‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 2)Chapitre 69 sur 80 · VIII. — MALADIES NON INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

VIII. — MALADIES NON INFECTIEUSES

A) Tube digestif. — Presque tous les troubles digestifs des premières semaines, dyspepsie, vomissements, diarrhée simple, entérite simple, digestions incomplètes, viendront de la suralimentation (V. Allaitement). On trouvera dans ce chapitre les règles pour l'alimentation des premiers temps. On a même étudié une forme de dyspepsie gastrique avec spasme du pylore venant de la même cause (V. Gastro-entérite des nourrissons).

La trop grande abondance du liquide ingéré produira également des phénomènes de dilatation de l'estomac.

La diarrhée simple sera traitée par la diète qui réussira toujours (V. Diarrhée).

La constipation (v. c. m.), au contraire, sera consécutive à la nature trop riche en caséine du lait employé. C'est ce qui la rend si fréquente dans le régime mixte ou artificiel. On pourra essayer, pour la combattre, de l'introduction dans l'anus d'un corps étranger aseptique, tel que la cuvette du thermomètre. On pourra aussi introduire dans le rectum de petits supposi-

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toires de beurre de cacao ou quelques gouttes d'huile d'olive ou quelques cuillerées d'eau bouillie. Éviter soigneusement l'emploi de la glycérine, du savon et de tous les excitants. En même temps, on coupera le lait avec un tiers ou un quart d'eau de Vais ou d'eau bouillie, et, si l'enfant est nourri au sein, on donnera à la nourrice une alimentation plus végétale et quelques laxatifs. On a encore conseillé chez le nouveau-né l'entéroclyse, qui produit un lavage du gros intestin et de la dernière partie de l'intestin grêle où se produisent les fermentations et où restent stagnants des grumeaux de caséine, de graisse, des matières putrides, des glaires et des gaz.

B) Foie. — Les produits de ces fermentations sont résorbés et transportés au foie. Celui-ci réagit par des poussées biliaires colorant les selles en vert. De même, sa suractivité pourra déterminer un ictère, comme je l'ai déjà dit au chapitre des infections.

L'ictère d'origine biliaire est généralement causé par des obstructions congénitales des voies biliaires; il s'accompagnera de la présence de matières colorantes de la bile dans le sang et de décoloration des matières fécajes. (V. Ictère.)

Quelquefois, à la suite de suralimentation, la polycholie pourra le faire naître également, mais alors le pronostic est sans gravité, au contraire de ce qui arrive pour les obstructions des voies biliaires.

C) Poumon. — Le nouveau-né peut contracter des bronchites aiguës a frigore sans infection. Ces bronchites, peu graves, ne sont presque toujours que des rhumes clans lesquels on entend à l'auscultation quelques râles des grosses bronches. Cependant il faudra éviter soigneusement qu'une infection vienne se greffer sur cette maladie simple, et qu'elle ne dégénère en congestion pulmonaire, hémo-bronchite de Woillez, broncho-pneumonie, bronchite capillaire, etc. (v. c. m.).

D) Système nerveux. — (V. Encéphalopathies infantiles).

E) Seins. — Très fréquemment, le nouveau-né présente une fluxion considérable de ses glandes mammaires. C'est la poussée laiteuse des nouveau-nés qui se complique souvent de mammite. Ce petit accident, aussi fréquent chez le garçon que chez la fille, n'a généralement aucune importance. La région devient tuméfiée, fluctuante, douloureuse. Si l'on presse sur la tumeur, on fait sourdre du mamelon un jet de lait, mais la suppuration sera très rare, à moins que, par des manœuvres maladroites, on n'infecte la cavité. Il faudra donc éviter de faire sourdre le lait qui s'écoulera spontanément s'il en est besoin, et, si la tension est trop forte, on recouvrira les seins d'un pansement chaud et humide.

