‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 2)Chapitre 47 sur 80 · larve de culex · texte numérisé non relu

larve de culex

jamais aux étages supérieurs; dans les pays accidentés, c'est dans les vallées, les plaines basses qu'ils élisent domicile, on ne les trouve jamais sur la hauteur.

Certains genres se font remarquer par leur aptitude à pulluler de préférence dans les milieux urbains (culex pipiens, stegomi/ia); d'autres au contraire (anoplièles) se rencontrent de préférence aux alentours des villes, ou mieux encore loin des villes, dans les campagnes, les bois, les forêts, les marécages.

Tous ces moustiques demandent pour vivre une certaine température. Dans les pays tempérés, ils naissent au printemps et meurent à la fin de

l'automne; toutefois, certaines femelles fécondées se retirent en hiver sous un abri, et pondent au printemps. Danslespays chauds, les moustiques abondent toute l'année, car la température leur est favorable à tout moment ; ils se renouvellent constamment. La façon dont ils se posent sur une paroi verticale est différente, suivant telle ou telle variété; cette particularité permet parfois de les reconnaître. L'anophèles a le corps perpendiculaire à la paroi, les culex, les stegomyia se tiennent parallèlement (fig. 117).

La ponte s'effectue dès le matin à la surface des eaux stagnantes : marais, étangs, mares, marigots, flaques d'eau, citernes découvertes, etc., vases à fleurs, ustensiles de ménage contenant une petite quantité d'eau, etc. L'eau courante ne leur convient pas; la moindre agitation de la surface de l'eau est préjudiciable au développement ultérieur de l'œuf. Les plantes aquatiques ne sont pas nuisibles : certaines rizières donnent asile à des essaims considérables de moustiques. Pour pondre, la femelle se pose à la surface de l'eau ou d'une feuille. Les œufs des culex se disposent en nacelles ou radeaux; ceux des anophèles sont isolés, ou disposés en rubans, ou en étoiles.

Deux jours après la ponte, la larve éclot ; pour respirer elle est incapable d'utiliser l'oxygène qui se trouve en dissolution dans l'eau ; elle respire en nature l'air atmosphérique au moyen de trachées; elle se tient alors à la surface de l'eau; la provision d'air faite, elle plonge vers la profondeur. Quand elles se tiennent à la surface de l'eau, elles prennent une position différente suivant le genre auquel elles appartiennent; les larves d'anophèles font flotter leurs corps parallèlement à la surface; celles de culex lui sont presque perpendiculaires.

Les larves de culex habitent toutes les eaux, pures ou fangeuses, voire même les fosses d'aisances. Celles d'anophèles se trouvent dans les eaux pures, ensoleillées. Après une période qui varie, suivant la température,

r>()7 Moustiques.

enlre 20 el 45 jours, la larve se transforme en nymphe, qui, au bout de 2 à 5 jours, deviendra insecte ailé; celui-ci s'échappe alors dans l'air atmosphérique. C'est vers la fin de juin ou le début de juillet que les jeunes générations commencent à piquer.

Rôle du moustique dans l'étiologie des maladies parasitaires qu'ils transmettent. — Le rôle du moustique dans la transmission de la malaria et de la fièvre jaune est démontré par un faisceau de preuves convaincantes :

1° Parallélisme entre les moeurs du moustique et les conditions étiologiques des maladies qu'ils propagent. — C'est le genre anophèles qui véhicule l'hématozoaire du paludisme; différentes variétés en sont capables. Partout où l'on a trouvé du paludisme, on a trouvé des anophèles. Il est vrai qu'on a signalé des régions où Yanophèles vivait et où il n'exislail pas de paludisme; mais pour assurer l'endémicité palustre, il faut des paludéens où le moustique puisse puiser le sang infecté par l'hématozoaire.

C'est le steyomyia fasciata, ou culcx fasriatus, ou culex tseniatus, etc.. qui propage la fièvre jaune. Les mêmes considérations émises sur la malaria au point de vue de sa répartition sur le globe et de celle des anophèles, sont de mise en ce qui concerne la fièvre jaune.

Pour ces deux infections d'ailleurs, il existe un parallélisme absolu entre les mœurs biologiques des moustiques et les conditions étiologiques qui règlent l'endémie de chacune d'elles :

Elles sévissent pendant les mois les plus chauds de l'année; c'est à celte époque aussi que les moustiques sont les plus abondants.

Comme les moustiques, leurs foyers de prédilection sont les côtes basses, humides et chaudes.

L'altitude a une action d'arrêt sur la malaria et la fièvre jaune ; les moustiques sont rares sur les hauteurs.

La malaria a une prédilection variée pour les régions incultes; il en est de même pour les anophèles. La fièvre jaune sévit de préférence dans les milieux urbains; c'est en effet dans les lieux habités que les stegomyia abondent.

En ce qui concerne la filariose, ces conditions étiologiques sont mal connues; d'ailleurs de nombreux moustiques pullulant dans de multiples régions se chargent de transmettre la filaire : Culex fatigans, Anophèles Rossii, Stegomyia fasciata, Anophèles funestis, nigerrimus, etc. Le parallélisme précédent ne peut donc être démontré; mais l'examen du corps du moustique incriminé montre toutes les métamorphoses que le parasite y subit.

2° Infestation du moustique. — Évolution du parasite dans le moustique. — Preuves expérimentales. — Quelle que soit l'infection parasitaire en cause (filariose, malaria, fièvre jaune), le moustique s'infecte en piquant l'homme malade, dont il suce le sang, et avec lui les formes parasitaires qu'il héberge.

