CORPS
1° Pansements des plaies de la tête et du cou. — Pour les plaies de la
tête et du cou, il est bon de ne pas entasser trop d'ouate par-dessus les
premières pièces de pansement; le pansement
doit être léger.
Les bandes employées ne devront pas avoir
plus de i à 6 centimètres de largeur; la bande de
crêpe Velpeau convient admirablement; pour bien
faire tenir un pansement sur la tête et le cou, il
faut prendre point d'appui sur le bregma, le
maxillaire inférieur d'une part, le front et l'occiput d'autre part, et faire des circulaires autour
du cou. En continuant l'enroulement de la bande,
on peut recouvrir d'une façon solide tout le sommet de la tête, la nuque et le cou, en ne laissant
libre que la face (fig. 1 11).
Le mode d'enroulement des bandes doit être
modifié suivant le cas considéré : pour une plaie
du pavillon de l'oreille ou de la région temporale,
on peut supprimer les tours de bande autour du cou, la bande partant du front fera quelques circulaires passant par la nuque, au niveau de l'oreille droite, par un renversé elle se portera sous le maxillaire intérieur. remontera au niveau de l'oreille gauche sur le bregma pour redescendre el faire des circulaires verticaux qui se croiseront alternativement avec le> circulaires passant par le fronl .
Le pansemenl d'une plaie du cou sera maintenu par dos circulaires du cou. el pour
empêcher le pansement de bâiller par en haut, on fera passer quelques jets obliques sur le sommel de la tête, on pourra le- assu jellir par de- circulaires passant par le front ci la nuque (fig. 1 12).
Si la plaie siège à la partie inférieure du cou ou à la partie supérieure des épaules, le- circulaires du cou seront complétés par des jets de bande passant sous le- aisselles.
Quand une plaie siège sur le cuir chevelu, pour maintenir le pansement.
Fig. Il
-1. — Pansement d'une plaie
du cou.
l'uflici- el Desfosses.)
Pansements.
Fig. 115. — Panscinenl en capeli pour plaie du cuir chevelu.
(Tuffier et Desfosses.)
Fie. 114
Pansement en monocle de l'œil gauche.
Tuffier et Desfosses.)
on peul avec avantage utiliser ce que les anciens appelaient la capeline; la bande, après quelques circulaires passant par le front, la région temporale" la nuque, se renverse de la racine du nez rers la nuque en passant parle sommet de la tête; ce jet oblique est ûxéparun circulaire, puis un nouveau renversé ramène la bande du front à la nuque en passant par le sommet de la tête, un nouveau circulaire fixe ce jet oblique. On continue de celle façon en faisant successivement à droite et à gauche des jets obliques de bandes allanl de la racine du nez à la nuque ; on termine par des circulaires horizontaux. Quand ce bandage est suffisamment serré et l'ait avec soin, il tient très bien et il a
l'avantage de pou voir être dissimulé par un chapeau (fig. 1 15).
Pour les pansements des yeux on a recours encore de nos jours au pansement nommé par les anciens monoculus ou binoculus (fig. 1 14).
Pour le pansement d'un œil, on commence par deux circulaires du front; arrivé à la nuque, on passe sous le lobule de l'oreille et de là sur l'angle interne de l'œil, par-dessus les premières pièces de pansements; on gagne la bosse pariétale du côté opposé, puis on maintient ce jet oblique par un circulaire du front; on porte à nouveau la bande vers la nuque et on fait successivement des obliques analogues et les mômes circulaires contentifs. On termine par un circulaire. Pour maintenir un pansement sur les deux yeux, on agit de même, on l'ait des tours circulaires autour de la tête et des jets obliques passant sous chaque lobule de l'oreille pour recouvrir les yeux.
Pour maintenir un pansement léger sur l'œil, on peut se contenter d'un simple mouchoir noué sur le côté de la tête.
2° Pansements des membres. — Les pansements des membres sont en général faciles à faire; il suffit de mettre une quantité suffisante d'ouate, et de maintenir au moyen d'une bande que l'on enroule en faisant ce qu'on appelle des renversés, c'est-à-dire en pliant à chaque tour la bande, de telle sorte que son bord supérieur devienne inférieur, et sa face externe interne. 3° Pansements des plaies des doigts ou de la main. — Pour maintenir un pansement compressif autour d'un doigt on a recours au spiral du doigt. La bande commence par quelques circulaires autour du poignet, descend sur le dos de la main jusqu'à la racine du doigt malade, puis descend en spirale jusqu'à l'extrémité du doigt. Arrivé à cette extrémité on commence à serrer plus fortement la bande et on remonte à la base du doigt, en tours plus ou moins rapprochés, pour de là gagner par le dos de la main le poignet où se fixera la bande.
