‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 86 sur 91 · ii . • ï > • ï · texte numérisé non relu

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mie. Il |»"ui arriver que la pince ;i iris ne |>uis>e avoir prise, alors ou pénél rera avec un couteau de de ( Iraefe dans le corps \ il ré i\ travers une

Fig. 262. Fig. 263.

Fig. 262. — Iridectomie antiglaucomateuse o6, lèvre

extérieure, périphérique <!<• la plaie; cd, lèvre intérieure.

centrale <l«' la plaie. Large colobome Péchin). Fig. 263. Iridectomie antiglaucomateuse. a, lèvre péri

phérique ; b, lè> re centrale Péchin).

Iris (Traumatismes). 862

petite incision dans le limbe el on incisera l'iris d'arrière en avant. Avec la pince à iris on dégagera autanl que possible la partie postérieure de La cornée. Ce dernier procédé esl applicable dans les cas de blessure de l'œil, d'ulcères graves de l;i cornée ayant amené la disparition du cristallin.

Les complications de l'iridectomie sonl : les lésions de \\n> el du cristallin, L'iridodialyse, les inconvénients d'une double | > 1 1 j > i 1 1 < * par conservation • lu sphincter, le prolapsus du vitré el enfin les complications tardives qui résultent d'une asepsie insuffisante.

Il peul arriver que l'ablation de l'iris ne soil pas suivie d'un bon résultai parce que le feuille! pigmentaire esl resté accolé à la cristalloïde.

L'iridectomie antiglaucomateuse expose plus particulièrement aux hémorragies dans la chambre antérieure el rétro-choroïdienne et à la blessure du cristallin.

Iritomie. — Celle opération consiste clans une simple incision de L'iris; on ne fait pas d'excision de lambeau. Après kératotomie avec le couteau lancéolaire, l'iris esl attiré au dehors, sectionné dans une direction radiée puis rentré dans la chambre antérieure. On réduit les bords de l'iris avec la spatule. On obtient ainsi un colobome très étroit, les lèvres de la section s écartant en V par rétraction du sphincter. Cette opération se pratique sur l'œil ayant son cristallin. C'est Y iritomie extraoculaire.

Dans Y iritomie intraoculaire (irido-capsulotomie) on sectionne un diaphragme qui obstrue la pupille et qui est formé par l'iris, l'exsudat cl la cataracte secondaire. La section se fait avec des pinces-ciseaux dont la branche pointue pénètre à travers la membrane. PÉCIUX.

IRIS (TRAUMATISMESj. — ïridodialyse traumatique. — La contusion du globe, la rupture scléroticale, les traumatismes opératoires en sont les causes habituelles. C'est un accident fréquent dans l'iridectomie, provoqué parmi mouvement brusque de la tête ou de l'œil lorsque l'iris est saisi el attiré au dehors pour être sectionné. La chambre antérieure est inondée de sang. Dès le lendemain le sang peul être résorbé, et c'est alors qu'on constate l'iridodialyse. Si l'iridodialyse est partielle après l'iridectomie on constate fréquemment des symptômes d'iritis ou de névralgie ciliaire 24 heures après. Si l'iridectomie a été faite en vue d'une opération de cataracte, on attendra pour l'extraction du cristallin que tout symptôme inflammatoire ait disparu. L'iridodialyse peut être la conséquence de tractions sur un iris adhérent, aussi doit-on éviter de tirer sur l'iris aussitôt que ce dernier est saisi, et ne faire des tractions même modérées qu'après avoir détaché l'iris par des mouvements latéraux, sans quoi on s'expose à voir l'iridodialyse se faire dans une région opposée au sens de la traction.

On a vu l'iridodialyse apparaître à la suite de contusion de la face, ou du crâne.

Description. — L'iridodialyse est complète ou partielle. Dans le premier cas (iridérémie), la pupille a l'étendue de la cornée; de fines fibrilles, vestiges de l'iris, libres, flottantes, apparaissent à l'examen au miroir sur le fond rouge de l'œil, s'il n'y a pas d'hémorragie intra-oculaire ; parfois l'iris détaché se pelotonne et occupe la partie inférieure de la chambre anté-

863 Iris (Traumatismes).

rieure. S'il y a en même temps rupture de la sclérotique, l'iris peut être expulsé de l'œil, et généralement il a été suivi dans cet exode par le cristallin.

Dans le second cas (iridodialyse partielle) on constate, après la résorption, de l'hypohéma qui coexiste le plus souvent avec une déformation pupillaire. Du côté de l'iridodialyse, le bord pupillaire perd sa forme d'arc pour se tendre en ligne droite et former la corde d'un arc représenté par le limbe. L'espace devenu ainsi libre apparaît noir comme une autre pupille de forme spéciale et devient lumineuse, éclairable, à l'examen au miroir. A travers cet espace, on voit le bord du cristallin et même les procès ciliaires. La partie de l'iris iridodialysée peut rester dans l'œil ou être expulsée de l'œil, parfois logée sous la conjonctive (colobome trauma tique) ou bien enclavée dans la plaie. L'étendue de la déchirure est variable, elle peut être à peine visible. La partie de l'iris demeurée dans l'œil est habituellement repoussée en arrière, aussi la chambre antérieure est-elle plus grande.

