‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 2)Chapitre 68 sur 80 · VI. — MALADIES A DÉBUT OU ÉVOLUTION INTRA-UTÉRINS · texte numérisé non relu

VI. — MALADIES A DÉBUT OU ÉVOLUTION INTRA-UTÉRINS

A) Syphilis. — Les lésions syphilitiques que peut présenter l'enfant à sa naissance sont très variées et nombreuses, aussi bien sur la peau que dans les viscères. J'ai déjà vu plus haut certains accidents hémorragiques qui en sont la conséquence. On trouvera cette diathèse héréditaire complètement décrite à l'article Syphilis. Mais il faut savoir qu'un enfant peut naître tout à fait sain en apparence, et présenter, quelques jours et quelques semaines après, des lésions ou des accidents caractéristiques. L'exacte pesée du placenta (Pinard) sera donc un renseignement précieux pour dépister une syphilis ignorée, dans le cas par exemple où il s'agirait de donner à l'enfant une nourrice mercenaire. Les lésions qui seront apparues au moment de la naissance seront d'un pronostic plus grave que les autres; le traitement devra être administré immédiatement. Mais le petit malade, chez qui il est impossible d'apercevoir aucune lésion, et dont le placenta était hypertrophié, doit être observé avec le plus grand soin et considéré comme étant en puissance de maladie.

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B) Rachitisme intra-utérin. — Achondroplasie ou rachitisme fœtal.

— Parrot n'admet pas cet état comme une entité morbide, aussi lui refuset-il le nom de rachitisme pour lui donner celui d'achondroplasie. Porak divise ainsi les anomalies du système osseux qui peuvent se produire pendant la vie intra-utérine : 1° une hypertrophie, ou rachitisme fœtal différant du rachitisme vrai et héréditaire; 2° le rachitisme vrai, commun chez le fœtus; o° la syphilis osseuse ou rachitisme vrai, dans lequel les os se ramollissent et peuvent se fracturer, et qui continue à évoluer après la naissance. La caractéristique de l'achondroplasie est la petilesse des segments de membres par rapport au développement du torse. Les lésions en ont été très bien étudiées par Durante. On fera bien de procéder à une enquête soigneuse des antécédents héréditaires et même, sans reconnaître de syphilis avérée, on pourra administrer le traitement à l'enfant et aux paren l s pour les conceptions futures.

G) Conséquences sur le nouveau-né des maladies infectieuses de la mère. — - Je n'ai pas à passer en revue les accidents que peuvent déterminer chez le fœtus les maladies infectieuses de la mère [V. Grossesse (Pathologie)], il me suffit d'examiner dans quel état naîtra un enfant vivant et quelle conséquence cette gestation particulière pourra avoir sur lui pendant le premier temps de sa vie. Toutes les maladies fébriles peuvent avoir sur l'enfant un retentissement tel, qu'il meure. On observe en effet ce résultat dans la scarlatine, la fièvre typhoïde, la pneumonie, l'appendicite suppurée, lérysipèle, la variole, etc. Les maladies pulmonaires, etc., n'auront généralement sur l'enfant qu'un retentissement secondaire, et si la femme est guérie lors de sa naissance, aucune trace ne subsistera chez lui. On a discuté longuement pour savoir si le nouveau-né dans ces conditions était vacciné contre la maladie maternelle, ou s'il fallait l'isoler de suite après sa naissance pour lui éviter la contamination. En résumé, deux cas différents peuvent se produire : 1° on a vu des enfants naître avec les caractères de la maladie maternelle; 2° l'enfant naît indemne et, dans ce cas, il paraît vacciné et l'on ne cite pas d'exemple qu'il ait eu dans les premiers mois, la même fièvre éruptive par exemple que celle de sa mère. Il sera néanmoins bon d'isoler l'enfant dans les cas où une infection secondaire pourrait se propager à lui, par exemple dans l'érysipèle, la scarlatine, etc.

