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APOLLON ET MARSYAS

D après le tableau attribue a Raphaël. Paris, Musee du Louvre.

ARTEMIS

en Grèce le culte d’Artémis dite Taurique. On en vint à dire que le sacrifice d’Iphigénie avait eu lieu, non pas à Aulis, mais à Brauron. Ce n’était plus par une biche, comme dans la légende primitive, mais par une ourse que la fille d’Agamemnon avait été remplacée sur l’autel.

L’ourse joue, en effet, un rôle important dans les fêtes des Brauronia, célébrées tous les cinq ans, d’abord à Brauron, plus tard sur l’Acropole d’Athènes. Le lexicographe Suidas raconte, delà manière suivante, l’origine de cette cérémonie. Un ours apprivoisé, qui vivait en liberté, avait

Artémis, Hermès et Leto ou Hera, Hydrie. (Lenormant et de Witte, Elite céram .)

mis en pièces une jeune fille qui l'avait maltraité. Les frères de la victime tuèrent l’animal. Aussitôt une peste terrible s’abattit sur le pays. Les Athéniens envoyèrent consulter l’oracle. Celui-ci répondit qu’à l’avenir ils devraient consacrer leurs filles à Artémis, sous la forme d’une ourse. Cette consécration ne pouvait, naturellement, se faire que sous une forme fictive. Lors de la fête des Brauronia on voyait une longue théorie de jeunes filles, dont l’âge variait entre cinq et dix ans, se diriger vers le temple d’Artémis. Leurs vêtements étaient couleur de safran, sans doute pour rappeler le pelage de l’ours ; elles étaient accompagnées de leurs parents qui sacrifiaient une chèvre à la déesse. Ce jour-là ces jeunes filles étaient appelées ourses, « ào/.zooi- », et toutes les Athéniennes avant leur mariage, devaient avoir été ap/.roc de la déesse.

Les auteurs anciens nous racontent, sans entrer dans les détails, qu’à côté des cérémonies dont nous venons de parler on célébrait, à l’occasion des Brauronia, des fêtes d’un caractère tout-à-fait différent. Les hommes se livraient à de véritables orgies, suivies de débordements licencieux qui n’ont plus aucun rapport avec le culte d’Artémis mais se rattachent plutôt à celui de Dionysos.

D’après une autre légende, l’idole d’Artémis Taurique, enlevée par Oreste, aurait été apportée non pas à Brauron mais à Limnaion, village de Laconie. Là se trouvait un sanctuaire d’Artémis Orthia, ou droite, ainsi appelée parce que la statue de bois de la déesse avait été trouvée dans cette position parmi des buissons. Cette trouvaille avait eu des conséquences terribles pour ses auteurs qui devinrent tous fous. En outre, pendant un sacrifice, les assistants se précipitèrent les uns sur les autres. Ceux qui ne succombèrent pas sur le champ moururent d’un mal mystérieux. Attribuant ces

fléaux à la colère d’Artémis on institua en son honneur des sacrifices humains qui duraient encore à l’époque de Lycurgue. Celui-ci les remplaça par la coutume de flageller de jeunes garçons dont le sang arrosait 1 autel de la déesse. La prêtresse, tenant dans ses bras la statue de bois apportée par Oreste, veillait à la stricte observation des règlements édictés par Lycurgue. Quand le zèle des fouetteurs se ralentissait, le xoanon d’Artémis manifestait son mécontentement en se faisant plus lourd entre les bras de la prêtresse. D’autre part, la cérémonie de la flagellation était suivie d’une procession, dite phallophorie, où l’on portait des emblèmes qui n ont aucun rapport avec le caractère de chasteté généralement attribué à Artémis.

Pausamas nous raconte encore une curieuse légende relative au culte d’Artémis en Arcadie. « Près du bourg de Kondylea est un bois sacré d’Artémis avec un temple de cette déesse qu’on surnommait Kondyleatis. Le surnom fut changé dans les circonstances suivantes. Des enfants, en jouant près du temple de la déesse, trouvèrent une corde qu’ils attachèrent au cou de la statue et s écrièrent que la déesse s’était étranglée. Les Kaphyens s’aperçurent de ce que faisaient ces enfants et les tuèrent à coups de pierres. Aussitôt une épidémie survint et les femmes n’accouchèrent plus que d enfants morts. L’oracle consulté ordonna d’ensevelir les enfants et d’offrir, chaque année, des sacrifices funèbres en leur honneur. Jusqu’à nos jours, les Kaphyens ont suivi les prescriptions de 1 oracle et ils invoquent, ce fut aussi une prescription de la Pythie, la déesse étranglée, Apankomenè, dans le de temple Kondylea. »

Artémis possédait encore un autre temple en Arcadie, à Lousoi. On disait que c’était là qu’étaient venu se réfugier les Proïtides, filles de Proitos roi de Tyrinthe, frappées de démence. Elles avaient été purifiées dans le temple d’Artémis par le devin Melampos et avaient recouvert la raison.

11 y eut également identification entre l’Artémis hellénique et deux divinités thraces, Bendis et Chrysé. Leur culte présente de grands rapports avec celui de la sœur d’Apollon. Nous ne savons

Artémis tauropole (Clarac, Musée.)

ARTEM IS

d’ailleurs pas grand’chose sur Artémis Chrysé. Quant à Artémis Bendis, à laquelle les Athéniens avaient élevé un temple sur leur territoire, son culte se distinguait par son caractève sanguinaire. Des jeunes filles lui étaient, disait-on, sacrifiées, mais nous ignorons dans quelles conditions avaient lieu ces sacrifices.

Artémis était honorée dans un grand nombre d’îles de la mer Egée et de la mer Ionienne, particulièrement en Eubée, à Delos, à Paros, à Samos, à Corcyre, à Céphalléme. On la retrouve également dans l’île de Crète d’où sont originaires un grand nombre de légendes de la mythologie grecque. Là, Artémis se confondait avec une déesse qui porte tantôt le nom de Britomartis, tantôt celui de Dictynna. D’après certains auteurs, Britomartis était une nymphe crétoise qui, pour échapper aux poursuites de Minos, s’était précipitée dans la mer. Elle avait été sauvée de la mort par des pêcheurs qui l’avaient prise dans leurs filets. Suivant une autre légende, ces pêcheurs ayant voulu abuser de la nymphe, celle-ci leur échappa et alla se réfugier dans l’île d’Egine où un temple lui avait été élevé.

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