L'iridodialyse après contusion oculaire siège généralement en haut, c'est là que cède généralement la sclérotique.

L'acuité visuelle peut n'être pas compromise. Théoriquement chaque ouverture pupillaire donne lieu à une image, mais cette diplopie monoculaire n'est pas toujours gênante, l'une des images étant trop périphérique.

Les complications de l'iridodialyse sont celles du traumatisme : déchirures radiaires de l'iris, renversement de l'iris, paralysie de l'iris (mydriase) avec ou sans paralysie de l'accommodation, rupture de la sclérotique et de la choroïde, décollement ou déchirure de la rétine, subluxation, luxation, expulsion du cristallin, issue du vitré, hémorragies intra-oculaires, kératite traumatique.

Pronostic. — Toute réunion ultérieure est impossible, la lésion est définitive. Après une rupture scléroticale, il est rare qu'une vision utile subsiste, et si une infection survient, l'œil est perdu. La gravité du pronostic augmente encore s'il y a un corps étranger inlra-oculaire. Toutefois, il ne faut pas désespérer d'un œil, même avec iridérémie complète, rupture scléroticale et expulsion du cristallin. Fuchs rapporte dans son manuel le cas d'un blessé par coup de corne de vache, qui après un traumatisme semblable des deux yeux, recouvrit une vision parfaite comme s'il avail été opéré habilement de la cataracte. J'ai publié deux observations analogues. Dans un troisième e;is l'œil se perdil au boni d'un an par décollement de la rétine.

Diagnostic. — On établira l'origine de l'iridodialyse. En médecine légale surtout, il importe de savoir s'il s'agil d'une iridodialyse congénitale, spontanée ou traumatique. Le traumatisme peul être facile à établir dans certains cas, mais dans d'autres, la contusion peu! n'avoir laissé aucune trace extérieure. Si l'accidenl esl récent ou aura pour se guider la résorption des hémorragies intra-oculaires cl en cas d'iridérémie traumatique, les fibrilles qui flottent dans la chambre antérieure.

Traitement. - S'il y a rupture de la sclérotique <>u s'attachera à faire une asepsie soignée de l'œil afin d'éviter l'infection. L<is hémorragies se résorbent spontanément .

Iris (Traumatismes). s'^

Kyste séreux de l'iris. - Consécutif à des plaies perforantes du globe. Il se développe dans le stroma de l'iris. Les parois sont constituées par du lissu irien raréfié el tapissées soit par de l'épi thélium (kystes épithéliaux, épiblastiques), soil par <l<' l'endothéliura (kystes endothéliaux, mésoblas tiques). La poche esl transparente, translucide, grisâtre. Le kyste se développe lentemenl el finit par envahir la région pupillaire H déterminer des troubles de la cornée lorsqu'il arrive au contact de relie membrane, ou des troubles el <l<is lésions du cristallin (subluxation,- opacification) lorsqu'il s'étend en arrière. Des accidents glauçomateux peuvenl survenir. L<> traitement consiste dans l'excision de la paroi de l'iris correspondant au kyste, H si l'iridectomie parle procédé ordinaire ne peul suffire, on pratiquera cette opération par le procédé du renversement cornéen.

Kyste perlé de Tiris. — Presque toujours consécutif à une plaie péné trante de la cornée et à la pénétration d'un bulbe pileux dans la chambre antérieure. C'est une inclusion épithéliale dans le tissu irien. Le kyste apparaît d'habitude longtemps après le traumatisme sous la forme dune petite saillie blanchâtre, nacrée, perlée, évoluant comme le kyste séreux et ju>liciable du même traitement.

Iritis traumatique. — S'observe après les traumatismes opératoires ou accidentels, la pression des masses crislalliniennes, la subluxation et la luxation du cristallin, les traumatismes du globe oculaire, les corps étrangers et les blessures de la cornée. L'inflammation peut se propager au corps ciliaire et à la choroïde.

Sous le nom àHritis toxique on comprend une inflammation spéciale de l'iris. Elle survient dans un œil dont le segment antérieur a élé irrité par un agent chimique, sans qu'il y ait blessure proprement dite: à la suite de brûlure de la conjonctive bulbaire, de brûlure superficielle de la cornée.

Déchirures du bord interne de l'iris. — Ces déchirures sont souvent très petites et ne s'observent qu'avec une loupe de 20d. La pupille est élargie, mydriatique. Cette mydriase ne doit pas être confondue avec liridoplégie traumatique. Il est rare que les ruptures iriennes aillent jusqu'au bord ciliaire (ruptures radiaires).

Renversement de l'iris. — Le traumatisme peut déterminer le renversement de l'iris en arrière; l'iris vient s'appliquer sur les procès ciliaires. Ce renversement simule un colobome ou une iridectomie.