La tuberculose chronique ne paraît avoir sur l'enfant qu'un retentissement général, mais ici l'allaitement par la mère sera complètement contre-indiqué et la séparation s'imposera quand la maladie sera dans la troisième période.

D) Conséquences sur le nouveau-né de certaines maladies générales ou de certaines intoxications. — L'albuminurie n'aura directement aucun effet sur l'enfant; la dyscrasie sanguine, cause des infarctus et foyers hémorragiques, retentira sur la nutrition, par l'intermédiaire de cette diminution dans la quantité de cotylédons aptes à l'hématose. L'enfant, s'il n'est pas tué, naîtra maigre (enfants araignées de Pinard). Mais il se développera bien et son poids augmentera d'autant plus rapidement qu'il était d'abord moins élevé.

Le diabète sucré aura quelquefois des conséquences très sérieuses. C'est ainsi qu'on a attribué à cette maladie la cécité congénitale.

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L'alcoolisme aigu pendant lequel les enfants d'ouvriers sont si souvent conçus aura lui aussi des suites graves. On sait son importance dans la production de l'épilepsie, de l'idiotie, de la chorée, etc. Comme accidents immédiats on a signalé la faiblesse congénitale par petitesse du fœtus et développement incomplet, certaines entérites et gastro-entérites. De même pour les autres intoxications : plomb, tabac, etc.

VII. — INFECTIONS DU NOUVEAU-NÉ. — Tout le chapitre de la syphilis sera omis puisqu'il existe dans une autre partie de l'ouvrage (V. Syphilis). Je ne parlerai donc que des infections communes très souvent streptococciques ou staphylococciques. On trouve aussi à cet âge les infections, par coli-bacilles, pneumocoques, les bacilles hémorragiques spécifiques.

Ètiologie. — Le nouveau-né, par la composition du sang, la petite quantité de ses globules de défense, oppose peu de résistance à l'invasion des micro-organismes. Ces infections peuvent lui venir des poussières extérieures et de l'air de la chambre où il vit. Ses aliments peuvent aussi l'infecter même quand il est nourri au sein, par les fissures, crevasses plus ou moins enflammées, par la qualité du lait d'animal souvent employé sans stérilisation préalable.

Les couveuses, l'eau des bains peuvent aussi être la source d'infections. L'enfant peut encore s'infecter dans l'utérus de la femme lorsque la poche des eaux s'est rompue prématurément, que l'air a pénétré dans sa cavité et que l'accouchement tarde à se faire. Puis, en traversant le vagin qui peut renfermer des microbes pathogènes, le gonocoque ou le streptocoque, il pourra également se contaminer et y contracter une ophtalmie, une rhinite, une stomatite ou une lésion du cordon. J'ai dit plus haut en quelques mots le rapport qui pouvait exister entre une maladie infectieuse de la femme et les conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'enfant. Puis celui-ci peut trouver en lui-même la source de son infection car il est entouré de germes qui se développent sur sa peau et dans tous les orifices de son corps dès qu'il est né. La virulence de ces germes s'exaltera suivant le terrain sur lequel ils se trouveront. Plus un enfant sera faible ou prématuré, plus sa température sera basse, moins en un mot il sera apte à se défendre, meilleur sera le terrain de culture, surtout si l'emploi d'une couveuse et l'existence d'une atmosphère ambiante surchauffée viennent augmenter la vitalité des micro-organismes.

Symptômes. — Il est impossible de décrire chaque forme d'infection; celle-ci s'attaque à tous les organes et sur le jnême organe de diverses façons. Le même micro-organisme peut causer des infections très différentes et suivant sa virulence ou la réaction du corps des phénomènes bien différents se montreront.

Le signe le plus important qu'il faudra observer au début de toute infection, sera la température. Elle peut s'élever considérablement ou au contraire, s'abaisser au-dessous du niveau normal dans certains cas graves et à marche rapide.

