GLAUCOME
Fig. i. — Stctphylome cornéen développé sur un œil atteint de glaucome. L'œil gauche est également glaucomateux (glaucome chronique simple).
Fig. 2. — Glaucome infantile unilatéral (œil gauche) et familial.
Fig. 3. — Glaucome infantile bilatéral (le frère est représenté dans la figure z) chez une fillette de 5 ans.
Fig. 4. — Glaucome infantile unilatéral (œil gam bej
"27> Glaucome,
sclérotomle antérieure, qui a l'avantage de pouvoir être renouvelée. L'énu- •cléalion est réservée aux yeux perdus pour la vision et qui sont, par les •douleurs, une cause de tourments pour les malades.
II. Glaucome secondaire. — On désigne, sous ce nom, tout glaucome qui •est la conséquence d un état pathologique oculaire, d'une affection oculaire qui se complique d'hypertonie. Le glaucome secondaire n'est plus bilatéral ■comme le glaucome simple ou le glaucome inflammatoire, il reste cantonné à lïeil malade. 11 prend des formes variées en rapport avec l'affection primitive, génératrice.
Il est consécutif aux ectasies de la cornée compliquées d'enclavement irien, aux ectasies scléroticales, aux ectasies de la région ciliaire, aux lésions •de la cornée et de la région ciliaire pouvant entraîner une oblitération des voies antérieures de filtra tion (angle irido-cornéen, ligament pectine, canal •de Schlemm), à la fistule cornéenne qui se ferme après avoir duré quelques temps, à l'uvéite antérieure hérédo-syphili tique, à la séclusion pupillaire, l'irido-cyclite, la chôroïdite, la luxation et les blessures du cristallin, les I umeurs intraoculaires (sarcome de la choroïde, gliome, hémorragies rétiniennes (V. ci-dessous).
Le traitement est celui de la lésion initiale auquel on ajoutera l'iridectomiè ou les ponctions pour combattre l'hypertonie,
III. Glaucome hémorragique. — Ce glaucome est lié à l'artério-sclérose ; on le rencontre chez des sujets Agés et sur des yeux qui ont souvent élé atteints d'infiltration sanguine de la rétine. Les malades paraissent sains ou bien ont présenté des troubles cérébraux dus à l'artério-sclérose.
La marche des accidents est le plus souvent aiguë ou suraiguë, t n oui sain apparemment ou dont la vision est déjà mauvaise par le fait d'anciennes hémorragies rétiniennes devient rouge, douloureux, hypertone. Les douleurs peuvent céder spontanémenl en quelques jours et une guérison survenir, mais la vision csl le plus souvent perdue irrémédiablement. Dans d'autres •cas, les douleurs et l'hypertonie persistent, la vision esl perdue cl l'énu- •cléalion devient la seule ressource.
Encore dans le glaucome hémorragique on devra éviter loute confusion ;ui début avec une conjonctivite. La conjonctive bulbaire esl rosée, légèrement chémotique, la sécrétion muqueuse légère, mais celle infiltration sanguine n'a rien de commun avec une conjonctivite.
IV. (Hydrophtalmie congénitale. Kératoglobe. Mégalocornée. Glau •corne infantile). Maladie de l'enfance, non fréquente, se manifestant «lès la naissance ou dans les premières années: atteignant parfois plusieurs membres dans la même famille (Y. pi., lig. 2 el 5). L'œil esl gros. <lans lous -es diamètres (V. pi., lig. I). La sclérotique cl la cornée oui des dimensions anormales. La cornée (mégalocornée) répond par ses diamètres à la dimension scléroti cale. La sclérotique est bleuâtre, amincie surloul dan- -a partie antérieure. La cornée reste transparente <>u devient opaque, cl dans ce ■dernier cas. elle offre un aspecl analogue à celui de la kératite parehehymatcuse. La pupille devient immobile. Le cristallin n'a pas un développement proportionne] à celui des membranes oculaire--, aussi la /«mule de Zinn le fixe-t-elle dune façon défectueuse ci le cristallin c-i exposé a la
Glossite exfoliatrice marginée. 2 \
luxation. Affection presque toujours bilatérale. On l'a nie coïncider avec le lymphangiome des paupières, rhémihypertrophie faciale, l'angiome temporale. El dans ces cas il n'y a pas qu'une simple coïncidence; ces hypertrophies relèvenl <lc la môme cause el dans une observation de Cabannes, un angiome temporal tenail sous sa dépendance l'hypertrophie faciale el le glaucome infantile.