F) Peau. — Comme je l'ai déjà dit, la peau de l'enfant est très délicate, et, même sans la présence de microbes, elle pourra rougir et s'ulcérer au contact des liquides organiques [V. Nouveau-nés (Soins)]. Une autre lésion très fréquente est l'eczéma impétigineux sec ou humide, très fréquent sur le cuir chevelu et la face. Ces éruptions très fatigantes pour l'enfant, par les démangeaisons qu'elles provoquent et l'écoulement qui les accompagne souvent, seront très difficiles à combattre. Les simples « croûtes de lait » seront enlevées facilement en appliquant le soir un corps gras et en savonnant légèrement la tête le matin. Pour l'eczéma humide qui peut être

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confluent et atteindre une partie considérable du corps et toute la face, on se verra quelquefois obligé de recouvrir les portions malades avec des bandes de caoutchouc pour déterger les croûtes et calmer les démangeaisons. Enfin, cette maladie pourra ne guérir que lorsque l'enfant sera suffisamment âgé pour se passer de lait dans son alimentation.

Conclusion. — Presque toute la pathologie du nouveau-né est, comme ou vient de le voir, sous la dépendance de deux grands faits. Les infections, et, en particulier, la syphilis et l'état physique plus ou moins satisfaisant qu'il présente à sa naissance. Les efforts du médecin seront donc dirigés : 1° contre la syphilis héréditaire par tous les moyens d'usage prophylactiques et curatifs; 2° contre la naissance avant terme et le développement insuffisant de l'enfant. BOUFFE DE SAINT-BLAISE.

NOUVEAU-NÉ (TRAUMATISMES OCULAIRES). — Ces lésions sont fort rares, surtout dans l'accouchement normal. Dans l'accouchement artificiel elles se produisent un peu plus fréquemment et résultent d'un traumatisme causé par le forceps.

Symptômes. — Après l'accouchement normal on observe assez souvent des ecchymoses palpébrales ou palpébro-conjonctivales, caractérisées par une teinte rouge violacé. Lorsque l'accouchement a été laborieux, l'enfant présente parfois un œdème considérable des paupières et de la conjonctive au point que l'examen de l'œil peut être rendu difficile aussitôt après la naissance. Des examens anatomiques ont montré que les hémorragies rétiniennes se produisent assez fréquemment au cours de l'accouchement (Kœnigstein les a rencontrées dans 10 pour 100 des cas examinés à Schleich dans 32 pour 100 des cas). Ces hémorragies rétiniennes ne se traduisent par aucun symptôme extérieur et, comme l'examen ophtalmoscopique n'est guère facile au cours des premières semaines, elles passent inaperçues. Je ne les signale qu'en raison de l'importance hypothétique qu'on a voulu leur attribuer dans la production de certaines amblyopies congénitales.

Les traumatismes oculaires et palpébraux observés dans les accouchements au forceps peuvent présenter un caractère plus grave.

Les excoriations intéressent surtout la région sourcilière ou la paupière supérieure. Les ecchymoses et Yœdème palpébral sont parfois très accusés.

La cornée porte, dans quelques cas rares, les marques d'une contusion directe. L'épi thélium peut être enlevé sur une plus ou moins grande étendue ; la cornée a perdu son reflet brillant et présente même une coloration grisâtre pouvant faire penser à une kératite interstitielle congénitale, à un glaucome infantile ou à un processus ulcéra tif infectieux. Cette dernière confusion est d'autant plus facile que la conjonctive bulbaire est soulevée par une suffusion sanguine qui lui communique une coloration rouge sombre. On ne cite qu'un cas d'arrachement du globe au cours de l'extraction.

L'application brutale du forceps peut encore provoquer une fracture orbitaire qui se traduira surtout par des symptômes hémorragiques. L'hémorragie orbitaire aura pour conséquence la protrusion du globe et l'œdème palpébral. Il est possible que ce traumatisme orbitaire soit la cause de certaines paralysies oculo-molrices se reconnaissant au ptosis, au strabisme

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observes dès la naissance. Ces troubles sont néanmoins beaucoup plus rares que le lagophtalmos par paralysie de la paupière inférieure accompagnant la paralysie faciale.

