A. BAUER
HÉMATIDROSE. — V. Sudoraux (Troubles).
HÉMATOCÈLE PELVIENNE. — On désignait autrefois sous le nom d' hématocèle périrUtérme, rétro-utérine, hématocèle pelvienne, une affection caractérisée par l'accumulation et l'enkystement d'une certaine quantité de sang dans l'intérieur du bassin, et en particulier dans le Douglas. Nous savons aujourd'hui que ce sang provient pour ainsi dire toujours de la même cause la rupture ou l'interruption d'une grossesse tubaire. Il est donc nécessaire d'étendre un peu ce terme d'hématocèle et de décrire sous ce nom les hémorragies intra-péritonéales consécutives à la rupture d'une grossesse eclopiqueou à l'avortement tubaire, que ces hémorragies soient diffuses ou qu'elles soient enkystées. L'enkystement qui permet aux caillots sanguins de constituer dans le bassin une véritable tumeur est, en réalité, un phénomène secondaire. L'accident principal, c'est Y hémorragie.
Lorsque la trompe distendue par un œuf qui s'accroît de jour en jour s'est rompue, ou lorsque, par suite du décollement de l'œuf, il se produit un avortement tubaire (V. Grossesse extra-utérine), le sang coule dans le ventre. Suivant l'importance des vaisseaux déchirés, l'hémorragie est plus ou moins abondante. Elle peut même devenir rapidement mortelle. Lorsqu'elle est copieuse, au point d'atteindre 2, 3, 4 litres et davantage, elle se répand dans le péritoine, remontant plus ou moins haut, quelquefois jusque dans la région épigastrique, et se dédouble en liquide séro-sanguinolent, qui est en partie résorbé, et en caillots dont les masses abondantes remplissent le bassin et s'infiltrent entre les anses intestinales. L'embryon plus ou moins volumineux est souvent retrouvé dans les caillots, car ces grandes hémorragies restent diffuses.
Au contraire, lorsque l'hémorragie est moins abondante, le sang se collecte d'ms le cul-de-sac de Douglas et la réaction péritonéale détermine la production de fausses membranes qui isolent les caillots et constituent ainsi au fond du bassin une poche remplie de sang plus ou moins altéré, mais le plus souvent de caillots épais et noirâtres. La déclivité naturelle fait que cette collection sanguine siège presque toujours dans le Douglas. C'est V hématocèle rétro-utérine (fig. 73). Mais quelquefois, en particulier à la suite de l'oblitération du Douglas par des adhérences, elle peut siéger en
Hématocèle pelvienne.
avant fie l'utérus et donner lieu à une hématocèle ante-utérine . Les débris embryonnaires peuvent également, bien que moins fréquemment, être retrouvés dans rhématocèle enkystée.
Dans quelques cas très rares, la rupture tubaire peut se faire entre les deux feuillets du ligament large qui constituent à la trompe un véritable rnéso. Le sang coule alors hors du péritoine, dans le tissu cellulaire du ligament large. C'est Yhématocèle extrapéritonéale qui peut infiltrer tous les espace celluleux du bassin.
Symptôme et diagnos tic. — Rien n'est plus brutal, ni plus caractéristique que le début d'une hématocèle diffuse.
La rupture a presque toujours lieu dans les trois premiers mois, au moment de la première et surtout de la seconde poussée congestive qui tient lieu de règles absentes. La malade, en pleine santé, est prise d'une douleur violente qui siège dans le bas-ventre avec prédominance ordinaire dans un des côtés. Cette douleur peut être assez forte pour arracher des cris et provoquer une syncope.
Dans les cas les plus graves, les signes d'une hémorragie interne se manifestent (pâleur, petitesse du pouls, sueurs froides, etc.), et la malade peut être emportée en quelques heures d'une façon presque Foudroyante : c'est V hématocèle cataclysmigue.
Mais souvent, après les phénomènes graves qui marquent la rupture tubaire, l'étal semble s'améliorer et la malade reprend connaissance. Si l'on n'intervient pas et que l'hémorragie continue avec une certaine lenteur, la situation s'aggrave de nouveau peu à peu et la malade peul succomber en 2 ou 3 jours. Mais plus souvent peut-être, lorsque la rupture n'intéresse pas de gros vaisseaux, l'hémorragie s'arrête spontanément cl c'est alors qu'on assiste à l'enkystemenl des caillots et à la production d'une tumeur intrapelvienne, qui constitue l'hématocèle propremenl dite.
