HYPERBORÉEN
Nous avons rapporté pl la légende d’après laquelle
Apollon citharede et Artémis.
Lecythe du Musee de Berlin.
(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
Apollon barbu jouant de la cithare et chantant le pean.
Amphore panathenaïque.
(Lenormant et de Witte, Elite céram.)
APOLL.ON
réapparition du dieu bienfaisant. Ce retour s’effectuait sur un char attelé de cygnes ou de griffons. D’autre part, des peintures de vases nous montrent le dieu, voyageant assis sur 1 un ou 1 autre de ces deux animaux et jouant de la lyre.
La mythologie grecque abonde en épisodes qui nous montrent Apollon dans ses rapports avec les habitants de l’Olympe. 11 prend part à la lutte contre les géants où on le voit combattre Ephialtès et Porphyrion. Son culte est étroitement associé à celui de sa sœur Artémis. Ensemble, les deux jumeaux exercent une terrible vengeance contre Tityos et Niobé qui avaient offensé leur mère, le premier en voulant porter atteinte à la vertu de Leto, la seconde en se vantant de sa fécondité. On a d’ailleurs vu plus haut qu’en dehors d’Hera, toutes les divinités avaient assisté à la naissance d’Apollon et d’Artémis et nous avons déjà montré Poséidon condamné à se mettre au service d’Admète en compagnie du fils de Leto.
Un autre fils illégitime de Zeus, Hermès, semble vouloir, dès sa naissance, entrer en lutte avec Apollon en lui volant ses troupeaux. Nous reviendrons sur cet épisode dans le chapitre consacré à Hermès. Disons seulement qu’un accord amical intervint entre les deux dieux ; ce fut d’Hermès qu’Apollon reçut la lyre qui devait devenir son principal attribut. Nous verrons plus loin que c’est comme dieu de la musique qu’Apollon est en relations avec les divinités d’un ordre un peu secondaire, comme les Muses et les Charités. A Delphes, centre le plus important du culte d’Apollon, on honorait également Dionysos dont le tombeau se trouvait, disait-on, dans le temple du frère d’Artémis.
APOLLON Un certain nombre de légendes ont popularisé les relations tantôt amicales,
ET „ tantôt hostiles qui existèrent entre Apollon et Heraklès. La plus connue de ces
HERAKLES.
légendes est celle du trépied de Delphes.
Après le meurtre d Iphitos, Heraklès, en proie à une maladie très grave, se rendit à Delphes pour consulter l’oracle et apprendre comment il pourrait guérir de son mal. Mais la Pythie, Xenokleia, refuse de monter sur le trépied prophéthique. Heraklès en colère s’empara du trépied et
RELATIONS
D’APOLLON
AVEC
LES AUTRES DIVINITÉS
l’emporta. Suivant certains auteurs il alla ainsi jusqu’à Gythion dans le Peloponèse, à Phénée en Arcadie. Une inondation ayant eu lieu dans ce dernier pays, au premier siècle après J.-C., les Phénéades attribuèrent ce cataclysme à la vengeance d’Apollon. Ce seul fait suffit à montrer avec quelle ténacité la croyance aux mythes régnait encore à une époque où la civilisation grecque était à son^déclin.
Informé du rapt qui vient d’avoir lieu, Apollon accourt et se met à la poursuite d’Heraklès. On en vient aux mains, mais la lutte semble sans issue. Zeus qui est à la fois le père d’Apollon et
Apollon et Tityos. Oenochoe archaïque. Munich. (Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)
d’Heraklès intervient ; la foudre tombe entre les deux adversaires qui comprennent cette manifestation d’une volonté supérieure. C’est Heraklès qui se soumet ; il rend le trépied, mais de son côté la Pythie consent à faire parler pour lui la voix de l’oracle. Depuis lors le dieu et le héros n’auront plus entre eux que des rapports amicaux. Quand Heraklès divinisé entrera dans l’Olympe sur un char conduit par Athéna, il sera accompagné d’Apollon jouant de la lyre.
AVENTURES Digne fils de Zeus, Apollon fut le héros d’un nombre considérable
d’entreprises amoureuses dont beaucoup doivent leur origine au désir des Grecs
D’APOLLON
d’avoir une ascendance illustre. De là tous ces fils d’Apollon, ancêtres de peuples et fondateurs de villes. Nous ne mentionnerons que les plus intéressants au point de vue mythologique. D’autre part, ce qui frappe surtout dans les légendes relatives aux amours d Apollon, c est que la passion du dieu est rarement partagée par celles qui en sont 1 objet. Le plus souvent 1 aventure se
ATHENA SOTEIRA
Sculpture attique du IVe siècle.
Rome, Musee de l’Antiquanum
(Fhot. Alinari, Florence.)
APOLLON
termine par une catastrophe. M. Bouché- Leclercq a pu dire avec raison : « On rechercherait vainement dans la biographie d’Apollon l’amour naturel et légitime représenté comme un élément de bonheur. Hera, déesse de l’union conjugale, poursuivit de sa haine le fils de Leto ; on dirait qu elle s’en souvient toujours. » Ajoutons avec le même auteur que « les Grecs n’ont pas manqué de prêter à Apollon, pour les excuser, les plus inexcusables de leurs vices. Plutarque mentionne avec dégoût les contes des poètes sur l’amour d’Apollon pour Phorbas, Hyacinthe, Admète, Hippolyte de Sicyone, mais des sophistes ne manquaient pas de citer à des jeunes garçons ces exemples corrupteurs. » Les Pères de l’Eglise se sont empressés d’insister sur ce point. Sans les imiter, nous nous contenterons d’effleurer en passant ce sujet particulièrement délicat.