Nous allons passer rapidement en revue quelques-unes de ces infections :

A) Peau. — Érythèmes. — Ce sont presque toujours des éry thèmes poly-

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morphes qui envahissent toutes les régions du corps et particulièrement les plis du cou, de l'aine, du siège, le bas du ventre, les reins et le haut de la poitrine. Parmi ces éry thèmes on distingue l'éry thème formé de bulles qui se rompent et laissent une ulcération à bords nets (V. Érythèmes).

Les tournioles sont de petites bulles suppurées dues au staphylocoque et que l'on rencontre autour des ongles. Il faut s'en occuper avec soin pour qu'elles ne soient pas le point de départ d'autres infections (V. Panaris).

Le pemphigus non syphilitique et quelquefois contagieux. Son pronostic dépend de l'état de l'enfant (V. Pemphigus).

Uérythème simple peut revêtir un caractère grave quand il est très étendu et qu'il est mal soigné. 11 a toujours pour point de départ le siège et les organes génitaux et vient de l'action excitante des matières et de l'urine. Il peut quelquefois s'accompagner d'ulcérations et causer par l'infection du derme des infections des ganglions et du tissu cellulaire (V. Érythème).

Souvent aussi la peau est le siège d'une éruption sudorale miliaire sur la face, le cou et les membres. Cette éruption peut être confluente et sera traitée par les lavages émollients chauds, l'application d'une pommade à l'oxyde de zinc et le poudrage à la poudre du même sel.

On rencontre aussi des lésions hémorragiques (voir plus haut) des érysipèles, des furoncles, des abcès (v. c. m.).

Abcès multiples des nourrissons. Ils peuvent occuper tous les points du corps et se distinguent essentiellement des abcès froids des scrofuleux, on les voit surtout à la face, au cou et aux membres. Ils évoluent lentement, sans grande fièvre et s'ils s'ouvrent spontanément; la peau se perfore en plusieurs points qui se réunissant donnent issue à un bourbillon caséeux. La fistule subsiste longtemps. Ils se distinguent des abcès diathésiques de Bouchut et des gommes suppurées. Enfin, ces abcès multiples peuvent avoir comme origine une infection vulgaire de la peau. Il ne faudra pas les laisser s'ouvrir spontanément et dans le cas de dialhèse on appliquera le traitement général.

B) Muqueuses. — Elles s'infectent facilement, les plus fréquentes sont les conjonctivites (v. c. m.). Je verrai tout à l'heure les infections de la muqueuse buccale. La muqueuse génitale chez la petite fille peut être le siège d'éry thème avec écoulement et même de gangrène (V. Noma).

C) Appareil digestif. — On peut constater dans la bouche des ulcérations de stomatite qui quelquefois se recouvrent de fausses membranes ; elles sont d'habitude symétriquement situées sur les bords ptérygoïdiens de la voûte palatine, Il se produit aussi du sphacèle du bord du maxillaire inférieur (V. Stomatites).

Le Muguet est un ensemencement de la cavité buccale par un parasite, l'oïdium albicans, qui se développe dans les milieux acides et est consécutif à l'emploi des bouls de seins ou téterelles en caoulchouc, on le rencontre spécialement chez les prématurés débiles qui ne sont pas nourris par une femme. On voit sur toute la surface de la bouche et le voile du palais des petits points blancs difficiles à détacher et qui ressemblent à des grumeaux de lait. Cette complication peut être observée même chez les enfants vigoureux et en apparence bien portants, nourris artificiellement. Son pronostic

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pourra donc varier suivant l'état général de l'enfant, et son traitement consistera surtout dans l'emploi d'une nourrice au sein et dans toutes les précautions antiseptiques prises avant et après les tétées. On peut ensuite nettoyer la bouche de l'enfant avec des alcalins, le bicarbonate de soude, le borax et même une solution de nitrate d'argent à 1 pour 100. Hutinel conseille même le lavage de l'estomac avec de l'eau de Vichy (V. Muguet).

La parotide et la glande sous-maxillaire peuvent s'infecter par les canaux excréteurs (v. c. m.).

