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DE LAOMÉDON

Apollon et Artémis.

Amphore de Nola. (Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)

L’idée de l’expiation d’un forfait se retrouve encore dans deux autres mythes qui nous montrent Apollon réduit à servir chez Admète et chez Laomédon. Apollon avait été condamné, disait-on, à se mettre au service d’Admète, roi de Phères, pour expier le meurtre, non des Cyclopes, comme , le rapportent certains auteurs (les Cyclopes étaient

immortels), mais de leurs fils. 11 avait voulu venger son propre fils, Asklepios, foudroyé par Zeus et s’en était pris aux descendants de ceux qui avaient fabriqué cette arme redoutable pour le maitre de l’Olympe. D autres auteurs, il est vrai, donnent à la servitude d’Apollon un caractère volontaire; elle aurait été due à la passion qu’Apollon éprouvait pour Admète. Cette dernière hypothèse semble en contradiction avec la conduite d’Apollon, telle que la rapporte la légende. C’est grâce à lui en effet qu Admète obtient la main d’Alceste, fille du roi Pehas. Celui-ci avait juré de ne prendre pour gendre qu un homme capable de lui amener un char attelé d’un lion et d’un sanglier. L intervention d Apollon permit à Admète de remplir cette condition qui semblait irréalisable. Le mariage a donc heu, mais une nouvelle et terrible épreuve attend Admète. Quand il pénètre dans la chambre nuptiale, il la trouve remplie de serpents, envoyés par Artémis irritée de ce qu elle avait été oubliée dans les sacrifices offerts à l’occasion du mariage. Apollon intervient pour sauver son protégé. Il apaise sa sœur puis, profitant, dit-on, d’un moment d’ivresse des Parques, il obtient d elles une modification dans I arrêt de mort qui pèse sur Admète. Celui-ci ne périra pas si, son heure dernière venue, I un de ses proches parents veut prendre sa place. Malgré leur âge avancé, son père et sa mère se refusent à un pareil sacrifice. C’est Alceste, sa douce épouse, qui s’offre volontairement à la mort. On verra plus loin comment elle fut sauvée par Heraklès.

La servitude d’Apollon chez Laomédon, dans la Troade, n’a pas pour but l’expiation d’un meurtre. Elle était la conséquence du mouvement de révolte qui avait réuni H era, Poséidon, Athéna et Apollon contre Zeus dont ces divinités voulaient secouer le joug. Le maître de l’Olympe avait

fait échouer le complot grâce à Thétis qui l’en avait prévenu et qui avait amené à son secours le géant Briarée, aux cent bras. Pour racheter leur faute, Poséidon et Apollon durent aller se mettre au service de Laomédon. Apollon garda les troupeaux sur l’Ida, tandis que Poséidon construisait les murs de la ville de Troie. D’après Pindare, Apollon aurait également pris part à cette construction. Elevés par des dieux, les remparts d’Ilion eussent été imprenables. Aussi, disait-on, qu’Apollon et Poséidon s’étaient fait aider par un mortel, Eaque. Laomédon avait promis un salaire à ses deux ouvriers. Le travail achevé, il refusa de s’exécuter. Poséidon se vengea plus tard en se rangeant du côté des Grecs contre les Troyens ; Apollon ne manifesta aucune rancune. D’après Apollodore d’Athènes, les deux dieux se seraient au contraire vengés cruellement de Laomédon. « Apollon répandit la peste dans le pays et Poséidon, par un débordement de la mer, y jeta un monstre marin qui enlevait les hommes dans les champs. »

us haut Leto,

la mère d’Apollon, serait venue d’un pays appelé l’Hyperborée (au-delà de Borée, le vent venu de l’extrême Nord).

C’était une région fabuleuse, sorte de paradis terrestre, placée par l’imagination grecque « à l’abri de toute recherche, derrière les monts Riphéesqui reculaient eux-mêmes devant les progrès des connaissances géographiques ». Il y régnait un printemps perpétuel et c’était de là que venaient les cygnes et les cailles.

Une légende racontait qu’aussitôt après la naissance d’Apoll on, les Hyperboréens avaient envoyé deux jeunes filles, Hyperoché et Laodiké, apporter au dieu les prémices de leurs fruits enveloppés dans de la paille de froment.

C’est dans ce pays qu’Apollon allait chaque année passer plusieurs mois. Il s’y rendait à l’entrée de l’hiver et à l’occasion de son départ ( apodemia ) on chantait des hymnes qui célébraient ce voyage. A son retour ( cpidemia ), lors de la belle saison, on entonnait le péan joyeux, pour fêter la

APOLLON

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