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PANNUS ÉPAISSISSEMENT DE LA CORNÉE) Y. KÉRATITES

PANOPHTALM1E. — V. lions.

PANSEMENTS. — Nous étudierons seulement le pansement des plaies accidentelles, renvoyant, pour le pansement des plaies opératoires, aux artieles asepsie et antisepsie.

La technique de ces pansements vient d'être complètement modifiée par l'emploi delà teinture d'iode qui a donné de merveilleux résultats au professeur Reclus, particulièrement dans le traitement des plaies infectées ded mains et des doigts. Comme, d'autre part, le pansement à la teinture d'iode est d'une simplicité en quelque sorte idéale, nous ne saurions trop recommander au praticien de l'employer systématiquement dans presque Ions les cas.

Teinture d'iode. — La solution employée est la teinture d'iode au 1 lu du nouveau Codex; cette solution doit être fraîche, et ne dater que de huit jours au plus. M. Reclus a remarqué que les pansements sont douloureux, et souvent suivis de vésication et de brûlure lorsqu'on emploie de la teinture d'iode préparée depuis longtemps. En effet, la teinture diode ancienne, même conservée dans des flacons bouchés et à l'abri de la lumière, renferme toujours une quantité plus ou moins grande d'acide iodhydrique très caustique qui produit des accidents d'irritation et de brûlure. 11 est donc indispensable de se servir de teinture d'iode fraîchement préparée. Pour cela, le mieux est de faire la solution soi-même au moment de s'en servir : on trouve dans le commerce des tubes renfermant 1 gramme d'iode et 10 grammes d'alcool qu'il suffit de mélanger pour obtenir extemporanément 10 centimètres cubes de teinture d'iode fraîche. Il est nécessaire de se servir uniquement d'alcool rectifié à 90°, qui, seul, ne contient pas d'acétone si fréquent dans les alcools secondaires d'un prix inférieur.

Le matériel de pansement est extrêmement simple : le malade étant couché ou simplement assis, on se borne à placer près de lui sur un plateau un verre contenant la solution de teinture d'iode, une pince, quelques compresses aseptiques, un peu d'ouate hydrophile el une bande.

La technique toujours des plus simples sera cependant un peu variable suivant les cas :

1° II s agit de panser une plaie accidentelle assez régulière et paraissant peu infectée :

On se borne, sans aucun lavage préliminaire, à passer sur la plaie une couche de teinture d'iode, soit en versant directement la teinture sur la plaie, soit mieux en badigeonnant la plaie à l'aide d'un tampon de colon monté sur nue pince. On laisse sécher une ou deux minutes, puis si les lèvres de la plaie paraissent avoir tendance à se rétracter, on les rapproche

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au moyen de deux ou trois fils assez éloignés pour permettre un facile drainage de la plaie. Sauf exception, il ne faut jamais réunir complètement une plaie accidentelle qui est toujours plus ou moins infectée.

Ceci fait, on recouvre la plaie avec deux ou trois compresses aseptiques, on entoure dune couche d'ouate et on assujeltità l'aide d'une bande assez serrée pour exercer une certaine compression sur les tissus. Il faut toujours mettre assez d'ouate pour pouvoir maintenir le pansement sans que la compression soit gênante, mais il ne faut pas exagérer et ne pas faire pour une plaie insignifiante un pansement énorme qui serait coûteux et générait le malade.

Si la plaie paraît très peu infectée, ce pansement pourra être laissé en place quatre à six jours. Durant cet intervalle, le pansement devra d'ailleurs itre surveillé avec soin, il faudra le renouveler immédiatement s'il est souillé de pus ou de sérosité ; si la température du malade s'élève au-dessus de la normale, si le malade se plaint de douleurs vives et lancinantes au niveau de la plaie, ou bien si on voit à la périphérie du pansement des traînées de lymphangite.

Même en dehors de ces accidents en cas de plaie étendue, et surtout s'il y a à la surface un léger suintement sanguin, il sera préférable au début de refaire le pansement tous les deux ou trois jours pour passer une nouvelle couche de teinture d'iode.

2° Plaies contuses irrégulières avec tissus dilacérés, arrachés, découvrant des tendons à nu et des gaines ouvertes.

Le pronostic de ces lésions est toujours sérieux, car ces plaies s'infectent constamment, ri sont fréquemment suivies de phlegmons et de gangrène.

La thérapeutique classique consiste à savonner et à brosser les lambeaux cutanés et le foyer lui-même, puis à compléter la désinfection par des applications d'alcool et d'eau oxygénée. Ensuite, on applique un pans e m en I humide formé de plusieurs compresses de tarlatane imbibées d'une solution antiseptique, par dessus lesquelles on place un morceau de taffetas imperméable et une épaisse couche d'ouate maintenue par une bande de tarlatane.