On observe dans le pharynx les abcès rétro-pharyngiens (v. c. m.) : l'enfant ne peut avaler, et si on regarde la gorge, on aperçoit la tuméfaction. La fièvre est élevée et la mort survient si l'on n'opère pas. L'estomac et l'intestin peuvent s'infecter également si l'enfant a avalé du liquide amniotique putréfié. S'il survient de la fièvre, la mort peut arriver rapidement.

Si la mère a du pus dans les seins, il faut surveiller attentivement les tétées et supprimer l'allaitement de ce côté, car des accidents intestinaux ne tarderaient pas à se montrer.

Enfin, l'allaitement mal conduit, le régime mixte ou le biberon nocif par sa conformation, la difficulté que l'on a à le nettoyer et la qualité du lait employé déterminent surtout pendant les mois chauds, des accidents quelquefois très graves de gastro-entérite, d'entérite aiguë, de choléra infantile, etc., qui seront étudiés ailleurs (V. Allaitement).

D) Foie. — Les altérations du foie sont presque toujours consécutives aux maladies de l'intestin. Le nouveau-né peut présenter des ictères plus ou moins graves. L'ictère bénin si fréquent dans les premiers jours de la vie est considéré par beaucoup d'auteurs comme un ictère infectieux léger. Il serait dû à la stagnation du méconium, à une alimentation trop abondante ou trop hâtive. Quoi qu'il en soit, cette complication est presque toujours légère et ne donne lieu à aucune indication thérapeutique. Il faut seulement se garder d'alimenter l'enfant abondamment.

On peut rencontrer aussi dans le foie des abcès ou des gommes qui suppurent; c'est ici que les antécédents et le poids du placenta pourront renseigner utilement et qu'un traitement actif sera quelquefois utile [V. Foie (Abcès)].

Mais on voit des ictères beaucoup plus graves que le précédent accompagnés d'un état général grave, de somnolence, d'anorexie, de diminution du poids, d'une fièvre assez élevée qui se termine par la mort, dans la moitié des cas environ (V. Ictère du nouveau-né).

On peut observer encore la maladie bronzée hématique des nouveau-nés qui est une cyanose ictérique apyrélique avec hémoglobinurie, maladie très rare, probablement une infection staphylococcique, il y a pronostic presque fatal. Elle est contagieuse (Winckel).

E) Rein. — Le rein, comme le foie, peut s'infecter secondairement parle passage trop répété des toxines ou dans le cas d'infection sanguine. On a trouvé chez lui des abcès consécutifs à des érysipèles, des septicémies et d'autres infections générales. L'albuminurie constatée quand on pourra recueillir de l'urine, l'hématurie, l'anurie seront des complications très graves des maladies principales.

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F) Péritoine. — La péritonite (v. c. m.) est fréquente : elle succède presque toujours à une infection ombilicale, ou bien elle n'est qu'une complication d'une infection spécifique du foie, ou des gang-lions mésentériques. On en a vu d'origine herniaire. Elle est d'un pronostic très grave.

G) Infections ombilicales. [V. Cordon (Soins)]. — La plus grave de ces infections est l'érysipèle. C'est presque toujours une infection streptococcique et il est très souvent consécutif à des suites de couches fébriles de la mère. Il peut avoir aussi comme point de départ une plaie ou un traumatisme instrumental sur la face ou le crâne. Les pansements antiseptiques du cordon, l'abandon du pansement gras, l'emploi d'un fil aseptique et l'isolement de l'enfant d'avec sa mère malade, ont singulièrement diminué la fréquence de cet accident. Il est caractérisé par une rougeur intense de la peau circonscrivant d'habitude complètement la cicatrice ombilicale et descendant presque toujours vers le pubis qui est le siège d'un œdème dur et douloureux. Le sillon de séparation d'avec la peau saine est moins marqué que chez l'adulte. La cicatrice ombilicale n'est pas complète; on voit souvent au fond du cratère un bourgeon grisâtre qui suppure légèrement.

