‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 50 sur 91 · FRANÇOIS MOUT 1ER · texte numérisé non relu

FRANÇOIS MOUT 1ER

HYPOPHYSE. — V. Acromégalie, Opothérapie.

HYPOSPADIAS — C'est un vice de conformation caractérisé par la présence d'une ouverture anormale, d'origine congénitale, siégeant sur la paroi inférieure de l'urètre. [V. Nouveau-né (Pathologie).]

On en reconnaît trois variétés : l'hypospadias balanique, siégeant au niveau du gland; l'hypospadias pénien et péno-scrotal, siégeant en un point quelconque entre le gland et le scrotum; l'hypospadias scrotal et périnéo-scrotaL 1. Hypospadias balanique. — C'est la variété la plus fréquente : elle se présente sous trois types différents (fig* 192) :

I" type (rare) : Hypospadias balanique avec persistance du mur balanique imperforé. L'urètre s'ouvre sur les côtés du frein, tout à fait à la hase du gland, lequel ne diffère d'un gland normal que par l'absence du méat. Le prépuce est circulaire (fig. 192, n° I).

Fig. 191.— Hémicontracture droite de la langue, d'origine hystérique, chez un homme de quarante et un ans, avec hémianesthésie du côté correspondant hrjerine).

Hypospadias,

2e type (fréquent) : Hypospadias avec persistance de la gouttière balanique. Ici l'aspect est caractéristique: le gland, fortement aplati, présente sur sa face inférieure une rigole qui se continue en avant jusqu'au sommet et qui, en arrière, reçoit l'ouverture urétrale. Celle-ci est petite, plus ou moins cachée par les téguments amincis. Le gland est raccourci et élargi et se recourbe sur lui-même: cette incurvation, à concavité inférieure, permet, à

Fig. 102. — Schémas de quelques variétés d'hypospadias balanique (d'après KaufTmann). —

1, hypospadias balanique avec gland imperforé ; 2, hypospadias balanique avec canal glandulaire borgne ; 3, cloison interposée entre l'urètre pénien et la rainure balanique ; i, cas habituel de ['hypospadias balanique ; 5, hypospasdias balanique avec méat normal (a) et ouverture hypospadienne (h) ; 6. n, méat normal ; b, canal borgne ; c. prolongement de l'urètre pénien à travers le gland.

3a simple inspection, de deviner Inypospadias. Le prépuce, plus ou moins développé, forme un opercule ne recouvrant que les faces supérieure et latérales du gland cl s'insère sur les bords de la gouttière balanique. Naturellement, il n'y a pas de filet,

'*>'' type : Hypospadias balanique avec canal balanique formé, mais frappé

d'anomalie (fig. 19Î

5, G). On reconnaît ici deux variétés : dans la

première, il y a, en avant du méat hypospadiaque, une portion d'urètre. Tantôt cet urètre s'ouvre au sommet du gland et il y a deux méats; tantôt il se termine en cul-de-sac ; tantôt il y a, au sommet du gland, un méal borgne, complètement séparé du méat anormal. La portion d'urètre balanique peut être plus ou moins cloisonnée par des brides ou des valvules. Dans la seconde variété, il n'y a pas d'urètre balanique en avant du méat hypospade : le méal anormal siège alors en un point quelconque entre le sommet cl la base du gland.

En même temps <|ue l'hypospadias, <>n peut observer d'autres malformations lelles que : la torsion de la verge dont la face inférieure regarde en avant, la palmure de la verge, la bifîdité du scrotum, l'absence d'un corps caverneux, la cryptorchidie, etc.

II. Hvpospadias pénien et péno-scrotal (lig. 193 el 194). Leméatanor mal siège entre la base «lu gland el l'angle péno-scrotal ou dans cel angle lui-même. L'ouverture urétrale, de dimensions variables, est oblongue dans le sens antéro-postérieur et ses rebords sont minces. Ici aussi, on distingue deux variétés selon qu'il y a ou non un canal en avant du méal hypospade dans la première, le canal peul être parlai Ici i ici il constitué et même s'ouvrir

au sommet du gland, d'où la présence «le deux méats; il peul se terminer

Hypospadîas.

en cul-de-sac ; ou bien, il existe un méat antérieur qui se continue par une portion de canal borgne. Dans la deuxième variété, qui esl la j > 1 1 1 ^ fréquente. il \ a. en avanl du méat hypospade. non pas un canal niais une gouttière,

la n toi très accusée au point <lc Paire croire à une bifidité de la paroi inférieure <lc l'urètre :

tantôt réduite à une simple bride, < j 1 1 i coude fortement la verge en bas et en arrière (fig. 194).

