‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 45 sur 91 · M. OUI · texte numérisé non relu

M. OUI

HYDROSALPINX. - Certaines salpingites kystiques sonl remplies d'un liquide clair, plus ou moins aqueux, plus ou moins filant, tenant en suspension d^> cellules épithéliales, des globules blancs, parfois des globules ronge- en petit nombre. La nature de ce liquide, ou plutôt son aspect, car il est de composition fort diverse, a fait donner à ces poches salpingiennes le nom d'hydrosalpinx. Ce sont en somme de vieilles salpingites chroniques, devenues depuis longtemps stériles. La paroi kystique est très variable. Elle est souvent fort mince, et la muqueuse présente toutes les lésions de l'inflammation chronique. Lhydrosalpinx ne se manifeste par aucun phénomène particulier et ne peut être reconnu avec quelque précision qu'au moment même de l'opération (V. Salpingo-ovarites). j.-l. FAURE.

HYDROTHÉRAPIE. — L'hydrothérapie est l'ensemble des pratiques destinées à déterminer chez les malades une réaction. La réaction varie suivant le procédé employé, suivant les malades, et suivant la température de l'eau.

La réaction la plus complète est celle qui est produite par une douche froide de percussion suffisante (8° à 10°). Elle se compose de trois effets superposés: réaction de sensibilité, réaction circulatoire, réaction thermique.

La réaction de sensibilité est constituée par l'ébranlement auquel est soumis le système nerveux périphérique et les voies centripètes, el par les réflexes produits consécutivement à la sensation du froid. Ses effets sont essentiellement toniques, c'est-à-dire excitants chez les déprimés, les ralentis, et calmants, par régulation des fonctions de réceptivité el de transmissibilité des nerfs, chez les malades excitables (faiblesse excitable par exemple).

La réaction circulatoire est réalisée par des phénomènes vaso-moteurs. Au premier contact de l'eau froide avec la peau, celle-ci devient pâle, exsangue (vaso-constriction), puis très rapidement le plus souvent, elle se colore en

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rose ou en rouge plus ou moins foncé suivant les malades (vaso-dilalation). C'est cette colora lion qui indique que la réaction est faite : on doit toujours l'obtenir.

La réaction thermique est l'effort que fait l'organisme pour lutter contre le refroidissement, elle nécessite une plus grande consommation d'oxygène et une plus grande activité respiratoire : le malade, qui avait froid, se réchauffe, sa respiration s'accélère, puis devient plus profonde et plus ample: autre signe que la réaction est faite.

L'eau très chaude (58° à 40°) donne la réaction de sensibilité et la réaction circulatoire, pas de réaction thermique. Ses effets sont toniques pour les applications courtes, aneslhésiques pour les applications un peu longues.

L'eau chaude (34° à 56°) donne la réaction circulatoire, peu de réaction de sensibilité, pas de réaction thermique.

L'eau tiède (tJS0 à 53°) donne le minimum de réaction. Elle appartient aux procédés neutres ou sédatifs par application prolongée.

Manière de formuler. — La forme d'hydrothérapie la plus énergique est la douche en jet. On doit la formuler avec soin. Il ne faut pas dire à un malade : prenez des douches. Il faut lui indiquer exactement la température, la durée et le degré de percussion qui lui conviennent. Ne pas abuser de la douche écossaise, trop brutale ou trop banale. (Vest souvent parce qu'on n'a pas soigneusement institué le traitement hydrothérapique qu'il donne des mécomptes.

En pratique, le médecin se trouve en présence de deux alternatives : I" il envoie son malade à un garçon doucheur ou à une doucheuse, et alors il indique soigneusement la formule à appliquer, les régions sur lesquelles il faut insister, celles qu'il y a lieu d'éviter, toutes les précautions à prendre, et enfin surveille lui-même le traitement, s'il le peut.

L2° 11 envoie son malade à un médecin doucheur, ce qui vaut beaucoup mieux. Dans ce cas il indique seulement le diagnostic, l'étal de la circulation et du cœur, le chiffre delà pression artérielle, l'effet à obtenir, et laisse le champ libre au spécialiste qui déterminera lui-même après une ou plusieurs applications la formule à adopter. Enfin le praticien devra recourir, en l'absence d'autres ressources, au trailemenl à domicile, dont les enveloppements, les compresses, les lotions et affusions peuvent faire fous les finis, quand il les aura minutieusement prescrits ou mieux démontrés luimême Y. Bains, Enveloppements .