Hypohéma. — A la suite de contusions du globe, de blessures accidentelles ou opératoires de l'iris, du sang peut s'épancher dans la chambre antérieure et se collectera la partie inférieure (hypohéma). Les dyscrasiques qui subissent une opération oculaire y sont prédisposés. La résorption se fait en général spontanément.

Hémorragies chorio-rétiniennes. — Elles surviennent à la suite de traumatismes crâniens, de traumatismes du globe, traumatismes accidentels ou opératoires. Les degrés sont variables: l'hémorragie peut être assez, abondante pour repousser la membrane chorio-rétiniennes. remplir le globe el se faire jour à travers la plaie du globe (hémorragie expulsive .

Hernie de l'iris. — Elle est la conséquence de certaines plaies pénétrantes de la cornée ou du limbe. Lorsque l'iris reste entre les lèvres de la

8G5 Isolement (Hygiène).

plaie, ne la dépasse pas ou à peine, il y a simplement pincement de l'iris : s'il la dépasse et l'ail une saillie brunâtre ou noirâtre, il y a hernie de l'iris.

Traitement. — Si la plaie est toute récente, remonte à quelques instants, si les probabilités de l'asepsie de la plaie sont très grandes, on peut se borner à la réduction de l'iris avec la spatule et faire des instillations d'atropine; mais si la plaie n'est plus toute récente et si l'on a quelque raison de penser qu'elle peut déjà être infectée, il faut exciser la hernie et cautériser avec le thermocautère.

Mydriase. Myosis. — Après les contusions du globe on observe parfois la mydriase ou le myosis (V. Pupille).

Traumatismes de la choroïde. — V. Sclérotique. PÉCHIN.

ISCHÉMIE. — V. Ramollissement cérébral.

ISCHIO-PUBIOTOMIE (OPÉRATION DE FARABEUF). — Opération ayant pour but l'agrandissement momentané du bassin oblique ovalaire avec ankylose sacro-iliaque unilatérale.

L'opération consiste à scier verticalement la branche pubienne et la branche ischiatique du côté ankylose en sectionnant les parties fibreuses qui pourraient s'opposer à i'écartement.

Elle n'a été pratiquée qu'une fois sur la femme vivante (avec succès pour la mère et l'enfant) par Pinard en 1892. a. COUVELAIRE.

ISOLEMENT HYGIÈNE). — L'isolement de tout malade atteint d'une affection contagieuse est la première des mesures prophylactiques à prendre pour éviter la diffusion de la maladie. Il existe différentes méthodes d'isolement.

Isolement à l'hôpital. — L'isolement individuel, dans l'hôpital, nécessitant un local spécial pour chaque malade, est le plus parfait des moyens d'isolement, à condition qu'il soit rigoureux, ce qui, dans les circonstances ordinaires, esl assez difficile à réaliser. Il n'en est pas de même de ['isolement collectif dans uni' salle <lixii>ic/<\ séparée <lu reste de l'hôpital, de malades atteints d'une même affection.

On peut encore procéder k Y isolement hors </<' Venceintedes hôpitaux généraux, en dirigeant les malades, soit sur des hôpitaux spéciaux pour chaque maladie transmissible, soit sur des établissements réunissant plusieurs de ces maladies Iransmissibles.

Visolemeni dans Venceinte des hôpitaux généraux est actuellement réalisé dans la plupart «les hôpitaux d'enfants. I)espa\ liions construits dans l'enceinte des hôpitaux généraux sont destinés à une maladie contagieuse. Chaque pavillon a SOI! escalier, son entrée, son jardin, sa Literie, sa lingerie. Nonne traiterons ici que de l'isolement individuel, à L'hôpital, cl à domicile.

V Î80 le nient individuel à V hôpital présente des difficultés pratiques Lelles, qu'il D6 faut le réclamer <jne dans les cas de nécessité absolue, c'est à-dire :

I" Dans les cas accidentels et toujours rares d'une maladie grave cl trans

missible :

2° Lorsqu'il \ a coïncidence, chez un même sujet, de deux maladies trans

v p m c. - IV

Isolement (Hygiène). 8 GO

missibles : la scarlatine el la diphtérie, la rougeole cl la broncho-pneumonie, ou celle-ci el la coqueluche, par exemple;

3° Lorsqu'une maladie suspecte, probablemenl Lransmissible, esl à son débul el qu'on ne sait encore dans quel service ou quel 1 1 *% j > î I ; » I doil cire

I ransporté le malade :

i' L'isolemenl individuel esl enfin le seul applicable aux malades atteints de septicémies chirurgicales; il a été également adopté dans les maternités de Paris, pour les parlurienles infectées.

Isolement individuel à domicile. Dans les villes qui possèdent un hôpital, <>n devra de préférence, si les circonstances le permettent, évacuer le plus vile possible tout malade atteint d'une affection contagieuse à l'hôpital spécial des contagieux, et désinfecter le logemenl du malade avec les objets lui ayant servi ou appartenu.

Mais, dans un grand nombre de cas, le transport est Impossible, soit qu'il n'existe pas d'hôpital à proximité, comme dans les campagnes, soit que le transfert ne soit pas accepté par le patient ou par son entourage. Le malade peul, d'ailleurs, n'être pas transportable.

