PAUL LA UN AV
MACROPHAGE (a-v-xpoç grand, ^ayetv manger). — Ce terme, créé par Metchnikôff, doit s'appliquer à toute cellule lymphatique sanguine ou conjonctive capable d'englober et de digérer des microbes, et des débris de tailles plus considérables (macrophagocytose);
Le macrophage se présente sous forme d'une cellule de 10 à 50 tx (10
en moyenne) d'ordinaire libérée de toute attache et mobile. Il est globuleux ou irrégulier, suivant l'émission des pseudopodes; le protoplasma spongieux
est large, tantôt légèrement basophile, tantôt légèrement acidophile; @ f$ J| le noyau unique de 5 ;i
1 5 y., arrondi ou incurvé, souvent même lobé, esl basophile. Le macrophage n'est pas toujours en état de macrophagie, et au repos son protot 2 plasma est libre de toute
Fig. 59. - Macrophages. - 1. Macrophage au repos ; 2. Macrophage inclusion ; ail Contraire,
en activité; son protoplasma contient : un polynucléaire neutro- lorsqu'il est en activité, phile atrophié dont le noyau dégénéré est fragmenté en trois
boules pyknotiques, quatre sporotricha oblongs, de taille iné- S011 protoplasma COn-
gale fortement colorés, granuleux, encerclés d'un liséré transpa- tient des Vacuoles (lig'CS-
tives où sont englobées les particules que les ferments sécrétés par le protoplasma (macrocylase de Metchnikôff ou alexine) vont digérer et détruire ; on se souvient que l'action de l'alexine n'est possible que grâce à l'adjonction d'un autre corps, la sensibilisatrice. Les particules englobées sont de nature très diverse et plus ou moins inconnaissables : globules rouges, polynucléaires pyknosés, cellules dégénérées épithéliales, débris de fibres musculaires, microbes, etc.
Le macrophage n'est pas une entité cellulaire, il n'y a pas que le leucocyte du sang ou de la lymphe qui puisse être macrophage; toute cellule lymphoconjonctive, quelle qu'elle soit, peut le devenir; le macrophage est donc une femetion, un stade d'adaptation, passager ou permanent, de cellules lympho-
'259 Magnésie.
conjonctives. A l'état normal, les grands mononucléaires du sang, de la lymphe et des tissus hématopoïétiques sont presque les seuls macrophages. Mais sous l'influence de l'inflammation, toutes les cellules conjonctives et lymphatiques : cellules fixes, cellules endothéliales des séreuses et des vaisseaux, etc., peuvent, en shypertrophiant et en se libérant, devenir macrophages (Dominici). Lorsque l'inflammation s'apaise, les macrophages non détruits ont un sort non univoque : ou bien ils restent macrophages et passent dans le sang ou la lymphe, ou bien ils reprennent leur fonction antérieure (fîbroblasle, cellule endothéliale), ou bien prenant une autre fonction, ils se transforment en une autre variété de cellule conjonctive ou lymphatique (tissu scléreux par exemple), suivant la loi de l'unité du système lympho-conjonctif de Dominici. GOUGEROT.
MACROCHEILIE. — V. Lèvres (Hypertrophie congénitale).
MACROGLOSSIE. — V. Langue (Malformations congénitales).
MADELUNG (MALADIE DE). — V. Radius curvus.
MAGNÉSIE. — Le magnésium fournit à la médecine journalière plusieurs de ses composés.
Oxyde de magnésium. — Préparée par la calcination de l'hydrocarbonate de magnésie, la magnésie calcinée se présente sous deux formes : légère ou française, lourde ou anglaise.
Les effets thérapeutiques de la magnésie dépendent de la dose administrée. A petites doses (50 centigr. à 2 gr.) la magnésie calcinée est absorbante et antiacide; à doses plus élevées (4 à 15 gr.) elle est purgative. Aux enfants on donne la magnésie à la dose de 50 centigr. à 1 gr. par année d'âge, avec du lactose qui en favorise l'absorption.
Médecine blanche.
Magnésie calcinée ... 8 grammes.
Sucre pulvérisé .... 50
Eau distillée 40 —
Eau de fleurs d'oranger. 20 —
Prendre en une fois et ingérer sitôt après le suc d'une orange.
Poudre taxai ive.
Magnésie calcinée . \ Soufre sublimé et /
lavé i ;ïïi 10 grammes.
Sucre de lait pulvé
risé
Cuillerée à café le soir
( 'achets anti-gastralgiques.