III. Hypospadias scrotal et périnéoscrotal. — Le scrotum est divisé en deux moitiés, <|ni circonscrivent une fente antéro-postérieure offrant les plus grandes ressemblances avec une vulve (/'[//»>spadias vulviforme de Dugès). Nous avons affaire ici à des individus de formes sexuelles plus ou moins imparfaites: la verge, petite et fortement attirée et fixée entre les bourses par une bride, rappelle le clitoris exubé-

f.fff.lll.AU Ail

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Fig. 193. —Hypospadias péno-scrotal .

Fig. 194. — Schémas de quelques variétés <l hypospadias péno-scrotal (d'après Kauffmann). 1, absence de la paroi inférieure sur toute la longueur de l'urètre pénien et balanique ; 2, hypospadias péno-scrotal avec absence de l'urètre balanique; .". ras d'Arnaud: ". ouvertures bypospadiennes ; u, urètre penien; i. cas de Lacroix: .'i. cas de Lippert, avec méal normal.

rant de certaines femmes. L'urètre s'ouvre au fond de l'infundibulum scrotal, tapissé d'un tégument mince et rose simulant une muqueuse. On note assez fréquemment, dans ce type d'hypospadias, l'atrophie et l'ectopie lesliculaires.

Symptômes. — L'hypospadias donne lieu à des troubles urinaires cl à des troubles sexuels.

I" Troubles urinaires. — La miction peut être rendue difficile par l'étroi-

563 Hypospadias.

tesse du méat anormal ; on a même observé la rétention. Le jet est modifié, peu dans l'hypospadias balanique, beaucoup dans les deux autres variétés. Les malades ne peuvent pas uriner contre les murs; aussi Thypospadias pénien et péno-scrotal constitue-t-il un cas de réforme. Dans le type se rotai, les malades sont forcés de s'accroupir comme les femmes. Les bourses et les cuisses, souillées continuellement parles urines, sont le siège d'éry thèmes et d'infections variées. L'incontinence n'existe jamais parce que l'urètre membraneux et prostatique est intact.

2° Troubles sexuels. — Le coït est possible I ou les les fois que l'érection est droite; dans les cas de fissures scrotale ou périnéo-scrotale, le gland s'incurve en arrière et se cache dans la fente inter-scrolale.

L'éjaculation, qui se fait avec force à cause de la conservation des muscles du périnée, est plus ou moins déviée dans sa direction, comme le jet urinaire, d'ailleurs, suivant la variété d'hypospadias. La mauvaise direction du jel spermalique influera naturellement sur la fécondai ion sans que l'on puisse se prononcer exactement sur les conditions de la stérilité chez les hypospades, sauf dans l'hypospadias vulviforme.

Le Diagnostic de l'hypospadias est évident et se fait souvent par la simple inspection. Il ne présente de difficultés que lorsqu'il s'agit de déterminer le sexe de l'individu dans le cas où l'hypospadias vulviforme simule grossièrement les organes génitaux externes de la femme.

Le Pronostic varie suivant les types. L'hypospadias pénien et scrolal doit être considéré comme une infirmité intolérable dont les malades doivent être débarrassés à tout prix. L'hypospadias balanique, s'il est peu prononcé, n'amène aucun trouble appréciable; il présente cependant deux inconvénients: d'une pari le jet spermatique, dirigé dans le cul-de-sac postérieur du vagin, peul rendre la fécondation difficile; d'autre part, le méat béant récolte plus facilement le gonocoque d'où la fréquence de la blennorragie chez les hypospades.

Traitement. — De tout temps, le traitement opératoire de l'hypospadias ;i tenté la sagacité des chirurgiens et les procédés actuellement connus sont innombrables. Nous ne saurions, dans cet article, décrire même les plus importants et nous nous bornerons à indiquer sommairement les principes qui président à l'exécution des trois groupes de procédés.

