PANDORE
enverra « un funeste présent dont ils seront tous charmés au fond de leur âme, chérissant leur propre fléau ». Ce présent c’est Pandore, la femme. Zeus ordonne à Héphaïstos « de composer sans délai un corps, en mélangeant de la terre avec de l’eau, de lui communiquer la force et la voix humaine, d’en former une vierge d’une beauté ravissante et semblable aux déesses immortelles » . D’autres divinités prêtent leur concours à Héphaïstos pour combler de dons la future compagne de l’homme.
Athéna et les Charités la revêtent des plus magnifiques parures, de colliers d’or et de fleurs printanières. Mais, en même temps, Hermès inspire à la femme « l’art du mensonge, les discours séduisants et le caractère perfide » .
C’est lui qui l’appelle Pandore, parce que tous les habitants de l’Olympe lui avaient fait un présent.
D’après Hésiode, c’est à la femme que l’homme doit tous ses malheurs. Il la compare aux frelons qui « s’engraissent du labeur d’autrui ». Le célibat, d’après lui, est un remède pire que le mal. « Si nous fuyons l’hymen et le commerce des femmes, nous n’avons, aux jours de la triste vieillesse, personne qui nous soutienne et nous console ; en vain nous sommes dans l’abondance ; à notre mort, des parents éloignés se partagent entre eux notre héritage ». Il peut arriver que 1 homme soit uni « à une compagne vertueuse et chère », mais, même dans ce cas, « le mal se
Artémis et Aegion,
(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
(1) D apres une Iegende rapportée par Elien, ce seraient les hommes eux-memes qui auraient découvert à Zeus le rapt du feu par Promethee. Ils auraient reçu du maître de l'Olympe un remède qui préservait de la vieillesse. Ce remède fut place sur un âne qui arriva, mourant de soif, auprès d'une fontaine gardée par un serpent. Contre l'autorisation d étancher sa soif, 1 ane abandonna au serpent le remede qu’il portait et c'est depuis cette epoque que les serpents auraient la faculté de se rajeunir.
mêle encore au bien dans toute notre vie » . Quant à celui qui rencontre sur son chemin « quelque femme de race perverse », il vivra dans l’amertume, « portant au fond de son cœur un éternel ennui, un chagrin que rien ne peut guérir ».
A quoi attribuer la sombre misogynie, si peu flatteuse pour la femme, qui perce dans ces lignes ? On a vainement essayé de l’expliquer au point de vue mythologique et cette conception n’a d’ailleurs nui en rien au culte de la beauté féminine dans l’antiquité grecque.
Après avoir créé la femme, Héphaïstos va la conduire auprès du frère même de Prométhée, l’imprévoyant Epiméthée. Celui-ci semble un esprit faible, sans défense. Prométhée lui avait recommandé de ne rien accepter de Zeus, mais Epiméthée passe outre à ce conseil et reçoit avec empressement la belle Pandore. Celle-ci avait apporté avec elle un vase, sur le contenu duquel les
auteurs ne sont pas d’accord. Hésiode parle « des maux terribles » qui s’en échappèrent, en ajoutant que l’espérance seule resta au fond du vase. Comme on l’a fait justement remarquer, l’espérance n’est pas un mal, même quand elle nous berce d’illusions trompeuses. D’autres écrivains prétendent que le vase renfermait non des maux, mais des biens. En l’ouvrant intempestivement, Pandore en laissa échapper tout ce qui aurait pu faire le bonheur de l’humanité. Ce sont donc la curiosité et l’indiscrétion de la femme qui seraient la source de tous les maux qui s’abattirent immédiatement sur l’homme.
« Auparavant, dit Hésiode, les tribus des hommes vivaient sur la terre exemptes des tristes souffrances, du pénible travail et des cruelles maladies qui amènent la vieillesse... Depuis ce jour, mille calamités entourent les hommes de toutes parts : la terre est remplie de maux, la mer en est remplie ; les maladies se plaisent à tourmenter les mortels nuit et jour et leur apportent en silence toutes les douleurs. »
Au sombre tableau des malheurs dont Zeus accable l’homme parce que Prométhée l’a mis en possession du feu, il convient d’opposer celui de tous les bienfaits que l’humanité doit à
LES DYNASTIES SUCCESSIVES DES DIEUX GRECS
Prométhée. Eschyle en place l’énumération dans la bouche de son héros. C est le passage de 1 état sauvage à la civilisation. Prométhée a enseigné aux hommes « l’instant précis du lever des astres, le mouvement plus indécis de leur coucher ». Il est l’inventeur du nombre, des lettres et de l’art de les grouper. Grâce à lui, par la domestication des animaux, l’homme pourra cultiver la terre avec beaucoup moins de peine. La navigation est également une création de Prométhée, de même que la médecine, la divination, l’interprétation des songes et du vol des oiseaux, etc... Enfin, c’est encore Prométhée qui a révélé aux humains « ce que dans ses profondeurs la terre cache à l’homme, ces richesses, l’airain, le fer, l’argent et l’or ».
DEUCALION Cependant, Zeus médite contre les hommes une vengeance plus radicale
encore : leur extermination pure et simple. Il déchaîne sur la terre un déluge