11 faut donc pratiquer, du mieux que Ton peut, l'isolemenl à domicile.

L'isolement doit porter sur le malade et les personnes qui le soignent ; sur les objets à proximité du malade ou sur ceux qui auront été souillés par lui. Au cours de la maladie, l'isolement doit être combiné avec la désinfection: enfin, l'isolement doit être maintenu du début de la maladie jusqu'à la fin de la convalescence, où seront alors appliquées les mesures de désinfection proprement dite.

Il y a différents casa examiner, suivant la condition sociale des malade- :

1° Familles riches. — Supposons un cas de diphtérie survenant soit dans un vaste appartement, soit dans une maison particulière. S'il y existe une chambre de malade, on devra immédiatement y transférer le malade.

La chambre de malade. — Voici les principales dispositions que l'on adoptera : deux pièces contiguës sont indispensables pour l'établissement d'une chambre de malade. Un cabinet de toilette servant d'entrée, et la chambre proprement dite, formant cul-de-sac, c'est-à-dire munie d'une porte unique qui la fait communiquer avec le cabinet de toilette. Ces deux pièces seront situées à l'écart, le plus loin possible des chambres à coucher et des pièces de réception, à proximité de l'escalier de service et des cabinets d'aisances.

La chambre de malade devra être munie d'une cheminée, être bien aérée et éclairée. Les murs à angles arrondis et le plafond seront peints au ripolin blanc ou crème. Les fenêtres à deux vantaux n'auront pas de rideaux et seront garnies de volets intérieurs qui garantiront du soleil.

Le parquet, dallé en faïence de choix, sera recouvert en linoléum. 11 en sera de même pour le cabinet de toilette.

L'ameublement de la chambre se composera d'un lit de fer, sans rideaux, placé en lit de milieu, d'un guéridon et d'une table en fer sans tiroirs et de l ou 2 chaises cannées ou en bois courbé. On pourra y joindre un fauteuil en moleskine ou rocking-chair pour le garde-malade.

Cabinet de toilette. — Au point de vue du gros œuvre, loul ce qui a été dit

867 Isolement (Hygiène).

pour la chambre de malade peut s'appliquer au cabinet de toilellc aussi bien qu'au water-closet.

Le mobilier du cabinet de toilette se composera d'une longue table enfer, sans tiroirs, et de 2 ou 3 chaises en fer ou en bois verni et cannées ; de nombreuses patères seront fixées aux murs. Il contiendra également les récipients (cuvettes, seaux, bassin, brocs) destinés aux soins du malade et à la désinfection. Dans les villes où le tout-à-1'égout est pratiqué, c'est-à-dire où il y a une chasse d'eau suffisante, un water-closet sera placé dans le cabinet de toilette de la chambre de malade. Une baignoire en fonte é maillée pourra également y être annexée.

S'il n'y a pas de chambre de malade, le médecin devra de suite faire choix d'une pièce, retirée ou indépendante, à la condition expresse que cette chambre soit attenante à un cabinet de toilette ou à toute autre pièce qui servira d'entrée unique. En réalité, il faut non pas une, mais deux pièces. La chambre choisie pour y coucher le malade devra être spacieuse et munie d'une cheminée. On enlèvera tout meuble inutile : tentures, rideaux, tapis, meubles capitonnés, tableaux, objets d'art. Les murs devront être absolument nus. S'il existe des objets mobiliers on les recouvrira d'une cotonnade grossière, qu'on pourra, s'il est nécessaire, imbiber d'une solution antiseptique. S'il y a des tapis cloués, mêmes précautions. S'il n'y a pas de tapis on mettra du linoléum ou des toiles cirées sur le parquet.

Le mobilier, limité au strict nécessaire, sera analogue a celui indiqué à propos de la chambre de malade.

Dans la pièce voisine, transformée, si besoin est, en cabinet de toilette, on aura également enlevé tout le superflu, et nettoyé tout de fond en comble. On retire les tablettes, on vide et on lave les tiroirs; on ne laisse rien que les objets nécessaires : seaux, cuvettes, brocs à solutions antiseptiques en porcelaine ou en grès, grosses brosses à mains, savons et cureongles. La brosse à dents, la brosse et le peigne du malade tremperont dans une solution antiseptique.

Sur une table spéciale, recouverte de linges, ou placera les serviettes et le linge de rechange pour le malade et son lit. Les sarraux, les blouses destinés au médecin ou au garde-malade seront pendus à des crochets.

Il y aura également les outils de nettoyage, balai, de crin de préférence, et morceaux de toile de coton pour garnir le balai, brosses et éponges, qui ne devront jamais sortir du cabinet de toilette. Doux seaux, contenant une solution antiseptique, seront destinés, l'un au linge, l'autre aux déjections du malade

11 y aura aussi des chaussures de chambre pour la garde. Elle les mettra, en même temps que son sarrau cl que le bonnel couvre-tête, axant de péûé trer dans la chambre d'isolement,

Tout linge, tout objet sortant de celle chambre ou du cabinet de toilette

devront cire désinfectés. De même les latrines devront être tous les jours désinfectées. On placera dans les cabinets d'aisances des brocs remplis d'une solution antiseptique Forte, dont on versera une forte quantité dans le seau contenant les matières; <>n attendra un quart d'heure avant de vider le

-eau dans la fosse d 'aisances.