L'acuité visuelle esl exceplionnellemen! normale. Sons I influence <le la tension oculaire, la papille s'excave.
Pronostic. - La maladie peul s'arrêter dans son évolution el l'œil conserver nue vision suffisante; mais lorsque le processus glaucomateux pour suif son cours les lésions aboutissent à la cécité.
Traitement. — L'iridectomie el la sclérotomie peuvent donner de bons résultats. Cela dépend de l'âge du malade el de la gravité <les cas.
PÊi HIN.
GLOSSITES. Les glossites sont les inflammations de la Langue (v. c. m.) : elles ne sont qu'une localisation des inflammations de la bouche en général
(V. Stomatites).
GLOSSITE EXFOLIATRICE MARGINÉE. — La glossite exfoliatrice marginée est une affection de la muqueuse linguale caractérisée par une desquamation en plaques aberrantes, nettement limitées du côté où elles s'étendent par une sorte de bourrelet blanc, circiné, géographique, à convexité le plus souvent externe.
La multiplicité des termes dont on la désigne : pityriasis lingual (Rayer). excoriations chroniques de la langue (Moller), état lichênoïde lingual (Gubler), eczéma en aires ou marginé desquamatif de la langue (Besnier), desquamation marginée aberrante de la langue (Brocq), etc., prouve qu'on en ignore encore la nature.
Certains auteurs, comme Gautier et Guinon, tendent à la dissocier en plusieurs espèces; les autres, comme Lemonnier. A. Fournier, Besnier el Brocq, la considèrent comme une entité morbide.
On doit toutefois reconnaître qu'elle se présente sous des formes différant notablement les unes des autres par leurs caractères objectifs et leur évolution.
Étiologie. Pathogénie. — C'est dans les six premières années de la vie que la glossite exfoliatrice marginée est la plus fréquente et surtout de 6 mois à 2 ans, période très active de l'évolution dentaire. Elle atteint surtout les enfants débilités, anémiés, dyspeptiques, souffranl de muguet, de stomatite ulcéro-membraneuse.
Elle n'est pas exceptionnelle à l'âge adulte; elle coïncide alors assez souvent avec l'alcoolisme, le nervosisme, l'arthritisme, la syphilis, les dyspepsies, les éruptions eczémaleuses. herpétiques, etc. Bien de net ne se dégage de cette énumération.
Les malformations congénitales de la langue (langue fissuraire, langue serolale, etc.), favorisent son apparition.
Les relations manifestes qui existent entre certaines formes d'eczéma et
25 Giossîte exfoliatrice marginée.
la desquamation linguale ont conduit Besnier à supposer que celle-ci est une sorte d'eczéma lingual circiné. Son aspecl pourrait le l'aire croire parasitaire, mais on n'en connaît pas de cas de contagion.
Frappé des analogies objectives et évolutives qui existent entre cette glossite et la pelade, Unna considère la lésion linguale comme une tropho-névrose ; les travaux de Jacquet sur la pelade semblent légitimer celle hypothèse.
Symptômes. — On observe rarement le début de la glossite exfoliatrice marginée: mais, au cours de celle affection, on peut étudier l'apparition d'une aire nouvelle. D'abord apparaît près de la pointe ou vers les bords de la langue une petite tache blanchâtre, arrondie, en léger relief.
Cette tache s'étend rapidement; son centre desquame, devient rosé et se déprime : la couche supérieure de l'épithélium lingual paraît manquer; les papilles iliformes ne sont plus visibles, les papilles fungiformes sont, au contraire, particulièrement apparentes. La bordure de la tache, annulaire ou en croissant, resle saillante, et forme un bourrelet épidermique grenu, blanc grisâtre ou parfois jaunâtre, taillé à pic vers sa concavité.
