PRINCIPAUX AUTRES ORACLES D’APOLLON
A côté du sanctuaire de Delphes, il s’en trouvait en Grèce un certain nombre d’autres, où l’on venait consulter l’oracle d’Apollon. C’étaient, en Béotie, ceux d’Okræphia et de Thèbes, dans le Peloponèse, celui d’Argos. Mais l’oracle le plus fameux, après celui de Delphes, se trouvait en Asie-Mineure, à Milet ou plutôt à quelque distance de la ville. On y adorait Apollon sous le nom de Didymæos ou « jumeau » . Le fondateur de l’oracle était Branchos qui avait été aimé d’Apollon. En remontant la côte de l’Asie Mineure, on rencontrait l’oracle de Klaros dont la fondation était attribuée à Manto, la fille de Tirésias. Plus au sud, en
Lycie, il y avait un sanctuaire d Apollon à Patara ; la prêtresse qui le desservait, avant de répondre aux questions qui lui étaient adressées, passait la nuit dans le temple, où elle était visitée du dieu, au moins en songe.
Le sophiste Lucien se moque spirituellement de cette multiplicité d’oracles attribués au fils de Leto. « Apollon, dit-il, grâce à la profession compliquée qu’il a choisie, a les oreilles presque rompues par la foule des importuns qui viennent lui demander des oracles. Tantôt il faut qu il
se trouve à Delphes ; un instant après il court à Colophon ; de là, il passe au Xanthos, puis il
galope à Klaros, à Delos ou chez les Branchides, partout en un mot où la prêtresse, après avoir
bu 1’ eau sacrée et mâché le laurier, secoue le trépied et ordonne au dieu de paraître, il doit arriver sans se faire attendre et mettre bout à bout ses oracles, sous peine de compromettre tout le crédit de son métier. »
Apollon et Marsyas. D apres Raphaël.
(Phot. Alinari, Florence.)
APOLLON, DIEU Nous verrons dans !e chapitre consacré à Hermès, comment ce dieu inventa
LA MUSIQUE ^re‘ ^OUr aPa'ser *a co^re d’Apollon auquel il avait dérobé ses boeufs, il joua
ET DE devant lui de l’instrument dû à son ingéniosité. « Or, Apollon, plein de joie, rit,
LA POÉSIE. tandis que l’aimable bruit de la musique divine pénètre ses sens, et que l’écoutant
de toute son âme, un doux désir le ravit. » Hermès ne fait aucune difficulté pour abandonner à son frère cette lyre qui devait devenir son principal attribut. « Puisque, lui dit-il, ton cœur désire vivement jouer de la cithare, chante en t’accompagnant, adonne-toi à ce qui réjouit, accepte-le de ma main. Chante avec cette compagne aux sons pénétrants, instruite à retenir à propos et avec ordre et mesure. Va tranquillement porter la joie dans les festins, dans les chœurs de danses et dans les banquets pompeux, égaye les jours et les nuits. A celui qui sait avec art et sagesse
interroger la lyre, elle répond et lui enseigne diverses choses agréables à l’esprit, facile à une touche moelleuse, redoutant les efforts laborieux. »
APOLLON
ET