Pansements.
Fig. 115.
Pansement en spirale
du médius.
(Tuffier et Desfosses.)
Souvent on se contente d'enrouler la bande en spirale autour du doigt et de l'arrêter au niveau de la racine du doigt (fig. 115).
Quand on fait à chaque doigt un spiral relié au poignet on obtient le bandage que les anciens auteurs nommaient gantelet. Quand on veut maintenir sans compression un pansement autour d'un doigt, on se sert d'un doigt de gant taillé en pointe aux dépens de la face dorsale. A cette pointe on attache un ruban dont les deux chefs sont noués autour du poignet. Le doigt de gant convient très bien dans les derniers jours où un pansement du doigt est utile, alors que l'on veut protéger une cicatrice récente contre les contacts nuisibles. Pour une plaie fraîche du doigt, quand on a une hémorragie plus ou moins abondante à combattre, il est préférable d'employer le spiral du doigt.
Pour les plaies du doigt, on peut se servir également du doigtier en caoutchouc souple, mais il faut avoir soin de le prendre suffisamment large pour que le doigt ne soit pas serré.
Pour les plaies de la main proprement dite, c'est-à-dire pour les plaies de la région palmaire et dorsale du carpe et du métacarpe on a recours au
huit de la main : ce huit de la main est antérieur ou postérieur (fig. 116, 117).
Dans le huit postérieur la bande commence par deux circulaires au poignet, se porte ensuite obliquement sur la face dorsale de la main jusque vers la base des doigts, qu'elle entoure d'un circulaire laissant le pouce libre. La bande revient ensuite vers le poignet en croisant le premier jet oblique autour du poignet, clic fait un circulaire horizontal, puis redescend vers la main en recouvrant une partie du premier jet oblique, el on continue ainsi jusqu'à ce que la main soit bien recouverte.
Le même mode de pansement appliqué à la l'ace antérieure de l'avantbras constitue le huit antérieur du poignet ou de la main.
4° Pansement de l'épaule. Pour les plaies de l'épaule cl pour une amputation du bras, il est nécessaire que le pansement passe à la fois autour «lu tronc H autour «lu bras (fig. 1 18).
5° Pansement des seins. a) Pour maintenir un pansement provisoire au-devant d'un sein, on peut employer une écharpe triangulaire. La base du triangle est placée autour du thorax, les deux pointes correspondant a celle l>a>e sont attachées en arrière l'une à L'autre au moyen d'épingles; !<• sommet du triangle est pas^c par-dessus L'épaule correspondant au sein malade, el est fixé aux chefs postérieurs à L'aide d'un morceau de bande.
Fig. 116. Fig. 117.
Fig. 1 lf>. — Pansemenl en huit pour plaie
du (In- de la main.
Fig. 1 1". Pansemenl en huil pour plaie
de la paume de la main.
(Tuflier cl Desfosses.)
Pansements.
b) Pansement compressa d'un sein. - Quand on veut exercer sur le sein une certaine compression, il faut recourir à ce que les anciens appelaient le croisé contentif de la mamelle (lia. 119).
Après avoir placé les couches profondes du pansement et une couche Lrès épaisse (Tonale, on maintient d'une mai n les pièces du pansement tandis que de l'autre on roule la bande.
Supposons qu il s'agisse du sein gauche : on commence par quelques circulaires autour de la ceinture en allant du côté gauche de la malade au côté droit, puis arrivé sous le sein gauche, on remonte obliquement sur l'épaule droite; on descend obliquement par derrière vers l'aisselle gauche, on l'ail un circulaire horizontal en passant par-dessus le jet oblique pour le Bxer; arrivé sous le sein gauche, on fait un second oblique recouvrant les deux
tiers du premier, puis un second circulaire. On continue par un troisième
Fig. 118. — Pansement pour amputation du bras.
Fig. 119. — Pansement compressif du sein gauche.
(Tuffier et Desfosses.)
oblique maintenu par un troisième circulaire et ainsi de suite jusqu'à ce que le sein soit entièrement recouvert.