La plaque s'étend parfois excentriquement, tandis que l'épidémie se reforme en son centre: mais d'ordinaire elle ne progresse que par une partie de sa circonférence, tandis que l'autre disparaît. Sans cesse en évolution, elle change d'aspect d'un jour à l'autre. Des plaques voisines s'unissent souvent, dessinant des sinuosités, des festons. En grandissant, les lésions tendent à se porter vers la ligne médiane et la base de la langue, tandis que leur concavité regarde vers les bords ou la pointe de l'organe.
Au toucher, les plaques* desquamées sont quelquefois légèrement épaissies et indurées. La langue, parfois variqueuse et œdématiée, garde souvent sur ses bords l'empreinte des dents, ainsi que la muqueuse buccale, dont la coloration est plus vive.
Au niveau des plaques, le derme n'est pas sensiblement altéré. L'épithélium ne disparaît jamais complètement et laisse au moins une couche mince au sommet des papilles.
On n'a trouvé, au niveau des plaques desquamées. que des parasites d'ordre banal.
Nul trouble fonctionnel n'accompagne les lésions de la glossite exfoliatrice marginée : tout au plus la sensibilité est-elle à leur niveau légèrement exallée.
Quand la plaque desquamée est arrivée au terme de son développement, le bourrelet qui l'entoure s'efface graduellement, sa colorai ion rouge s'atténue : la muqueuse reprend son aspect normal.
Les lésions de la glossite exfoliatrice marginée sont d'ordinaire multiples et se présentent aux divers aspects de leur évolution; certaines, ;« peine ébauchées, coexistenl avec d'autres plus ou moins étendues.
Formes. — Il existe d'autres formes de desquamation aberrante, reliées au type fondamental par des transitions insensibles.
Dans I*' type géographique de Bergeron, ou " découpures nettes de Gau
lier, la circulation esl remplacée par une ligne dentelée qui sépare l'aire
desquamée de la portion restée saine: la bordure ne forme pas de bourrelet appréciable; la lésion semble peu mobile.
Glossite exfoliatrice marginée. 26
< i m non a décril une forme à bords diffus où un seul élément . sans limites nettes, sans bords saillants, occupe 1;» ligne médiane <!«■ la face dorsale de la langue.
Quand les aires desquamées accompagnent <l<'s malformations congénitales ou acquises, elles sonl souvent douloureuses : ces cas répondent à la glossodynie exfoliatrice <l<' Kaposi.
Evolution. La glossile exfoliatrice marginée évolue par poussées successives, qui se produisent souvent àl'approchc des règles. Les maladies aiguës, les grandes pyrexies <m particulier, font disparaître lc> lésions, passagèrement ou pour toujours.
L'affection dure de quelques mois à un grand nombre d'années. Kll<' guérit spontanément chez les enfants vers ù ou <> ans. Au-dessus <!<■ cet âge, sa durée est illimitée; mais l'affection est toujours absolument bénigne.
Diagnostic. — Le véritable eczéma de la langue diffère «!<• la desquamation en aires ; la muqueuse eczémateuse est fort rouge, parfois un peu sèche, parfois très enflammée, tuméfiée, fort douloureuse; les fonctionnels -mil des plus marqués.
Les plaques leucoplasiques, d'un blanc nacré, sans liséré, ni figuration spéciale, sont absolument immobiles.
L'enduit blanchâtre du muguet se détache facilement : on y découvre facilement au microscope les spores et le mycélium du saccharomyces albicans.
Dans le lichen [>laa buccal, des plaques ou des I rainées blanchâtres cl sans liséré coïncident avec d'autres éruptions caractéristiques.
Ce sonl les syphilides linguales qui ressemblent surtout à la glossile exfoliatrice marginée. Mais les plaques, muqueuses êrosives, dépourvues de liséré périphérique, blanchâtres, sonl souvent exulcérées et douloureuses : ©liés ne progressent pas. Les plaque* lisses, « fauchées en prairies ». sont parfois d'un diagnostic très difficile; leur plus grande fixité, les antécédents •du malade, l'efficacité du traitement spécifique, jugeront la question.