La température est élevée, l'excitation quelquefois considérable, puisqu'il peut survenir des convulsions, et si l'enfant n'est pas très vigoureux, il pourra succomber sans autre complication. Ces complications seront : la généralisation de l'érysipèle, les abcès ou phlegmons de l'aine, les péritonites, les complications pulmonaires, les convulsions, et le pronostic leur empruntera une gravité plus grande encore. On a conseillé tous les topiques antiseptiques, mais, outre que la peau du nouveau-né est très délicate et très sujette à s'ulcérer, l'envahissement de la maladie ne paraît pas devoir être arrêté par ce moyen. Le plus simple et peut-être le plus utile sera seulement l'enveloppement dans des compresses mouillées d'eau de guimauve ou de sureau très chaude. On fera en outre le traitement des complications, en se servant particulièrement des bains tièdes si la température est considérable, le sommeil nul, l'agitation extrême. De même, on pourra conseiller des bains excitants et même l'alcool, si l'enfant perd ses forces. L'emploi du sérum antistreptococcique est encore trop peu étudié.

H) Appareil respiratoire. — L'infection la plus fréquente est celle des fosses nasales et le coryza simple peut être une gêne considérable pour l'allaitement. Il peut être causé par un simple refroidissement, ou au contraire par une diathèse existant à la naissance. Dans ce cas, les fosses nasales sont remplies de croûtes, d'ulcérations plus ou moins saignantes et l'écoulement est purulent. Il faudra dans tous les cas faire l'antisepsie du nez avec de l'huile mentholée à 1 pour 100, et des irrigations avec de l'eau boriquée liède, ou même du permenganate de potasse à 1 pour 5000 (V. Coryza).

Le coryza simple pourra causer une dyspnée tellement intense qu'elle s'accompagnera de tirage et que l'idée du croup pourra venir à l'esprit. Bouchut a même signalé une complication capable de produire l'asphyxie, c'est l'aspiration et le retrait de la langue en arrière. Il faudra dans ce cas la tirer en avant avec une pince de Laborde et débarrasser les fosses nasales de leurs mucosités. On a noté aussi exceptionnellement des convulsions

choréiformes à point de départ nasal. Le meilleur moyen d'éviter le coryza simple sera de ne pas sortir l'enfant dans la saison pluvieuse et de ne pas lui laver la tête maladroitement.

Les broncho-pneumonies du nouveau-né sont fréquentes. Elles suivent presque toujours l'introduction dans l'arbre respiratoire de produits septiques pendant l'expulsion ou l'extraction. Ces broncho-pneumonies accompagnent aussi fréquemment la gastro-entérite, et peuvent être l'accident ultime de l'athrepsie. Enfin, elles peuvent compliquer les infections streptococciques et staphylococciques. Elles peuvent revêtir différentes formes : une forme torpide sans élévation et même quelquefois avec abaissement de température, comme cela arrive dans l'athrepsie, ou bien au contraire on observera des phénomènes analogues à ceux qui existent chez l'enfant plus âgé : dyspnée, toux, respiration fréquente, température élevée, anorexie, faciès pâle et tiré, cyanose, foyer de souffle et de raies sous-crépi tants fins, matilé. Chacun de ces signes pourra être traité par les moyens ordinaires. Les meilleurs seront les enveloppements chauds, les cataplasmes sinapisés, les bains tièdes de 50 à 55°, et l'alimentation artificielle. Le pronostic en est très grave, surtout si on a affaire à un enfant débile. (V. Broncho-pneumonie.)

Une pleurésie pourra compliquer la broncho-pneumonie; elle est d'habitude un accident septique et sera souvent méconnue (V. Pleurésie).

I) Système nerveux. — On rencontre assez souvent des méningites, abcès du cerveau, phlébites des sinus (v. c. m.), etc., d'origine septique, et quelquefois le tétanos, comme je l'ai déjà dit; la caractéristique de ces maladies sera l'existence de conduisions (V. plus haut) ou de contractures.

