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LA JEUNESSE

sensibles. Dans certains sanctuaires les jeunes filles lui consacrent leur chevelure, ou, au moment de leur mariage, lui apportent leurs jouets, leur ceinture, une boucle de leurs cheveux. Souvent confondue avec Ilithye, Artémis apparaît comme déesse de l’accouchement, ce qui au premier abord semble contradictoire avec la conception de la sœur d’Apollon comme personnification de la chasteté et de la pureté. C’est une preuve à l’appui de la thèse, d’après laquelle le personnage d’Artémis se serait peu à peu transformé, et n aurait pas eu à l’origine le caractère sous lequel le représentent les auteurs de l’époque classique. Nous avons vu d’ailleurs que née un jour avant

Apollon, Artémis aurait aidé sa mère à mettre au monde le brillant Phoibos. Quoiqu’il en soit, la protection de la virginité et de la chasteté est un des principaux attributs d’Artémis. Elle donne I elle -même l’exemple, et n’admet aucun écart de la part de ses compagnes. Calhsto a beau avoir été séduite par Zeus, son égarement lui coûte la vie. Pausamas nous raconte un autre trait de la vengeance d’Artémis. A Patras « le sacerdoce de la déesse était autrefois confié à une jeune fille nommée Colmaitho, qui s’unit dans le temple même au beau Menalippos. La colère de la déesse se manifesta par une terrible stérilité. L’oracle dévoile le crime des deux amants et ordonne de sacrifier chaque année un jeune homme et une jeune fille, choisis parmi les plus beaux, jusqu’à ce qu’un roi étranger apportât dans le pays une divinité étrangère. Après la prise de Troie, Eurypylos ramena un coffre contenant une statue de Dionysos dont Zeus avait fait présent à Dardanos. »

En même temps que chaste et pure, Artémis était considérée comme très belle et porte souvent l’épithète de Kallisté. Déesse du printemps, elle avait dans ses attributions la danse et la musique, car chez presque tous les peuples le renouveau est fêté par des chants et des danses. On disait que c’était à ( occasion des fêtes d’Artémis que les bergers avaient fait entendre les premiers chants bucoliques. En de nombreux endroits, des chœurs de jeunes filles célébraient les bienfaits de la déesse.

Le caractère tutélaire d’Artémis se retrouve encore dans la protection qu elle accorde aux voyageurs et aux émigrants. Elle veille sur les routes, sur les marchés et finalement sur les cités elles-mêmes. Les suppliants ne l’invoquent pas en vain. L’Artémision d Ephèse jouissait du droit d’asile.

Cependant, tout en favorisant les mortels, Artémis est très nettement une divinité de la mort. Les femmes sont spécialement ses victimes et périssent sous ses flèches. La liste de ses victimes s’étend des filles de Niobè jusqu’à Ariane, en passant par Calhsto, Coronis et Meura. Celle-ci, de

Artémis poursuivant Helene portant Iphigénie dans ses bras. Amphore panathenaïque.

(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)

ARTEMIS

même que Callisto, fut tuée par Artémis pour s’être laissé séduire par Zeus. Les hommes n’échappent pas d’ailleurs au courroux de la déesse. On a déjà vu plus haut dans quelles circonstances la sœur d’Apollon fait périr les Aloades, Actéon, Buphagos et Orion. De là aussi les sacrifices humains offerts à Artémis dans certains sanctuaires et dont il sera question plus loin. A l’époque historique ces sacrifices n’étaient plus d ailleurs conservés que sous une forme symbolique.

Nous avons déjà parlé de la conception d’Artémis comme déesse de la lune. Il semble bien démontré que cette idée ne fit son apparition dans la mythologie qu’à une époque relativement récente.

On n’en trouve aucune trace dans les poèmes homériques, ni dans la poésie tragique, car les passages cités à ce propos sont d’une authenticité douteuse.

C’est beaucoup plus tard seulement qu’on identifia Artémis avec la lune, comme on l’avait fait d’Apollon et du soleil. Ajoutons que cette conception bien accueillie dans les cercles populaires, ne joua jamais un rôle dans le culte même de la déesse.

LES

SANCTUAIRES

D’ARTÉMIS

Artémis possédait de nombreux sanctuaires, non seulement dans tout le monde hellénique, mais encore, par suite de son identification avec d’autres divinités, dans la plus grande partie du monde connu des anciens. On assiste ici au phénomène de l’adoption par les Grecs de cultes barbares dans lesquels ils croient

retrouver les éléments de leurs propres croyances. A la vérité, il n’y eut jamais fusion complète, et il n’est pas difficile de distinguer les apparences extérieures de l’essence même de la religion d’Artémis telle qu’elle était conçue par les Hellènes.

Artémis Hymnia jouant de la cithare. Oenochoe. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)

ARTÉMIS Etroitement associée à son frère Apollon, Artémis était en général honorée

EN dans les mêmes sanctuaires que lui. Son rôle cependant y était secondaire.

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