Isolement (Hygiène). 868

Gardes-malades. On affichera dans le eabinel d<> toilette une instruction pour les gardes-malades, leur enjoignant de laisser dans l'antichambre loui vêtement superflu, cl de n'entrer qu'avec l<" stricl nécessaire dans le cabine! <l«' toilette. Là ils devront passer un sarrau <>u une grande blouse fermée au col el aux poignets. Les femmes se couvriront les cheveux d'un bonnet, Les hommes porteront un calot. Il- devront mettre des chaussures de chambre. Avant d'entrer, ils se laveront les mains avec soin, à l'anie d'un savon antiseptique et se cureront les ongles.

A la sortie de là chambre d'isolement, ils se laveront les ni;iins: leurs chaussures, semelles et empeignes, seront essuyées avec un chiffon mouillé d'une solution antiseptique. Ils se laveront la barbe et passeront un*' brosse avec une solution antiseptique clans leurs cheveux. Les femmes quitteront leur bonne l. Les dents seront également lavées et la bouche sera rincée soigneusement avec une solution antiseptique, telle que le thymol (*). Le garde-malade devra sortir une à deux heures par jour.

Médecin et visiteurs. — Toute visite devrait être prohibée. En loii> cas, il y aura le moins possible de visiteurs. Comme le médecin, ils devront laisser leurs vêtements de dessus dans l'antichambre, ainsi que leurs chapeaux et leurs gants. Ils revêtiront un sarrau dans un cabinet de toilette e! ne toucheront à rien dans la chambre. En sortant, ils prendront les mêmes soins que les gardes. Ils se laveront la figure et les mains, et se désinfecteront la bouche. On passera un chiffon mouillé sur leurs chaussures.

2° Hôtels de voyageurs. — Garnis. — On y prendra les mêmes précautions que dans une maison particulière, en choisissant deux chambres, les plusretirées possible; il faut, bien entendu, qu'il n'y ait qu'un seul accès par le cabinet de toilette, sans quoi toute précaution prise devient illusoire. Le mieux est de faire transférer le malade, s'il est transportable, dans une maison de santé et de faire tout désinfecter, aussitôt que possible.

3° Familles pauvres. — Supposons que le domicile se compose dune pièce unique. Dans ce cas, si fréquent à la ville et à la campagne et qui constitue un problème en apparence insoluble, on peut faire un isolement relatif et il faut le faire quand même.

Voici comment on doit procéder. On éloigne les enfants, dans la mesure du possible, en les envoyant chez des parents ou chez des voisins. On place je lit. en dehors des allées et venues, et on l'isole du reste de la chambre, en tendant des cordes tout autour, sur lesquelles on placera des draps tombant jusqu'à terre, le lit sera p.lacé ainsi au centre d'une petite chambre intérieure.

On pourra asperger d'une solution antiseptique les .draps ainsi disposés qui sépareront les deux lits, s'il en existe un second. Dans l'intervalle réservé il y aura un seau avec un broc rempli d'une solution antiseptique. Une seule personne de la famille doit rester pour veiller le malade. Si la maladie dont il s'agit est une de celles où la récidive est très rare ou exceptionnelle, on choisira de préférence une personne ayant déjà eu cette maladie. Elle devra passer par-dessus ses vêlements un sarrau en tissu de

1. Quelques gouttes d'une solution alcoolique saturée de thymol dans an demi-verre d'eau constituent an des meilleurs antiseptiques buccaux.

8(39 isolement (Hygiène).

fil ou de coton (une grande blouse, par exemple), qu'elle quittera quand elle sortira. Elle se lavera les mains dans une solution antiseptique. Le plancher sera lavé au moins une fois par jour en passant dessus un balai recouvert d'un torchon imbibé d'une solution antiseptique. Le balayage à sec devra être proscrit. Un bon procédé de balayage consiste à répandre de la sciure de bois mouillée ou de l'herbe verte eoupée menu, imbibés d'une' solution antiseptique. On brûle les balayures quand elles ont passé sur le plancher. On passera une éponge sur les murs.

Aucune provision de bouche ne devra rester dans la chambre. Les récipients contenant des liquides, tels que bouillon, tisanes, destinés au malade seront bouchés avec un tampon d'ouate renouvelé tous les jours.

Il ne faudra pas manger dans la chambre et, autant que possible, ne pasy l'aire cuire d'aliments.

L'isolement est un acte de préservation, de défense sociale. 11 a pour but d'empêcher l'extension d'une épidémie1, ta propagation d'une maladie contagieuse. Or, ce n'est pas seulement en empêchant, dans la mesure du possible, tout contact entre la personne infectée et les individus sains qu'on peut atteindre ce but. Les soins donnés au malade, une propreté minu lieuse, la destruction des germes pathogènes contenus dans les déjections, les crachats, etc., concourront d'une façon efficace à L'œuvre de prophylaxie que l'on se propose d'accomplir.

