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GRÈCE

Elle possédait elle-même des temples en de nombreux endroits. Dans l’Attique

même, la déesse était l’objet d’un culte particulier à Brauron, petite localité située près de Halæ

Araphemdes. A ce culte se rattachait l’une des légendes les plus populaires de la Grèce, celle du

sacrifice d’Iphigénie par Agamemnon, du sauvetage miraculeux de la jeune fille par Artémis et de

son retour en Grèce avec son frère Oreste.

On a déjà lu plus haut dans quelles conditions Agamemnon pour apaiser la colère d’Artémis avait dû offrir en sacrifice sa propre fille Iphigénie. Au moment où la malheureuse allait périr, la

déesse lui substitua une autre victime. Iphigénie se vit transportée d’Aulis en Grèce, jusqu’au fond du Pont-Euxin, dans un pays appelé la Chersonèse Taurique. Là, Artémis possédait un sanctuaire dont Iphigénie devint la prêtresse. Le culte de la déesse avait ici un caractère sanguinaire et barbare. Tout étranger qui abordait sur la côte devait être immolé et c’était à Iphigénie qu’incombait ce soin.

Groupe d'Artemis sur le grand autel de Zeus à Pergame. Musée de Berlin.

Nous n’avons pas à raconter à la suite de quelles péripéties Oreste, frère d’Iphigénie, qui pour venger son père Agamemnon s’était fait le meurtrier de sa mère, Clytemnestre, vint en Tauride. S’étant fait reconnaître de sa sœur, il l’emmène et emporte en même temps la statue de bois de la déesse qu’il a dérobée dans le sanctuaire. La légende disait que loin de s’irriter de ce rapt, Artémis s’en était fait la complice. Les fugitifs débarquèrent à Halæ Araphenides, le port de Brauron, avec la précieuse idole qui plus tard, disait-on, fut transportée sur l’Acropole. Ainsi s’introduisit

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