La langue montagneuse ou scrotale, d'origine congénitale, est parcourue par des sillons sinueux, 1res profonds, entrecroisés.
Traitement. — La glossite exfoliatrice marginée guérissant spontanément chez l'enfant, n'étant douloureuse que par exception chez l'adulte et toujours étant d'une extrême bénignité, ne nécessite pas une énergique intervention thérapeutique.
Traitement général. — ■ 11 ne faudra pas négliger les indications causales. Aux enfants débilités, rachitiques, syphilitiques, dyspeptiques, on prescrira une médication interne appropriée. On soignera le tube digestif des adultes. L'emploi de l'arsenic, recommandé parVanlairet L. Brocq, semble justifié par la nature exclusivement épithéliale et desquamative de 1 affection.
Traitement local. — On recommandera au malade de soigner ses dents Cl de se laver régulièrement la bouche, surtout après les repas. S'il s'agit d'un adulte faisant des excès ou que ses lésions linguales font souffrir, on lui conseillera de s'abstenir de tabac, d'alcool, de mets trop épicés.
Pendant les poussées aiguës douloureuses, la médication locale consistera
27 Glotte (Œdème).
<m bains de bouche liédes avec une décoction de guimauve et pavol alcalinisée avec le borate ou le biborate de soude.
Lorsque l'affection présente un caractère torpide, on peut essayer la médication sulfureuse. Unna conseille aux malades de se rincer la bouche, trois lois par jour, après un nettoyage minutieux, avec le collutoire suivant :
Eau sulfureuse \ m grammes.
Eau de menthe *
Fleur de soufre \ 0<>
S.irop simple )
Gomme 2 —
Agiter ayant de s'en servir.
puis de décanter le dépôt de soufre qui se sera formé pendant celle opération et de s'en frotter la langue avec une brosse à dents 1res douce.
Ce traitement peut ne pas être sans inconvénient. On peut lui substituer les eaux minérales sulfureuses en bains de bouche et en pulvérisations.
L'eau oxygénée a été employée par Colleville en badigeonnages associés à la faradisalion. FERNAND TRÉMOLIÈRES.
GLOTTE (ŒDÈME). — Infiltration séreuse et, dans certains cas, séro-purulente de la région glottique. La muqueuse laryngée est relativement peu adhérente aux tissus sous-jacents, dont elle est par endroits séparée par une couche cellulairequi se laisse facilement infiltrer. Cette laxité de la muqueuse. au niveau des replis aryténo-épigloltiques, des arvténoïdcs et. des cordes vocales, fait que ces parties sont déformées cl distenduesau moindre prétexte, local ou général, d'infiltration séreuse.
Celle infiltration peut ôtre sus-glottique, glottique ou soits-glotli()iie, ou trachéale. L'œdème dit de la glotte n'est donequ'une variété d'œdème laryngé. C'est le plus souvent au-dessus de la glotte que se forment les infiltrations, soit parce (pie celte région esl la plus mobile, la plus active, celle où les stases se produisent le plus aisément, soit aussi parce qu'elle esl le plus souvent atteinte par les congestions actives.
A l'examen laryngoscopique, la muqueuse esl boursouflée, pâle ou muge selon les cas. La région épiglottique peutseule ôtre affectée, et l'épiglolte, tendue et épaisse apparaît comme une masse informe qui obture le vestibule de la glotte et s'oppose à tout examen. Sous l'épiglotte, les replis aryléno-épiglotliques, normalement assez minées et tendus, sont comme dis tendus, irréguliers, épais et forment de grosses nodosités. Les bandes ventriculaires sont, dans certains cas, gonflées où chevauchent l'une sur 1 autre, même dans l'attitude d'inspiration. Les cordes vocales sont déformées, boudinées, et certains de leurs segments peuvent se gonfler au point de tonner de véritables productions polypiformcs. La muqueuse trachéale se montre aussi, dans le cas d'œdème sous-gloltique ou d'œdème généralisé, boursouflée au point de fermer l'orifice aérien au-dessous du plan glottique.
