymphes ailées qui séjournaient sur le Parnasse, avaient, disait-on, trouvé le moyen de prédire l’avenir d’après le mouvement des galets ou cailloux roulés par les torrents. Athéna s’était fait céder par elles cette méthode de prédiction dont une
autre tradition lui attribuait l’invention. Mais Apollon, jaloux de son privilège d’interprète de Zeus, avait fait appel auprès du maître de l’Olympe. Celui-ci s’était décidé en faveur de son fils et Athéna, dépitée, avait jeté ses malheureux cailloux dans la plaine qu’on appelait depuis lors la plaine thriasienne. Le souvenir de cet oracle d’Athéna nous a été conservé par des vases peints où l'on voit des guerriers « un genou en terre, jetant des galets en forme de boules aux pieds d’Athéna armée qui étend le bras droit ou le bras gauche, suivant que le coup est favorable ou funeste » .
Les Grecs croyaient qu’il était possible de tirer certains présages des indications fournies par le jeu de dés ou de dames inventé par Athéna. Le Skirion d’Eleusis, où sous les auspices de la déesse on avait commencé à pratiquer ce genre de divination, n’avait pas tardé à devenir un véritable tripot. Non seulement on y trichait, mais les joueurs n’avaient pas tardé à amener dans le sanctuaire des courtisanes, « si bien que cet enclos était devenu un heu mal famé ».
trouvée sur l’Acropole d'Athenes.
(Musee d’Athenes.)