DOUCHES. — Douche froide. La douche froide esl à 8Q ou 106 cl

dure de 10 secondes à 1 minute. La pression esl donnée par la hauteur du réservoir de 16 à 18 mètres : elle peul être entière je! plein), ou diminuée parle doigl ou une palette jet brisé). Pour obtenir des effets excitants il faut la donner 1res \i\emenl, en commençant par le dos, de façon à envelopper le malade du haut en bas, cl le Paire retourner dès que la peau devient rose, pour doucher «le môme Façon la partie antérieure «lu corps, et insister légèrement sur les pieds pour finir. Le malade est douché dès qu'il pénètre dans la salle de douche où un aide l'accompagne, ôie le peignoir cl le remel aussitôt la douche terminée. Le peignoir non chauffé est préférable

Hydrothérapie. 5 1 2

.-m peignoir chaud, au moins en été, où la réaction est facile. Au moment où le malade se rhabille il «loi i avoir chaud; <>n l\ aide par une friction i \ . c. m. immédiate après la douche.

On peul se préparer à la douche froide par un exercice: escrime, bicyclette, promenade, <>u par un massage, par une sudation. C'esl la préaction, (|ui précède toujours la douche,

Après la douche il faut éviter de se refroidir, ><>M en marchant, >oii en séjournant dans une atmosphère suffisamment chaude.

La douche froide peul se prendre à jeun, ou mieux une heure après le petil déjeuner; dans la plupart des cas il est préférable d'avoir mangé, et l'on ne saurait hop combattre ce préjugé qui attribue à la douche prise après avoir mangé toutes sortes de méfaits. On peut prendre deux douches par jour sans inconvénient, à 8 ou 10 heures d'intervalle. On ne commencera pas les douches froides pendant les règles, mais, une fois commencée-, on ne les arrêtera pas pour ce motif, quand les douches sont bien données et que la malade peut s'y transporter.

La douche froide courte ainsi appliquée rend de grands services à la catégorie des nerveux : hystériques, neurasthéniques déprimés ou mâtinés d'hystérie, aux anémiques, aux convalescents, aux diabétiques, aux enfants débiles et ralentis, aux dyspeptiques aslhéniques.

Cependant chez les anémiques il ne faut pas toujours l'appliquer d'emblée, de peur de faire affluer à la peau une trop grande quantité de sang et de créer une anémie plus accentuée des organes centraux. Pour le même motif on évitera d'insister sur les pieds pour ne pas accentuer l'anémie cérébrale. Le mieux est de commencer par des douches tièdes, puis tièdeprogressives, puis progressivement froides.

Chez quelques nerveux la douche froide peut produire de l'insomnie : on en modifie alors l'application en la donnant avec un jet moins percutant et plus lentement promené de haut en bas le long de la colonne vertébrale principalement, — ce qui a été appelé douche froide sédative — et en faisant suivre la douche froide d'une piscine froide (V. Bains).

Enfin l'état de maigreur ou d'embonpoint du malade doit être un guide. Les malades maigres seront douchés avec peu de percussion, les malades gras au contraire à plein jet pour réaliser une sorte de massage. On doit peser les malades de temps à autre et tenir grand compte de leurs variations de poids.

Les tuberculeux à la Pe période peuvent être douchés: beaucoup se trouvent bien de l'eau froide. On doit avoir chez eux la précaution de briser le jet pour que la réaction n'intéresse que la peau, et non les parties plus profondes, cela au niveau des épaules et du thorax. De plus, après la douche, la friction sera une véritable friction (v. c. m.) (sans tapotements ni claques). Ces précautions ont pour but d'éviter le moindre ébranlement dans le domaine pulmonaire.

Les cardiaques jeunes et bien compensés, les faux cardiaques ne seronl pas privés de la douche froide, qui leur assure une meilleure circulation périphérique et en soulage surtout l'organe central. On évitera chez eux la région précordiale, sur laquelle ils placeront la main à plat pendant la

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douche. La douche froide ne sera pas donnée lelle d'emblée, mais précédée d'une application tiède, ou préparée par des douches progressivement refroidies.