Magnésie calcinée . . J „-
Craie préparée j aa 50 centlSr'
Poudre de belladone 2 —
Pour un cachet; 1 cachet 2 heures et 3 heures après le repas (hyperpeptiques).
Hydroxyde de magnésium. — La magnésie hydratée peut être utilisée comme la magnésie calcinée.
t 'achets antiacides.
Magnésie hydratée \
Bicarbonate de soude ( âa 30 centigr.
Phosphate de chaux )
Pour un cachet, 5 à 10 par jour.
Délayée dans l'eau (lait de magnésie) elle constitue un antidote efficace
Maigreur.
dans les intoxications par les acides et dans l'intoxication par l'anhydride arsénieux (V. Poisons médicamenteux).
Carbonate de magnésie. — L'hydrocarbonate de magnésie ou magnésie blanche trouve surtout son emploi comme poudre absorbante et antiacide.
Poudre antidyspeptique.
Magnésie blanche .... 80 centigr.
Poudre de rhubarde ... 40 — Poudre de noix vomique . 5 — Pour une prise après le repas.
Poudre dentifrice.
Carbonate de magnésie
Carbonate dechaux. \ ââ 100 grammes.
Poudre de quinquina rouge . . .
Essence de menthe poivrée 1 gramme.
Citrate de magnésie. — C'est un purgatif de saveur peu désagréable, très bien toléré par la plupart des malades. La limonade purgative se prépare au moment du besoin.
Limonade purgative au citrate de magnésie (Codex).
Acide citrique 32 grammes
Hydrocarbonate de magnésie
Eau distillée
Sirop simple
Alcoolature de citron
Sulfate de magnésie. — Le sel de Sedlilz ou sel d'Epsom se présente en prismes rhomboïdaux incolores de saveur extrêmement amère, très solubles dans l'eau. C'est un purgatif énergique (V. Purgatifs) à la dose de 20 à 60 gr. Il se trouve associé au sulfate de soude dans plusieurs eaux purgatives (V. Eaux minérales).
Eau saline purgative, eau dite de tlungadi-Janos (Codex).
Sulfate de magnésium. 10 grammes.
Sulfate de sodium officinal 10 —
Eau distillée 050
Eau saline purgative gaz-ruse, eau dite de Sedlitz (Codex).
Sulfate de magnésium.
Bicarbonate de soude.
Acide tartrique en cris
taux
Eau distillée
50 grammes.
Purgatif composé.
Sulfate de magnésie. )
Sulfate de soude. . âa 15 grammes.
Sel marin )
20 à 40 gr. dans 650 gr. d'eau gazeuse simple, à prendre par verres.
Lavement.
Sulfate de magnésie . 50 grammes.
Infusion de follicules
de séné 8
Décoction émolliente. 500 —
F. S. A. pour un lavement à garder.
MAIGREUR- — La maigreur est caractérisée par l'absence de graisse dans tous les tissus du corps, et souvent en même temps, par le faible développement des masses musculaires.
Étiologie et Pathogénie. — La maigreur est le résultat de l'amaigrissement. Il y a cependant des gens qui n'y sont point parvenus à la suite de dénutrition et qui ont toujours été maigres; nous verrons s'il y a lieu de les considérer à part.
L'amaigrissement — à l'inverse de l'engraissement— a pour cause l'excès des dépenses énergétiques et calorifiques sur les recettes alimentaires de l'organisme; il résulte de cette discordance que l'organisme, pour satisfaire
-26 1 Maigreur.
à ses besoins, est obligé de brûler ses réserves de graisse et ses masses musculaires.
Divers mécanismes conduisent à l'amaigrissement :
1° L'insuffisance dit régime alimentaire. Dans les cas les plus simples, la misère en est la cause.
L'insuffisance alimentaire est quelquefois voulue, par exemple, dans la cure de l'obésité.
Au cours de certaines maladies, qui nécessitent un régime, comme le diabète, la goutte, la dyspepsie, on voit parfois survenir des amaigrissements inutiles, tantôt dus à ce que le malade surenchérit sur les prescriptions médicales et, par crainte de souffrir, restreint trop fortement son régime, tantôt venant de ce que le régime a été prescrit d'une façon vicieuse et ne laisse plus au malade de quoi se nourrir. Il suffit d'interroger avec soin le malade sur son alimentation et de calculer la valeur énergétique du régime qu'il suit pour se rendre compte de ses erreurs, qu'il est aisé de corriger.