Malaria. — Un anophèles vient à sucer le sang d'un paludéen contenant des corps sphériques et des corps en croissants (V. Paludisme), dans l'estomac du moustique, les corps en croissants s'arrondissent, deviennent

Moustiques.

sphériques et se différencient : les uns restent intacts; ce sont les macrogamètes (éléments femelles); les autres se munissent de prolongements longs et grêles (corps flagellés). Les flagelles se séparent bientôt, deviennent libres, ce sont les microgamètes (éléments mâles). La fécondation s'effectue : un flagelle pénètre dans un corps sphérique libre; le corps né de cette union (zygote) grandit, puis s'enkyste, et vient faire saillie à la face externe de l'estomac. Le contenu du kyste se divise alors en une quantité infinie d'éléments fusiformes (sporozoïtes). La paroi du kyste se rompt, et les sporozoïtes libres tombent dans la cavité générale, d'où ils se dirigent vers les glandes salivaires et pénètrent dans leurs cellules. Quand le moustique pique un sujet sain, il déverse dans la plaie ces sporozoïtes qui sont entraînés dans le torrent circulatoire où ils pénètrent dans les hématies et produisent ainsi au bout de quelque temps le premier accès de fièvre. Ces transformations demandent 10 à 12 jours pour s'effectuer.

Ces notions sont appuyées par la célèbre expérience de P. Manson sur son fils, qu'il fil piquer à Londres par des anophèles infectés venant d'une région insalubre d'Italie.

Fièvre jaune. — C'est par le même mécanisme que le moustique s'infecte en suçant le sang d'un malade atteint de fièvre jaune. Mais on ignore tout sur l'évolution des parasites dans le corps du moustique, ce parasite étant inconnu. On sait seulement que le moustique ne s'infecte que s'il pique le malade pendant les deux premiers jours de la fièvre; on sait encore que le

moustique n'est apte à donner la fièvre jaune qu'après une période de 12 jours après son infeslation propre (Expériences sur l'homme des missions américaine, française et anglaise).

Filariose . — Un moustique suce pendant la nuit le sang d'un sujet charriant dans son sang des embryons de Filaria nocturna. Dans l'estomac de

Fis. 119.

Fig. 118. — Métamorphose de la fllaire dans le moustique (d'après Manson). Fig. 119. — Filaire dans la tête et la trompe du moustique (Ed. et Et. Sergent).

l'insecte, le sang devient visqueux, et l'embryon perce sa gaine. Animé de mouvements rapides, il pénètre dans le tissu musculaire thoracique, qui entoure l'estomac. Il augmente de taille, et au bout de 16 à 20 jours la filaire est formée, présentant déjà un tube digestif (fig. 118). Elle émigré

moustiques.

rustique v«a j^J^^* £ filaires perçant ce dernier SSSTÏ^I^i" Plaie, cheminent dans le tissu celluu^ou "gagnent les faisceaux lymphatiques, pour y attendre 1 âge Ïulte où elles doLront naissance aux embryons qm seront charnés pa.

toSSSSti - »r -x mou8tiques' c'est s'oprer da?>la

Prophylaxie 1iLrona«atioû des parasites dont ds assurent les

SÈïïS. On y ;rriS mfflremment suivant qu'on entravera leur

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SÏÏTSSe 1 piqûres. L'hygiéniste tirera PJ^jJ,^^

,„• les mœurs biologiques de ces insectes, pour étabhi les règles ue cru

ÏSes denuéres conviendront à toutes les espèces inleetantes,

leur biologie n'étant pas très sensiblement différente.

Mesures destinées à entraver le développement du moustique. - La seule Telire à mettre en vigueur est la suppression .les eau, stagnante, ,lonl les moustiques ont besoin pour se reproduire.

RI emassu ée par le dessèchement des marais, notamment des marais Elle sera assuiet i véritables nids pour ces

;:,W^p au Vo^dts étangs ou des cours d'eau après les inondation. On v àmvTra par le drainage du sol, par la construction de canaux qui assu-

Tnl^nlTL^Se doit être faite pour la suppression, dans les habdat ons et jardins, de tout récipient pouvant contenir et retenir 1 eau et n entionnellement, ou y séjournant après les p mes (réservoirs d eau onne-mx baquets, puits abandonnés, seaux, débris de vaisselle etc.). Ces ,teU sont des repaires de moustiques, il importe de les supprimer onde Sass cher 1 en est de même des citernes, qui doivent être couvertes leur empêcher les insectes de venir pondre à la surface de 1 eau. ' On Zr a encore substituer les eaux courantes aux eaux stagnantes, le

mousEe n'arrive pas à éclosion dans une eau présentant le moindre moumoustique n a ^.^ ^^ ^^ ,M jardins

les lions

Destruction des moustiques. -- Quand les moyens préventifs qui ulèd 1™ peuvent être utilisés, la destruction des moustiques s impose; le oei. s'effectuer vis-à-vis de l'insecte ailé, ou mieux de la orve. S JL «es larves. - Les larves viennent respirer .oxygène a la

IVIoustiques. 510

surface de l'eau : il suffit dès lors d'empêcher l'accès de l'air dans les trachées de ces animalcules.

On y arrive en répandant à la surface de l'eau de l'huile de pétrole ou un mélange d'huile de pétrole et de goudron (15 c. c. par mètre carré sont nécessaires). Pour effectuer cette pratique, il suffit de verser directement le produit; il est préférable, pour en utiliser de moins grandes quantités, d'agir comme il suit : fixer au bout d'une perche un morceau de chiffon, le tremper dans le pétrole et le promener à la surface de l'eau; le pétrole s'étend ainsi facilement.

Pour être efficace, celte opération doit être pratiquée avant que la larve ne se transforme en insecte; le moment propice sera donc le printemps ; de plus, elle demande à être renouvelée tous les quinze jours jusqu'à l'apparition des premiers froids, à cause de la rapidité d'évaporation du pétrole.

Elle sera utilisée aussi bien pour les marais, étangs, etc., que pour l'eau qui séjourne dans les récipients de ménage. Si ces derniers contiennent de l'eau destinée à la boisson ou aux usages culinaires, il conviendra, pour l'usage, de décanter le liquide par la partie inférieure du récipient, grâce à un robinet placé ad hoc : ou bien encore, au lieu du pétrole, on emploiera T huile ordinaire.