Dans V hématocèle di/fuse, les signes physiques son! ;i peu près nuls. Parfois, lorsque l'épanchemenl sanguin esl considérable, on constate une matité dans l<'s fosses iliaques. Mais le toucher vaginal ne donne rien, le liquide qui remplit le bassin fuyant sans résistance devanl le doigi qui déprime les culs-de-sac vaginaux. Cependant le toucher permet d'apprécier les dimensions et la consistance de l'utérus, qui est augmenté de volume h dont le col esl légèrement ramolli comme au début d'une grossesse uormale.
Fig. 73. — Hématocèle rétro-utérine (Pozzi;
Hématocèle pelvienne. 240
C'esl dans Vhématocèle enkystée que les signes objectifs <>m beaucoup d'importance. On constate une tumeur presque toujours rétro-utérine, remplissant le cul-de-sac postérieur el remontant |>l us ou moins haul dans le bassin, quelquefois jusqu'à l'ombilic, d<- consistance variable, tendue el résistante ou quelque peu pâteuse, souvent assez douloureuse. L'utérus, comme dans la Tonne diffuse, esl gros, el en général repoussé <m avant, contre la symphyse. Il esl parfois très difficile à isoler de la tumeur, el fait absolument corps avec elle.
Tons ces signes physiques n'ont rien de caractéristique, e1 c'est seulement par l'étude attentive des commémoratifs, du mode de début des accidents et de leur évolution ultérieure que l'on peut reconnaître l'hématocèle. Lorsqu'une femme qui se croit enceinte ressent, vers l'époque de ses premières el surtout de ses deuxièmes règles absentes, une douleur violente dans le ventre, avec phénomènes généraux graves, et presque toujours hémorragie utérine et expulsion d'une caduque, il faut avant tout songer à la rupture tubaire, et l'on sera pour ainsi dire toujours dans le vrai. Les signes physiques et en particulier la tumeur rétro-utérine de l'hématocèle enkystée ne feront que confirmer une opinion qui doit être déjà fixée par un interrogatoire bien conduit.
L'hémorragie diffuse peut guérir totalement. Il en est de môme de l'hématocèle enkystée. Le sang, puis les caillots se résorbent peu à peu. et il peut n'en rester aucune trace. Mais ordinairement les choses ne se passent pas aussi simplement. Il y a souvent des poussées successives. L'hémorragie, arrêtée pendant un certain temps, quelques heures ou même quelques jours, peut reprendre et donner lieu à de nouveaux phénomènes généraux graves et à l'accroissement de la tumeur pelvienne. Et ces poussées successives peuvent encore s'arrêter spontanément ou au contraire devenir de plus en plus graves.
La poche sanguine peut aussi s'infecter, soit directement par la cavité de la trompe, soit par quelque inoculation venant de l'intestin. Des phénomènes douloureux ou fébriles viennent témoigner de cette complication qui est quelquefois fort grave et le serait toujours s'il n'était en général assez facile de lutter contre elle.
Traitement. — Dans Y hématocèle diffuse, dans Y hémorragie intra- ■péritonéale, il est bien simple. Il faut, sans perdre une minute, aller arrêter l'hémorragie. Dès que le dignostic est posé, ou simplement probable, il faut mettre la malade sur le plan incliné et lui ouvrir le ventre. Celui-ci est plein de caillots et de liquide sanguinolent; on enlève les caillots dans lesquels il n'est pas rare de trouver un embryon, puis on extirpe la trompe saignante et on referme, avec ou sans drainage, suivant les cas. Quand il y a beaucoup de liquide hématique dans le péritoine, il est bon de laisser un drain. Cette opération est en général assez simple, et elle doit être aussi rapide que possible, car, dans ces hémorragies parfois formidables, les malades sont souvent exsangues, presque moribondes et hors d'état de supporter une opération de quelque durée.
Cette intervention donne tous les jours des résultats admirables, et la mortalité par rupture tubaire et hémorragie diffuse, autrefois très grave et qui
241 Hématocèle vaginale.
donnait 85 pour 100 de morts, donne aujourd'hui 85 pour 100 de guérisons.
