‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 19 sur 91 · V. — MANIFESTATIONS HÉPATIQUES. ICTÈRES · texte numérisé non relu

V. — MANIFESTATIONS HÉPATIQUES. ICTÈRES

Il est impossible d'étudier en détail ce vaste sujet qui demanderait des volumes. L'ictère, en effet, pendant la grossesse, peut être causé par toutes les complications hépatiques que l'on trouve en dehors délie, depuis l'ictère simple jusqu'à l'ictère grave. On a même observé des épidémies d'ictère.

En général, il est certain qu'une malade qui a présenté dans les années qui ont précédé sa grossesse un ictère même bénin, se trouve posséder un antécédent qui favorise l'insuffisance hépatique. Lorsque la femme est grosse, l'ictère peut apparaître dans des conditions bien différentes : ou il est sporadique, et il est alors toujours la conséquence d'une altération fonctionnelle de la cellule hépatique, et dans ce cas pourra revêtir toutes les formes de gravité possibles, mais c'est toujours un symptôme sérieux qui montre que la cellule a été touchée profondément, et le pronostic en sera singulièrement aggravé; on le rencontre secondairement aux signes bénins de l'insuffisance hépatique. Mais aussi il peut compliquer les étals graves comme les vomissements incoercibles et les accès éclamptiques.

Il est donc impossible de décrire séparément toutes les formes des ictères pendant la grossesse ; nous avons du reste déjà fait ces descriptions, et cette nouvelle complication n'est qu'un syndrome plus ou moins grave délais déjà connus. (V. Ictères.)

Cependant il existe d'étroites relations entre la colique hépatique accompagnée d'ictère et l'insuffisance du foie, et, dans ce cas, son pronostic et son traitement rentreront dans l'étude de celte dernière.

La lithiase biliaire, souvent méconnue ou absente chez la jeune Bile, éclate très fréquemment à l'occasion d'une grossesse ou pendant les suites de couches.

L'hygiène <\<*± femmes enceintes, ou la nécessité dans laquelle elles sont souvent de garder l'immobilité, favorise, de même que l'hérédité, l'apparition de ces accidents, <!<' même la compression des voies biliaires, qui augmente ;'• mesure que l'utérus se développe. Enfin elle est très fréquemment héréditaire.

n- p. m. c. — iv. ta

Grossesse (Pathologie). 17*

Pendanl [a grossesse, son diagnostic sera généralement facile; on la distinguera de la gastralgie, de la colique néphrétique, de l'appendicite, d'un débul «lu travail, cl pendanl les suites de couches d'une péritonite. Mais elle revêtira très fréquemment la forme de simple douleur d'estomac, avec quelques vomissements el souvent de la diarrhée. La grande colique hépatique avec ictère se verra rarement. Son pronostic sera presque toujours peu grave, à moins qu'une infection des voies biliaires d'origine intestinale ou puerpérale ne se surajoute, mais alors on verra apparaître de la fièvre el des accidents infectieux. (V. Colique hépatique el Grossesse.) Il faudra prévenir ces accidents par le traitement habituel, et l'attaque aiguë sera calmée par la morphine et les antispasmodiques.

Traitement général des toxémies gravidiques. Hygiène de la femme enceinte au point de vue toxémique. — On trouvera dans le corps de cet article les traitements appropriés à chacune des manifestations. Nous allons dresser ici un tableau rapide des indications générales que commande ce diagnostic fait à quelque moment que ce soit de la grossesse. Nous avons déjà dit que toute femme ayant une hérédité ou des antécédents hépatiques quelconques, ou qui avait déjà présenté pendanl une grossesse antérieure quelque accident, devait être soumise à une hygiène particulière. Celte hygiène comportera un "régime alimentaire et des précautions dans la vie ordinaire. Le régime sera celui des dyspeptiques et des personnes dont le foie est légèrement touché : on le désigne par les mots blanc, laclo, végétarien. Si malgré ce régime il survenait quelque ennui, on supprimera toute viande, toute graisse, et on les remplacera par du lait. Enfin si quelque complication sérieuse se montrait, on commanderait immédiatement le régime lacté absolu avec du lait pur coupé d'eau ou du lait écrémé. On trouvera toute celle partie du régime étudiée en détail au paragraphe des vomissements.

