Luxation oblique antérieure (Bigelow
Hanche (Luxations traumatiques).
Fig. r>0. — Luxation sus-épineuse (Bigelow).
peu en avant de la cavité cotyloïde (fig. 59). Toute la partie postérieure et supérieure de la capsule est arrachée; le faisceau horizontal de Berlin est arraché ou du moins fortement éraillé et c'est sa lésion qui permet la rotalion en dehors. La cuisse en rolalion externe est en adduction extrême et passe presque horizontalement audevant de la symphyse pubienne, croisant perpendiculairement le membre sain.
Dans la luxation sus-épineuse, la lête, chassée en haut et en dedans, se place devant l'épine anléro-inférieure qu'elle masque ; le col fémoral est à cheval sur le faisceau vertical du ligament de Berlin, qui seul a résisté :
le faisceau horizontal est toujours complètement rompu. Un certain degré d'extension est rendu possible par l'ascension de la tête : le membre est en demi-flexion, en rotation externe et en adduction marquées (fîg. 60).
Luxations régulières primitives.
— Il n'est pas absolument forcé que, pour occuper ces diverses situations au lourde la cavité cotyloïde, la tête fémorale ait accompli ce long parcours. Elle peut sortir par un point quelconque en regard de la position qu'elle occupe : elle doit alors presque toujours écorner le cotyle. créant une fracture marginale avec arrachement ligamenteux : l'intégrité du ligament de Berlin impose aux luxations primitives iliaques, obturatrices, pubiennes, ischiatiques, une atlitude identique à celle des luxations secondaires.
Luxations irrégulières. — Sous l'influence du traumatisme, la tête a arraché le ligament de lieii in, et, véritablement folle, elle peut occuper une position quelconque déterminée par la direction et la violence du traumatisme, s;ms attitude fixe du membre.
Symptômes et Diagnostic. — Ayant suivi pas à pas l'évolution progressive des luxations de la hanche cl les déviai ions du membre qu'elles entraînent, il m'esl permis d'envisager la clinique à un tout autre point de vue, rapprochant dans un même groupe des luxations de genre différent, qui ont un caractère clinique analogue grossier.
Ce caractère clinique grossier et qui frappe à première vue, c'est le degré d'inclinaison de la cuisse sur l'axe général ou plan normal du corps.
A) La cuisse fait avec le plan normal un angle de 90° (flexion ou adducl ion ).
I" La cuisse est dans le plan sagittal, c'esl-à-dire en flexion à angle droit.
a) Dans la luxation sous-cotyloïdienne en flexion ffig. 61), la cuisse es! fléchie directement sur le bassin ci le genou ><>H largement du lit : le malade maintient ordinairement sa cuisse avec les deux mains. La jambe
Hanche (Luxations traumatiques).
Fig. 61. — Luxation sous-cotyloïdienne Bigelow).
esl fléchie au maximum sur la cuisse, J<- j>i**«l n'atteint pas le plan du lit; le malade cherche à l'aire reposer le pied sur un coussinel (formé par un amas de couvertures pour «pi»' le poids de la jambe ne lire plus sur la cuisse.
La pointe du pied esl dirigée en avanl H à peine en dehors. Le talon ne Louche pas la cuisse, niais se projette sur elle au-dessus niais dans le plan de l'ischion.
La palpation permet de sentir la tête fémorale juste au-dessous de la cavité cotyloïde, un peu en avanl et en dedans de la tube rosi té ischiatique.
b) Dans la luxation sous-ischiatiqîie, la flexion de la cuisse est la même, mais elle n'esl pas pure, il s'y ajoute une légère rotation interne, qui porte la pointe du pied en dedans, tandis que le talon se projette sur la cuisse un peu au-dessus et en dedans de l'ischion. La tête fémorale esl sentie tout près de l'ischion, le masquant même parfois, c) Dans la lu. ration pénnéale latérale ou is<-hio-pubienne,k la même flexion est venue s'adjoindre de la rotation en dehors (la pointe du pied est tournée en dehors, et le talon répond à la partie externe de la fesse). La tête fémorale est sentie au-dessous de la branche ischio-pubienne.