Le malade sera donc lavé au réveil, il se rincera la bouche avani cl après chaque repas. L'anus et le siège seront nettoyés après chaque selle, avec une solution antiseptique. On se servira de tampons d'ouate hydrophile que l'on jettera, après immersion dans une solution antiseptique. Si l'on se sert d'une éponge, elle sera désinfectée après chaque opération et mise dans un bocal spécial. Les crachoirs, les vases de nuit seront tenus dans un état de parfaite propreté et garnis d'une solution antiseptique. Le malade ne devra jamais cracher dans un mouchoir.

La durée de l'isolement est variable, suivant les maladies. Les soins de désinfection devront, dans certains cas, persister pendant la convalescence, en particulier pour les selles des lyphiques qui ne devront pas être déversées dans (\c<, Latrines communes encore, Longtemps après que le malade sera sorti du lit; il en est de même dans la scarlatine et la diphtérie.

Pour les scarlatineux, un isolement de 50 jours semble un minimum. A l'hôpital, on ne doit autoriser la sortie' d'un convalescent de diphtérie, qu'après s'être assuré par un examen bactériologique que sa gorge el son nez ne conliennenl plus de bacille de Lol'ller.

La période de contagiosité, pendant la convalescence, esl d'environ sept semaines pour la variole, la scarlatine, la fièvre typhoïde cl la diphtérie; de •J à 5 semaines pour h' choléra, les oreillons cl la rougeole.

Isolement d'office de malades atteints de maladies contagieuses. - Une des prescriptions les plus essentielles du règlement sani- Laire est celle qui a trait à l'isolement d'office des maladies contagieuses. Elle se trouve formulée à L'article 55 du règlement modèle A. élaboré par le Comité consultatif d'hygiène de France.

Art. :»:». - Tout individu atteinl d'une <!«> ces maladies prévues aux articles qui pré-

Isolement (Thérapeutique). 870

cèdent sera i-<»i<'- « i * * telle sorte qu'il ne | » 1 1 i — < ' propager cette maladie par lui-même • ni par ceux <i"' sonl .1 j »| h'I<— à le Boigner. L'isolement Bera pratiqué ><>ii à domicile) soil dans un local spécialement aménagé A cel effet, ><>ii à l'hôpital.

Partout où celle disposition aura élé Insérée dans le règlement sanitaire

pris par le maire, en exéeulion de l'article I" de la loi sur l;i santé publique.

il sera facile de parer au danger signalé en appliquant l'article 3 de

celte loi.

Cel article esl ainsi conçu :

Art. 3.— lai cas d'urgence, c'est-à-dire en <;i- d'épidémie ou d'un autre danger imminent pour la santé publique, I*' préfet 1 ><m 1 1 ordonner l'exécution immédiate, i<>n- droits réservés, des mesures prescrites par les règlements sanitaires prévus par l'article l". L'urgence doit être constatée par un arrêté <ln maire et, à ^<»n défaut, par un arrêté du préfet, que ce1 arrêté spécial s'applique à une ou plusieurs personnes ou qu'il s'applique à tous le^- habitants de la commune.

Toutefois une remarque s'impose : le maire seul n'est pas compétent pour ordonner la mesure dont il s'agit. Etant donnée la gravité de la mesure, au point de vue de la liberté individuelle, la loi a réservé au préfet le droit de statuer en pareil cas. WURTZ et BOURGES.

SOLEMENT (THÉRAPEUTIQUE). — L'isolement, ou éloignement du malade de son entourage habituel, du milieu dans lequel sa maladie a pris naissance et s'est développée, joue un grand rôle dans le traitement de toutes les affections où l'élément mental occupe une place prépondérante. Charcot en a maintes fois indiqué les multiples avantages.

Le malade, dont la vie se trouve simplifiée et régularisée, est souslrail à toutes les causes d'excitation ou de dépression qui résultent de ses occupations et de ses habitudes; il cesse d'être en contact avec un milieu où tout, jusqu'aux choses les plus minimes, lui rappelle constamment ses souffrances, ses idées fixes ou ses idées délirantes. En allant dans un nouveau séjour, il « renouvelle en quelque sorte son imagerie mentale » (Ballet).

Le psychopathe a toujours une tendance fâcheuse à rechercher ses pareils; mais, même quand il s'agit d'individus bien équilibrés, l'éloignement du malade de son entourage habituel, parents et amis, n'en est pas moins très important. Avec les meilleures intentions, ils exercent, parleur inexpérience, une influence généralement nuisible : les uns font preuve d'une tendresse exagérée et, toujours prêts à excuser toutes les fantaisies du malade, cultivent et aggravent inconsciemment ses troubles psychiques : les autres, ne comprenant rien à ses lamentations ou à ses angoisses, le considèrent comme un malade imaginaire et l'exaspèrent par leur indifférence ; d'autres, trop zélés, en luttant à faux conlre ses idées délirantes ou ses manies, les enracinent davantage et, agacés de le trouver insensible aux arguments les plus logiques, se lancent dans des discussions aussi irritantes que nuisibles. Tous enfin manquent de l'autorité el de l'énergie nécessaires pour lui imposer une règle de conduite indispensable.