J) Infections oculaires. — V. Nouveau-nés (Ophtalmie).

K) Appareil auditif. — Otites. — On les observe à la suite du coryza. L'oreille peut se mettre à couler, et le pus être même fétide. L'otite moyenne s'accompagnera de cris, de fièvre, de symptômes méningitiques, et sera difficile à diagnostiquer. On les soignera par les lavages antiseptiques, les pansements à l'huile mentholée et la ponction du tympan (V. Otites).

L) Système osseux. — On a observé une ostéomyélite (v. cm.) chez le nourrisson, qui paraît avoir été causée par une lésion infectieuse de la peau ou des muqueuses. Cette lésion serait fréquente dans les premiers mois de la vie, et l'on a noté des cas subaigus, aigus et même foudroyants. Cette maladie cause très fréquemment des décollements épiphysaires et des séquestres, et il en est souvent résulté des suppurations du rein, du foie, des otites, des mastites, des broncho-pneumonies. Il faudra évidemment, quand on pourra en faire le diagnostic, trépaner l'os et le curetter.

M) Infection générale. Septicémie. — La cause en est souvent le streptocoque, et l'origine la plus fréquente une lésion de la peau. Cette lésion primitive sera une dermatose quelconque, eczéma, miliaire, érysipèle, etc., et l'envahissement de l'organisme pourra être foudroyant. On sera averti par une aggravation de l'étal général, de la fièvre presque toujours, des troubles digestifs, vomissements et diarrhée, des hémorragies superficielles ou viscérales, des éruptions. Cette maladie peut emporter les enfants très rapidement (V. Septicémie).

N) Fièvre intermittente. — Le nouveau-né peut-il être infecté par sa

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nourrice, et môme contracter l'impaludisme dans le sein de sa mère? La question est douteuse (V. Paludisme). Quoi qu'il en soit, ou a vu des enfants présentant des accès de fièvre intermittente dans les jours qui suivaient la naissance. Le diagnostic s'imposait dans ces cas par l'examen de leur rate et leurs antécédents héréditaires, de même que les conditions physiques de l'habitation où ils étaient. On les traitera par la poudre de quinquina et même les sels de quinine en suppositoires.

Traitement de ces infections. — Il faudra faire tous ses efforts •pour les éviter. On prendra donc toutes les précautions possibles pour que l'enfant ne s'infecte pas dans l'utérus. S'il a pu avaler quelques substances étrangères, on les retirera autant que possible de l'arbre respiratoire avec l'insuffla teur et on lavera l'arrière-bouche et la bouche avec un tampon et de l'eau alcaline. On savonnera les yeux et on les cautérisera avec un caustique léger. On savonnera tout le corps soigneusement pour éviter toute contamination. Les bains seront donnés seulement après la chute du cordon, avec de l'eau bouillie, et dans un grand bain de pieds de faïence, plus facile à nettoyer qu'une baignoire de métal. On prendra les plus grandes précautions s'il existe ou s'il survient quelque solution de continuité de la peau. On s'occupera sérieusement des érythèmes, éruptions légères, boutons, et, dans le cas d'épidémie, on n'hésitera pas à faire passer à l'étuve tout ce qui touche directement à l'enfant : linge de corps, couches, linge de lit, pansements. Inutile de dire avec quel soin on traitera le moignon de cordon.

Enfin, on tiendra le nourrisson soigneusement isolé s'il existe chez sa mère ou chez sa nourrice quelque maladie ou quelque infection.

D'une façon générale, on aura surtout à craindre, dans les infections du nouveau-né, la faiblesse de son organisme, congénitale ou acquise, et l'un des éléments les plus importants du traitement sera de soutenir ses forces par l'alimentation naturelle ou artificielle s'il n'a plus la force de téter, les frictions stimulantes, les bains, l'alcool; les injections de sérum salé pourront relever l'état général.

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