Divers autres procédés ont été préconisés : ce sont des antiseptiques (sublimé, acide phénique, permanganate de potasse) dont l'emploi doit être éliminé en raison de^ dangers que leur présence dans une eau comporte pour l'homme ou l'animal. La poudre de fleurs de chrysanthèmes, répandue à la surface de l'eau, tue les larves par asphyxie mécanique comme le pétrole et sans altérer la composition du liquide, mais c'est un produit moins répandu que le pétrole et plus coûteux.

Certaines espèces de poissons vivant dans un étang, une pièce d'eau, détruisent les larves de moustiques ; de même les larves de tritons s'attaquent aux larves de moustiques. Ce sont des moyens inférieurs à celui qui consiste à répandre l'huile de pétrole à la surface de l'eau.

Destruction de l'insecte ailé. — Moins aisée est la destruction de l'insecte ailé. Presque impossible dans l'air libre, on peut la tenter dans les habitations. Le meilleur procédé consiste à faire brûler des cônes de pyrèthre : un peu avant de se coucher, fermer les fenêtres, allumer un cône de pyrèthre ; la fumée irritante qui se dégage engourdit les moustiques, mais ne les tue pas ; les recueillir avec un balai ou un linge et les incinérer. Le même résultat peut être obtenu par la combustion dune poudre composée de fleurs de chrysanthèmes ou de racines de valériane. L'acide sulfureux, produit par la combustion du soufre, n'est guère utilisable dans les maisons; dans les navires, au contraire, son emploi donne de bons résultats (appareil Clayton).

En réalité, ces procédés ne donnent qu'une sécurité temporaire.

Pour les moustiques qui volent autour des habitations, certains pays ont eu recours au pouvoir destructeur des libellules, de certaines mouches piquantes qui en font leur proie. Ce sont des procédés notoirement insuffisants.

5° Protection contre les moustiques. — Les moustiques n'ont pu être détruits par les procédés suivants, ou bien les mesures ont été prises, mais

Moustiques.

leurs résultats ont élé insignifiants; l'homme peut néanmoins se protéger contre ces insectes: il faut les éviter et éviter leurs piqûres.

Moyens pour éviter les moustiques. — Le moyen le plus efficace consiste sans contredit, dans un choix judicieux de l'habitation : choisir avant tout une habitation située sur une colline, et loin de marécages ou de plaines basses, car le moustique n'aime pas l'altitude. Habiter les étages supérieurs d'une maison. Éviter le voisinage de bois ou forêts, ou même de jardins touffus. Éviter les quartiers indigènes où les enfants sont presque tous atteints de paludisme, constituant ainsi un grave foyer d'infection.

Dans les habitations, il est bon d'installer des ventilateurs mécaniques, qui, par l'agitation qu'ils communiquent à Fair, écartent les moustiques (ventilateurs électriques, grands éventails). Cette mesure peut être utile mais elle n'est pas radicale.

Éviter de coucher en plein air, les moustiques abondant et piquant tout particulièrement pendant la nuit.

Protection contre les piqûres de moustiques. — Cette mesure s'adresse aussi bien à l'individu sain qui veut éviter l'infection, qu'au malade capable de la propager par l'intermédiaire du moustique.

Le moyen le plus efficace est la moustiquaire conditions ; elle est utilisable surtout pour la nuit

Fig. l'20. — Maison garnie de châssis métalliques, s'adaptant aux portes et aux fenêtres (Laveran).

installée dans de bonnes le lit est surmonté d'un cadre qui soutient une étoffe de tulle à mailles ni trop larges (pour arrêter les insectes), ni trop étroites (pour ne pas entraver la circulation de l'air). La partie inférieure de cette moustiquaire ne doit pas traîner à terre, ni s'arrêter librement à quelque distance du sol, elle doit être rentrée sous le matelas, de telle façon que le lit se trouve complètement isolé. Il est indispensable que cette moustiquaire ne soit ni déchirée, ni décousue. Il importe de détruire les moustiques qui, malgré ces précautions, ont pu s'introduire à l'intérieur.

Ce n'est pas encore suffisant : la moustiquaire ne protège que lorsqu'on

Moustiques.

est au lit; la protection de toute l'habitation s'impose ; elle sera réalisée par l'adaptation aux orifices de la maison de châssis de toile métallique dont l'usage dispense de moustiquaires ; ils permettent le soir d'allumer une lampe sans être incommodés par les moustiques et de vivre la vie d'intérieur sans avoir à les craindre ni jour ni nuit. Ces châssis doivent être apposés aux fenêtres, aux portes, voire même aux soupiraux et aux cheminées. De plus les portes demandent à être disposées en « tambour » ; elles seront à fermeture automatique ; ce tambour sera d'une largeur suffisanle pour que la première porte soit refermée quand on ouvre la seconde (fig. 120).

Ces châssis seront démontables, pour pouvoir être enlevés au moment de la saison fraîche, et être replacés lors de la saison dangereuse.

Un bon conseil à donner à tout individu sain pour éviter les infections propagées par les moustiques, est d'éviter de sortir le soir dès la tombée de la nuit, les insectes commençant en général à piquer à partir de ce moment. Les occupations de chacun peuvent cependant exiger cette sortie en plein air à ce moment dangereux; soldats, douaniers, employés des chemins de fer, etc., y sont journellement exposés. Pour les protéger, faire usage encore d'une moustiquaire, mouchoir de gaze dont les extrémités peuvent se fermer par une coulisse élastique ; fermer ainsi l'une d'elles à la coiffure, l'autre au cou ; le visage est ainsi complètement à l'abri. Pour les mains, faire usage de gants ; pour les chevilles employer des guêtres et serrer le pantalon à sa partie inférieure.

On peut même s'enduire le corps de diverses substances réputées à tort ou à raison pour faire fuir les moustiques : pommades au camphre, au menthol, à l'acide valérianique, savons à l'essence de térébenthine, etc. Ces moyens ne valent assurément pas les précédents.

Moyens pratiques pour la détermination des culicides. — La détermination de tel ou tel genre de culicides peut avoir son importance en pratique. On peut rapidement, sans être zoologiste, les différencier de la façon suivante :

Insecte parfait. — Tous sont caractérisés par une petite tète munie d'une trompe destinée à sucer le sang, ou les sucs des fleurs et des fruits. Les

appendices offrent des caractères qui varient suivant qu'on observe un culex ou un anophèle (fig. 121).

