I. Pain. — 75 gr
II. Potage. — 25 centilitres de bouillon de viande dégraissé.
III. Plat de viande. — Il se compose de 80 gr. (pesés crus) de viande de mouton sans déchets ou de poulet désossé. Le mouton est servi rôti dans son jus.
IV. Légumes. — Soit : nouilles ou macaroni, 50 gr. de pâte assaisonnés après cuisson et égouttage avec 15 gr. de beurre.
Soit : lentilles, 30 gr. assaisonnées avec 15 gr. de beurre après cuisson.
V. Entremets. — 50 gr. d'entremets dans la composition duquel on fait entrer les matières suivantes :
Lait 150 grammes.
Farine de riz 10 —
Sucre 35 —
Œuf complet 40 —
Beurre 5 —
Total 245 grammes.
VI. Dessert. — Raisin sec : 20 gr. ; ou pommes, ou poires : 50 gr. Boisson. — Mêmes quantités qu'au repas de midi.
Assaisonnement au sel marin. Faire cuire tous les aliments ci-dessus sans sel. Peser à l'avance 12 gr. de sel pour toute la journée qui seront répartis dans les aliments au gré du malade, mais qui devront être employés entièrement.
Becommandation générale. — Noter soigneusement toutes particularités ou toutes divergences au régime ci-contre qui auraient pu se produire pendant les deux jours qui précèdent et le jour qui accompagne l'analyse.
Le régime apporte :
Albumine 77 grammes.
(Azote 12 gr. 30)
Graisse 64 grammes.
Matières hydrocarbonées 272 gr. 5
Acide phosphorique 2 gr. 47
Chlorure de sodium 11 gr. 82
Imposé à des sujets sains, de poids, d'âge et de sexe différents, le régime d'épreuve nous a donné des chiffres d'élimination urinaire très voisins. Il y
Nutrition (Examen clinique). 804
a donc une moyenne d'élimination physiologique qui lui correspond. Elle est représentée par les chiffres suivants :
Azote total 11 gr. 61
Azote de l'urée 10 grammes,
Urée 21 gr. 6
Phosphates (exprimés en P"203) 2 gr. 10
Chlorures (en NaCl) 11 gr! 5
Acide urique et bases puriques 0 gr. 55
Rapport azoturique ' 86 pour 100.
Ayant ainsi une base d'appréciation précise, on peut comparer les éliminations urinaires d'un individu quelconque à celles des sujets sains.
Mais, sans avoir besoin de recourir à cet examen, plus difficile, on peut, avec notre régime d'épreuve, mesurer approximativement le coefficient
d'absorption intestinale par le rapport f °\ unnaire> ^ t . ,,,, .
Az alimentaire ^ normal, égal à 0,95.
Si l'analyse d'urine, incomplète, comme elles le sont très souvent, n'indique point le chiffre d'azote total et ne fournit que le chiffre de l'urée, on peut encore se rendre compte de la valeur de l'absorption intestinale, en se souvenant du coefficient de transformation uréique des albumines albumine alimentaire
urée urinai re qU1 eSt' avec notre ré&ime d'épreuve, à l'état normal,
égal à 0,26.
Le chiffre d'excrétion des chlorures nous indique si l'individu fait des rétentions ou des excrétions supplémentaires. De même pour l'acide phosphorique et pour l'acide urique. D'ailleurs, pour être bien fixé sur le métabolisme des chlorures et de l'acide urique, des épreuves supplémentaires spéciales sont nécessaires.
Le chiffre de l'azote total urinaire est-il supérieur à la moyenne normale, on en peut conclure que le sujet fait une excrétion supplémentaire d'azote; est-il au contraire inférieur, on peut croire à une rétention azotée, surtout si le sujet augmente de poids; plus souvent, ce chiffre inférieur d'azote urinaire indique un défaut d'absorption azotée au niveau de l'intestin; l'examen des matières fécales permettrait de préciser ce fait et de mesurer le coefficient d'absorption intestinale.
Pour établir le bilan des chlorures, utile pour l'institution du régime alimentaire des brightiques, on place le sujet en observation à un régime constant dont on connaît la teneur en chlorures; ce qui s'obtient très simplement en faisant cuire les aliments sans sel et en mettant chaque jour à la disposition du sujet un paquet de 1 gr. ou 5 gr. de sel au moyen duquel il assaisonnera ses aliments; puis on dose durant plusieurs jours les chlorures urinaires : on compare ensuite l'excrétion à l'ingestion. L'épreuve de l'ingestion chlorurée se pratique en faisant ingérer durant un ou deux jours, à un sujet qui était auparavant maintenu au régime hypochloruré ou déchloruré, 10 gr. de sel marin, et en recherchant la manière dont celui-ci est éliminé par les urines.
Pour Y acide urique, dont l'élimination est surtout intéressante à considérer chez les malades soupçonnés de goutte, le sujet est placé d'abord à
805 Nystagmus.
un régime sans purines, jusqu'à ce que l'excrétion urique tombe à un minimum à peu près constant qui représente le taux de l'acide urique endogène. On pratique ensuite l'épreuve de l'ingestion de viande, en faisant prendre au sujet, durant deux ou trois jours, 500 gr. de viande en supplément, et en recherchant comment se comporte l'excrétion urique.
La liste des coefficients urinaires, dont on charge en général les analyses d'urines, n'offre aucune valeur diagnostique et ne peut qu'induire en erreur, lorsque l'individu n'a pas été soumis à un régime d'épreuve. Chez les sujets sains, les coefficients sont, en effet, influencés par le genre d'alimentation. Ainsi le rapport azoturique s'élève avec un régime carné, s'abaisse avec un régime végétal; à l'état normal et avec notre régime d'épreuve, il est égal à 0,86 ; le rapport de V acide urique à Vitrée varie suivant la nature des matières albuminoïdes ingérées par le sujet, les unes fournissant plus de purines que les autres ; le coefficient dit de déminéralisation varie aussi avec l'alimentation et avec la dose des chlorures ingérés; il est élevé chez les végétariens, et bas chez les carnivores, parce que le premier régime fournit proportionnellement plus de matières minérales que le second.
Toutes ces variations sous l'influence de l'alimentation sont plus étendues que les variations sous l'influence de la maladie. On ne pourra donc tirer quelques renseignements des coefficients urinaires qu'à condition de les calculer chez des individus soumis à un régime d'épreuve toujours identique; peut-être alors certains coefficients, comme le rapport azoturique, prendront-ils une valeur diagnostique remarquable.
L'analyse chimique des matières fécales complète les données de l'analyse des urines. Elle est indispensable pour établir un bilan azoté complet et pour calculer exactement le coefficient d'absorption des albumines, des graisses, des hydrates de carbone et des sels. C'est elle qui nous renseigne le mieux sur la valeur fonctionnelle digérante et absorbante de l'intestin (V. Fèces).
Mais cette analyse est délicate et l'on ne saurait y recourir fréquemment. Dans les conditions ordinaires de la clinique, Yexamen ldstologique des matières fécales suffit à l'étude de la digestion; il permet d'apprécier la proportion des fibres musculaires, des graisses et de l'amidon qui échappent à l'absorption intestinale; cet examen a d'autant plus de valeur qu'il a été pratiqué à la suite d'un régime d'épreuve toujours le même.