‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 89 sur 91 · II. LENORMANT · texte numérisé non relu

II. LENORMANT

JOUE (CANCER). — Il ne s'agit ici que du cancer de la muqueuse; le can croïde cutané, je l'ai dit, ne doil à son siège ju gai rien de particulier.

Étiologie. - L'âge cl le sexe oui la même influence que pour les autres cancers de la bouche : l'homme est atteint dans la proportion de I I fois sur

12 (Moreslin . surtout <le 10 à 60 ans.

Comme à la langue, on a incriminé, à juste titre, les lésions dentaires cl la leucoplasie, peut-être aussi le tabac, agissant comme cause de Leucoplasie.

Lésions. Le siège d'élection du cancer est le cul-de-sac gingivo-génien inférieur (Morestin); plus parement il débute au niveau de la ligne interdentaire; jamais il n'envahit le cul-de-sac gingivo-génien supérieur.

Le néoplasme remonte peu vers la partie supérieure de la j<>iic. mais il envahit rapidement, en dedans, la gencive ci le maxillaire inférieur, en v i' v < i\ :,7

Jumeaux. 89N

dehors, toute l'épaisseur de l;i joue j • i — < j 1 1 à la peau, aboutissait! parfois à la perforation complète.

Les ganglion* sous-maxillaires, puis ceux de la fosse ptérygoïdienne ( Par tsch) sont précocemenl envahis.

Symptômes. Le <l<''l>nl csl souvenl latent, el les malades <|ui ue soufTrenl guère, ou même j>;is «lu tout, n<' viennent consulter que quand l'envahissemenl <lc la mâchoire les ;i rendus inopérables (Morestin).

L'intégrité du plancher buccal, 1;» conservation d'une bande de muqueuse saine au niveau < 1 1 1 cul-de-sac gingivo-génien supérieur, permettent à la phonation, i\ la mastication et ;i J;i déglutition de rester d'abord possibles.

Plus Lard, la joue devienl entièrement rigide et le malade ne peut plus ouvrir la bouche; 1rs phénomènes inflammatoires (abcès, périoslite du maxillaire, érysipèle),^jui sont fréquents au voisinage du néoplasme (Morestin), el les compressions nerveuses par les ganglions ptérygoîdiens envahis expliquent la violence <les douleurs.

L'alimentation est alors impossible, le cancer ulcéré empoisonne le malade et la cachexie ne tarde pas à arriver. La perforation de la joue, avec l'écoulement continuel de salive qui en résulte, est l'indice d'une fin prochaine

L'examen local par la vue et par le toucher est quelquefois difficile, en raison de la constriction des mâchoires. Il révèle l'existence d'une tumeur dure, ligneuse, ulcérée et saignante, présentant les mêmes caractères que les autres cancers de la bouche. Plus lard, la joue tout entière est transformée en une masse rigide, adhérente au squelette, recouverte d'une peau violacée, prête à s'ulcérer elle-même.

Les ganglions sous-maxillaires sont indurés et présentent parfois <\^> poussées aiguës infectieuses, analogues à celles qui sont décrites dans l'adénopalhie du cancer de la langue (v. c. in.).

Le diagnostic est toujours facile, car on n'observe guère d'ulcérations de la muqueuse de la joue en dehors du cancer : la tuberculose y est exceptionnelle, et je ne crois pas qu'on y ait jamais rencontré d'ulcération gommeuse.

Pronostic. — Il est extrêmement grave. La mort est fatale et survient rapidement.

La chirurgie n'améliore guère ce pronostic : plus de la moitié des malades sont inopérables lorsqu'ils viennent consulter (Morestin) et. sauf une survie de 3 ans dans un cas de Peyrot, toutes les opérations publiées ont été suivies de récidive dans le cours de la première année.

Traitement. — Lorsque l'ablation complète du mal est possible, il faut cependant la tenter. L'opération est toujours complexe et il faut parfois réséquer une partie du maxillaire. La brèche laissée par celle large exérèse sera comblée par une autoplastie à double plan de lambeaux (génoplastie).

La gravité immédiate de ces opérations est considérable et leurs résultais éloignés, je l'ai dit, ne sont pas en rapport avec les efforts du chirurgien.

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