Chez les culex et les stegomyia, les palpes sont aussi longs ou plus longs que la trompe quand il s'agit du mâle ; les palpes de la femelle sont courts.

Chez les anophèles, les palpes présentent sensiblement la même longueur que la trompe dans les deux sexes.

L'aspect des antennes dans l'un et l'autre de ces genres permet de recon-

Pa I p e s

CULEX.

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Fig. 121. — Extrémité réphalique des moustiques. (Ed. et Et. Sergent.)

Moustiques.

Fit;. 122. — 1, œufs de culex accolés; 2, 2, œufs de culex grossis 3, œufs d'anophèles en étoile ; •i, un œuf d'anophèle fortement grossi (Laveran).

naître le sexe : les antennes qui s'ouvrent en dehors des palpes sont garnies de poils très courts chez la femelle, longs au contraire, en forme de panache, chez le mâle.

Les anophèles présentent, au niveau de leurs ailes, des taches siégeant le long des nervures qui les sillonnent.

Les stegomyia se séparent des culex par l'aspect particulier présenté par le thorax, l'abdomen et les pattes. Ces parties du corps montrent des anneaux blancs et des lignes blanches caractéristiques, qu'on retrouve chez le mâle et la femelle. Les écailles, longues, plates, recouvrant la tête, achèvent de les différencier.

Œufs. — Les œufs d'anop/ièles se montrent sous forme de traînées irrégulières ou d'étoiles. Us sont elliptiques. Ceux des culex sont allongés, ovales, et restent accolés les uns aux autres en radeau (fig. 1C2C2).

Larves. — Dans la larve de culex, il existe un siphon respiratoire, absent chez la larve dWophèles. Ces larves prennent pour respirer la position inclinée plus haut.

A l'aide de ces caractères, rapidement énumérés, on peut déterminer les types de moustiques qui sévissent dans une région, et par là même, prévoir l'importation possible d'une des maladies infectieuses dont ils sont aptes à transmettre le germe; la prophylaxie préventive ne peut que gagner de la connaissance de ces notions.

Capture des moustiques. — La technique de la capture des moustiques soit à l'état d'insecte parfait, soit à l'état larvaire, doit être connue pour pouvoir en étudier à loisir les caractères essentiels.

Capture des moustiques adultes. — Prendre un tube à essai, le tenir perpendiculairement au plan du mur sur lequel l'insecte est posé ; en appliquer l'ouverture sur lui. Le moustique se dirige vers le fond du tube. Écarter légèrement le tube du mur et boucher l'orifice avec le doigt.

Si le moustique est posé au plafond ou dans les parties les plus élevées d'un mur, se servir d'un filet à papillon dont le tulle soit assez souple pour retomber de lui-même sur le cercle métallique qui soutient l'étoffe, et puisse contribuer ainsi à emprisonner momentanément l'insecte. On peut facilement aussi les attraper au vol.

Pour l'étude il est bon de les tuer : dans un tube à essai verser quelques gouttes de cyanure de potassium ; le moustique ne tarde pas à étendre ses ailes et à mourir.

Capture des larves. — Enfoncer de biais, dans l'eau, un filet troubleau constitué par un cercle métallique auquel est cousu un sac en étoffe perméable solide. Retirer ce filet en rasant la surface de l'eau, au besoin en cognant les tiges des plantes où se trouvent souvent ces larves. L'eau passe à travers l'étoffe, et s'écoule lentement; les larves reviennent rapidement à la surface ; il est facile de les recueillir avec une pipette compte-gouttes ordinaire, dont on a sectionné la partie effilée. cil. DOPTER.

IVlucormycoses. 514

MOUTARDE BLANCHE. — Les graines de Sinapis alba (Crucifères), blanches et lisses, sont utilisées comme laxatif mécanique aux doses de 1 ou 2 cuillerées à soupe le matin à jeun ou avant les repas.

Leur usage habituel pouvant encombrer l'intestin, des purgatifs périodiques sont rendus nécessaires de ce fait. e. F.

MOUTARDE NOIRE. — Les graines de Brassica nigra (Crucifères), plus petites que les précédentes, brunes et chagrinées, dégagent, lorsqu'on les triture dans l'eau, une odeur très piquante excitant le larmoiement. La saveur des graines mâchées est amère, puis brûlante.

Appliquée sur la peau sous forme de bouillie épaisse (sinapisme) ou semée sur un cataplasme (cataplasmes sinapisés), la farine de moutarde détermine une rougeur intense avec sensation de brûlure qui s'exaspère au bout de 5 à 10 minutes; si la durée du contact est prolongée, une bulle peut même se produire.

La farine de moutarde constitue donc un révulsif rubéfiant énergique, offrant l'avantage d'agir vite et sur une surface aussi étendue qu'il est nécessaire; 150 gr. de farine de moutarde délayés dans o à 5 litres d'eau tiède donnent un pédiluve sinapisé; le bain sinapisé est obtenu par l'immersion dans l'eau du bain d'un sachet de linge rempli de 200 gr. (enfants) ou 1000 gr. (adultes) de farine de moutarde. e. F.

MUCORMYCOSES. — On comprend sous ce nom toutes les mycoses dues à des champignons de la famille des Mucorinées: Mucor corymbifer, Rhizomucor parasitions. Ces parasites ont pour caractères communs : « mycélium ramifié continu, très rarement cloisonné; spores endogènes produites à l'intérieur d'un appareil distinct, le sporange; œufs formés par isogamie ». Barthelat a fait une excellente étude (thèse, Paris, 1903) de ces mycoses plus fréquentes chez les animaux (oiseaux) que chez l'homme.

Les mucorinées ont été surtout incriminées dans des affections auriculaires et pulmonaires ; ces parasites sont si répandus dans le monde extérieur que, lorsqu'on les décèle dans une lésion communiquant avec l'extérieur, on doit se demander s'ils ne sont pas des surinfections banales d'une lésion antérieure de toute autre nature ; c'est ainsi que les otomycoses mucoréennes ne sont pas admises par la plupart des auteurs, et que certaines mucormycoses pulmonaires sont à contrôler.

