TUBERCULOSE DU GROS INTESTIN.- La tuberculose .lu gros
Intestin peut affecter une [m-, m' ulcéreuse^ semblable à celle de l'intestin grêle : ulcérations irrégulières, anfrac tueuses, parfois recouvertes d'un exsudât membraneux (colite diphtérique de Lebert). Mais, dans la 1res
Intestin (Tuberculose).
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[lie I on jour
grande majorité des <-;i->. il s'agil <l<- lésions localisées, pre hypertrophiques. el Bouvenl accessibles à la chirurgie.
Les tuberculomes hypertrophiques du gros intestin occupent surtout le caecum el l'angle iléo-cœcal (fig. 255), le côlon el PS iliaque, la région ano
rectale. D'ordinaire la lésion esl unique; mais on trouve quelquefois signa lée la multiplicité des tumeurs I n be rc h leuses ainsi Mér) el Babonneix oui observé chez un même sujel trois luberculomes.
développés l'un au niveau du caecum, l'autre à l'angle gauche du colon el le deruier sur l'anse sigmoïde, Le tuberculome, enveloppé dans une gangue scié r o-l ipomateuse qui peut à elle seule doubler le volume de La tumeur, infiltre toutes les tuniques intestinales, qui ont à la coupe un aspect lardacé, et dont l'épaisseur atteint parfois jusqu'à o ou 4 centimètres; le calibre de l'intestin est rétréci à ce niveau.
Une lésion tuberculeuse discrète, larvée, du caecum ou de la valvule iléo-caecale, peut donner naissance à une adénite tuberculeuse précaecale, développée au voisinage de l'abouchement du caecum dans l'intestin grêle, et susceptible d'évoluer pour son propre compte (fig. 256).
La tuberculose de V appendice n'est pas très fréquente : tantôt l'appendice est gros et d'aspect lardacé; tantôt il esl scléreux et rétracté; il présente souvent des granulations ou de petits foyers caséeux, situés sous le péritoine; sa muqueuse est ulcérée, surtout au voisinage de l'extrémité libre. La tuberculose strictement localisée à l'appendice n'esl pas fréquente: mais l'appendicite tuberculeuse coexiste assez souvenl avec d'autres lésions bacillaires de l'intestin.
Symptômes. — Nous passerons rapidement en revue les principales localisations de la tuberculose du gros intestin.
1. Tuberculose du cœcum. — La tuberculose du caecum se présente le plus souvent sous une forme franchement hypertrophique, étudiée d'abord
Fig. 255. — Tuberculome hypertrophique du caecum. Coupe longitudinale (d'après Dieulafoy). — a, côlon transverse : //. angle du colon ; c, ulcération tuberculeuse du côlon ascendant; rf, valvule iléo-cœcale ; e, paroi indurée el épaissie du csecum; /'. gaine scléro-lipomateuse ; g, iléon.
Intestin (Tuberculose).
par Hartmann el Pilliet, et décrite par Dieulafoy, sons le nom de tubercu- /orne hypertropl tique du cœcurn.
Au début, il n'existe que des troubles fonctionnels souvent assez vagues : douleurs ayant leur maximum dans la fosse iliaque droite, provoquées par le froid, par la constipation, accompagnées parfois de contracture de la paroi; — troubles digestifs variables en intensité; — constipation pouvant aller jusqu'à l'occlusion intestinale ; exceptionnelle ment, la constipation est remplacée par de la diarrhée. A cette période, les selles contiennent quelquefois un peu de sang; l'état général reste satisfaisant.
Au bout d'un temps, atteignant souvent deux à trois ans, se développe une tumeur accessible à la palpai ion : elle occupe la fosse iliaque droite; a la forme d'un boudin allongé verticalement: esl bosselée, irrégulière, de consistance ferme, un peu douloureuse:
elle esl mate en son centre, est
Fie. 256.
Adénite tuberculeuse précseeale.
D'après Dieulafoy.)