Parfois, il arrive (pie des aliénés devenus à charge à la famille, traités en parias par elle, sont l'objet d'un manque de soins révoltant (séquestration dans les familles).

L'isolement doit également être considéré comme une mesure de protec-

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tion non seulement contre les violences auxquelles peut se livrer sur son entourage ou sur lui-même tout aliéné dangereux on ayant des idées de suicide (V. Internement), mais surtout contre l'influence si pernicieuse qu'exerce tout psychopathe sur la mentalité des personnes qui vivent avec lui : la contagion n'est pas rare chez les sujets prédisposés. « Il n'est souvent point de succès possible, dit Weir Mitchell à propos du traitement de la neurasthénie féminine et de certaines formes d'hystérie, que l'on n'ait arrêté ce drame quotidien qui se joue dans la chambre de la valétudinaire, que l'on n'en ait fini avec cet égoïsme et ce besoin impérieux de sympathie et de tolérance. Insistons donc sans hésitation pour obtenir ce changement, car non seulement nous agissons dans le plus grand intérêt de la malade, mais encore dans l'intérêt de son entourage. Une jeune hystérique... est un vampire qui suce le sang des personnes en bonne santé qui l'entourent : et j'ajouterai que là où se trouve une jeune hystérique se trouveront probablement tôt ou tard deux femmes malades. »

Enfin l'isolement bien compris met le malade sous l'autorité exclusive du médecin. Il est utile qu'il se sente dirigé, et plus il sera soustrait aux influences extérieures, plus il sera sensible au traitement moral. L'isolement, dans beaucoup de cas, est le complément nécessaire de la psychothérapie (v. c. m.).

Cette séparation peut être réalisée de différentes façons. Pratiquée dans la maison même du malade, elle est incomplète et, sauf pour la chorée, pour certaines confusions mentales, donne rarement de bous résultats. Les voyages avec un compagnon choisi ou avec un médecin ne conviennent qu'à un petit nombre de cas (convalescences; neurasthénie à forme cérébrasthénique) et sont contre-indiqués dans la plupart, en particulier dans la mélancolie où les pérégrinations ne font que fatiguer un malade qui n'aspire qu'au repos. Un séjour à la campagne est parfois suffisant; malheureusement l'isolement est difficile à réaliser convenablement dans une maison particulière, et les soins et surtout la direction médicale laissent souvent à désirer. Le placement familial individuel, utilisé pour les aliénés convalescents et pour les aliénés chroniques inoffensifs, es! à rapprocher de ce mode de traitement. Le plus souvent, il sera préférable d'avoir recours à un établissement spécial, pincé sous une surveillance médicale constante, c'est-à-dire de conseiller, suivant les cas. un séjour dans un établissement hydrothérapique (m l'internement (v. c. m.) dans une maison de santé (asile d'aliénés ou succédanés : colonie agricole, colonie familiale).

La rigueur el la durée de l'isolement sont des plus variables; la nature de la maladie, son intensité et son étiologie, le caractère du malade cl de son entourage, sa position sociale môme, sont autant d'éléments à considérer : on se gardera, aussi bien pour les névroses cl les psychoses que pour toutes les maladies en général, <\(xs traitements hop systématiques.

Indications. Il est souvent indiqué de recourir à l'isolement dans le cours des névroses el des psycho-névroses : malgré les craintes des familles, H est parfaitement supporté par la plupart des malades qui s'habituent très rapidement à leur nouvelle existence. Weir Mitchell a montré tout le parti qu'on pouvait en tirer pour le traitement de la neurasthénie féminine ci de

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certaines formes d'hystérie, • de oe groupe considérable cl si difficile à manier de femmes émotives, à sang trop clair, j >< *u i- lesquelles un mauvais étal de santé es! une habitude ancienne, on pourrai! presque < 1 i i< - chérie Dans l.-i cure de Weir Mitchell, l'isolement, combiné au repos complet (V. Alitement), au massage, à l'électrisation faradique des muscles el à un régime alimentaire spécial (régime lacté, puis suralimentation), esl rigoureux, la malade étant réduite à la société de son infirmière el n<' recevant que les visites de son médecin; sa durée esl de deux ou trois mois. Cette cure, pins ou moins modifiée, rend les j>1 us grands services chez les malades amaigris et très déprimés.