Les observations incontestables sont exceptionnelles: Fûrbringera trouvé dans les poumons un mucor (Mucor mucedo ou plutôt Mucor corymbifer, d'après Lindt) à deux autopsies, l'une d'un cancer généralisé, l'autre d'emphysème avec entérite chronique : les poumons présentaient des infarctus contenant le mycélium et les sporanges caractéristiques des mucor. — Podak a retrouvé le même parasite dans les coupes d'un soi-disant endothéliome de la plèvre. — Paltauf a rapporté un cas remarquable et démonstratif de mucormycose généralisée due au Mucor corymbifer; la malade, âgée de 52 ans, succomba à un ictère infectieux typhoïde, neuf jours après son entrée à l'hôpital ; l'autopsie révéla un phlegmon laryngopharyngé, des hémorragies et onze ulcérations de l'intestin, une péritonite pyofibrineuse ; les lésions

515 IVluguet.

du tube digestif semblent avoir été les premières en date, elles trahissent la période d'inoculation du parasite; puis l'infection s'est généralisée, créant des foyers métastatiques dans les poumons, les plèvres, le cerveau, le cervelet ; ces lésions montraient toutes à l'examen direct des filaments mycéliens et aux poumons de rares sporanges. — Lucetet Costantin ont isolé un parasite nouveau, le Rhizomucor parasiticus, des crachats d'une malade atteinte d'une affection chronique qui simulait la tuberculose pulmonaire au premier degré. Cette malade semble avoir été guérie par liodure de potassium et l'arsenic.

Sauf le cas de Lucet, les -' mucormycoses ont été jusqu'à présent des découvertes d'autopsie. Le diagnostic sera fait par l'examen direct des lésions des crachats... et par les cultures. L'examen direct par frottis, écrasement et imprégnation par la potasse montre le mycélium continu caractéristique et parfois des spores. Les cultures faites en milieux sucrés (décoctés de fruits ou de légumes), sur liquide de Raulin, à l'étuve à 37°, permettent l'étude complète du parasite et leur diagnose. On devra contrôler que la mucorinée existe seule dans la lésion et qu'elle est pathogène pour les animaux, en l'inoculant dans les veines ou dans le péritoine du lapin.

Les mucormycoses semblent des infections graves; il faut pourtant se souvenir que le malade de Lucet a guéri par l'administration combinée d'iodure de potassium et d'arsenic. u. GOUGE ROT.

MUGUET. — V. Stomatites.

MUGUET. — La plante fleurie contient deux principes de nature glucosidique ; la eonvallarnarine soluble dans l'eau et dans l'alcool, la convallarine presque insoluble dans l'eau.

C'est à la première de ces substances que le muguet doit ses propriétés toni-cardiaques ; la convallarine est un drastique.

Le muguet, d'action infidèle, ne saurait toutefois remplacer la digitale; il est surtout utilisé dans les intervalles des cures digitaliques, dans les arythmies simples, contre les palpitations, dans l'insuffisance aortique.

Uextrait de muguet, préparation de choix, se prescrit à la dose de 1 à 5 gr., en potion ou en pilules; l'extrait fluide à la dose dé 2 à 5 gr. ; on donne la convallamarine à la dose de 5 à 10 centigr. par jour, en plusieurs fois.

Potion.

Extrait de muguet . . 40 grammes Sirop d'écorce d'oranges amères 200 —

Sirop diacode 30 —

cuillerées à soupe par jour.

Pilules,

Extrait de muguet 0 gr. 15

Sulfate de spartéine 0 gr. 05

Pour une pilule; 2 à 3 par jour, pendant 2à4 semaines, dans l'intervalle des cures digitaliques.

Potion.

Convallamarine 0 gr. 25

Extrait fluide de muguet 25 grammes.

Hydrolat de menthe 90 —

Sirop d'écorce d'oranges amères 80 —

5 cuillerées à soupe par jour.

Muscles (Contusions). 516

MUSC. — C'est le produit sécrété par une glande spéciale du chevrotin portemusc (Moschus moschi férus, Ruminants). Le musc est à la fois un antispasmodique et un stimulant qui peut être prescrit contre les convulsions, contre les troubles ataxo-adynamiques des pyrexies, dans les délires fébriles et dans la plupart des complications nerveuses graves. Ce médicament a beaucoup perdu de sa vogue d'autrefois.

La poudre de musc se donne à la dose de 20 centigr. à 1 gr. par jour à l'adulte ; aux enfants on prescrit de 2 à 5 cenligr. par année d'âge. La dose de teinture pour l'adulte est de 1 à 4 gr. ; pour l'enfant, de X à LX gouttes par jour.

Potion.

Musc 1 gramme.

Alcool à 95° 4 grammes.

Sirop de valériane ... 80 — Eau distillée de fleurs

d'oranger 90 —

Cuillerée à soupe toutes les heures.

Pilules.

Musc ....... ) 1Q centi

Extrait de valériane . ) Extrait thébaïque. . . 5 —

Pour une pilule; 1 ou 2 par jour.

Potion (Dans la coqueluche, en cas de délire, Comby).

Teinture de musc. ... X gouttes.

Sirop de fleurs d'oranger. 20 grammes.

Eau distillée 40 —

Par cuillerées à café.

Lavement daiis les convulsions, lorsque l'enfant ne peut avaler.

Musc 0 gr. 20

Hydrate de chloral . . 0 gr. 50

Camphre 1 gramme.

Jaune d'œuf 10 grammes.

Eau distillée 100

MUSCADE. — La noix muscade est la semence du Myristica fragrans (Myrislicacées) privée de son tégument.

Elle contient une matière grasse qui peut être extraite par expression à chaud; c'est le beurre de muscade. Il est de couleur jaune brun, et dégage une odeur forte et aromatique.

La muscade entre dans les formules de l'alcoolat de Fioravanti, de l'alcoolat de Garus, de l'alcoolat de mélisse composé.