On peut aussi faire débuter la douche par les membres inférieurs, notamment par la plante des pieds.

Les hypertendus peuvent très souvent prendre la douche froide, s'ils ne sont pas très scléreux (présclérose) et si leur cœur peut supporter la très courte hypertension du début de la douche. C'est pour eux un moyen d'entretenir la souplesse de leurs tuniques artérielles. On peut les traiter comme des cardiaques.

Les tuberculeux, les cardiaques et en général les malades délicats ne seront confiés qu'à un médecin spécialiste; mais on ne doit pas, dans de certaines limites, leur interdire l'hydrothérapie froide, soit sous forme de douches s'il est possible, soit sous forme d'enveloppements.

Douche chaude. — Sa température est de 54° à 58°; elle se donne comme la douche froide, mais peut, sans inconvénient, être plus longue; I a 2 minutes suffisent pour obtenir une réaction. Plus longue elle s'applique aux rhumatisants et devient en même temps plus chaude.

Très chaude (58° à 40° et 45°) elle convient également aux affections cutanées telles que l'eczéma et le prurit, se donne sans aucune pression (v. plus loin Douche baveuse) etdure 5 minutes environ. La douche chaude estsouveni suivie d'une douche froide : douche écossaise.

On utilise fréquemment ses propriétés calmantes de la douleur : rhumatisme, lumbago, sciatique, névralgies diverses... sous forme de douches locales (v. plus bas); de même ses propriétés révulsives et dérivatives : chez les congestifs; et pour faciliter et préparer les actions à distance de l'eau froide : chez les congestifs et dans l'aménorrhée.

La principale indication de la douche chaude simple de l minute esl chez les malades nerveux et excitables, trop faibles pour fournir une réaction par l'eau froide. On la donne alors brisée, au besoin à l'aide d'une pomme d'arrosoir, et de durée variable, suivant la réaction toujours très individuelle de ces sortes de malades. Elle les améliore et dès ce moment on Lâche de passer à une application plus active.

Douche tiède. — De 2£° à 35° de 0 la douche tiède esl peu active.

On l'ordonne quelquefois comme pis aller, à défaut d'indications précises, cl pour éviter toute perturbation, mais alors on rend peu de service aux malades.

Par son action sédative elle convient dans les états où le système nerveux doil être ménagé: nerveux excitables, insomniaques, hyperchlorhydriques, entérocolite. Elle se donne doucement, souvent avec une pomme d'arrosoir 1res enveloppante, de I à 2 minutes. Plus longue elle peul être déprimante. Elle convienl aux hypertendus qui ne supporteraient pas l'eau froide.

Elle u'est souvent qu'une forme de début d'un traitement plus actif (douche progressive .

Douches combinées. Douche progressive. - La douche progrès sive débute à une température telle que le malade n'ail aucune sensation désagréable : 35° environ, «pu esl la température habituelle de la peau, puis

Hydrothérapie. ."> I \

on abaisse progressivement la tempera lure à -'•'» '. 20°, 15° • •! 10" ai possible dans l'espace de 45 secondes à I minute. On obtient ainsi une réaction suffisamment Ionique, sans provoquer d'excitabilité.

La douche progressive exige une installation parfaite, un très bon mélangeur ne produisant aucun à-coup dans le mélange de l'eau froide et de l'eau chaude. Tous les établissements n'en sont pas poun us : citons celui de l'éta blissement thermal de Vichy comme modèle du genre. La douche progrès sive appartient aux malades très sensibles et auxquels on ne peut faire accepter La douche froide. Elle est dans le reste descas également un terme de passage à celle dernière.

Douche écossaise. — C'est la douche chaude, suivie de la douche froide, sans transition. Pour l'appliquer d'une façon parfaite, il faut deux jets, l'un à eau chaude, l'autre à eau froide. C'est la douche banale des salles de douches de second ordre. Elle présente l'avantage de produire une assez forte révulsion, qu'on utilise localement dans la sciatique par exemple. C'est un procédé précieux chez les diabétiques rhumatisants, auxquels l'eau froide est nécessaire, et chez qui il ne faut cependant pas réveiller de douleurs. Enfin elle prépare, en hiver principalement, la réaction à l'eau froide.