On n'hésitera pas à mettre au régime lacté absolu d'emblée, dès les premiers jours connus de la grossesse, toute femme qui aura auparavant, lors d'une précédente gestation, présenté des vomissements graves, des ictères ou des accès éclamptiques.

En dehors de ce régime alimentaire, la femme enceinte devra se protéger soigneusement contre les intempéries des saisons, et surtout le froid humide. Les femmes du monde feront bien de se couvrir plus soigneusement que d'habitude, et toutes en général fuiront les endroits humides, les habitations sur le bord de l'eau, le refroidissement en sortant du bain, etc.

Pour les examens d'urine on se reportera à ce que nous avons dil en étudiant la néphrite toxémique.

Enfin l'intestin sera suivi avec le plus grand soin, la constipation étant habituellement une infirmité de la femme enceinte. On ne craindra pas les laxatifs, ni les purgatifs, contrairement à ce que l'on croit encore souvent. On fera le plus soigneusement possible l'antisepsie de l'intestin, puisque, nous l'avons vu, la toxémie gravidique a presque toujours cet organe comme point de départ.

179 Gymnastique médicale.

La quantité d'urine sera également surveillée très attentivement [V. Grossesse (Hygiène)].

Comme conclusion générale, nous pouvons dire que la plupart des maux qui compliquent la grossesse sont d'origine toxémique, que cette toxémie est causée par l'insuffisance du foie doublée très fréquemment de L'insuffisance du rein, et que tout accident, même le plus bénin en apparence, doit être pris en considération.

La femme enceinte doit se soigner et être soignée.

BOUFFE DE SAINT-BLAISE

GYMNASTIQUE MÉDICALE. — La gymnastique médicale se distingue de la gymnastique pédagogique (tant suédoise que française) en ce qu'elle constitue un traitement véritable au lieu d'être seulement une 'simple méthode de développement physique (V. Exercices physiques).

Les effets de la gymnastique sont d'augmenter le volume et la solidité des os, la force et le volume des muscles, l'amplitude des mouvements articulaires, la synergie des mouvements.

La bonne exécution de la gymnastique médicale exige la connaissance de certains principes. On doit savoir que Y épaisseur d'un muscle est proportionnelle à Yeffort dont il est capable, et sa longueur à l'étendue des déplacements de ses points d'insertion, c'est-à-dire à Y amplitude du mouvement qu'il provoque (Marey). En outre, un muscle possède son maximum d'action quand il se trouve dans son état maximum d'allongement (Duchenne de Boulogne). En faisant agir un muscle il est donc utile de faire coïncider l'effort maximum de ce muscle avec son maximum d'allongement. L'action particulière de la pesanteur est importante à connaître; sous son influence seule, certains mouvements tendent à se produire spontanément, et ce sont alors les muscles antagonistes de ces mouvements qui interviennent pour les arrêter ou les modérer; c'est ainsi que les fléchisseurs de l'avant-bras se contractent quand ce segment de membre tombe dans l'extension par la pesanteur en exécutant un mouvement qui semblerait devoir être attribué aux extenseurs, qui en réalité restent inactifs. Cette action de la pesanteur esl ;i utiliser. L'antagonisme des divers groupes musculaires doit êlre parfaitement étudié, el l'on n'oubliera pas que, dans les mouvements effectués sans résistance, le muscle antagoniste intervient pour modérer le muscle qui produit le mouvement, alors que dans les mouvements avec résistance comme dans ceux qui effectuent le soulèvement d'un poids, l'antagoniste n'intervient pus, sou action étant remplacée par la résistance ou le poids.