Dans Y hématocèle enkystée, la conduite est plus délicate. Dans la forme légère, il n'y a qu'à mettre la malade au repos pour voir bien souvent la guérison survenir spontanément. Dans les cas plus sérieux, si la poche. est bien limitée, si elle n'est pas le siège de poussées hémorragiques successives, si elle a fini de saigner, la colpotomie (v. c. m.) postérieure doit être recommandée, car elle donne tous les jours et à bien peu de frais des résultats admirables. Mais il ne faut la faire que lorsqu'on est certain que l'hémorragie est arrêtée, car le saignement d'une poche d'hématocèle ouverte dans le vagin peut entraîner des accidents graves, et nécessiter une laparotomie immédiate ou secondaire.
Mais si l'hémorragie n'est pas arrêtée ou si l'on a quelque doute sur le diagnostic ou l'état des annexes, comme il arrive souvent dans des hématocèles anciennes, il faut ouvrir le ventre et agir directement.
Le gros danger de cette opération, c'est la blessure d'une anse intestinale. La poche artificielle qui contient les caillots est en effet constituée par des fausses membranes adhérentes aux intestins. Il ne faut pas songer à en séparer ces membranes, à énucléer cette poche hématique qui n'est pas énucléable.
Presque fatalement, si l'on veut tenter de l'isoler, on verra se déchirer les parois de quelque anse grêle. Il ne faut dans ces conditions jamais tirer sur l'intestin. Il faut chercher un des points accessibles de la poche, qui apparaît en général noirâtre à cause du sang qu'elle contient. Puis, la poche reconnue, l'ouvrir et la débarrasser des caillots qui l'encombrent.
Parfois les fausses membranes sont si épaisses et la physionomie de la région si modifiée, qu'il est impossible de reconnaître les annexes malades. On s'efforcera de le faire, cependant, en se repérant sur l'utérus. Et parfois on sera conduit, soit par nécessité technique, et pour arrêter un suintement sanguin grave, soit par suite de l'existence de lésions annexielles du côté opposé, à pratiquer Y hy stéréotomie. On sera parfois obligé de tamponner cette poche, de tous côtés saignante et déchirée.
En résumé, les hématocèles diffuses devront être traitées sur l'heure par la laparotomie.
Les hématocèles enkystées anciennes sans poussées hémorragiques remplissant le cul-de-sac de Douglas sont justiciables de la colpotomie.
Les hématocèles récentes mal enkystées, avec poussées successives el hémorragie probable, doivent être traitées par la laparotomie, qui seule permet de voir ce qu'il faut faire, et de l'exécuter facilement.
Les hématocèles enkystées, compliquées de suppuration, seront ouvertes et drainées par colpotomie. j.-L. FAURE.
HÉMATOCÈLE VAGINALE. — Pachyvaginalite. - L'expression <l « hématocèle vaginale » devrait théoriquement servir à désigner tout épanchemcnl sanguin de la cavité vaginale, qu'il fnl d'ordre traumatique ou d'ordre pathologique. L'usage ;> fail dévier 1" « hématocèle » de sa signification première. En fait, les épanchements traumatiques ne sonl pas localisés ;'• la seule Lunique séreuse, ils infiltrenl toutes les enveloppes N P m < i\ 16
Hématocèle vaginale.
du testicule, ce sont plutôl des hématomes <l«-s bourses; leur étude rentre dans la catégorie des contusions <ln scrotum.
On réserve le nom d'hématocèle aux épanchemenls sanguins pathologique! liés à des altérations de la vaginale; il sonl fonction de pachyvaginalile. Gomme ils ne son! souvent qu'un stade tardif dans l'évolution de colle pachyvaginalile, il est, sinon logique, au moins clinique, de désigner, par extension, sons le terme impropre d'hématocèle, toute pachyvaginalitc avec épanchement.
Entre l'hydrocèle ou vaginalite chronique et l'hématocèle on pachyvaginalile il n'existe qu'une différence de degré ou plutôt une différence d'âge. On peut dire que loule vaginalite séreuse tend naturellement à passer à l'état de pachyvaginalile. Cependant l'âge de la vaginalite n'est pas toul ; certaines hydrocèles se transforment rapidement en pachyvaginalites, alors que d'autres conservent presque indéfiniment leur paroi souple et leur liquide citrin; certaines hématocèles semblent pour ainsi dire apparaître d'emblée: peut-être la nature de l'infection vaginale, tuberculose, syphilis, joue-t-elle là un rôle encore mal connu? A l'heure actuelle le rôle des chocs répétés, des efforts violents, est le seul qu'on puisse invoquer avec quelque certitude pour expliquer l'accroissement de l'hématocèle, sinon son apparition.