Le beurre de muscade fait partie constituante du Baume nerval et du Liniment de Rosen. e. F.

MUSCLEES (CONTUSIONS). — Les contusions des muscles, très fréquentes, sont dues le plus souvent à un choc extérieur, coup de pierre ou de bâton, passage d'une roue de voiture, tamponnement, etc., dans ce cas, la peau, très élastique, cède sans se rompre. Plus rarement, la contusion se produit de dedans en dehors, les muscles étant alors blessés par les fragments déplacés d'une fracture, pu par les extrémités d'un os luxé.

La contusion des muscles peut déterminer des lésions de degré variable : 1 ° l'infiltration sanguine avec ruptures fîbrillaires ou ecchymose des muscles, le sang infiltré s'étend en stries rouges entre les fibres charnues sous forme de foyers sanguins; 2° la rupture partielle avec hématome; 5° la rupture totale. Si le choc a été violent et a porté sur une surface étroite, la rupture est nette et franche (rupture traumatique) ; si, au contraire, la confusion a porté sur une large surface, c'est un écrasement, un broiement complet qui produit une véritable bouillie musculaire sous une peau en apparence encore intacte.

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La rupture partielle avec épanchement sanguin se traduit par une douleur sourde, profonde, contusive, qui s'exaspère par la pression et les mouvements; il y a impotence du muscle, le membre prend souvent une attitude spéciale qui diminue la douleur en relâchant le muscle lésé; la peau est normale ou ecchymosée, parfois on sent au niveau du point contus un relief arrondi dû aux fibres rompues et surtout au sang épanché. La rupture totale par contusion donne lieu aux mêmes signes que la rupture par contraction [V. Muscles (Ruptures)].

Le plus souvent, ces lésions disparaissent rapidement et la rupture se cicatrise. Plus rarement on observe de la myosite, de la suppuration; il peut aussi y avoir des désordres lointains, infiltrations sanguines, écoulements tendineux, puis des troubles fonctionnels, des contractures, de la paralysie et de l'atrophie consécutives.

Le traitement est en général très simple : les ruptures avec infiltration sanguine ou petit hématome guérissent rapidement sous l'influence du repos et du massage. Lorsqu'il y a un épanchement sanguin volumineux, l'immobilisation du membre dans une gouttière en position élevée et une compression ouatée modérée constituent le meilleur mode de traitement; dès que la partie liquide est résorbée, le massage retrouve toutes ses indications. Lorsqu'il y a un hématome très considérable qui ne se résorbe pas, on peut ouvrir le foyer, le débarrasser de ces caillots, et faire la suture des parties musculaires rompues. PlQUAND.

MUSCLES (HERNIES). — Sous le nom de hernies musculaires, on désigne une tumeur formée par une portion de muscle intact engagée à travers une boutonnière aponévro tique accidentelle de dimension variable.

Ainsi entendue la hernie musculaire est rare, beaucoup plus souvent on a affaire à une pseudo-hernie formée par un muscle rompu partiellement ou totalement engagé à travers son aponévrose, également déchirée.

La pseudo-hernie reconnaît les mêmes causes que la rupture musculaire, elle se produit à la suite de mouvements brusques et violents entraînant la déchirure du muscle et de son aponévrose, aussi la voit-on surtout chez les porlefaix, les lutteurs, les forgerons, les bateliers.

La hernie musculaire vraie survient au contraire à la suite de mouvements prolongés et répétés, la pression et le frottementdu muscle contracté amenant progressivement l'usure, puis la rupture de l'aponévrose, elle s'observe surtout chez les cavaliers au niveau des muscles adducteurs de la cuisse; quelquefois cependant la hernie musculaire vraie peut apparaître brusquement à la suite de déchirure accidentelle ou de section chirurgicale de l'aponévrose qui recouvre le muscle.

La hernie musculaire vraie apparaît lentement et insidieusement, et n'est souvent découverte qu'au bout de plusieurs mois; c'est une petite tumeur arrondie qui grossit progressivement en provoquant de la pesanteur, de la gêne et de l'affaiblissement des mouvements. Dans l'attitude du repos, la tumeur est molle, réductible, et on peut sentir les contours de sa boutonnière aponévrotique. Si on distend passivement le muscle, la tumeur disparaît pour reparaître lorsqu'on le relâche; si le sujet contracte volontaire-

Muscles (Plaies). 518

ment son muscle, la tumeur durcit, mais sans grossir, elle disparaît môme complètement lors d'une violente contraction musculaire, surtout si on s'oppose à l'effet utile de cette contraction.

La pseudo-hernie présente des caractères notablement différents : à la suite d'un mouvement violent le sujet éprouve une vive douleur, sent une sorte de craquement et voit apparaître au niveau du muscle une petite tumeur accompagnée bientôt d'ecchymoses; lors de la distension passive du muscle, la tumeur ne se réduit pas; lors de la contraction active, elle durcit, augmente de volume et remonte, si on s'oppose au mouvement du membre produit par la contraction, la tumeur grossit et durcit plus encore et reste immobile.

La hernie musculaire, fausse ou vraie, est habituellement sans aucune gravité : au bout de peu de temps la douleur, les troubles fonctionnels, l'affaiblissement musculaire disparaissent rapidement sous la simple influence d'un bandage compressif qui maintient la hernie réduite. Dans quelques cas accompagnés de troubles fonctionnels intenses, on a pratiqué la cure radicale consistant à découvrir la tumeur, à exciser la plus grande partie du tissu musculaire hernie, puis à suturer soigneusement les lèvres de la déchirure aponévro tique de façon à fermer complètement l'orifice herniaire. PIQUAND.

MUSCLES (PLAIES). — Les plaies des muscles peuvent être produites par un instrument piquant, coupant ou contondant; leur direction est longitudinale, transversale ou oblique; elles sont complètes ou incomplètes : les piqûres, les plaies longitudinales, les sections incomplètes ne présentent d'ordinaire que peu d'intérêt, l'hémorragie est toujours peu abondante et l'écartement des fibres divisées peu considérable. Les plaies transversales complètes et les plaies contuses sont plus importantes.

