INTESTIN (RÉTRÉCISSEMENTS ET TUMEURS
RÉTRÉCISSEMENTS — Les rétrécissements de l'intestin occuperaient la quatrième place comme fréquence parmi les causes d'occlusion intestinale.
Nous aurons en vue, dans ce chapitre, deux variétés de rétrécissements : 1° les rétrécissements simples de l'intestin (rétrécissements congénitaux siégeant en général à la fin de l'iléon; et rétrécissements acquis, cicatriciels, fibreux, dus à des ulcérations cicatrisées, à des adhérences péritonéales avoisinantes, et pouvant occuper un point quelconque du tube intestinal) (V. Rectum). On aurait rencontré, dans l'intestin grêle, des rétrécissements d'origine syphilitique; — 2° certaines tumeurs inflammatoires de l'intestin, s'accompagnant le plus souvent, mais non toujours, de rétrécissements de l'intestin, et bien distinctes, par conséquent, de la tuberculose et du cancer. Ces tumeurs siègent le plus fréquemment dans la région pylorique: elles occupent quelquefois le rectum.
Étiologie. — Les rétrécissements du gros intestin, occupant de préférence la région iléo-cœcale, du fait même des causes qui leur donnentnaissance, peuvent être divisés, au point de vue étiologique, en deux grandes classes : ceux consécutifs à des inflammations iléo-cœcales (valvule de Bauhin) et ceux qui font suite à des inflammations péri-cœcales.
Les premiers sont des rétrécissements fibreux : le point de départ de la sténose a été la cicatrisation d'une ulcération (fièvre typhoïde, dysenterie, corps étrangers de l'intestin, entéro-colite chronique); la cicatrisation de la peau produite par l'élimination spontanée de boudins imaginés pourrait être suivie de rétrécissement. L'inflammation du cœcum ulcéré, gangrené (typhlile) a été reconnue comme cause de sténose intestinale.
Les seconds sont des rétrécissements dus à des tumeurs inflammatoires de la région.
Les péri typhli tes, quelle qu'en soit l'origine (inflammation péri-rénale, péri-urélhrale, salpingite droite, phlegmon péri-caecal, appendicite, etc.) peuvent amener une sténose intestinale plus ou moins étroite de deux façons différentes : soit en englobant, en enserrant le caecum de masses inflammatoires volumineuses, soit en laissant autour de celui-ci. comme reliquat, (\v^ brides fibreuses cicatricielles.
Lésions. — Avec Gérard-Marchand, nous signalerons trois variétés de lésions anatomiques : 1° les coudures par brides; '2° les rétrécissements sans tumeur cliniquemenl spéciale; 5° les tumeurs inflammatoires.
Des brides péri-cœcales, de nombre cl de volume variables, établissent <\r* adhérences entre le cœcum et la paroi abdominale, ou cuire le caecum cl des anses grêles : il peul y avoir striction de l'intestin, mais, le plus souvent, il y a coudure (au niveau de l'iléon, tout près du cœcum). Ces adhérences sonl extrômemenl vasculaires. L'appendice esl volumineux, enflammé, ou, au contraire, transformé en un petil cordon fibreux cicatriciel.
Les tumeurs inflammatoires sonl de très petil volume, ou forment, au contraire, des niasses (''nonnes.
L'inflammation débute, dans la grande majorité des cas, au niveau de la valvule de Bauhin, puis gagne L'iléon ci le cœcum.
Intestin (Rétrécissements et tumeurs).
Les parois de l'intestin sonl considérablement épaissies: cel épaissis ment, constitué |>;u- du Lissu fibreux ou lardacé, est inégal, bosselé, de consistance ligneuse.
La muqueuse esl saine, épaissie, ou ulcérée, el elle peul môme disparaître complètement .
Le péritoine esl sain, dans quelques cas rares : mais le plus souvent, on trouve des adhérences avec les anses intestinales, le grand épiploon ou les parois. Ces adhérences sonl parfois si nombreuses que la tumeur, immobilisée par «les adhérences péritonéales postérieures, se présente bous l1 aspect d'une masse informe, où caecum, iléon el côlon ne l'ont qu'un. Cependant, au milieu de celle masse, l'appendice est sain habituellement.
Le gros intestin, au-dessus de la tumeur, esl indemne: l'iléon esl très dilaté, ses parois sonl si amincies parfois que la suture intestinale en esl rendue 1res difficile.
La sténose progressant, on verra la création de "poches accidentelles, dues à la dilatation exagérée el inégale des tuniques de l'iléon ; el de fistules entre deux ou plusieurs anses intestinales, ou entre l'intestin el la paroi abdominale.
Ces notions nous expliquent qu'en clinique ces tumeurs inflammatoires présenteront les signes de l'occlusion intestinale chronique, c'est-à-dire (Tune obstruction intestinale lente et progressive, toiil comme le cancer el la tuberculose de l'intestin. Aussi, e.l nous le verrons plus loin, le diagnostic (\e> hypertrophies inflammatoires d'avec le cancer ou la tuberculose du gros intestin est-il souvent fort difficile : début insidieux, crises de constipation plus ou moins complète alternant avec des crises de diarrhée intense, véritable débâcle intestinale, signes d'entéro-colite avec parfois hémorragies.
Pronostic. — La durée des tumeurs inflammatoires du gros intestin esl très longue (plusieurs années, à moins de complications aiguës). Le pronostic de la maladie livrée à elle-même est très grave : bien que la guérison spontanée soit cependant possible. Mais, en tout cas, la guérison définitive est assurée par une intervention chirurgicale bien conduite.