L’HUMANITÉ
La mythologie grecque prête à Hermès, dieu terrestre, les attributions les plus diverses. Par ses nombreuses inventions, il devient le bienfaiteur des hommes auxquels il aimait à rendre service dans maints cas embarrassants. Comme on l’a vu plus haut, Hermès, après avoir dérobé les boeufs de son frère Apollon, « chercha l’art de faire le feu » qu’il trouva en frottant de sa main un rameau de laurier.
On sait comment il inventa la lyre dont il fit ensuite présent à son frère Apollon, et on lui attribuait également l’invention de la flûte et de la syrinx. C’est donc à lui que les hommes sont redevables de l’art de la musique, devenu dans la suite le domaine plus spécial d’Apollon et des Muses.
De même Hermès était considéré par les Grecs comme le dieu de la parole et de l’intelligence. On 1 ui devait, disait-on, 1 écriture. Suivant les uns il avait inventé lui-même les lettres pour les donner ensuite aux Egyptiens. D’après une autre légende, Hermès avait apporté aux Arcadiens les
lettres phéniciennes qui par Cadmos furent introduites en Béotie. En sa qualité de fils de Maia, l’une des Pléiades transportées parmi les astres, il était l’inventeur de l’astronomie et, par suite, des mathématiques. C’était Hermès aussi qui, disait-on avait donné aux hommes leurs premières lois, c’est à lui qu’on devait les règles des échanges, des traités, la fixation des poids et des mesures. « C’est H ermès, dit Diodore de Sicile, qui a le premier trouvé le poids et la mesure, le gain et la tromperie. » Le fils de Zeus et de Maia devint ainsi le dieu du commerce. Un de ses symboles était la bourse bien remplie. 11 était donc adoré des marchands et particulièrement des intermédiaires qui dès cette époque avaient la réputation de ne pas être très scrupuleux. Leur mauvaise renommée passa au dieu lui-même qui devint ainsi le protecteur des voleurs. A Samos, il y avait une fête où il était permis de voler. A Pergame, les commerçants qui s’étaient livrés à des trafics frauduleux, pouvaient se soustraire aux poursuites de la justice en payant une certaine somme qu’on appelait « l’argent pour Hermès » .
Il ne manquait d’ailleurs pas de légendes qui permissent aux voleurs d’invoquer Hermès comme leur patron. On a vu qu’à peine né il dérobe les bœufs d’Apollon. Suivant Lucien, presque tous les dieux eurent à se plaindre des vols d’Hermès. A Poséidon, il aurait pris son trident, à Apollon son arc et ses flèches, à Héphaistos ses tenailles, à Aphrodite sa ceinture, à Zeus lui-même son sceptre.
HERMES
Pour se faire allaiter par Hera, Hermès aurait, d après une légende, pris la forme du dieu préféré de la déesse, Arès. Sa manie du vol l’amène à jouer des tours à sa propre mère. Un jour que Maïa se baignait avec ses filles, Hermès leur déroba leurs habits. Il ne consentit à les leur rendre qu’après s’être un bon moment amusé de leur embarras. Ajoutons d’ailleurs que les dieux étaient les premiers à encourager les larcins d’Hermès quand ils y avaient quelque intérêt. On a déjà vu que Zeus l’avait chargé de dérober Io transformée en vache. De même, quand il s’agit de permettre à Priam de ramener dans Troie le cadavre de son fils Hector, c est Hermès qui est délégué par l’Olympe pour assister dans sa tâche le malheureux vieillard.