Dans quelques maladies aiguës, une diète passagère est indispensable, et l'amaigrissement en résulte. 11 en est ainsi dans les poussées aiguës d'entérite, clans l'appendicite, à la suite des hémorragies gastriques, etc. Mais, la période aiguë passée, dès que l'alimentation est permise, le sujet reprend vite le poids qu'il a perdu.
Par contre, il est des maladies chroniques qui entravent chroniquement l'alimentation et produisent un amaigrissement beaucoup plus considérable.
Ainsi, les douleurs que provoquent les aliments au cours des ulcères de l'estomac ou du cancer de l'estomac, l'anorexie des tuberculeux, les vomissements des femmes enceintes, les rétrécissements de l'œsophage qui empêchent l'arrivée des aliments dans l'estomac, ont pour résultat définitif l'insuffisance alimentaire.
Une des causes les plus intéressantes est Yanorexie nerveuse, que l'on observe chez des hystériques ou chez des malades atteints d'affections mentales. Celte anorexie est le résultat d'une idée fixe. On l'observe surtout chez les sujets jeunes du sexe féminin. C'est souvent pour une raison très futile, idée de coquetterie, chagrin d'amour, ou douleur légère à l'estomac, qu'elle s'installe; au début, le malade ne mange pas parce qu'il ne veut pas; mais, plus tard, il ne peut plus; son appétit a complètement disparu, son estomac est habitué à la vacuité et ne supporte plus la nourriture ; il faudra une vériable rééducation physiologique pour triompher de l'habitude vicieuse qu'il a prise. C'est dans les cas de ce genre que l'on observe les amaigrissements les plus considérables; certains sujets sont véritablement squelettiques.
Au début, l'amaigrissement seul est le résultat de cette anorexie; plus tard, une véritable cachexie s'installe, la peau est sèche et écailleuse, la langue est sèche, les extrémités sont refroidies et cyanosées; la tuberculose se greffe souvent sur cet état pathologique.
2° Dans certaines maladies du tube digestif, l'amaigrissement se produit malgré une nourriture en apparence suffisante parce que celle-ci est mal utilisée : digestion et absorption intestinale sont insuffisantes. Il en est ainsi au cours de certaines entérites et diarrhées chroniques, au cours des s'énoses du pylore, et chez un certain nombre de malades atteints de cancer
Maigreur. "262
de l'estomac, de l'intestin, ou de l'œsophage, avec entérite secondaire.
5° Au cours des maladie* infectieuses aiguës, comme la fièvre typhoïde, l'amaigrissement est la règle; il résulte d'un état de dénutrition que rien ne peut entraver. Quelle que soit la dose d'aliments ingérés, l'organisme du fébricitant ne peut maintenir l'équilibre nutritif et fait des déperditions. Par contre, après la guérison, dès que l'alimentation devient possible, cet amaigrissement se répare très vite, grâce à la merveilleuse aptitude que possèdent les tissus à fixer les éléments de reconstitution.
Celte dénutrition existe-t-elle en dehors des maladies fébriles, dans la tuberculose apyré tique et dans le cancer, par exemple? — Cela n'est nullement démontré.
4° Parfois, c'est l'exagération anormale des dépenses énergétiques, non accompagnée d'un accroissement corrélatif du régime, qui cause l'amaigrissement. 11 en est ainsi chez les surmenés.
5° Existe-t-il une maigreur constitutionnelle"} doit-on ranger dans cette catégorie des individus qui ont toujours été maigres sans souffrir cependant d'aucune maladie, et qui ont la réputation de pouvoir manger beaucoup sans jamais engraisser? — Certes, je connais des gens de cette sorte; mais je ne crois pas que leur état soit dû à une activité exagérée des échanges cellulaires, comme on l'a affirmé, sans" le prouver d'ailleurs. Parmi ces individus, il y en a qui ont toujours été de petits mangeurs, de trop petits mangeurs eu égard à leur activité physique; il y en a qui ont l'air de manger beaucoup, mais qui absorbent surtout des mets peu engraissants, par exemple, beaucoup de viande et peu de pain; il y en a enfin qui sont protégés contre l'engraissement par une mauvaise absorption intestinale, due souvent à de l'entérite. Dans cette catégorie rentrent quelques-uns de ces dyspeptiques, qui ne se portent bien qu'à condition de rester maigres et de ne pas chercher à engraisser.