Douche alternative. — La douche alternative est une série de douches écossaises, dont elle augmente les effets.

Douches progressivement froides. — Ce sont des douches en série: la première est chaude ou mieux tiède, la seconde un peu moins, la troisième presque froide, la quatrième froide. C'est un procédé d'entraînement destiné à arriver le plus vite possible à la douche froide. Ne pas la confondre avec la douche progressive.

Douche baveuse. — La douche baveuse se donne avec le jet largement brisé et s'écoulant sans pression sur le malade placé à la distance de 50 centimètres. Elle est très chaude (40° à 45°) et s'emploie dans les affections cutanées: prurits, et contre les douleurs s'accompagnant de défense de ta paroi : point appendiculaire, douleur épigas trique.

Douches locales. — Les douches locales sont de plus en plus employées et l'on ne saurait trop les recommander. Elles se donnent chaudes le pins souvent, car elles sont principalement destinées à combattre la douleur localisée à un organe. Pour donner une douche locale on se sert d'un jet brisé et on n'aborde jamais directement l'organe visé, pas plus qu'on ne laisse le jet immobile, mais on le promène doucement de haut en bas de la limite supérieure à la limite inférieure de l'organe. Au début la douche locale est à une température indifférente (35°), puis on l'augmente peu à peu jusqu'à 58°, 40°, 45°; on voit en même temps, au niveau de la région intéressée, la peau devenir rouge et les malades se trouvent presque toujours soulagés. La douche locale est suivie souvent dune douche générale, telle que le comporte l'état du malade ; mais c'est toujours par la douche locale, qu'il faut commencer, cela permet d'obtenir au niveau d'un organe une réaction circulaire plus intense el que la douche générale consécutive ne l'ail qu'augmenter.

La douche locale peut être appliquée en un endroit quelconque du corps le bain de siège est une douche locale): les arthrites à la période non

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fébrile, les douleurs musculaires, lumbago, torticolis, les névralgies de loule sorte : sciatique, névralgie intercostale, radiale, sonl des indications de la douche locale chaude.

Douche locale abdominale. — C'est sur les organes de l'abdomen que la douche locale a le plus d'action. Ces organes sont la plupart facilement accessibles et la richesse de leur circulation leur fait subir plus que d'autres les influences vaso-motrices de la douche chaude locale. Dans les cas de coliques avec ou sans diarrhée, comme il peut s'en produire au cours d'une cure hydro-minérale par exemple, la douche abdominale permet d'obtenir plusieurs heures de répit. Elle calme les spasmes (par diminution de l'excitabilité réflexe) et combat la constipation spasmodiquc. Elle doit alors être donnée sans aucune pression, et Ton tiendra compte des phénomènes appendiculaires possibles.

Froide, la douche locale abdominale est excitante des fibres musculaires lisses intestinales et combat la constipation par atonie.

Douche épigastrique. — Chaude, elle convient dans le syndrome pylorique et contribue à lever l'obstacle par spasme du pylore, en môme temps qu'elle atténue la douleur.

Froide, elle combat l'atonie gastrique.

Pour la prescrire il faut être 1res sûr de son diagnostic et se mettre en garde contre la possibilité d'un ulcus, qui contre-indique toute application sur cette région.

Douche hépatique. — La congestion du foie (paludisme), les crises légères et subintrantes de coliques hépatiques sont combattues victorieusement par la douche hépatique chaude bien appliquée: avec douceur, 1res peu <lc pression, sous forme d'une pluie fine et très chaude. Tel malade qui « sentait son foie » avant la douche n'éprouve plus ensuite aucune sensation de gène ni de pesanteur.

Froide, la douche hépatique convient aux foies lorpides, insuffisants fonclionnellement et peut, chez les malades à paroi suffisamment épaisse, être donnée avec une certaine force.

Douche splénique. — La rate est rarement douloureuse, et la douche locale n'agit guère que sur sa circulation, qu'elle favorise et dont, elle coin bai les engorgements. Dans l'application de la douche splénique tenir compte de la situation de la rate, et la ménager beaucoup lorsqu'elle esl abdominale.