Les plaies transversales complètes donnent lieu à deux accidents principaux : 1° Y hémorragie, due à la section des vaisseaux intra-musculaires, elle s'arrête en général assez vite, la rétraction des fibres musculaires produisant l'hémostase; 2° Yécartement des deux tronçons musculaires, dû à la tonicité et à la contraction, il est d'autant plus considérable que la section est plus complète et que le muscle est plus long.

Les plaies contuses présentent une gravité particulière en raison de leur irrégularité, de leurs anfractuosités et de la présence fréquente de corps étrangers (poussières, débris de vêtements, projectiles des armes à feu) ; de plus la plaie s'infecte facilement et peut donner lieu à une myosite suppurée et même à un phlegmon diffus.

Les plaies musculaires par instruments tranchants se réunissent presque toujours par première intention, habituellement il se fait entre les deux bouts une cicatrice de tissu fibro-conjonctif plus ou moins large transformant le muscle en une sorte de muscle digastrique : dans quelques cas, malheureusement douteux, on a signalé la réunion par régénération de fibres musculaires sans interposition de tissu fibreux.

Les plaies contuses ne se réunissent habituellement que par seconde intention, il se fait toujours une cicatrice fibreuse qui peut adhérer à la

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peau el aux tissus voisins, surtout aux os, gênant ainsi considérablement le fonctionnement du membre. Lorsque l'écartement des deux parties du muscle est par trop grand, chacune se cicatrise isolément, il reste une énorme dépression au niveau de la plaie et l'impuissance est définitive.

Traitement. — Il faut placer le membre dans l'altitude qui rapproche le mieux les deux bouts du muscle coupé, suturer ceux-ci et immobiliser : pour que le muscle ne coupe pas, il faut prendre dans la courbure de l'aiguille une certaine épaisseur de tissu musculaire et faire une suture à étages, c'est-à-dire commencer par réunir les surfaces de section du muscle dans la profondeur, puis, plan par plan, arriver jusqu'aux portions superficielles : une suture aussi soigneusement faite permet souvent la réunion immédiate du muscle par régénération des fibres musculaires sans interposition de tissu fibreux.

Dans les plaies contuses, infectées, menaçant de se sphacéler, il ne faut pas faire de sutures qui ne tiendraient pas et ne serviraient qu'à aggraver les accidents infectieux; on se bornera à désinfecter la plaie, à la recouvrir d'un pansement antiseptique, puis on immobilisera le membre par un appareil plâtré dans l'attitude qui permettra le mieux le rapprochement des muscles sectionnés. Dès que la cicatrice commencera à être solide on aura recours au massage et à l'électrisation. PIQUAND.

MUSCLES (RUPTURES). — Sous le nom de rupture musculaire on désigne uniquement les solutions de continuité produites par une contraction énergique des muscles.

Les ruptures musculaires peuvent se produire dans deux circonstances bien distinctes : tantôt le muscle qui se rompt était un muscle déjà malade (ruptures pathologiques), tantôt et plus souvent le muscle était normal. Les ruptures pathologiques s'observent habituellement chez des sujets atteints ou convalescents d'une maladie infectieuse, surtout de la fièvre typhoïde : dans ces maladies, en effet, on observe fréquemment, en particulier au niveau du muscle grand droit de l'abdomen, une dégénérescence spéciale (dégénérescence cireuse) de la fibre striée. Cette altération préalable du muscle favorise beaucoup la rupture qui peut alors se produire à l'occasion du moindre effort (quinte de toux, action de se lever ou de s'asseoir dans son lit). De même que les maladies infectieuses, l'alcoolisme, l'ataxie locomotrice, la syphilis et le rhumatisme paraissent prédisposer aux ruptures en déterminant une altération des fibres musculaires.

Les ruptures vraies sans altération primitive du muscle sont beaucoup plus fréquentes que les ruptures pathologiques, elles se produisent presque toujours chez des individus très vigoureux et très bien musclés, et s'observent avec une fréquence toute particulière chez les jeunes soldats de la cavalerie; leur cause habituelle est la contraction brusque et excessive d'un muscle chez un sujet vigoureux qui, par manque d'habitude, ne dose pas sa force et dépense soudainement une vigueur excessive. Les ruptures musculaires peuvent également s'observer dans les crises convulsives de l'épilepsie, de l'éclampsie, du létanos, dans les mouvements incoordonnés inspirés par une terreur subite.

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D'après les statistiques, ce sont les muscles longs (grand droit de l'abdomen, droit antérieur de la cuisse, biceps brachial) qui sont le plus souvent le siège d'une rupture musculaire; celle-ci peut siéger sur la portion charnue, sur la portion musculo-tendineuse, sur le tendon lui-même. D'après Nélaton, les muscles fléchisseurs se rompent surtout au niveau de leur portion charnue, les muscles extenseurs au niveau de leur portion musculotendineuse. Les ruptures sont totales ou partielles, elles intéressent une épaisseur variable du muscle, soit à la superficie, soit au centre de la masse charnue. La surface de rupture est irrégulière et dentelée; l'écartement des deux bouts est variable : dans les ruptures partielles il est presque nul; dans les ruptures totales il est d'autant plus considérable que les fibres charnues du muscle sont plus longues, dans le foyer de rupture on trouve du sang coagulé et des débris de fibres musculaires. Le processus de réparation a été bien étudié par Durante qui a montré que la régénération musculaire est insignifiante, et que c'est par une cicatrice fibreuse, formée uniquement de tissu conjonctif, que se réunissent les muscles striés rompus. Les dimensions de cette cicatrice dépendent exclusivement du degré d'écartement des deux segments musculaires : si ces segments restent en contact ou y sont ramenés par une suture, il se fait une cicatrice 1res courte, parfois presque linéaire; au contraire, si les deux bouts du muscle s'écartent fortement, la cicatrice fibreuse peut être très étendue. Lorsque la rupture est complète, le bout inférieur du muscle privé de ses connexions nerveuses s'atrophie et dégénère; au contraire, sur le bout supérieur qui a conservé son innervation, les fibres ne dégénèrent pas et conservent leurs propriétés contractiles.