2° La cuisse est dans un plan mixte (flexion à angle droit et abduction).
Dans la luxation périnéale médiane, à la flexion et à la rotation en dehors s'ajoute une abduction assez marquée. La tête fémorale est sentie près du centre du périnée (sous le scrotum, sous le pubis). Il y a presque toujours des troubles urinaires (rétention d'urine, difficulté de miction). r>° La cuisse est dans le plan frontal (adduction).
Dans la luxation oblique antérieure, l'adduction est extrême. La cuisse presque horizontale vient affleurer la symphyse et croise perpendiculairement la cuisse du côté opposé sur laquelle elle repose et s'appuie. La cuisse malade est très raccourcie (fig. 0U2).
Tout le membre blessé est en légère rotation externe. La jambe esl légèrement fléchie. Le pied repose sur le lit par son bord externe, et les orteils regardent en avanl et en dehors.
Dans tous ces cas de flexion ou d'adduction à angle droit, il n'y a aucun diagnostic différentiel à faire. Pareilles déviations de la cuisse ne se voient que dans les luxations. 11 suffit d'en caractériser la variété.
Fig. 6
Luxation oblique antérieure (Bigelow .
Hanche (Luxations traumatiques).
Fig. 65. — Luxation obturatrice (Bigelow).
B) La cuisse fait avec le plan normal un angle de 45°.
1° A la demi-flexion s'ajoute de l'abduction.
Dans la luxation obturatrice ou ovalaire, à la demi-flexion qui soulève le genou dans la position couchée, à l'abduction caractéristique, s'ajoute une rotation externe marquée, qui fait regarder la face antérieure de la cuisse légèrement en dehors. La jambe est légèrement fléchie et le pied, dont la pointe est dirigée en dehors, prend point d'appui sur le lit par les orteils et la partie tout antérieure seulement du bord externe (fig. 65).
La cuisse paraît légèrement allongée par suite de l'abduction.
Si on fait lever le malade, on constate que la pointe de son pied étendu
ne peut atteindre la terre; le patient soutient sa cuisse de ses deux mains. On constate alors l'aplatissement de la fesse, l'abaissement du pli fessier. L'adduction et la rotation interne active et passive sont impossibles. La tête est perçue par la palpation à la partie antéro-interne de la cuisse. La recherche du grand trochanter, qui lui est opposé, révèle que la région trochantérienne est aplatie ; le trochanter est porté un peu en avant, et sa face cutanée, au lieu de regarder en dehors, regarde légèrement en arrière. La demi-flexion et l'abduction révèlent toujours une luxation ventrale basse. 2° A la demi-flexion, s'ajoute de ï adduction.
a) Dans la luxation ischiatique, luxation dorsale postérieure basse, à la demi-flexion et à l'adduction se joint de la rotation interne marquée. La cuisse malade croise la cuisse opposée un peu au-dessus du genou orientant en haut, en avant et en dedans sa face antérieure. La jambe est fléchie et repose sur le lit par le gros orteil et les saillies du bord interne du pied. La il cuisse est légèrement raccourcie de
I cm. 5 environ. La position debout est plus facile que dans la luxai ion précédente, la jambe malade tombe verticale loin devant la jambe saine et n'atteint pas la terre du bout des orteils. La fesse est saillante en arrière, le pli fessier abaissé (fig. 64).
L'abduction et la rotation en dehors sont impossibles.
La tète est sentie en arrière el un peu au-dessus de l'ischion. Le trochanter, très saillant, esl report*' en masse en arrière et oriente sa face cutanée en avant : son bord supérieur est oblique en bas el en arrière à cause de la flexion. Si on lire la ligne de Nélaton. de l'épine iliaque anléro-supérieure à l'ischion, on constate que la tête rémorale et le sommet <lu trochanter sont au-dessus de la ligne (fig. 65).