Le contenu de l'hématocèle est tantôt du sang en caillots, tantôt un liquide sanguinolent brunâtre, tantôt un liquide plus clair, se rapprochant de la teinte du liquide de l'hydrocèle et dans lequel miroitent des paillettes de cholestérine.
La poche une fois vide est irrégulière, tomenteuse, tapissée de néo-membranes, infiltrée de plaques hémorragiques; son aspect ne rappelle plus en
rien la paroi lisse de la cavité vagi nale, c'est que celle-ci a disparu sous l'apposition successive de lames de fibrine; ainsi son épaisseur peu à peu s'accroît. L'organisation de chaque lame suit de peu son apparition, des vaisseaux l'infiltrent, venus de la paroi, vaisseaux fragiles, prêts à se rompre, prêts à accroître la quantité de sang contenu dans la cavité et à fournir pour la construction d'un nouvel étage de la paroi une nouvelle provision de fibrine; dans certaines hématocèles très vieilles, la paroi infiltrée de sels calcaires forme une véritable carapace.
Au niveau des culs-de-sac de la vaginale les deux feuillets tendent à s'accoler; le cul-de-sac sous-épididymaire se comble, l'épididyme finit par être englobé dans un bloc de tissus pathologiques; le testicule s'aplatit et s'atrophie à son tour, il s'incruste dans la paroi, finit par faire corps avec
Testicule.
Cuitmli
Fig. 74. — Coupe transversale dune hématocèle.
245 Hématocèle vaginale.
celle-ci, ne forme plus aucun reliet à la surface de la poche, si bien quil devient très difficilement reconnaissable.
Ainsi l'hématocèle aboutit à la suppression fonctionnelle du testicule.
Symptômes. — Pas de douleurs, quelques tiraillements, c'est simplement une gêne mécanique. Quelques sujets porteurs d'une hydrocèle qu'ils connaissent, s'inquiètent de la dureté progressive de leur tumeur, ou de son accroissement brusque par poussées.
Les signes physiques diffèrent suivant que la poche, souple encore, permet de déceler la fluctuation du liquide sous-jacent, ou qu'au contraire la poche indurée forme une coque résistante, donnant tout à fait l'apparence d'une tumeur solide.
Dans le premier cas, l'hématocèle ne diffère de l'hydrocèle vulgaire que par son absence de transparence. Pyriforme à grosse extrémité inférieure, elle offre une surface tout à fait lisse, englobant le testicule, dont seule la sensibilité spéciale à la pression permet de déceler l'existence à la partie postérieure et inférieure de la poche; Vépididyme nest pas appréciable; la fluctuation en est en général moins « éclatante » que dans les poches minces d'hydrocèle et l'on conçoit tous les intermédiaires entre cette fluctuation nette encore et l'absence totale de fluctuation propre aux hématocèles à coque rigide.
Dans cette deuxième éventualité, l'aspect clinique est celui d'une tumeur solide. A mesure, nous l'avons vu, que les parois de l'hématocèle s'épaississent, la forme primitive de la cavité vaginale se modifie; il s'ensuit qu'elle perd peu à peu son aspect pyriforme pour devenir assez régulièrement ovoïde. Les téguments sont normaux et mobiles à la surface. A elle seule, cette tumeur solide remplit tout le scrotum, on ne distingue ni épididyme ni testicule, on n'obtient même pas, dans bien des cas, de sensibilité spéciale permettant de soupçonner la situation de ce dernier; les éléments du cordon viennent se perdre insensiblement à la partie postéro-supérieure de la tumeur. La surface de celle-ci est lisse. La consistance est dure, sans élasticité, elle est partout égale; pas de transparence, bien entendu.
La marche lente de l'hématocèle est coupée d'augmentations brusques de volume, parfois douloureuses; elles répondent à la production d'hémorragies nouvelles, peuvent être spontanées, mais sont liées surtout à L'existence de menus traumatismcs.
La rupture de l'hématocèle est rare; sa suppuration, beaucoup moin>: elle peut survenir au cours d'une infection générale; autrefois elle suivait volontiers une ponction insuffisamment aseptique. Chez certains vieillards, la suppuration prend le type gangreneux, il s'ensuit un phlegmon gangreneux du scrotum, souvent mortel.
En dehors de toutes complications, l'hématocèle aboutit normalement à L'atrophie «lu testicule; son pronostic fonctionnel esl doue grave.