Symptômes. — Les premiers signes d'une rupture musculaire sont : une douleur brusque, une sensation d'arrachement, de déchirure; le mouvement commencé s'arrête et le malade s'immobilise dans une attitude qui diminue la douleur en relâchant le corps musculaire lésé; le muscle rompu est complètement impotent. Localement, trois signes indiquent la rupture : l'ecchymose, l'encoche musculaire, la tumeur musculaire.

L'ecchymose existe surtout en cas de rupture portant sur un muscle superficiel et intéressant l'aponévrose, elle apparaît tardivement ou même peut manquer dans les cas de rupture d'un muscle profond dont l'aponévrose reste intacte. La formation d'une collection sanguine est pourtant constante, elle se traduit par une tuméfaction d'abord diffuse et pâteuse, puis qui se circonscrit et se durcit de plus en plus jusqu'à acquérir la consistance du bois.

h'encoche musculaire se traduit sous forme d'une sorte de gouttière creusée entre les deux bouts du muscle, d'autant plus profonde que le muscle est plus épais, d'autant plus large qu'il se rétracte davantage. D'ordinaire on constate facilement par la palpation cette encoche lorsque la rupture est complète ou presque complète; au contraire, on ne la retrouve que difficilement en cas de rupture incomplète légère.

La tumeur musculaire est formée par un relief arrondi que l'on trouve immédiatement au-dessus de l'encoche musculaire, ce relief répond au bout supérieur du muscle rompu qui s'écarte du bout inférieur et tend à

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remonter vers son insertion. Au repos celle tumeur musculaire est molle, peu saillante, malléable, on peut en l'étirant la rapprocher plus ou moins du fragment inférieur; pendant la contraction musculaire la tumeur grossit, durcit et remonte vers l'insertion supérieure du muscle.

Pour les ruptures partielles, une déformation aussi caractéristique n'existe pas, plusieurs cas peuvent d'ailleurs se présenter : si la rupture est transversale et intéressant les faisceaux les plus superficiels du muscle, on constate assez facilement l'encoche musculaire avec ses deux berges et le diagnostic est facile; d'autres fois les seuls symptômes sont une douleur fixe exaspérée souvent par les mouvements, une ecchymose à apparition souvent tardive, et un gonflement souvent peu accusé que provoque la contraction volontaire ou l'éleclrisation du muscle. Les signes se réduisent à la douleur et à l'empâtement dans les ruptures partielles et centrales, le tour de rein, la diastase musculaire.

Lorsque la rupture intéresse à la fois les faisceaux les plus superficiels du muscle et l'aponévrose qui les recouvre, elle donne lieu à des symptômes très particuliers; au niveau de la rupture, on ne trouve ni écartement, ni encoche, mais seulement une tumeur plus ou moins arrondie, très analogue à une hernie musculaire (pseudo-hernie); à l'état de repos cetle tumeur est molle, dépressible et réductible; parfois on peut sentir autour d'elle le contour plus ou moins net d'un orifice aponévro tique. Dans l'extension passive, lorsqu'on écarte les deux extrémités du muscle, la tumeur diminue de volume et reste molle; dans la contraction libre du muscle, la tumeur grossit, durcit et remonte; dans la contraction entravée avec obstacle au mouvement du membre elle durcit plus encore, grossit et reste immobile.

Évolution et complications. — Les ruptures musculaires s'accompagnent rarement de complications. Les suppurations étendues sont absolument exceptionnelles, sauf cependant pour les ruptures du psoas qui, dans un certain nombre de cas, peuvent donner lieu à des psoïtes suppurées; les hémorragies interstitielles abondantes sont également exceptionnelles.

Lorsque la rupture siège en certaines régions, au niveau de la paroi abdominale par exemple, on peut voir survenir secondairement une éventration par insuffisance de la paroi au point lésé. La production d'un ostéome (v. c. m.), au niveau d'une rupture musculaire, n'est pas rare.

Habituellement l'évolution est simple : les ruptures partielles guérissent en quinze jours ou trois semaines avec persistance assez longue d'un noyau induré. Dans les ruptures totales, il faut un mois et demi à deux mois pour que les mouvements aient repris leur force et leur amplitude ; il n'est pas rare qu'ils ne recouvrent jamais leur intégrité. Si le muscle s'atrophie, il reste à jamais impuissant; il en est de même si la bride cicatricielle est trop longue ou si les deux bouts se cicatrisent isolément, dans ce cas le tronçon inférieur s'atrophie et se sclérose. Le pronostic dépend donc en grande partie du degré d'écartement des deux bouls du muscle rompu.

Traitement. — Dans la majorité des cas le traitement consiste simple ment en repos dans une position qui maintienne le muscle relâché et ses extrémités rapprochées, avec compression ouatée légère et soutenue pour

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aider à la résorption du sang; au bout de quelque temps, lorsque l'épanchement est résorbé, il faudra s'efforcer de prévenir l'atrophie qui constitue le point noir du pronostic, pour cela on s'efforcera d'activer la restauration fonctionnelle par les frictions, le massage, les douches et surtout l'électrisation : courants continus descendant dans les ruptures totales, courants induits dans les ruptures partielles, surtout des muscles du tronc, avec injection de morphine si la réaction est trop douloureuse.

Lorsque les deux bouts du muscle sont très écartés, il est préférable d'intervenir chirurgicalement, surtout s'il y a un volumineux hématome susceptible de s'infecter et de suppurer : une longue incision parallèle à la direction des fibres musculaires permettra d'évacuer complètement le foyer de rupture; ensuite, s'il est possible de rapprocher les bouts musculaires, on les réunira par une suture soignée en étages, en ayant soin de comprendre une épaisseur suffisante de muscle pour éviter sa déchirure : si les deux bouts du muscle extrêmement écartés ne pouvaient être rapprochés, on pourrait, dans quelques cas, les suturer à un muscle voisin d'action analogue.

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