Les hémorragies rétiniennes ne paraissent pas plus fréquentes que dans l'accouchement normal.

Diagnostic. — En présence des différents troubles énumérés, il importe avant tout de ne pas les confondre avec une ophtalmie du nouveau-né, ce qui conduirait à une thérapeutique d'autant plus intempestive, que presque toujours les symptômes diminuent puis disparaissent spontanément en quelques jours. La confusion peut surtout être faite lorsque la cornée a été directement lésée, mais l'absence de sécrétion manifeste, les modifications .simultanées des téguments de la face ou du front joints auxeommémoratifs rendent le diagnostic des plus faciles.

Pronostic. — Le pronostic des lésions palpébrales ou superficielles du globe est en général extrêmement bénin et le plus souvent, après 8 à 12 jours, il ne reste plus aucune trace des ecchymoses ou des excoriations.

Le traumatisme cornéen a parfois laissé un état cicatriciel, affaiblissant plus ou moins la vision. Dans certains cas où l'opacité immédiate inspirait d'assez vives inquiétudes, on a vu, après quelques semaines, la cornée reprendre une transparence parfaite.

Le pronostic des fractures orbitaires est infiniment plus grave, et, dans la plupart des cas d'hémorragie orbitaire, la mort s'est produite dans les premiers jours, en raison sans doute de lésions traumatiques simultanées produites dans l'encéphale.

Traitement. — On s'abstiendra surtout de toute intervention thérapeutique. S'il y a solution de continuité des paupières ou de la cornée, on se contentera d'une toilette aseptique des paupières et de l'œil, et de l'application d'une rondelle de lint aseptique maintenue par un pansement léger. V. MORAX.

NOYÉS. — V. Submersion.

NUCLÉINES. — V. Phosphore.

NUTRITION (EXAMEN CLINIQUE). — La fonction de nutrition comprend l'ensemble de ces actes d'assimilation et de désassimilation qui se passent dans tout organisme vivant et qui ont pour but la conservation ou l'accroissement de l'individu, le maintien de sa température constante et la production d'énergie qu'il dépense au travail.

Le corps humain, composé essentiellement d'albumine, de graisse, d'eau et de matières minérales, subit une usure régulière et a besoin de se réparer. Il faut lui fournir des matériaux de constitution en proportion convenable; on a calculé que l'ingestion quotidienne de 1 gr. d'albumine par kilogr. de poids du corps était la dose plus favorable.

Le corps rayonne de la chaleur et en perd par évapora tion. Il en perd d'autant plus que sa surface corporelle, et par suite son poids, est plus considérable; pour que sa température reste à 57°, il lui faut donc des matériaux de combustion en quantité proportionnelle à son poids.

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Enfin le corps dépense de l'énergie, dans les mouvements de la vie. organique et dans ceux de la vie de relation. Comme à une machine à vapeur, il faut lui apporter des matériaux combustibles aux dépens desquels il produira l'énergie. Son besoin de combustible est en rapport avec le travail qu'il fournit, par conséquent avec la vie que mène l'individu.

Les besoins calorifiques et énergétiques de l'organisme peuvent s'apprécier en calories. D'une série d'observations et de calculs, on peut déduire qu'un homme de corpulence moyenne :

Ayant une profession sédentaire a besoin de. .... 55 calories par kilogr. de poids corporel.

Effectuant un travail manuel modéré, a besoin de ... 40 — — —

Effectuant un travail de force, a besoin de .... 45 — — —

Ce sont les aliments qui sont destinés à couvrir les besoins de V organisme. Ils apportent l'albumine et les autres matériaux de constitution et de réparation; ils fournissent, en brûlant dans le corps, la chaleur et l'énergie nécessaires.

Or, l'analyse chimique nous indique les proportions d'albumine, de graisses, d'hydrates de carbone et de matières minérales contenues dans les divers aliments ; d'autre part, les recherches calorimétriques nous ont appris la quantité de chaleur que dégage la combustion des aliments dans l'organisme. D'après Alwater :

1 gr. d'albumine produit 5,68 calories.