Diagnostic. — L'hématocèle à coque rigide, tumeur non transparente, non fluctuante, ne rappelle en rien une tumeur Liquide; elle est, en l'ait, nue tumeur solide des bourses. Arrondie, ovoïde, elle simule les « gros testicules » néoplasiques ou syphilitiques, à un point tel que leur différenciation
Qe repose (pic sur des nuances.
Hèmatocèle vaginale. 2 î I
La consistance de l'hématocèle lui esl assez spéciale, elle résiste par sa coque tandis que le gros testicule résiste par sa masse: l'hémaloerle présente une consistance partoul égale, tandis que les gros testicules syphilitiques peuvent cire irréguliers, incrustés de grains de plomb; de mémo les gros testicules néoplasiques peuvenl présenter par points des bosselures plus molles. Onconnaîl cependanl des hémalocèles « diveriieulaires, » doul les diverticules plus mous peuvenl être pris pour «les bourgeons néoplasiques.
On ne peut rien conclure de l'indolence de la lumeur : elle existe dans L'hématocèle comme dans la syphilis. 11 en esl de môme des augmentations brusques de volume; on les rencontre dans les néoplasmes comme dans l' hèmatocèle.
Le pincement de la vaginale est au contraire un signe d'une réelle valeur. Les gros testicules sont en effet entourés par une vaginale souvent normale qu'on peut pincer à leur surface; dans l'hématocèle, au contraire, le feuillet séreux esl transformé en carapace; impossible de le pincer; mais que de gros testicules sur lesquels la vaginale adhérente est impossible à pincer!
J'attache une particulière importance au pincement de l'épididyme. Les gros testicules quels qu'ils soient sont surmontés par l'épididyme; la tête de l'épididyme tout au moins est très longtemps respectée à leur sommet; en la cherchant au point où le cordon s'implante sur la tumeur, on arrive à la pincer entre les doigts; au contraire, dans les hématocèles, il est toujours impossible de pincer Vépididyme, englobé qu'il est dans. la vaginale. • Il semblerait que les hématocèles encore fluctuantes dussent être d'un diagnostic plus facile; il n'en est rien; si leur absence de transparence les sépare des hydrocèles et de la plupart des tumeurs fluctuantes des bourses, elles peuvent parfaitement être confondues avec les cancers mous du testicule, qui donnent une impression très franche de fluctuation; le pincement de la vaginale, surtout le pincement de l'épididyme, peuvent seuls ici encore éviter l'erreur.
Quelques néoplasmes, recouverts par une légère lame d'hydrocèle, sont, de ce fait, fluctuants, tout en restant opaques; mais on arrive, en déprimant la couche liquide, à sentir la tumeur testiculaire sous-jacente.
Quant aux lipomes du cordon qui peuvent englober le testicule et donner l'impression de la fluctuation, ils sont plus irréguliers que l'hématocèle et beaucoup plus rares d'ailleurs.
La ponction exploratrice n'est d'aucun secours pour le diagnostic, elle peut être nuisible, elle doit être rejetée.
Traitem nt. — 11 existe un traitement préventif de l'hématocèle, c'est le traitement précoce de l'hydrocèle qui presque toujours la précède (V. Hydrocèle). Toute hèmatocèle, dès qu'elle esl diagnostiquée, relève du traitement chirurgical au bistouri. Même pour les hématocèles à paroi encore souple la ponction avec injection modificatrice est une méthode insuffisante.
Il arrive que, malgré tout, le diagnostic soit hésitant entre une hèmatocèle, une syphilis du testicule et un cancer; on na pas le droit de traîner les cfwses en longueur ei d'attendre la marche de* événements. Si après huit
245 Hématocolpos.
jours de traitement mercuriel intensif la tumeur n'a pas nettement diminué de volume, le chirurgien doit intervenir, le premier acte de son intervention étant une incision exploratrice.
On n'entreprendra jamais l'opération d'une hématocèle avant d'avoir obtenu du patient l'autorisation de sacrifier le testicule, s'il est nécessaire.
L'opération de choix est la résection de la vaginale, à condition qu'elle soit possible.
Elle est facile quand la vaginale est encore souple, quand le testicule, l'épididyme, les éléments du cordon sont encore reconnaissables. Elle est délicate quand ces divers organes sont enfouis dans les fausses membranes d'une vaginale très épaisse. Elle peut devenir dangereuse par la section involontaire d'un de ces organes. Aussi importe -t-il d'inciser prudemment sur la tumeur, surtout si l'on n'est pas arrivé pendant l'opération à déceler au moins à peu près la situation du testicule. Une fois dans la cavité, on cherche à s'orienter; si le testicule et l'épididyme sont encore reconnaissables, on n'a plus qu'à réséquer la poche au ras de ces deux organes, sans chercher à reconstituer au testicule une séreuse nouvelle, et en assurant par un surjet l'hémostase de la tranche vaginale.