Les mouvements employés en gymnastique médicale sont de deux sortes : les mouvements actifs, et les mouvements passifs, ceux-ci étant exécutésavec ou sans résistance. Dans l'ordre naturel, c'esl parles mouvements passifs que 1 ou doit commencer, afin de mobiliser les articulations et de préparer le jeu des muscles par l'activité circulatoire que Ton provoque dans la région; on Bail que les os longtemps immobilisés soûl moins résistants, et l'on devra procéder avec douceur. Puis l'on passe aux mouvements actifs, qui bâteront le développement <\<'± muscles. Pour mieux en limiter l'intensité, l'amplitude et la durée, le médecin les fait exécuter après qu'il ;i effectué la

Gymnastique médicale. 1*0

« prise» des segments du membre intéressé, sui van 1 des règles qui vont être étudiées. Tout l'art de la gymnastique médicale esl dans cette graduation méthodique de l'effort qui convient au malade.

11 esl d'usage d'employer comme meubles le plint bas. sorte de lit de massage à dossier mobile, le plint haut qui esl plus élevé, moins large, moins long et n'a pas de dossier mobile, mais comporte une courroie pouvant fixer les pieds du malade (pi. I, fig. I), et un tabouret. On peut se servir plus simplement d'une table, d'une banquette et d'un tabouret ordinaire. Les principaux mouvements sont les suivants :

Mourraient du tronc. — Le malade est assis sur un tabouret ou à cheval sur une banquette; le médecin se place derrière lui, et le saisit avec la main droite sur l'épaule droite et la main gauche sous l'aisselle gauche: il peut ainsi commodément lui faire exécuter des mouvements de flexion, d'extension, de latéralité, de torsion (pi. I, fig. 2).

Mouvements de V épaule. — Le malade est assis sur le tabouret; le médecin se place derrière lui, et saisit de la main droite l'avant-bras du malade près du coude (pi. I, fig. 5), tandis que de la main gauche il maintient l'épaule. Mouvements du coude. — Le malade est assis, sa main est en supination: le médecin la saisit de la main droite en même temps que le poignet, et fixe l'épaule et ie bras de la main gauche en même temps qu'il appuie le coude du malade sur son genou (pi. I, fig. 4).

Mouvements du poignet. — Le malade est assis, et place son avant-bras sur une table de façon que la main en dépasse le bord; le médecin saisit celte main de sa main droite et fixe l'avant-bras de sa main gauche (pi. I, fig. h). Mouvements de la hanche. — Le malade est étendu sur le plint bas, dans le décubitus dorsal pour les mouvements de flexion (pi. II, fig. G) ; le médecin se place latéralement, saisit d'une main le cou-de-pied et de l'autre immobilise l'os iliaque. Pour le mouvement d'extension, le malade se couche sur le ventre, les prises sont analogues, si ce n'est que le médecin immobilise l'ischion. Les mouvements d'adduction et d'abduction sont exécutés dans le décubitus latéral (pi. II, fig. 7). Enfin les mouvements de rotation, ainsi que ceux d'adduction et d'abduction sont faits commodément, le malade étant étendu les genoux fléchis (pi. II, fig. 8).

Mouvements du genou. — Le malade est étendu sur un lit de massage, les jambes pendantes; le médecin placé latéralement saisit le pied d'une main, et de l'autre fixe le fémur (pi. II, fig. 9).

Mouvements du pied. — Le malade étendu pose le bas de la jambe sur le genou du médecin, qui saisit le pied d'une main au niveau des têtes des métatarsiens et de l'autre fixe le cou-de-pied (pi. II. fig. 10).

La gymnastique médicale ainsi exécutée convient plus spécialement au traitement des affections chirurgicales : ankylose, scoliose, déformation, attitude vicieuse, pied plat, pied bot, avec laide de l'orthopédie : mais en Suède, sous l'influence de Ling, la gymnastique est utilisée dans le traitement des maladies internes. Sans aller aussi loin que les Suédois, on peut admettre que la gymnastique médicale peut agir sur certains troubles circulatoires, dans les maladies de la nutrition et qu'elle entrera pour une part dans la rééducation motrice. PAIUSET.

GYMNASTIQUE. Il

Fig. 6.

Mouvements de la hanche. (DëSFOSSES.)

Fig. 9.

Mouvements du genou. (DëSFOSSES

Page 1