Les signes fonctionnels sont les mêmes qu'à la
entourée d'une zone de submatité
puis de sonorité franche
première phase: mais l'étal général commence à s'altérer el, peu à peu. la
lièvre s'allume, le malade s'amaigrit el succombe aux progrès de ta cachexie
tuberculeuse.
Si le malade survit, des abcès finissent par se produire (abcès slercoraux el fistules pyostercorales). La morl survient alors rapidement.
Dans certains cas. les lésions, au lieu d'envahir le caecum dans sa totalité. se cantonnent à Vangle iléo-cœcal, cl l'on ne constate alors qu'une petite tumeur dure, provoquant des poussées douloureuses. L'élal général se maintient longtemps satisfaisant, el la durée de la maladie esl encore plus longue <pie dans le cas de luberculome livperlrophique du caecum, si des accidents d'obst rucl ion intestinale ne viennent pas emporter le malade
L'adénite tuberculeuse précseeale donne lieu à une tumeur de la l'<>>-c iliaque droite el à des poussées douloureuses loul à l'ail comparables à celles (le l'ap| tendici le chronique. Ce n'est d'ordinaire qu'au moment de l'opération qu'on la reconnaît : jusque-là, elle esl presque toujours cou fondue avec le luberculome du caecum ou avec L'appendicite chronique.
IL Tuberculose de l'appendice. La tuberculose de l'appendice a
presque toujours une marche chronique, et aboutit à la formation d'un abcès froid précœcal. Parfois, il s'agit d'appendicite avec poussées inflammatoires el récidives fréquentes : à la suite de l'opération, s'établit souvent
Intestin (Tuberculose). n|<;
une fistule pyostercorale. La morl esl très souvent le fait « I « - la tuberculose pulmonaire.
III. Tuberculose du côlon et de PS iliaque. La localisation de la tuberculose ;'« l'un <!<•> angles du < • <M o 1 1 ou à JS iliaque n'es! pas rare; on observe surtoul alors une tumeur localisée el des signes d'obstruction intestinale chronique. Des ulcérations du gros intestin peuvent donner des -\ mptômes dysentériformes (Spillmann).
IV. Tuberculose ano-rectale. — Nous rappellerons seulement la nature souvent tuberculeuse des rétrécissements du rectum (v. c. m.), <!<•> abcès et des fistules de la marge deVanus (v. c. m.). Enfin, à l;i région anale peuvent se développer un lupus ou une tuberculose verruqueuse <lc la peau, ou encore des ulcérations tuberculeuses à cheval sur la peau el sur la muqueuse.
Complications. — Les principales complications locales sont ici L'obstruction intestinale chronique et le phlegmon pyostcrcoral (ce dernier observé surtout en cas de tuberculose caecale); la perforation esl exceptionnelle. La mort survient le plus souvent du fait du développement de lésions pulmonaires.
Évolution. Pronostic. -- L'évolution est beaucoup plus lente que dans le cas de tuberculose ulcéreuse de l'intestin grêle; et, si les accidents d'occlusion sont tardifs, la maladie se prolonge pendant plusieurs années. Le pronostic est toujours grave, en raison des complications qui peuvent survenir et de la coexistence fréquente de tuberculose pulmonaire: cependant, les lésions sont d'ordinaire accessibles à la chirurgie, grâce à laquelle on peut obtenir parfois une gué'rison radicale, et plus souvent une amélioration de longue durée.
Diagnostic. — Dans ces formes, le diagnostic ne peut guère se faire que lorsqu'il existe une tumeur accessible à la palpa tion; les principaux éléments en faveur de la tuberculose sont la longue durée de la maladie, la conservation d'un bon état général (signes permettant le diagnostic avec le cancer), et souvent la constatation de lésions tuberculeuses d'un autre organe.
Dans le cas particulier de tuberculose hypertrophique du caecum, il faut éviter la confusion avec l'adénite iliaque chronique, avec l'actinomycose iléo-caecale (la tumeur prend alors une dureté ligneuse: s'il y a une fistule, on peut recueillir les grains jaunes caractéristiques et constater le parasite par l'examen bactériologique), avec le cancer du caecum cachexie plus rapide), avec l'appendicite chronique.