Si les fausses membranes sont à ce point épaissies ou calcifiées qu'aucun élément normal ne soit plus reconnaissable, on peut essayer de les enlever par clivage en pratiquant une véritable décortication ; une fois découvert le testicule point de repère, on réséquera les deux valves de la vaginale comme précédemment; cependant, l'état du testicule ainsi conservé est à ce point précaire que beaucoup de chirurgiens préfèrent en pareil cas pratiquer immédiatement la castration.
Bien des fois, enfin, malgré son désir de conserver au malade un testicule au moins moral, le chirurgien sera conduit à pratiquer la castration quand même, si l'on peut appeler castration l'ablation complète d'une poche dans laquelle, même pièces en main, on n'arrive à reconnaître qu'avec peine ce qui reste du testicule. MAURICE CHEVASSU.
HÉMATOCOLPOS. — L'hématocolpos désigne l'accumulation du sang menstruel dans le vagin par imperforation de l'hymen ou atrésie de la portion inférieure du canal vulvo-vaginal. La rétention sanguine dans l'utérus porte le nom d' hématomètre ; celle des trompes, le nom àliématosalpinx .
Le vagin, distendu, refoule et déplace les organes voisins. On a vu, dans certains cas, la tumeur remonter jusqu'à l'ombilic.
Les parois vaginales s'amincissent par places et peuvenl même se rompre. D'autres fois, elles s'hypertrophient.
I);ms le cas de vagin double, rhématocolpos occupe l'un <les canaux ou les deux à la fois.
Si l'atrésie correspond à la moitié inférieure du vagin, c'esl la moitié supérieure qui csl le siège de rhématocolpos, auquel le col de l'utérus el l'utérus lui-môme participent ;'i la longue.
Abandonne à lui-même, l'hématocolpos n'a aucune tendance à la résorp lion. Il peut s'ouvrir au dehors par rupture de l'hymen ou de la paroi qui cloisonne le \;i::in. D'autres fois, la rupture se fail dans les grandes lèvres, d'où
Hématomyélie. 9 î 1 1
la formation d'un Ihrombus. Enfin, la collection j »<* i u s'infecter el suppurer, Ces complications, la rupture et l'infection, sonl loin d'être aussi graves pourl'hématocolpos que pour l'hématomètre et surtout pour L'hématosalpinx. Le traitement, en cas d'atrésie ou d'imperforation de l'hymen, consiste dans V incision de celle membrane, incision <jui sera petite, de façon que l'évacuation se fasse lentement et que les parois aienl le temps de revenir sur elles-mêmes.
Si l'hématocolpos est partiel par suite d'atrésie de la moitié inférieure du vagin, le traitement de choix consiste à créer un vagin artificiel, ce qui assure en même temps l'évacuation du sang. Plus tard, on cherchera à assurer la continuité du vagin avec la poche et à prévenir la rétraction cicatricielle. KhNDiRDJY.
HÉMATIMÊTRE, HÉMATIMÉTRIE. — V. Sang (Examen).
HÉMATOME. — V. Tumeurs en général, Orbite, Oreille, etc., Nouveau-né.
HÉMATOMÈTRE. — C'est raccnmulation du sang dans la cavité utérine, à la suite de l'oblitération congénitale ou acquise de l'orifice du col. Lorsqu'il s'agit d'une oblitération congénitale, l'accumulation commence à la puberté. Au moment des premières règles, il y a des douleurs plus ou moins vives, mais aucun écoulement sanguin. Il en est de même aux règles suivantes. Les douleurs vont s'accentuant et peuvent prendre un caractère permanent. En même temps se constitue une tumeur utérine, dont le volume devient considérable, et qui pourra ultérieurement s'infecter ou se rompre en entraînant des accidents graves. Un examen local très attentif, qui fera reconnaître l'augmentation de volume de l'utérus et l'oblitération du col, permettra de faire le diagnostic.
Il n'y a qu'un traitement. C'est la création ou le rétablissement de l'orifice cervical par une incision appropriée [V. Utérus (Atrésie du col)].