Douche plantaire. — La douche plantaire se donne dans un but décongestif, et précède généralement la douche générale. Elle se donne alors que le malade tourne le dos. cl lève alternativement les pieds de façon à en prédenier la face plantaire.

Il existe dans certains établissements des appareils spéciaux permettant,

le malade étant assis cl les pieds posés sur des sorles de pédales, de lui

faire arriver sur la plante des pieds un jel d'eau continu à pression cl de 6° variables. Dans ce cas on la préconise contre la constipation el contre les métrorragies.

Douche nasale. La douche nasale esl plutôt une irrigation. On

i mploie dans ce bul un réservoir li\é au mur (bock irrigateur) à faible hau

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Leur, donl le tuyau <!<■ caoutchouc esl terminé |>;n- une oli\<> plate d'un côté pour épouser la forme de la narine. Le liquide entre par une narine el sorl par l'autre. <)n recouvre le malade < I 1 1 1 1 < * toile attachée autour <lu cou, el lui laissanl les mains libres, pour maintenir la canule en place. On emploie des solutions diverses selon les cas, ou, dans les établissements thermaux, l'eau minérale naturelle.

Douche périnéale. V. Bains, Bains de siège.

Douche sous-marine. — C'esl l'arrivée dans un bain en baignoire, à eau dormante ou à eau courante, ou dans une piscine, où est plongé un malade d'un courant d'eau, à une pression plus forte que l'eau du bain ei généralement de 8° plus élevée. Ce jel est fourni habituelle menl par un réservoir spécial, el sa forme peut être variée grâce à un embout à orifice arrondi, ou aplati. On négligera d'employer une pomme d'arrosoir qui brise complètement le jel. Ce jet doit être mobile et tenu soit par le malade lui-même soil par un aide. On le dirige sur un organe, ou une région donnée sur lesquels il agit par une sorte de massage léger, mais intéressant plus que les téguments. On voit en effet que, dans l'eau, et sous la pression de ce milieu liquide, il est beaucoup plus facile d'explorer l'abdomen, par exemple. C'esl grâce à cette facilité de déprimer la paroi abdominale que la douche soumarine peut atteindre des organes tels que l'estomac, le foie, la rate, l'intestin, et agir sur eux d'une façon tonique, alors que le malade recueille pour son état général les bienfaits du bain ou de la piscine qu'on lui a prescrite.

Douche ascendante. — On appelle ainsi un mode d'entéroclyse.

On la réalise à domicile avec un bock irrigateur, placé à une hauteur convenable, et dont le tuyau se termine par une canule en gomme (canulecourtes) ou en caoutchouc rouge (canules longues de 15 à 45 centimètres).

Le malade est couché, il gouverne lui-même l'arrivée de l'eau, en laisse pénétrer une certaine quantité, puis la rejette, et ainsi de suite deux ou trois fois, jusqu'à ce que plusieurs litres (de 5 à 8 litres) aient passé dans l'intestin. On formulera, outre la composition du liquide à employer, la hauteur du réservoir (par rapport au lit), la quantité et la 0° du liquide à employer.

Dans certains établissements on donne la douche ascendante assise, avec une canule fixée au milieu d'une cuvette de waler-closets, el (pie le malade s'introduit avec précaution en s'asseyant. Ce procédé n'est pas à recommander pa'rce que dans la position assise, l'eau remonte très peu loin dans l'intestin, et, par la pesanteur, ne fait que distendre l'intestin atonique.

Dans diverses stations (Plombières, Vichy, Châtel-Guyon.) on emploie l'eau des sources, pure ou mitigée; les malades sont couchés sur des lits confortables percés d'un orifice auquel s'adapte une cuvette de water closets; un réservoir gradué en litres avec thermomètre indiquant la température de l'eau, et mobile le long d'une échelle graduée en mètres el centimèlrcs, permet au malade de connaître à chaque instant la quantité d'eau, la pression en hauteur, el la 0° du liquide, en même temps que de voir les matières qu'il a rendues.