L'œdème laryngé peut ôtre primitif ou secondaire; un refroidissement brusque, une brûlure, l'irritation d'un corrosif ingéré, détermineront l'appa rilion très rapide d'un œdème plus nu moins généralisé à loulc la région glotl ique.
Glotte (Œdème). 38
Dans d'autres cas, l'œdème vienl compliquer une inflammation aiguë, variole, érysipèle, scarlatine, fièvre typhoïde, tuberculose, d'où des ulcérations, <lrs abcès, ou encore des Lumeurs cancéreuses ou autres. Dans la scarlatine ou dans la fièvre Lyphoïde, c'esl surtoul au décours delà maladie qu'apparaissent ces oedèmes.
Mais c'esl surtoul dans la maladie de Brighl que cel œdème esl fréquent, ei d'autanl plus dangereux qu'à l'œdème glottique s'ajoute souvenl l'œdème pulmonaire el que la dyspnée a des causes multiples, toutes graves. Le diagnostic <le cel œdème se fail parla recherche des signes d'insuffisance rénale, «le néphrite aiguë ou chronique, scarlatineuse ou syphilitique, etc. Il > a souvenl d'autres œdèmes, mais l'œdème des cordes vocales esl un des plus précoces el nous saxons que toute la région se prête au gonflement sousmuqueux. L'œdème glottique, surtoul au cours de néphrites chroniques, peut être 1res lenl à se manifester cliniquemenl. En thèse générale, il y ;j presque toujours un peu d'œdème chez les brightiques el l'examen laryngoscopique permet souvent d'attirer l'attention sur un état brightique latent par ses autres symptômes. L'œdème des malléoles, l'œdème des paupières, sont généralement moins précoces que l'œdème laryngé. 11 n'est pas le premier symptôme de l'état brightique, mais quand il prend une forme vive, intense, il esl le premier symptôme qui, par lui-même, attire l'attention du malade el du médecin, bien que l'investigation clinique ait pu trouver, dès lors, d autres petits signes, entre autres l'œdème léger et inoffensif de la région sus-glotlique.
En même temps que cet œdème léger du larynx, mais beaucoup plus apparent, existe presque toujours l'œdème de la luette et du voile du palais, et parfois des poussées brusques d'œdème, avec gène de la déglutition, etc. Chez les goutteux, la poussée d'œdème aigu du voile peut être énorme, douloureuse, aveedysphagie, suffocation. Quand s'y adjoint l'œdème laryngé, la situation du malade devient immédiatement des plus précaires. Dans certains cas, les œdèmes palatin et glottique ne sont qu'une poussée d'origine nerveuse, atteignant le 'nez et les parties supérieures de l'appareil respiratoire, pouvant se résoudre en hydrorrhée comme dans l'asthme des foins, ou rester à l'état d'œdème sous-muqueux.
Certaines angines aiguës, d'ailleurs souvenl compliquées de néphrite, scarlatineuses ou autres, s'associent de vives poussées d'œdème pharyngé et souvent glottique.
Ces œdèmes brightiques peuvent durci- des semaines: dansées cas. ils s'associenl à des œdèmes pulmonaires assez fréquemment, ou encore à des épanchements pleuraux.
Chez les syphilitiques, l'œdème laryngé appartient surtout à la période tertiaire, mais certaines ulcérations secondaires du larynx peuvent néanmoins devenir le point de départ de brusques poussées d'œdème. Toutes les lésions tertiaires du larynx peuvent rapidement se compliquer d'œdème, surtout quand il y a néphrite chronique. Certains œdèmes des cordes vocales gonflent subitement des productions granuleuses au point d'en faire de grosses masses polypiformes qui obturent la lumière glottique.
29 Glotte (Spasme).
La voix est généralement éteinte dans l'œdème glottique; le principal symptôme est la dyspnée, tantôt lente, tantôt rapide.
Sauf dans le cas où l'œdème est très apparent au niveau du pharynx cl du voile du palais, le diagnostic d'œdème de la glotte ne peut se faire que par l'examen laryngoscopique. Certains de ces symptômes lui sont communs avec les polypes du larynx, l'abcès rétropharyngien, l'asthme cl la laryngite striduleuse, l'anévrisme de la crosse de l'aorte, le croup, et même le spasme de la glotte (v. c. m.).
