FRANÇOIS MOUTIER
OSTÉOPSATHYROSE. — V. Maladie de Lobstein.
OTHÉMATOME. — V. Oreille.
OTITE EXTERNE. — C'est souvent une otite furonculeuse confluente, en nappe, ou un eczéma aigu, ou une périostite du conduit osseux, primitive ou consécutive à une inflammation de la caisse, ou de l'apophyse mastoïde. Les téguments sont soulevés par la collection purulente, le conduit est déformé, tordu, extrêmement douloureux au moindre attouchement ou au moindre mouvement déplaçant les cartilages atteints de périchondrite. Cette inflammation peut compliquer la diphtérie, l'érysipèle, la scarlatine, la variole, etc.; mais le plus souvent elle n'est qu'un prolongement d'otorrhée chronique.
Les téguments s'épaississent et restent souvent déformés après la fin de la période aiguë; le pus peut fuser vers la parotide ou l'articulation temporomaxillaire, contre la paroi crânienne, et vers les gros vaisseaux du cou.
Le pronostic est peu grave en général dans les formes aiguës, à résolution franche; mais dans les formes chroniques et torpides, il exige de grandes réserves, car toutes les propagations, toutes les émissions purulentes les plus lointaines sont possibles.
Le traitement, ici encore, doit user de la levure, des sangsues; le collargol produit de bons effets. En cas de nappes et de fusées perceptibles, il faut débrider et inciser profondément, et traiter l'oreille comme dans le cas d'une plaie compliquée.
Périchondrite. — Inflammation des cartilages du conduit, le plus souvent consécutive à une otite moyenne suppurée, donnant lieu en général à des abcès des régions circonvoisines fusant sous les aponévroses, empâtant Les téguments, les régions temporale, mastoïdienne, parotidienne, etc. Ces collections aboutissent presque invariablement à l'ouverture à traversées téguments, après avoir décollé el abaissé le pavillon, plus ou moins obturé le conduit : la douleur est vive lanl que les collections ne se sont pas fait place en décollant les divers tissus. Quelquefois, la fistulation persiste et il faut alors aller à la recherche des parties nécrosées et les enlever. La propagation à L'endocrâne csl exceptionnelle.
Otite furonculeuse. — Elle csl souvent très douloureuse avec température parfois élevée, irradiations superficielles et profondes, retentissement
Otite externe. 210
nerveux considérable, labyrinthisme el méningisme. Le furoncle du conduit es! dans certains cas plus douloureux el plus effrayant que l'otite moyenne; ce n'esl pas la règle, mais il ne faut pas ignorer qu'il en esl parfois ainsi.
Le furoncle esl presque toujours produil par une excoriation de la peau du conduit par l'ongle, dans des cas de pruril cérumineux ou eczémateux, d'otorrhée chronique, etc.
Le furoncle peu! apparaître sur tous les points de la paroi du conduit, el s'il esl volumineux, il distend cette paroi, écarte les fragments cartilagineux, étale sa base en déformant notablement les parties molles. Mais il laul encore savoir que les plus gros furoncles ne sont pas toujours les plus douloureux.
Quand le furoncle est superficiel, sa pointe se dessine cl s'observe souvent sans l'aide du spéculum; il mûrit alors en quelques jours, el les douleurs s'exaspèrent, très pénibles dans leur localisation, pour tomber subitement lors de son ouverture. Quand il est profond, sa localisation se définit mal au patient; tout le conduit est déformé, déjeté, et toute la moitié de la tête semble uniformément douloureuse. Les mouvements de la mâchoire, i\r> muscles auriculaires, du pavillon et de la peau du crâne sont très pénibles. La douleur s'exagère jusqu'au moment de la rupture, el l'empalement persiste longtemps.
Le plus souvent les premières démangeaisons provoquées par le furoncle ont déterminé des grattages, et de nouveaux furoncles apparaissent au voisinage du premier. Ce sont alors de véritables cratères confluents, el un empâtement de toute l'oreille extrêmement pénible pour le malade, car il y a toujours un ou plusieurs furoncles prêts à s'ouvrir.
Les récidives sont fréquentes, car le traitement, quand il a été pratiqué, est en général abandonné quand cessent les douleurs, et la lave microbienne reste desséchée au contact des téguments. Il est naturel que l'étal général, diabète, cachexies diverses favorisent l'apparition el la réapparition de la furonculose.
Le diagnostic est en général facile quand le furoncle est proche du méat. Cependant, dans certains cas de ce genre, le furoncle, avant de s'ouvrir, distend les téguments en une véritable poche purulente, d'aspect arrondi el presque pédicule, que Ton prendra pour un polype ou un corps étranger. Tantôt le bourbillon issu du furoncle reste compael, tantôt il devient rapidement fluent, el l'on croit à une suppuration de l'oreille moyenne, tant l'écoulement s'est montré subitement abondanl après la cessation des douleurs.
Le pronostic est en général bénin, malgré les récidives qu'il faut prévoir, et des complications telles que la paroi idile et parfois des métastases loinlaines.
Le traitement du furoncle lui-même est presque nul; quand le furoncle n'est pas mûri, l'incision n'est qu'une brèche forcément septique au sein des lissus s'efforçant de circonscrire et d'expulser la collection purulente, et elle retarde souvent le processus sans l'arrêter; quand le furoncle est prêt .1 s'ouvrir, l'incision ne fait que hâter le soulagement aux douleurs, qu'elle
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l'ail cesser immédiatement ainsi que la poussée fébrile; mais elle est ellemême très douloureuse et nécessitera parfois l'anesthésie totale. De plus, elle est rarement bien faite et peut ouvrir à la pénétration des germes septiques des tissus où s'accumulaient les efforts de défense et d'expulsion. L'incision superficielle, précise, qui ne fait qu'ouvrir le cratère et donner issue au pus, ne suffit généralement pas à laisser passage au bourbillon. Une incision trop profonde enlame trop de tissus; en fait, l'incision soulage surtout par la saignée locale; elle calme la douleur, fait cesser la distension des lissus, mais n'est utile que dans les cas de collections en nappes cl profondes : en revanche, elle n'est pas toujours sans danger.
Le traitement aborlif consiste dans l'administration immédiate de levure de bière ou du ferment de raisin, qui coupe dans beaucoup de cas la série des furoncles successifs, et éteint le processus. Les applications de sangsues au voisinage de l'oreille, les irrigations assez chaudes, ou une mèche de coton hydrophile introduite dans le conduit et fréquemment imbibée d'eau coeaïnée au 0,01 et chaude, faisant calaplasme, calmeront les douleurs en décongestionnant les tissus et en préparant l'expulsion.