Chez les constipés on peut prescrire une douche ascendante avec pression

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assez forte, depuis 0 m. 80 jusqu'à 2 m. et de 0° relativement basse : 54°, pour exciter l'intestin et le désobstruer. Dans les cas de diarrhée, l'eau sera plus chaude : r>8° à -40°, et à faible pression : 0 ni. 50 en moyenne. Il ne faut pas abuser de la douche ascendante, qui, si elle nettoie la muqueuse, peut aussi l'exciter et provoquer son irritation avec apparition de glaires. C'est un traitement qui doit être plutôt intermittent.

Douche massage. — La douche massage est une pratique qu'on ne peut guère réaliser à domicile. Elle s'exécute de deux façons : assise (comme à Aix), couchée (comme à Vichy).

Assise, la douche massage se donne, le malade étant assis sur un tabouret de bois, par deux masseurs tenant, appuyé sur leur avant-bras, chacun un jet d'eau chaude d'assez gros volume, et qu'ils dirigent sur la partie du corps qu'ils massent en même lemps, l'un massant en avant et l'autre en arrière. Après 10 à 15 minutes de ce massage, le malade reçoit une douche générale habituellement chaude. La douche assise se donne de préférence aux rhumatisants à déformations articulaires qui ne peuvent se coucher sur un lit de massage.

Couchée, la douche massage se donne sur un lit formé par une toile tendue à la façon d'une peau de tambour, mais se déprimant par le poids du malade et formant alors une sorte de baignoire plate, où l'eau qui coule sur le malade s'accumule en un demi-bain. Cette eau (34° à 50°) lombe verticalement d'une rampe percée d'un grand nombre de trous et enveloppe le corps entier du malade, sauf la tète. Le malade ainsi baigné, et doucement percuté, est massé par deux masseurs placés l'un à droite, l'autre à gauche. On obtient par celte position une résolution musculaire complète, qui permet notamment de pratiquer le massage abdominal. Au bout de 10 minutes de massage il reçoit une douche générale chaude ou froide.

Douche vaginale. — C'est un lavage du vagin pour lequel on emploie la même technique (pie pour la douche ascendante. On peut aussi la prendre dans le bain avec un spéculum grillagé, soit qu'on utilise l'eau d'un réservoir amené par une canule, soit qu'on projette l'eau du bain avec la main dans l'ouverture du spéculum pour produire une sorte de flux cl reflux réalisant l'eau courante.

Douche de vapeur. — La douche de vapeur est constituée par un jet de vapeur provenant d'une chaudière, et demande une installation spéciale. En L'appliquant on ne doit pas tenir le jet trop près de la peau, pour éviter l«brûlures, et il est bon de mettre l'autre main dans le jet <lc vapeur pour en vérifier la 0°. On évitera la projection d'eau condensée qui est toujours à une haute 6°; et pour cela on tiendra le jet suivant une inclinaison convenable, en purgeant de temps à autre l'appareil générateur.

La douche (\c vapeur convient parfaitemenl dans les arthrites chroniques, dans les sciatiques, dans les névralgies. Elle es! ordinairement suivie d'une friction qui en complète l'action.

On peut la donner térébenthinée. grâce à un récipient que comporte généralement l'appareil (V. Bains) et que l'on charge ^\r vapeur térébenthinée pin mugho . La durée habituelle est de 15 à 20 ci 30 minutes. Douche d'air chaud. Y. Thermothérapie).

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Enveloppements. On peul distinguer Irois sortes d'enveloppe-

ments : I le drap mouillé simple, tonique, qui a^ii par irritation de la peau par l'eau froide, soustrait peu de chaleur à l'organisme, mais excite la Ihermogcnèsc; 2° le drap mouillé refroidissant sédatif, qui a^it peu comme irritanl de la peau, mais comme refroidissant par soustraction de chaleur; Te le drap mouillé thermogène qui produil l'accumulation de la chaleur dont il a provoqué le dégagement par l'organisme.

