II. — MANIFESTATIONS PORTANT SUR LE TUBE DIGESTIF
Gingivite (Pinard). — Les gencives peuvent devenir rouges et saignantes. Complication assez fréquente vers le -¥ mois. Cette complication n'a, d'habitude, aucune influence sur la carie dentaire, mais peut déterminer le déchaussement et la chute des dents. Elle gêne très souvent la mastication et la nutrition.
Pinard conseille les lavages fréquents de la bouche avec du chloral à 1 gr. 200 et les attouchements des gencives avec : Hyd. de chloral et alcoolat de cochléaria par parties égales après un nettoyage des dénis el enlèvement du tartre.
Ptyalisme. — La salivation exagérée est la compagne ordinaire des vomissements graves de la grossesse, à tel point qu'il peut mettre quelquefois sur la voie du diagnostic de la grossesse. Cependant on l'observe chez des femmes qui paraissent ne pas être atteintes d'insuffisance hépatique. Mais, en interrogeant soigneusement, le médecin découvrira toujours quelque vomissement ou de l'écœurement après les repas, ou des pituites matinales, ou quelque antécédent hépatique. Celte salivation peut être plus ou moins abondante; comme les vomissements elle peut débuter dans les premières semaines de la grossesse el être plus ou moins abondante. On voit des femmes simplement gênées par l'abondance de la salive; d'autres,
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au contraire, expectorer dans les 24 heures jusqu'à 12 et 1500 grammes de liquide. Les femmes ne peuvent plus sortir, sont obligées de cracher dans un récipient pendant qu'elles vous parlent, et cette salivation, plus abondante pendant la digestion, ne se tarit cependant pas dans l'intervalle, contrairement à la salivation abondante des dyspeptiques Elle ne s'accompagne d'habitude pas de lésions de la muqueuse ni de fétidité de l'haleine, comme dans la stomatite mercurielle. Quoique ce symptôme ne soit pas spécial à la grossesse et qu'il fasse partie du cortège symptoma tique de certaines affections du foie, il constitue cependant parfois une sorte d'état morbide spécial, qui a besoin d'être traité spécialement. Aussi a-l-on essayé de tout, médicaments alcalins, hydrothérapie, oxygène, etc. C'est la pathogénie qui guidera encore ici le traitement en nous faisant instituer le régime qui sera étudié plus loin. Lui seul réussit, quelquefois d'une façon extraordinairement rapide, à la condition d'être appliqué exclusivement.
Vomissements. — (V. c. m.).
Hématémèse. — Cet accident se produit quelquefois chez les femmes qui vomissent, à la seconde et à la troisième période; il s'ajoute aux autres signes qui démontrent la gravité de l'état de la malade, et pèse encore davantage sur la décision immédiate de l'intervention de la grossesse.
Constipation. — Ce symptôme n'est qu'un des éléments des différents états toxiques pendant la grossesse. Cependant, chez les femmes les mieux portantes en apparence, on la rencontre d'une façon presque régulière. Elle peut être la source d'ennuis sérieux si, comme quelquefois, elle ne cède que difficilement aux laxatifs : elle est presque toujours la conséquence d'un défaut de fonctionnement du foie et s'accompagne du reste de phénomènes de petite dyspepsie, tels que des brûlures d'estomac ou d'œsophage, du météorisme, des éructations, etc., de la colite. Elle peut causer des accidents mécaniques, des douleurs abdominales, congestionner les organes du petit bassin et déterminer des hémorroïdes; on a même signalé des cas où la tête du fœtus, gênée par le coussin fécal, ne pouvait s'accommoder ni s'engager. Enfin quelques auteurs ont attribué à cette congestion certaines hémorragies de la grossesse, des contractions utérines prématurées et même l'avorlement. Ici encore il faudra déterminer la cause et étudier le terrain, et, autant que possible, on se contentera comme traitement des lavements chauds émollients. Certaines femmes ne peuvent conserver suffisamment le lavement pour qu'il agisse; dans ce cas, il faudra le prendre au lit, couchée sur le dos ou sur le côté droit, cl, mieux encore, avec une canule de caoutchouc mou de 20 centimètres (le longueur. Par ce procédé, tout le liquide ne s'amassera pas dans L'ampoule, il pénétrera dans tout le gros intestin cl ^<m effel sera beaucoup plus actif.
Les lavements médicamenteux réussissent aussi, mais ils oui le désavantage d'agir autrement que mécaniquement, cl la glycérine en particulier, outre le ténesme qu'elle produira, rendra I<' fonctionnement ultérieur de l'intestin impossible spontanément. Quelques femmes sonl réfractaires ô L'action des lavements simples : on pourra se servir, dans ce cas, de laxatifs doux pris le soir avec le potage. La poudre de cascara sagrada en cachets de "»<> ou fo centigrammes, ou bien le- solutions de cascarine, ou encore les
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sels purgatifs en pilules, lels que les sels de Marienbad, etc., etc., seront administrés avec succès. Ces laxatifs seronl nécessaires chaque lois que la constipation sera d'origine hépatique. Dans les cas graves, c'est-à-dire ceux dans lesquels les laxatifs, les lavements el même les purgatifs n'agissent point, on pourra se trouve!- bien <lu massage d de l'électricité. Enfin le régime alimentaire devra cire suivi avec exactitude.
Diarrhée. — La diarrhée est souvent une complication hépatique de la grossesse. Elle existe quelquefois concurremment avec des coliques hépatiques, ou bien elle alterne avec la constipation sous forme de débâcles. Il faudra agir sur elle par le régime plutôt que par les opiacés, le régime lacté réussit souvent. Tarnier a publié un cas dans lequel la diarrhée était tellement intense, qu'elle avait mis la vie de la femme en danger et qu'il fallut provoquer l'avortement. Mais un tel accident n'est plus de la diarrhée simple, mais bien de l'entérite suraiguë.