L'appendicite tuberculeuse, avec poussées subaiguës, esl très difficile à distinguer de l'appendicite chronique vulgaire : ce n'est souvent qu'à l'examen de la pièce après l'opération que le diagnostic peut être porté.
Traitement. — Le traitement médical est ici à peu près nul, et ne peut avoir d'autre but que de calmer les crises douloureuses et de soutenir l'étal général.
Lorsque le malade n'est pas encore trop cachectique, il faut intervenir chirurgicalement, en pratiquant soit l'ablation des parties malades, soit l'exclusion de l'anse intestinale luberculisée. //. GBENET.
817 Intestinales (Hémorragies).
INTESTINALE (HELMINTHIASE). — V. Parasites, Ascarides, Oxyures, Tjbnias, etc.
INTESTINALES (HÉMORRAGIES). — L'hémorragie intestinale, mis à part quelques cas où elle ne se manifeste que par des symptômes d'hémorragie interne, a pour signe caractéristique la présence de sang dans les garderobes. Le sang évacué n'a pas toujours le même aspect : 1° il est rouge, liquide ou sous forme de caillots, facile à reconnaître, quand il n'a pas longtemps séjourné dans l'intestin; épanché en petite quantité, enrobant les matières fécales ou mêlé à du mucus, à du pus, il a pour point de départ probable le gros intestin ou le rectum: évacué en granité quantité, presque pur et inondant le malade, il peut provenir soit encore de la portion terminale de l'intestin, soit de l'intestin grêle, si l'hémorragie, abondante, a provoqué une évacuation rapide: 2° il est noir (melsena) et donne aux selles tantôt l'apparence de la poix ou du goudron, tantôt celle de la suie ou du marc de café délayés dans l'eau, quand il est resté en présence du contenu intestinal. Bien mélangé aux matières fécales, il a pour origine l'intestin grêle (ou les parties sus-jacentes du tube digestif); il provient du gros intestin quand le mélange est imparfait et quand, par exemple, il recouvre simplement des seybales.
Abondante et répondant à l'ouverture d'un gros vaisseau, l'hémorragie s'accompagne souvent de coliques inteslinales et donne lieu aux symptômes habituels des grandes déperditions sanguines; bien rarement elle est cause immédiate de la mort. Minimes et répétées, ces hémorragies peuvent n'attirer l'attention qu'après avoir déterminé progressivement une anémie plus ou moins grave. Ces dernières années on s'est particulièrement occupé des hémorragies occultes du tube digestif, et de nombreux observateurs onl montré l'importance de la recherche chimique de quantités minimes «le sang dans les fèces pour le diagnostic de l'ulcère et du cancer de l'estomac (v. c. m.).
Diagnostic. - Sans évacuations sanglantes, l'hémorragie intestinale ne peul être que soupçonnée. S'il y a des selles sanglantes, rouges, elles doivent quelquefois être distinguées du produit de la digestion incomplète de fruits rouges : plus souvent, noires, elles pourraient èlre confondues avec les selles brun fonoé de certains eonslipés. les selles bilieuses d'un verl noirâtre, les -elles colorées en noir par l'ingestion de bismuth, de ratanhia ci de préparations ferrugineuses. En cas d'hésitation, il suffit, poui lever les doutes, de constater «pie h' lavage des selles donne à l'eau une teinte sanguinolente. D'ailleurs, il est toujours facile et maintes fois néces saire de s'assurer de la présence du sang par les examens microscopique, spectroscopique ci chimique.
Au microscope, on reconnaît parfois les globules rouges plus ou moins déformés; mais, bien souvent les globules ont été détruits par les sucs
digestifs; dans ce cas, on peut, de la façon suivante, cherchera mettre en
évidence les cristaux d'hémine (cristaux rhomboïdaux ou lancéolés jaunes ou bruns de chlorhydrate d'hématine) : sur une lame on fait sécher à la flamme une goutte du liquide évacué; on ajoute quelques parcelles de sel