AUX DEUX-GENT-TREIZE
r.HEZ B. DUSILLION, 13, RUE DU COQ-SAINT-llONORÉ
ET TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
AUX DEUXCEM -TREIZE
( 9 Janvier 1845.
S/ <iuid mea carmiiui poitsunt , Xulla dies tinquum memori vos eximet œro.
Si mes vers con'îerv-eut quel.iue rinpiie , Vutre nom fianchira les siècles étouffants.
VIRGII.K, Enéide, liv, IX, liad. en vers par Bailluliiiiy.
Qu'on pavoise de deuil l'iiôtel des Capucines; Que les lames d'argent et les blanches crépines Tombent, de la tenture appendue au plafond, Sur le haut catafalque exhaussé dans le fond; Brûlons autour de lui la gomme aromatique ; Qu'on inscrive les noms du corps diplomatique ; Que lord Cowley lui-même, armé de l'aspersoir. Jette l'onde lustrale au cercueil du Pouvoir.
l NÉMÉSIS.
H n'est plus; mais, avant d'être mis sous la pierre,
Si quelques soubresauts agitent cette bière.
Ne soyons pas émus par ce signe trompeur :
Un mort galvanisé ne doit pas faire peur.
Et pourtant les jongleurs dont l'impie artifice
Prolonge à ce cadavre un mouvement factice ,
Ceux qui, dans le moment où son pouls s'arrêta.
Excitèrent sur lui la pile de Volta;
Ces vains opérateurs, oubliant leur défaite.
Célèbrent cette mort ainsi qu'un jour de fête.
On dit qu'on les a vus, le soir même du jour
Où leur Melcliisedech fut broyé sans retour.
Chez un Lemardelay, receleur de la troupe,
Porter à l'Angleterre un toste à pleine coupe,
Et, dans un air chargé d'hydrogène et d'azot,
Vociférer en chœur : Great triumph of Guizot !
Rabattons cet orgueil; délateurs équitables.
Pour ces proscrits hautains osons dresser nos tables ;
Et puisque, cette fois, leur peur n'a pas bravé
Le vote distinctif par assis et levé,
AUX deux-i;em-tkeize.
Fouillous dans cette nuit; que notre voix racontr La victoire qui fait leur éternelle honte, Et que ces vers d'airain, inflexibles chaînon^, Attachent en faiseau leurs prosaïques noms.
Entre tous ces vainqueurs que le cyprès couronne , Proclamons, avant tout, ceux qu'envoya le Rhône : Fulchiron, l'arc-boutant du parti guizotin. Terme l'inamovible, et le changeant Martin, EtSauzet, qui, tremblant de résoudre un problème. En face du public , s'escamota lui-même , Pendant que mille cris, renforcés par l'écho, Rappelaient au fauteuil le président Bosco. On distingue auprès d'eux ceux que la Saône-et-Loirc Nomma pour leur profit , plus que pour notre gloire, Deux tribuns dont, sans moi , nul ne saurait le nom , L'ambassadeur Varenne , avec Brunet-Denon. Dejean , Espéronnier , Ressigeac , voilà l'Aude; La Loire est peu coupable, elle n'a fait qu'un Baude ; Le vote de Marmier n'accuse queVesoul.
La ville où dominait l'orgueilleux capitoul,
Parapha d'un Mai'tiu l'élecloral diploine. Chabaud-Latour 'baron), Lafarelle, Labauine, Offrent un spécimen des sommités du Gard. La Gironde a fourni cinq amis à PriLchard, Du ministère anglais intrépide phalange , Lasalle, Henry Gallos, Hervé , Roui et Lagrange. La Dordogne , sa sœur , s'enorgueillit de voir Debelleyme et Garraube enrôlés au pouvoir ; De baigner de ses flots les remparts d'une ville Qui nomma Saint-Aulaire , et Magne, et Malleville, Et toi qui , de bravos vainement accueilli , Es tombé de sommeil sous les lauriers d'Isly. 0 Dordogne perverse , ô funeste parente î Ton onde a corrompu l'une et l'autre Charente ; Hélas ! nous lui devons Dulimbert , Lemercier , Tesnières, Chassiron , Desmortiers, Tupinier , Et Rasteau , dont toujours la boule fut sinistre , Et Duchâtel, qui vote en député ministre. Mais dans la Haute-Vienne el lu Creuse à la fuis, La France, par bonheur, no pleure que deux choix,