CRUUZOA
MOULES (INTOXICATION). - Les moules donnent fréquemment lieu à des accidents d'intoxication. La substance active ou mylilotoxine jouit de propriétés voisines de celles du curare.
Les symptômes sont variables : tantôt ils éclatent brusquement, peu d'instants après l'ingestion des mollusques, tantôt trois ou quatre heures après le repas. Ce sont des douleurs épigaslriques avec tension abdominale, oppression, anxiété} parfois les vomissements surviennent promptement. Le visage est vultueux, tuméfié, parfois cyanose, généralement couvert de sueurs froides. Des frissons surviennent, accompagnés d'une vive sensation de froid, surtout aux extrémités. Les battements du cœur sont mal frappés : le pouls est petit, dépressible; il y a rapidement tendance aux syncopes.
Sur la peau se prononce une éruption urticarienne, plaques blanches puis rouges, parfois petites, souvent fort étendues avec sensations de démangeaison et de cuisson plus ou moins vives. On a quelquefois observé des convulsions, surtout chez l'enfant. Dans les cas les plus graves, du délire, du coma, parfois la mort en quelques heures et même en moins d'une heure ont été rencontrés. — Chez un grand nombre d'intoxiqués, les vomissements peuvent ne survenir qu'au bout de quelques heures et sont accompagnés d'évacuations colliquatives abondantes; les symptômes généraux sont en ces cas moins accusés, et le malade se trouve guéri au bout de quelques heures, d'un jour au plus; dans les cas graves persistent au contraire pendant plusieurs jours des troubles gastro-intestinaux avec dépression générale.
Traitement. — Si les accidents sont précoces, un vomitif s'impose avec ou sans purgatif; un lavement peut être indiqué par la suite. On peut avoir recours au lavage de l'estomac; les boissons acidulées (citron, vinaigre), paraissent favorables. L'éther rend de réels services (une cuillerée à café dans un peu d'eau sucrée). Le Ihé, le café, l'eau-de-vie sont indiqués dans les formes dépressives, ainsi qu'éventuellement les injections de caféine et d'éther.
D'autres coquilles, les huîtres, certains cardiums comestibles, les patelles, les coquilles Saint-Jacques, etc., peuvent provoquer les mêmes accidents que les moules. FRANÇOIS MOUTŒR.
50o Moustiques.
MOUSSE D IRLANDE. — V. Carragaheen.
MOUSSE DE CORSE. — Elle est fournie par le thalle de YAlsidium Helminthocorton (Floridées) mélangé à d'autres algues marines.
La mousse de Corse est employée comme vermifuge, contre les oxyures principalement. On l'administre sous forme de poudre (1 à 10 gr.), de sirop, de gelée, de décocté, de lavement.
Sirop de mousse de Corse (Codex).
Mousse de Corse mon-
. dée 200 grammes.
Eau distillée bouillante Q. S.
Sucre blanc 1000 grammes.
Décodé pour lavement.
Mousse de Corse. 5 à 20 grammes.
Eau 125 —
Faire bouillir- pendant 1 quart d'heure et passer à travers un linge.
Poudre.
Mousse de Corse pulvérisée .... 1 à 10 grammes.
Délayer dans du lait ou de l'eau sucrée ou mélanger à de la confiture.
Potion vermifuge.
Mousse de Corse. . . 5 grammes. Faire infuser dans du lait bouillant (1 quart
d'heure) 100
Et ajouter sucre . . . 20 —
A faire prendre le matin à jeun (enfant de deux ans).
MOUSTIQUES. — Depuis quelques années, le rôle des moustiques a pris une importance capitale dans l'étiologie de certaines maladies parasitaires : la fîlariose, la malaria, le paludisme. Ils ne peuvent pas être considérés à proprement parler comme le simple véhicule de l'agent spécifique, car les parasites subissent dans leur organisme des modifications indispensables à leur évolution et transmission. Les moustiques sont l'intermédiaire obligé entre le malade et l'individu sain.
Ce sont les culicides, vulgairement appelés « cousins », qui sont incriminables dans ce rôle de propagateurs. Mais tous n'y sont pas aptes. On admet actuellement que parmi les culicides, le genre culex, le genre anophèles, et le genre stegomyia s'acquittent de ces fonctions, chacun d'eux se chargeant des transformations de certains parasites à l'exclusion d'autres. Les uns transmettent la malaria, d'autres la fièvre jaune, d'autres la fîlariose.
Quelles que soient les différences morphologiques qui les séparent les uns des autres, ils présentent tous des mœurs biologiques que l'hygiéniste doit connaître, car ce sont elles qui doivent lui servir pour établir les bases d'une prophylaxie rationnelle.
Mœurs biologiques. — Les moustiques sont des insectes dont la vie active se révèle au crépuscule et durant la nuit. Ils piquent l'homme surtout à partir de la tombée de la nuit, jusque vers le lever du soleil. Dans les genres énoncés ci-dessus, la femelle seule se charge de piquer, de sucer le sang et de s'en gorger; le mâle se nourrit du suc des fleurs et des fruits. Pendant le jour, ils restent cachés dans des haies, des bosquets, des hangars, des écuries, des maisons en choisissant de préférence les endroits sombres, qu'ils quittent le soir pour s'attaquer à l'homme. Ils s'écartent habituellement peu de la surface du sol : les moustiques n'aiment pas l'altitude; dans les maisons on les trouve au rez de-chaussée et aux étages inférieurs,
moustiques.
Fis. 117.