Traitement. — Dans les cas très graves, il faut, sans tarder, pratiquer le tubage et même la trachéotomie, faire des émissions sanguines au niveau du cou, appliquer des sangsues, des compresses très chaudes, prescrire des gargarismes chauds, scarifier les parties trop saillantes, maintenir la langue en avant, de façon à redresser l'épiglotte et à tendre les replis aryténo-épiglottiques.
Traiter la néphrite quand elle est cliniquement reconnue; déchlorurer, et, en cas de syphilis, appliquer le traitement intensif, sans retard. Éviter par-dessus tout, chez les néphri tiques, l'iodurc de potassium, cause fréquente d'œdèmes aigus. PIERRE BONNIER.
GLOTTE (SPASME). — Contraction tonique des adducteurs et constricteurs de la glotte, qui peut durer de quelques secondes à un temps suffisant pour amener la suffocation.
Elle peut être provoquée par une irritation d'un des récurrents (tumeur du médias tin, anévrisme de l'aorte, ganglions cancéreux ou tuberculeux). L'action sphinctérielle qui ferme la glotte se produit par l'irritation d'un seul récurrent, et l'anneau musculaire se contracte en masse dans l'effort et dans le spasme. Une irritation plus superficielle détermine aussi, mais par voie réflexe, le spasme glottique. C'est ce qui se passe dans le croup, dans le faux croup, dans l'œdème de la glotte, dans certaines ulcérations douloureuses du vestibule glottique, intervention thérapeutique, fausse déglutition, aspiration de gaz irritants. De même pour des irritations centrales, comme dans le tabès, la tétanie et dans le cas de troubles nucléaires des centres bulbaires de l'occlusion glottique, et il s'agit le plus souvent, dans ce dernier cas, de spasme idiopathique de l'enfance, d'accidents syphilitiques héréditaires (Dieulafoy).
Ce spasme glottique des enfants apparaît brusquement comme le faux croup, comme l'asthme infantile dans certains cas, comme une crise comitiale. C'est une convulsion tonique de la glotte, le plus souvent sans prodromes. C'est un degré de plus que la conslriclion glottique du faux croup, c'est la fermeture complète de la glotte, avec angoisse extrême, asphyxie, cyanose, sueurs prof uses, affolement du cœur; la respiration est suspendue: puis La scène change rapidement, et, après quelques secondes de suspension absolue de la respiration, la conslriclion cesse, le calme reprend subitement, l'enfant respire normalement, terminant sa crise par une sorte de cri qui rappelle celui par lequel commence quelquefois la crise comitiale.
La crise est d'ailleurs une épilepsie glottique, symploinal i<jue d'une irritation probable des centres purement fonctionnelle.
Glycérine. 50
Les crises, dans certains cas, se répètcnl d'assez près, et lu crise pcul durer plus d'une heure. Les crises vonl se rapprochant et devienncnl très fréquentes, sans que l'cnfanl semble souffrir dans sa santé générale. M ; i i -.
il semble ;mssi que, plus lard, une lésion centrale gagne des noyaux voisins de ceux du spinal, carie malade tombe bientôt dans le marasme H la consomption. La maladie pcul durer plusieurs mois, mais elle peut aussi évoluer rapidement. Le pronostic est mauvais, car tout parai! indiquer que les phénomènes laryngés ne sonl que le symptôme glottique d'une affection des centres bulbaires inférieurs, affection probablement spécifique.
Celle forme de spasme frappe <mi général les très jeunes sujets, de quelques mois: la laryngite striduleuse survient plus lard et l'enfant résiste mieux. Le spasme de la glotte, symptomatique et essentiel, paraît donc d'autant plus grave que le sujet est plus jeune, soit par l'intensité du phénomène, soit parla moindre résistance de l'organisme à l'asphyxie.