L'isolement esl surtoul utile dans le traitement de Y hystérie : il en serait même l'élément principal pour Charcot. « Le l'ail seul d'avoir obtenu l'isolement constitue une sorte de victoire morale qui place l'hystérique sous la domination exclusive du médecin. Celui-ci n'a pi us qu à profiter de ce premier succès en faisant suivre avec une rigoureuse exactitude le traitement qui lui paraît indiqué » (Pitres). L'isolement, absolu dès le début, sera prolongé le nombre de semaines et au besoin de mois nécessaire; les lettres, les visites, puis les sorties dans la famille ne seront autorisées que prognsivement. Sans recourir à une cure de Weir Mitchell intégrale, il est souvent indiqué de prescrire le repos au lit pendant un lemps variable, quinze jours, un mois ou plus suivant les cas.

On ne saurait trop insister sur l'importance de l'isolement dans ['anorexie mentale, qu'il s'agisse d'une hystérie monosymplomatique ou d'un trouble mental d'autre nature. L'éloignement de l'entourage et du milieu suffit parfois à lui seul pour amener une guérison rapide.

Dans la neurasthénie (en dehors de la forme dite « féminine », suri oui remarquable par l'intensité de l'asthénie, de l'atonie gastro-intestinale el des troubles de nutrition et qui est justiciable d'une cure rigoureuse d'isolement et de repos), un abattement moral trop profond, des préoccupations hypocondriaques persistantes, des phobies, des crises d'anxiété, la présence d'un entourage trop compatissant ou au contraire trop indifférent, sont autant d'indications pour conseiller un isolement dont la durée et la rigueur varieront avec chaque cas.

Enfin chez les tiqueurs, les choréiques (V. Chorée) (généralement isolement relatif dans la maison du malade), les malades atteints de goitre exophtalmique avec troubles psychiques, la séparation d'avec la famille sera souvent un adjuvant très utile pour le traitement.

Chez les obsédés, l'isolement est parfois nécessaire, surtout pendant les paroxysmes. Par contre l'internement dans la maison d'aliénés esl plutôt mauvais ; en dehors de quelques cas où le malade, épouvanté par ses obsessions impulsives, ne se sent rassuré contre lui-même que par la claustration, on le réservera aux malades atteints d'obsessions impulsives à caractère grave (dipsomanie, pyromanie, obsession homicide, obsession suicide, etc.).

Dans les psychoses, l'isolement devra être pratiqué le plus tôt possible, dans l'intérêt même du malade, toutes les fois qu'il s'agira d'une forme aiguë et curable (manie, mélancolie, par exemple. Dans les psychopathies

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chroniques el incurables, son utilité est moins nette au point de vue thérapeutique et ce seront d'autres considérations, telles que l'impossibilité pour la famille de s'occuper suffisamment du malade, et surtout le caractère dangereux de ses tendances morbides, qui nécessiteront l'internement. Sauf dans les cas de très grande agitation, dans lesquels il pourra être indiqué de recourir, pendant un temps aussi court que possible, à un isolement rigoureux dans une chambre spéciale, il ne s'agira le plus souvent que d'un isolement relatif.

L'isolement est inutile dans les délires toxiques accidentels et transitoires (autres que le délire alcoolique, la morphinomanie) ; il est absolument contre-indiqué dans les délires des affections fébriles. Son opportunité dans la confusion mentale est très discutée. « Le changement de milieu ne peut agir que défavorablement en augmentant la désorientation, la confusion des idées, qui s'accroît tout naturellement lorsque le malade est transporté brusquement loin des choses et des personnes qui lui sont familières. Cela n'empêchera pas de prescrire, comme dans une maladie ordinaire, le repos le plus complet, l'isolement et la suppression des visites, mais il faut maintenir le malade en contact avec sa famille. Cela est important pour les intervalles lucides, plus ou moins marqués ou fréquents suivant la forme, et surtout pour la période où le malade, cherchant spontanément à s'orienter, est remis peu à peu dans la bonne voie par la vue des objets qu'il connaissait (Chaslin) ». Néanmoins, quand le confusionnel est trop agité, quand la famille est dans l'incapacité de lui donner les soins nécessaires, le placement dans une maison de santé devient indispensable. L'isolement, très relatif, sera aussi court que possible.

Par contre, son utilité est incontestable pour le traitement des toxicomanies et des intoxications chroniques (alcoolisme, morphinomanie, cocaïnomanie, etc.), et ce n'est le plus souvent que dans un établissement spécial que le malade pourra trouver la surveillance et la direction nécessaires à la réussite de sa cure.

En ce qui concerne les aliénés proprement dits, le mot isolement a deux sens : il signifie d'abord éloignement du milieu familial, généralement nécessaire, el ensuite isolement dans l'intérieur de L'asile qui doit être le plus possible évité. Les malades placés des mois et des mois dans des cellules, même décorées du nom de chambres d'isolement, y deviennent farouches, inaccessibles, hostiles, malpropres. I >ans certains services, depuis l'emploi systématique de l'alitement, on esl parvenu à ne plus utiliser les chambres d'isolement. Mais c'est là une question de nombre et de valeur du personnel d'infirmiers. Enfin, il esl des malades tellement impulsifs que pendant de Longues périodes le médecin esl parfois, malgré lui, obligé de les séparer des autres, mais ce n'esl plus là du traitement, c'est une question de sécurité. BRÊi V TRI SEL,

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