1 gr. de graisse 8,65 —

1 gr. d'hydrate de carbone 5,88 —

Connaissant la composition chimique et la valeur énergétique des aliments, il est facile de composer le régime qui est capable de satisfaire aux besoins de l'organisme dans chaque cas particulier.

L'organisme d'un adulte sain ne fait ni gains ni pertes. Ses recettes équivalent à ses dépenses. La quantité d'azote que les aliments lui apportent sous forme d'albumine est égale à celle qu'il excrète sous forme de déchets parles urines et les matières fécales. La quantité des chlorures introduite par l'alimentation est égale à celle des chlorures rejetés. L'organisme normal est dans un état d' équilibre nutritif.

Il n'en est plus de même à l'état pat/iologique; l'organisme subit alors des déperditions; ou bien il fait des rétentions et accumule des réserves. Bref, ses recettes ne sont plus identiques à ses dépenses. V équilibre nutritif est rompu.

Pour apprécier l'état de la nutrition d'un individu, le clinicien a plusieurs méthodes à sa disposition; toutes ont pour but d'établir la comparaison entre les recettes et les dépenses de l'organisme et de rechercher si l'équilibre nutritif est conservé. Les plus importantes sont : 1° la courbe du poids de l'individu; 2° l'analyse chimique des urines; 3° l'analyse des matières fécales; 4° je ne parle pas de la mesure des échanges respiratoires qui représente une méthode très délicate ne pouvant être employée que pour certaines recherches de laboratoire.

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La courbe des poids établie, par des pesées quotidiennes, nous indique si le sujet reste en état d'équilibre nutritif; malgré son manque de précision, c'est cependant un moyen fort utile pour apprécier l'état général des individus et l'effet des régimes.

C'est V analyse des urines qui fournit les renseignements les plus précis, pourvu qu'elle soit faite dans des conditions convenables et qu'elle soil rationnellement interprétée [V. Urines (Examen)].

Dans les conditions de la pratique ordinaire, l'analyse des urines fournil des chiffres d'élimination que l'on cherche à comparer à une soi-disant moyenne physiologique n'ayant aucune existence réelle : c'est un acte à peu près inutile.

Certains auteurs, pour apprécier les éliminations urinaires, tiennent compte du poids du corps. Pensant que les principes urinaires résultent de la désintégration régulière des éléments cellulaires, ils rapportent les éliminations au kilogramme de poids corporel, et comparent les chiffres obtenus chez les sujets sains el chez les malades.

Mais on sait aujourd'hui que la désintégration organique est minime el qu'elle se trouve, dans les conditions normales d'alimentation et de santé, toujours compensée par l'apport alimentaire, de sorte que les principes urinaires proviennent, pour une faible part seulement, de la destruction organique, et pour la majeure partie, de l'alimentation.

Les éliminations urinaires ne sont pas en rapport avec le poids du corps, mais avec le régime alimentaire suivi. On les fait varier, à volonté, en modifiant le régime. Donc elles ne nous renseignent pas sur la désintégration organique, mais sur la quantité et la qualité de l'alimentation; elles nous disent seulement que l'individu est gros mangeur ou petit mangeur, Carnivore ou végétarien, amateur de sel ou non.

Pour qu'une analyse nous apprenne quelque chose sur la nutrition, il faut comparer les éliminations urinaires, non au poids du corps, mais au régime alimentaire. C'est ainsi que l'on établit le bilan de la nutrition.

La méthode la plus simple consiste à imposer au sujet en observation un régime d'épreuve, qu'il suit durant trois jours, et à recueillir les urines émises pendant le troisième jour du régime.

Voici le régime que nous utilisons avec Henri Labbé :

Régime d'épreuve.

Petit déjeuner du malin.

Il se compose : de pain, de beurre, avec soit du chocolat au lait, soit du café au lait.

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