A) Premier groupe (procédé de Duplay et ses dérivés). Il comprend les procédés d'urétroplastie par reconstitution autoplastique de l'urètre mal formé.

Voici, 1res résumée, la technique de Du pi a} :

I" temps. - Redressement de la verge par l'incision transversale de la bride sous-pénienne. Si les corps caverneux, atrophiés ou scléreux, s'opposent au redressement, il ne faut pas craindre de les entailler en un ou |>lu sieurs endroits.

LJ' temps. l 'réation d'un nouveau canal depuis le méat jusqu'à Couverture hypoxpadienne, comprenant la création d'un canal balanique et la confection <lu canal pénien.

5e temps. Abouchement des deux portions du canal, c'est-à-dire ferme inre de I ouverture li\ pospadienne.

Hypospadias.

\\) Le deuxième groupe comprend les procédés d'urétroplastie par mobilisation de la partie normalement constituée de l'urètre (Beck, von Hacker, Villemin). Ces procédés ne s'appliquent qu'à l'hypo spadias balanique; ils sont fondés sur ce fait que l'urètre, isolé par dissection des parties molles qui l'entourent, est extensible et peut ôtre amené, par traction, jusqu'au sommet

du gland.

C) Le troisième groupe, enfin, comprend les procédés d urétroplastie par tunnellisation de la verge : on renonce à utiliser

Fii

195. __ Section de la bride sous-pénienne el redressement de la verge.

les vestiges de l'urètre malformé et l'on creuse un nouveau canal en plein dans la verge (Van Hoock, Nové-Josserand, etc.). Le nouveau canal est tapissé au moyen d'une greffe de Thiersch enroulée autour d'une sonde.

Tout récemment, M. Tanton, médecin de l'armée, a imaginé de remplacer la greffe de Thiersch par un segment de veine saphène interne prélevé soit sur le malade lui-même, soit sur un autre malade atteint de varices et justiciable de la résection de la saphène. Ce procédé, très ingénieux, a été décrit par l'auteur dans le Journal de Chirurgie de 1910 (voy. planche et fig. 190). Le transplant peut être aussi emprunté à la muqueuse vaginale excisée au cours d'une colpo-périnéorraphie.

Hypospadias chez la femme. - Beaucoup plus rare que chez l'homme, l'hypospadias de la femme se caractérise par une absence totale ou partielle de la paroi postéro-inférieure de l'urètre. Suivant le degré, il n'y a aucun trouble urinaire, ou il y a de l'incontinence. Dans tous les cas, l'opération plastique est justifiée: elle consiste à suturer la fente urétrale ou a disséquei l'urètre et à le transposer par torsion. KEiSDlRDJY.

HYPOSPADIAS

Fig. i. — Libération et avivement du méat hypospade . V urètre, libéré et avive, est repéri

par 3 pinces de T^ocher.

Fig. 2. — Tunnellisation du gland cl du pénis.

r-i^r. 1. Suture boul a bout de la greffe a l'urètre par des points en \J. F'8- 4- — Schéma du point postérieur d' endossement.

Fikr. 5. — /.incision de libération du méat hypospade est suturer. Sulure de l'extrémité antérieur,

de la greffe aux lèvres de l'urètre balani.jue.

(Les figures de cette Planche sent empruntées a J. Tamon. in Journal de Chirurgie, .910).

Hypotonie musculaire.

HYPOTONIE MUSCULAIRE. -- L'hypotonie musculaire osl un état spécial de flaccidité des muscles qui permet aux membres des attitudes anormales, et qui se rencontre en général chez les tabétiques incoordonnés. Voici comment on doit rechercher l'hypotonie :

Membre inférieur. — L'hypotonie des fléchisseurs de la jambe permet une flexion exagérée de la cuisse sur le bassin. Alors que, normalement, quand

l'homme est couché sur le dos, la cuisse se fléchit sur le bassin à 65° ou 75°, cette flexion pourra

Fig. 197 et 198. Hypotonie musculaire du membre inférieur. (P. Marie.)

élrc de 100° à 150° chez un tabétique. Si le malade esl assis, il peut placer sa jambe contre sa jonc, la mettant dans la situation du fusil au port d'armes (fig. 197 et 198).

L'hypotonie des extenseurs de la jambe permet une flexion de la jambe sur la cuisse telle que le talon atteinl la fesse.

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