APOLLON ET LE SERPENT PYTHON
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Apollon, Leto et Artémis. Kalpis de Volcens. (Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)
Tégyre, à Sicyone, à Gryneion. L’opinion la plus généralement admise était cependant celle qui plaçait le théâtre du drame en Phocide, à l’endroit même où devait s’élever le sanctuaire le plus fameux d’Apollon, à Delphes.
D’après l’hymne homérique, Apollon n’était âgé que de quatre jours quand il s’élança du haut de l’Olympe pour entreprendre le voyage qui devait l’amener sur les pentes du Parnasse. Il traverse la Piérie, l’île d’Eubée, la Béotie et s’arrête près d’Haharte où, sur les bords de la fontaine Telphousa, il projette la construction d’un temple. Mais la nymphe dont ces lieux étaient le domaine et qui portait également le nom de Telphousa détourne le dieu de son projet. « Le bruit des chevaux rapides et des
mules qui viennent s’abreuver à mes sources sacrées, te troublera toujours. Ici tout homme aimera mieux contempler des chars bien faits et des chevaux frappant la terre, qu’un grand temple ou les nombreuses richesses qu’il renferme. » Elle lui conseille de porter ses pas à « Crissa, sur les pentes du Parnasse, où jamais char ne s’élancera, où jamais les chevaux ne retentiront autour de ton riche autel » . Or c’était précisément là que se trouvait le serpent Python « qui faisait beaucoup de mal aux humains, tant à euxmêmes qu’à leurs brebis aux longs pieds » . Apollon lance contre la bête immonde « un trait irrésistible » . Déchirée d’atroces douleurs, elle s’étendit palpitante sur un vaste espace, puis elle se tordit sur le heu même, en poussant de longs et horribles cris ; enfin, elle recueillit ses forces et s’enfonça en rampant ça et là dans la forêt où elle expira, exhalant des flots de sang. Or, Phoïbos Apollon se glorifia, et dit : « Maintenant, pourris où tu es, sur la terre nourricière des humains ; tu ne seras plus la perdition des mortels qui, consommant les fruits de la terre fertile, amenèrent ici de complètes hécatombes. Ni Typhœus, ni la sinistre Chimère ne détourneront de toi la rigide mort ; mais ici la sombre terre et le brillant Hypérion te consumeront. »
En tuant le monstre, Apollon s’était couvert d’une souillure. Pour s’en purifier, il se condamna lui-même à un exil d’une année suivant les uns, de huit ans suivant les autres, dans la vallée de Tempé, où il errait dépourvu de tout prestige et de tout éclat. Son expiation terminée, il revint à Delphes, couronné de laurier, une branche de cet arbre à la main.
Pour célébrer le retour du dieu dans leur cité, les Delphiens avaient institué la fête du Septerion qui avait lieu tous les neuf ans. C’était une sorte de pantomime, retraçant les péripéties de la lutte d'Apollon et de Python. Près du sanctuaire du dieu, on élevait une cabane en planches qui était censée
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Apollon jouant de la lyre, assis sur le trepied au-dessus des flots de la mer.
Hydrie du Musée grégorien, Rome.
(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
APOLLON
représenter la demeure du serpent. Une procession ayant à sa tête un jeune garçon qui devait encore avoir ses parents, s’approchait, par un sentier détourné, au milieu du plus profond silence, du bâtiment de planches, des torches enflammées à la main. Le jeune garçon qui jouait le rôle d’Apollon, lançait une flèche contre la cabane, sur laquelle tout le monde se ruait ensuite et y mettait le feu. Tous les assistants se sauvaient alors précipitamment, sans se retourner. Quant à l’enfant qui conduisait la procession, suivi de compagnons de son âge, il se dirigeait vers le Nord jusqu’à Tempé, où un sacrifice était offert sur l’autel du dieu. Puis, tout le cortège, porteur de rameaux de laurier, revenait à Delphes par la voix sacrée, la voie Pythias, par où Apollon lui-même avait passé. Cette seconde partie de la fête du Septerion portait le nom de Daphneiphoria ( daphnephoros , celui qui porte le laurier). On la retrouve dans un certain nombre d’autres villes grecques.