Drap mouillé simple tonique. - On emploie un drap de 2 à 3 m. de longueur sur I m. 50 à I m. 70 de largeur, trempé dans l'eau froide, el que l'on place directement sur le malade du et debout. Le malade ayant les deux bras levés, on applique d abord un coin du drap sous l'aisselle gauche, el le malade abaisse le bras gauche; le drap esl alors appliqué mit la poitrine, puis passé sous l'aisselle droite, et le malade abaisse le bras droit, ensuite on applique le drap en arrière, et l'on revient enfin en avant en passant successivement sur l'épaule gauche et sur l'épaule droite. Cette manœuvre ne doit pas durer plus que quelques secondes, et doit être suivie immédiatement de frictions énergiques laites verticalement avec la main, à plat à la t'ois en avant el en arrière. Cette application doit être faite dans une pièce suffisamment chaude. Elle doit provoquer une réaction rapide, analogue à celle de la douche froide, qu'elle est destinée à remplacer. Pluie drap est ruisselant, plus la réaction est forte. Le drap mouillé tordu pour en exprimer l'eau en majeure partie esl employé chez les malades Irop excitables, ou de réaction difficile, ou bien au début d'un traitement. S'il y a céphalée après le drap mouillé, on l'évitera une autre fois en faisant l'application au malade debout dans une cuvette d'eau chaude. Si le réflexe respiratoire provoqué par le drap mouillé est trop violent, limiter l'application de bas en haut à la ceinture, puis remonter peu à peu au thorax aux séances suivantes. Après l'application, le malade peut s'habiller et se promener, ou bien se remettre au lil un quart d'heure, selon que la réaction est bonne ou médiocre.

Drap mouillé refroidissant sédatif. — Sur un lil on étend une couverture de laine, el sur celte couverture un drap trempé dans l'eau froide: le malade se couche dessus el on l'enveloppe d'abord dans le drap mouillé, puis dans la couverture. Quand le malade esl réchauffé el que le drap ne lui paraît plus froid, on renouvelle la même manœuvre et cela T> à i fois jusqu'à ce qu'on obtienne l'effet sédatif voulu. Pour aller plus vite on peut se servir de deux lits voisins qui servent successivement.

Dans l'enveloppement avec le drap mouillé il faut avoir soin de l'appliquer 1res exactement de façon qu'il moule la surface du corps. On veillera à ce que le malade réagisse, c'est-à-dire se réchauffe suffisamment par ce procédé qui n'est pas sans être pénible, mais qui esl en revanche parfaitement efficace chez les nerveux, soit hystériques, soit neurasthéniques, excitables el suffisamment vigoureux. Si le malade réagit sans l'emploi de la couverture de laine, mieux vaut s'en passer (fig. 171).

Drap mouillé thermogène. (Y. Si dation). - - On procède comme cidessus pour l'enveloppement du malade, par l'application d'un drap mouillé froid, moulant le corps el fermé hermétiquement aux pieds et au

Hydrothérapie.

cou. La couverture de laine est indispensable ici. On laisse le malade ainsi enveloppé pendant un temps plus ou moins long, selon les effets que l'on désire obtenir. Veut-on simplement une action tonique? On attend qu'il se soit réchauffé, soit spontanément, soit à l'aide de quelques frictions. Veut-on

Fiff. 171.

Drap mouillé refroidissant sédatif. (Mougeol, in Les agents physiques.

obtenir une action plus profonde? On laisse la chaleur que produit cette réaction s'accumuler dans l'espace clos où le malade est plongé, et l'on voil peu à peu son pouls s'accélérer (à la temporale), sa figure s'empourprer el enfin la sueur apparaître, plus ou moins abondante selon les malades el .-don la durée pendant laquelle la séance est prolongée. On a pu aller jus-

Fig. 172. Drap mouillé thermogène. (Mougeol.

qu'à I heure etmôme 2 heures, le plus souvenl 15 minutes suffisent (fig. 172

Compresses. Les compresses Sonl des enveloppements locaux. On Les applique ;i l'aide de serviettes trempées dans l'eau el légèrement exprimées, pliées suivanf les dimensions de la région malade el recouvertes de taffetas gommé, de flanelle ou d'ouate, le toul maintenu solidement, sanscependanl exercer de constriction, ;« l'aide de larges bandes de toile. Avec l'eau chaude (58° à 15°), ellee ><>ni sédatives des spasmes el de la douleur, dès leur appli cation l<- plus souvent. A l'eau froide, elles peuvenl ne devenir sédatives

Hydrothérapie.

iroduisenl davanlagc d<

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