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LA DIVINATION

Intermédiaire entre les dieux et les hommes, passant du monde céleste au monde terrestre etde celui-ci au monde souterrain, Hermès semblait particulièrement bien placé pour prédire l’avenir. M aïs il a dû abandonner ce privilège à son frère Apollon qui tout au plus lui a concédé le droit de rendre l’oracle par l’intermédiaire des Thries, qui « la tête poudrée de farine blanche, ont leur demeure au fond du vallon de Parnasse ». Nous ne connaissons que d’une façon confuse ce qu’était ce mode de divination par des pierres ou galets qui d’après cerlains auteurs « remplissaient un bassin de bronze placé devant le trépied fatidique, s’agitant et sautant quand le dieu voulait rendre un cracle ». Pausanias nous parle, d’autre part, d’un oracle

d’H ermès à Pharae, ville d’Achaïe. « Il y a à Pharae une statue d’Hermès barbu ; la statue est en marbre, de forme carrée, de grandeur moyenne. Près de là a été institué un oracle. Devant la statue se trouve un foyer également en marbre autour duquel sont scellées des lampes de bronze. Celui donc qui veut consulter le dieu arrive vers le soir, brûle de l’encens sur le brasier, puis ayant versé de l’huile dans les lampes et les ayant allumées, il place sur l’autel, à droite de la statue, une monnaie

du pays qu’on appelle chalcous, et s’approche du dieu pour lui poser à 1 oreille la question qui 1 amène ; après quoi il quitte l’agora en se bouchant les oreilles.

Une fois hors de l’agora, il ôte ses mains de ses oreilles, et la première voix qu’il entend, c’est la réponse de l’oracle. »

HERMÈS DIEU De toutes

,DE . les attributions LA FECONDITE.

d’Hermès, la plus importante et probablement la plus ancienne est celle qui fait du dieu un agent du principe de la fécondité. Les attributs essentiels sont le phallus et le bélier ; on y ajoute quelquefois le veau et le bouc (d’où les noms d’Hermès criophore, moschophore et tra-

Hermès ramenant Alceste des enfers. gophore). Suivant PaUSaniaS,

Colonne de lArtemision d’Ephese.

Hermès était représenté par un

simple phallus dans le temple qui lui était consacré à Cyllène, en Elidé. « Le phallus turgescent, dit M. Victor Bérard, demeura l’attribut essentiel et le seul ornement des xoanons (statues de bois) d’H ermès. Ce phallus était-il un souvenir de la primitive idole ? Obéissant au contraire à quelque raisonnement, les Arcadiens traduisaient-ils par ce symbole leur conception du dieu viril et fort, héros et guerrier aussi bien que messager de son père ? ou du dieu lascif, amant de la déesse ? » Dans l’hymne homérique à Aphrodite, le poète, parlant des nymphes, dit que « les satyres et le subtil meurtrier d’Argos (Hermès) s’unissent d’amour avec elles, dans l’ombre des grottes secrètes. » Nous avons vu plus haut que les Hermaï étaient pourvus d’un phallus. Il en était probablement de même de la très ancienne statue d’Hermès consacrée par Cécrops dans le temple d’Athéna Polias.

HERMES

Pausanias ne se prononce pas sur ce point, car cette statue, quand il ‘visita le temple, était couverte

de branches de myrthe.

Les Arcadiens, peuple de bergers, demandaient principalement à leur dieu de favoriser la croissance et la multiplication de leurs troupeaux. Or, l’animal domestique, prolifique par excellence, c’est le bélier. 11 joue donc un rôle capital dans le culte d’Hermès, même en dehors de l’Arcadie, comme nous le raconte Pausanias. « Sur la route du Lechaion (à Corinthe) est une statue d’H ermès avec un bélier à son côté ; c’est qu’Hermès est, suivant Homère, le dieu surveillant et gardant les troupeaux ; on donne aussi une raison mystique dans les initiations de la déesse mère, au sujet d Hermès et de son bélier, mais je ne puis la dire. » On ne peut que regretter cet accès de pudeur chez Pausanias, car ses indications nous eussent probablement fourni d’intéressantes données sur ce point.

Quant au bouc, plus généralement consacré a Aphrodite, c’est évidemment à cause de son caractère lascif qu’on l’a mis au nombre des attributs d’H ermès. Une terre cuite d’Athènes représente « le dieu , debout , barbu et revêtu d’une chlamyde ; il tient de la main gauche les quatre pattes réunies d’un bouc, aux cornes très longues, placé sur son épaule. » Sur un vase peint, on voit Hermès, le caducée à la main, assis sur un bouc. Enfin, c’est en prenant la forme d’un bouc qu’Hermès assaillit Pénélope, qu’il ne faut pas confondre avec la femme d’Ulysse.

Hermes pesant les âmes d’Achille et de Memnon en presence de Thetis et d Eos. Coupe à figures rouges. Musee du Louvre. Paris.

Le fils de Zeus et de Maia, qui passait pour avoir offert le premier sacrifice aux dieux, en recevait lui-même un grand nombre de la part de ses adorateurs. Moins distant des mortels que les autres divinités, il acceptait d’eux les offrandes les plus diverses qui n’exigeaient pas toutes l’effusion du sang. Le bélier, l’agneau, la chèvre, le taureau et en quelques endroits le porc, étaient les animaux qu’on sacrifiait de préférence à Hermès; on lui offrait spécialement les langues de ces victimes, usage dans lequel on a voulu voir une allusion à la fonction d’Hermès dieu de l’éloquence. D’autre part, adoré surtout dans les classes populaires, Hermès savait se contenter d’offrandes plus modestes. Il aimait, disait-on, beaucoup les gâteaux; aussi lui en offrait-on. Au cours de la fête des Antesthéries, on lui apportait des vases remplis de légumes cuits, et il en était de même lors de la consécration de nouveaux Hermaï.

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