Traitement. — En présence du spasme glottique, quel qu'il soit, la première chose à faire est d'essayer d'obtenir que le malade, qui, dans son effarement, cherche à prendre l'air par la bouche, ferme au contraire la bouche et s'efforce de respirer par le nez. Il suffît parfois d'imposer une seconde le type normal de la respiration, le type nasal, pour l'aire subitement cesser le désarroi fonctionnel et avec lui le spasme. Dans les manœuvres locales de la pratique laryngologique, le spasme survient assez facilement chez certains sujets, et ce procédé réussit presque invariablement pour couper le trouble laryngé dans sa racine. Les aspersions d'eau froide, les frictions sur le corps agissent aussi par réaction. Le titillement de la luette peut aussi, dans certains cas, faire subitement tomber le spasme. De même la douche d'air dans les trompes par la poire à insufflation.
Le traitement général de l'irritabilité nucléaire, le traitement local dune/ cl du larynx dans certains cas de végétations adénoïdes qui peuvent par réflexe produire ce spasme, ainsi que l'irritation profonde des conduits auriculaires, le traitement spécifique dans le cas de syphilis héréditaire, seront entrepris sans tarder. Tubage ou trachéotomie. PIERRE BQNN1ER.
GLYCÉRINE- — Elle provient de la saponification des corps gras neutres. La glycérine purifiée est un liquide de consistance sirupeuse, incolore, inodore, de saveur sucrée, miscible en toutes proportions avec l'eau et avec l'alcool. Son pouvoir dissolvant s'étend à un grand nombre de substances médicamenteuses; elle-même est insoluble dans l'élher, le chloroforme, les huiles grasses et les essences.
La glycérine a été employée comme agent d'épargne dans la tuberculose pulmonaire (v. c. m.) et comme succédané du sucre dans le diabète (v. <\ m.). Elle excite la sécrétion de la bile et les fonctions de l'intestin: dans la colique hépatique (v. c. m.) on en donne 20 ou 50 gr. dans de l'eau de Vichy au moment des paroxysmes: dans un but laxatif, l'administration par voie gastrique est beaucoup moins utilisée que par voie rectale (lavements, suppositoires, ovules).
La glycérine assouplit la peau intacte et en répare promptement les éro-
Goitres.
sions légères ; sur la peau dénudée et sur les plaies, elle provoque une vive cuisson; ses applications en dermatologie son! multiples.
Potion (lithiase biliaire). Lavement glycérine Glycérine officinale. . . 50 grammes. Crème de tartre solifble. 10 — Hydrolat de fleurs d'oranger ... 00 -
Sirop dos cinq racines. 50 —
2 à 0 cuillerées à soupe par jour.
Glycérine solidifiée (excipient pour
suppositoires, ovules, crayons, etc.)
Gélatine blanche. . . . 10 grammes.
Eau distillée 30
Glycérine 00 — F. F.
Glycérine neutre . 40 à 60 gi
a nui ii
Eau 500
Suppositoire* glycérines
Glycérine pure à 50°. . 2 gi
amiiM
Beurre de cacao .... 5 g]
Cire blanche 0 gi
GLYCÉROLÉS OU GLYCÉRÉS. — On donne le nom de Glycérés à des médira menls qui ont pour base la glycérine seule, ou un mélange de glycérine, d'eau et d'amidon que Ton chauffe pour lui donner la consistance de l'empois.
Les glycérés peuvent revêtir un grand nombre de formes pharmaceutiques et être employés aux mêmes usages que les collutoires, les liniments. les pommades.
Ghjcéré d'amidon (Codex).
Amidon de blé pulvérisé 10 grammes.
Eau distillée 10
Glycérine officinale. . 150 Délave/ l'amidon dans le mélange de glycérine et d'eau distillée: faites chauffer dans une capsule de porcelaine, en remuant avec une spatule, jusqu'à ce que la masse commence à se prendre en gelée.
Glycéré d'oxyde de zinc (Codex).
Oxyde de zinc 10 grammes.
Glycéré d'amidon. . . . 20 Mêlez au mortier.
Glycéré de tanin (Codex).
Tanin officinal pulvérisé lo grammes
Glycéré d'amidon . . . 50 — Mêlez. F. /•.
GLYCERO-PHOSPHATES.