Peut-être y a-t-il des individus qui font plus facilement que les autres des dépenses calorifiques, et qui rayonnent plus de chaleur par la surface cutanée, ayant ainsi besoin, pour maintenir leur équilibre ou pour engraisser, d'une plus grande somme de nourriture que les autres. Ceux-là représenteraient vraiment des prédisposés à la maigreur. Mais leur existence demande à être démontrée.
Symptômes. — Je ne veux pas faire le tableau du maigre. Tout le monde le connaît. Il faut cependant savoir distinguer parmi les maigres :
1° Ceux qui ont un système musculaire très développé avec absence de graisse; c'est le type de certains hommes de sport ;
2° Ceux qui ont aussi peu de muscles que de graisse : ce sont les amaigris cachectiques.
Le poids, comparé à la faille, permet d'apprécier le degré de la maigreur. Il y a lieu cependant d'interpréter les résultats, car, avec ce moyen d'appréciation, les individus à stature élancée, à thorax et à bassin étroits, bâtis « en peupliers », comme dit M. Landouzy, passeraient pour beaucoup plus maigres qu'ils ne sont en réalité; c'est parmi eux que l'on trouve ceux que le monde désigne sous le nom de « faux maigres ».
La symptomatologie de la maigreur varie avec chaque catégorie de
c26r> IVIain (Anévrismes).
sujels. Les maigres d'habitude sont, en général, actifs et bien portants. Les amaigris par maladie sont au contraire affaiblis, déprimés, languissants, vite fatigués. Les malades en état d'inanition chronique avancée, quelle qu'en soit la cause, présentent le tableau clinique suivant : leur langue est saburrale; l'estomac est atone, clapotant, douloureux à la pression; l'intestin est paresseux; le foie est rétracté. Les urines sont rares, acides, peu concentrées. La masse sanguine est diminuée, sans hypoglobulie. La température du corps est basse; l'organisme résiste mal au froid. La sensation de faim diminue ou même disparaît; parfois, elle est remplacée par une sensation nauséeuse; où bien, au contraire, c'est une boulimie impérieuse, accompagnée de défaillance, mais vite rassasiée. Les facultés cérébrales faiblissent; le délire apparaît.
La résistance de ces sujets aux maladies infectieuses est très diminuée et souvent, ils sont emportés rapidement, soit par la tuberculose, soit par une pneumonie.
Traitement. — ■ Le traitement consiste dans la suralimentation; mais la difficulté est de le faire accepter et tolérer.
La technique varie dans les diverses formes de maigreur. Pour les malades atteints d'affections digestives, le régime et la thérapeutique de ces affections sont la base du traitement; ce n'est qu'après avoir guéri celles qui sont curables que l'on pourra faire disparaître la maigreur.
L'anorexie nerveuse nécessite la psychothérapie. L'isolement dans une maison de santé; la persuasion ferme et prolongée, les menaces dans quelques cas, et, s'il le faut, le gavage à la sonde œsophagienne, sont les principaux éléments du traitement. La cure deWeir-Mitchell répond à cette variété de névropathies.
Une difficulté vient souvent de ce que, lorsqu'on essaie de réalimenter les inanitiés, des troubles gastro-intestinaux surviennent qui relardent la cure.
Non moins intéressant est le cas de ces maigres d'habitude entretenus dans leur état par l'absence d'appétit et la satiété rapide. Il s'agit ici de réveiller l'appétit par des apéritifs et surtout par le choix et la variété des mets, d'exhorter le sujet pour qu'il prenne peu à peu l'habitude de distendre son estomac et d'imposer un régime substantiel, très nourrissant sous un petit volume, dont les œufs, les légumes secs, le riz, les pâtes, les plats sucrés, le beurre, la bière formeront la base. En général, on prescrit le repos, qui réduit les dépenses énergétiques. Il me semble préférable de commencer par une cure d'exercice et d'aération, qui excite l'appétit et qui impose l'habitude de la suralimentation; puis, on met le sujet au repos et on continue la suralimentation. De l'arsenic pris à l'intérieur ou des injections sous-cutanées de cacodylate de soude aident à l'engraissement.
MARCEL LABBK.
MAIN (ANEVRISMES). — On ne rencontre à la main que des anévrismes artériels. Ils sont rares et presque toujours d'origine traumatique, succédant tantôt à des plaies, cas le plus fréquent, tantôt à des contusions violentes ou répétées. Ils se développent soit presque immédiatement après le trau-
IVIain bote congénitale. '264
malisme, c'est alors un hématome anévrismal enkysté, soit après la cicatrisation de la plaie. En général, l'anévrisme siège dans le premier espace interosseux ou sur le trajet de l'arcade palmaire superficielle.