Celle thérapeutique, bien que fournissant assez souvenl de bons résultats, présente de nombreux inconvénients : 1° Le nettoyage el le brossage de la plaie sont extrêmement douloureux, si bien que souvent, on se trouve en présence de cette alternative : ou d'endormir le malade, ou de se contenter dune désinfection partielle; L2° Le brossage, même très minutieux, atteint diffïcilemenl les clapiers et les anfractuosités de la plaie; de plus, il risque ■'ouvrir les vaisseaux superficiels, el de ramener sur le loyer delà plaie les souillures que présentent les téguments voisins; 5° Enfin, malgré sa brutalité, ce nettoyage esl souvenl insuffisant dans les plaies profondément jnfectées, en particulier dans les plaies de la main el «les doigts chez des puvriers dont la peau esl souvenl souillée de cambouis el de matières grasses presque impossibles à enlever par un seul nettoyage

L pansement à la teinture d'iode préseule au contraire les multiples avantages d'être beaucoup plus simple, plus rapide, beaucoup moins dou jpureux el d'assurer nue désinfection plus efficace.

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Après avoir essuyé soigneusement avec des compresses sèches el stérilisées La région à désinfecter, il suffi! de la badigeonner à la teinture d'iode sur toute s;» surface el dans Ions ses recoins. Un tampon d'ouate, <!<• I;i grosseur d'un pois, fixé dans les mois d'une pince, permel de porter la teinture d'iode dans lous les clapiers, sous toutes les surfaces décollées; il n'existera aucun espace, aucun repli dans lequel la teinture d'iode très diffusible ne s'insinuera, de sorte qu'on pourra accomplir celle désinfection sans douleur vive, et sans déterminer aucun nouveau traumatisme. Les surfaces qui avoisinent la plaie seronl de même badigeonnée- à la teinture d'iode : le cambouis, les matières grasses qui peuvent imprégner les téguments subissent l'action dissolvante de l'alcool, l'iode lui-même entre en combinaison avec les acides gras, de sorte qu'en définitive toutes les souillures sont pénétrées par la teinture d'iode et stérilisées. Une fois l'iode appliqué il faut avoir soin de laisser sécher avant de recouvrir de compresses stérilisées, et d'une couche d'ouate maintenue par une bande.

La fréquence des pansements sera indiquée par l'évolution de la plaie : dans les premiers temps ils doivent être quotidiens; en effet la plaie esl presque toujours le siège d'une sécrétion séro-sanguinolente qui décompose la teinture d'iode et neutralise rapidement son action comme l'ont montré les expériences faites dans le service de M. Reclus. Cette sécrétion diminue d'ordinaire rapidement, et bientôt on peut faire des pansements rare- à quatre ou cinq jours d'intervalle. En renouvelant les pansements il faudra s'attacher à bien débarrasser les téguments des fragments de coton qui peuvent adhérer, car en s'imbibant d'iode ils prolongeraient outre mesure son action et pourraient amener des accidents de vésication. 11 faut surtout avoir soin d'exciser les lambeaux mortifiés afin d'éviter la formation des clapiers qui, ne pouvant être atteints par la teinture d'iode, deviendraient un milieu favorable à la suppuration.

Lorsque la désinfection iodée a pu être appliquée très rapidement après l'accident, et sans faute de technique, les résultats de ces pansements sont souvent merveilleux : assez souvent on pourra éviter la suppuration : en effet sous l'influence de la teinture d'iode la plaie se dessèche et devient un milieu très défavorable à la pullulation microbienne, un des éléments indispensables aux cultures, le milieu humide ayant disparu. De plus on n'observe presque jamais ces énormes tuméfactions inflammatoires accompagnées de raideur des articulations etdes tendons voisins, qui sont presque de règle dans les grandes plaies confuses des mains et des doigts traitées par les pansements humides.

Le dessèchement des tissus s'accompagne souvent de la formation de croûtes qui gênent l'action de la teinture d'iode: aussi il est utile au bout de huit à dix jours de donner un bain oxygéné tiède afin de ramollir les parties sphacélées et de les exciser: souvent au-dessous des croû telles où des lambeaux épidermiques exfoliés, on rencontrera de petites collections qu'il faudra évacuer; ensuite on asséchera bien toute la plaie, puis on recommencera les pansements iodés.

3° Dans le traitement des fractures compliquées, en particulier dans le traitement des fractures ouvertes de la voûte crânienne. les pansementsà la

Pansements.

teinture d'iode appliqués suivant la technique que nous venons d'indiquer, constituent un mode de désinfection extrêmement sûr et simple qui rendra les plus grands services surtout aux praticiens des campagnes. De même dans les plaies articulaires ils permettront très aisément une bonne désinfection, sans craindre la projection par les lavages de souillures dans l'intérieur de l'article.

. 111. — Pansement pour plaie de la région temporale.

(Tuffier et Desfosses, Petite Chirurgie pratique.

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