Les anévrismes de la main al teignent rarement un gros volume, variant de celui d'un pois à celui d'une noix; malgré cela les troubles fonctionnels sont souvent très marqués et les phénomènes de compression nerveuse fort pénibles.
Le diagnostic est en général facile, et comme l'origine traumatique est la règle, on constate souvent sur la peau, au-devant de la tumeur, la cicatrice de la plaie causale.
Toutefois, quand la tumeur ne présente ni battements ni souffle, on peut la prendre pour un abcès ou même pour une tumeur solide.
Exposés à l'ulcération et à la rupture par les usages de la main, ces anévrismes doivent être traités aussitôt reconnus. On peut, si l'on ne veut pas d'emblée pratiquer une intervention sanglante, essayer la compression indirecte, qui réussit dans la moitié des cas, et que l'on pratique soit en faisant de la flexion forcée de l'avanl-bras, soit en comprimant simultanément la radiale et la cubitale. Mais le procédé de choix c'est l'extirpation du sac, opération délicate à cause des organes tendineux et nerveux que l'on doit ménager, mais qui est constamment suivie de guérison.
G. LABEY.
MAINS (DÉFORMATIONS). — V. Griffes.
MAIN BOTE CONGÉNITALE. — A cause de sa ressemblance grossière avec le pied bot, on donne le nom de main bote à un vice de conformation dans lequel la main est repliée sur l'avant-bras, de sorte que le membre supérieur semble se terminer par une extrémité arrondie, comme tronquée. On en distingue deux variétés, suivant que la déviation de la main existe seule ou qu'elle est la conséquence d'une malformation des os de l'avant-bras.
La main bote avec intégrité du s<///rlcUe est très rare, presque toujours bilatérale, et coexiste avec d'autres malformations congénitales témoignant d'une compression subie par le fœtus pendant son développement. La main est fléchie vers la paume et inclinée sur le bord cubital ; le redressement est assez facile, mais l'attitude vicieuse se reproduit aussitôt qu'on l'abandonne.
Le traitement consiste comme pour le pied bot en manipulations, en massages, avec ou sans anesthésie; la réduction doit être maintenue au moyen d'un bandage plâtré d'abord, puis au moyen d'appareils à traction élastique.
La main bote d'origine osseuse est la conséquence d'une malformation des os de l'avant-bras, exceptionnellement absence du cubitus, le plus ordinairement absence congénitale du radius. Cette absence du radius est totale le plus souvent et s'accompagne parfois d'absence du pouce, du premier métacarpien et des os les plus externes du carpe.
Cette déformation, due à un arrêt de développement produit par des replis amniotiques, qui compriment le fœtus [V. Nouveau-né (Pathologie)], est absolument caractéristique ; la main est fléchie et fortement inclinée sur
IVIain (Fractures).
son bord radial, faisant avec l'avant-bras un angle qui peut être aigu. /Vu sommet de cet angle la peau forme un pli profond dans lequel on perçoit les tendons fléchisseurs. Le cubitus, au contraire, forme une saillie prononcée, et la peau qui le recouvre a parfois un aspect cicatriciel. L'avant-bras est court, ramené sur lui-même. Au palper on constate que le radius manque et que le cubitus est parfois incurvé sur luimême (fig. 60).
Les mouvements passifs sont assez étendus, sauf l'abduction qui est nulle, très réduite. Pendant ces mouvements, les doigts se fléchissent comme si les fléchisseurs étaient trop courts. Les mouvements actifs sont insignifiants, ce qui réduit considérablement la capacité fonctionnelle du membre.
Le pronostic est grave, car il est bien difficile de rendre à la main sa direction. On peut poursuivre le redressement par des manipulations et des bandages plâtrés successifs, ou des appareils à traction élastique, avec ténotomie quand il y a rétraction musculaire considérable.
On a proposé un certain nombre d'opérations (ostéotomie linéaire ou cunéiforme du cubitus, résection des os du carpe, arthrodèse, etc..:), sur lesquelles nous n'insisterons pas, à cause des faibles données que nous possédons sur les résultats qu'on a obtenus. g. LABEY.
Fig. RO. — Main bote radiale congénitale (Kirmisson).