On peut par ce moyen exercer une compression très forte, mais il faut toujours avoir soin de relever la mamelle de bas en haut.
c) Pansement compressif des deux seins. — La manière de faire un pansement des deux seins est la même que dans le pansement précédent : il faut faire des circulaires entourant le thorax au-dessous des seins, des jets obliques passant sur l'épaule gauche et sur l'épaule droite.
On commence comme précédemment par des circulaires, puis on croise obliquement l'épaule gauche en relevant la mamelle droite, on redescend vers la ceinture et on fixe par un tour circulatoire. Pour passer sur le sein gauche il y a une petite difficulté, car si on enroulait la bande toujours dans le même sens, l'oblique pour le sein gauche serait dirigé de haut en bas, et tendrait à faire descendre le sein au lieu -de le faire remonter. Pour éviter cet inconvénient, autrefois on se servait de bandes roulées à deux globes: il suffit d'intervertir le sens d'enroulement après avoir fait un circulaire. on arrête la bande sur la ligne médiane puis on la fait revenir sur elle-même, on fait un nouveau circulaire, la bande qui allait de droite à gauche, va main-
Pansements.
tenant de gauche à droite, elle aborde le sein gauche par sa partie inférieure, remonte ce sein, gagne l'épaule droite, redescend, fait un circulaire, change de nouveau de sens pour venir aborder le sein droit, et ainsi de suite ; alterna livement on renverse le sens d'enroulement de la bande, pour que toujours les seins soient bien remontés. Quelquefois le pansement a tendance à bailler par en haut, on fait alors pour terminer un ou deux circulaires audessus des seins.
Les pansements à la suite d'amputation du sein, pour tumeurs, doivent être faits d'une façon notablement différente : le mieux est d'appliquer sur la plaie un pansement aseptique et de le maintenir au moyen d'un bandage de flanelle garni d'une épaisse couche d'ouate.
Ensuite on applique sur tout le membre supérieur une couche d'ouate assez épaisse que l'on maintient au moyen d'une bande de tarlatane enroulée à la fois autour du bras et autour du tronc. Avant de terminer le pansement, on place dans l'aisselle un épais tampon d'ouate que l'on fixe par quelques tours de bandes supplémentaires. Ce tampon a pour but de fixer le bras en abduction; grâce à cette précaution et au pansement compressif du membre supérieur, on évite dans la plupart des cas, les œdèmes de ce membre si fréquents après les curages de l'aisselle pour cancer du sein.
6° Pansement des plaies du thorax. — Un pansement d'une plaie de la région dorsale ou thoracique est maintenu soit par un bandage de corps, soit par un spiral de la poitrine.
Plus souvent pour les plaies du dos ou du thorax on maintient le pansement à l'aide d'un bandage de corps. Le bandage de corps est une pièce de toile ou mieux de flanelle taillée en forme de rectangle allongé mesurant en général 75 centimètres de long sur 50 de large. On le fixe en avant par des épingles et pour l'empêcher de glisser on le maintient par des bandele lies passant par-dessus les épaules.
7° Pansement de l'abdomen. — Pour les plaies de la paroi abdominale, pour la plaie consécutive à la laparotomie, par exemple, on emploie le bandage de corps en flanelle. Par-dessus les couches profondes du pansement, on amoncelle une quantité assez considérable d'ouate qui permet de serrer fortement le pansement; quand l'abdomen est bien comprimé, le malade souffre moins.
Le bandage de corps est maintenu par des souscuisses.
8° Pansement du périnée. — Pour maintenir un pansement de la légion anale et de la région périnéale chez L'homme, un pansement de l'anus, du périnée, de la vulve chez là femme, on se sert du bandage en T (fig. 120).
Pour appliquer ce bandage, on portera le milieu de la bande postérieurement au-dessus du sacrum, pour venir en faisant le tour du corps, <mi attacher les extrémités en avant, au niveau de la paroi antérieure de l'abdo nien. Les bandelettes passeronl sous le périnée el viendronl se fixer à
Bandage eu T pour pansement de périnéoi raphie.
(Tuffler h Desfo
Pansements.
la bande circulaire, l'une à droite, l'autre à gauche de la ligne médiane. Pour les plaies des fesses, il est souvent avantageux d'employer ce que Mayor dénomme le triangle pelvien supérieur.
La base (l'une écharpe triangulaire esi placée derrière le sacrum, les chefs sonl réunis au-devanl du pubis, le sommel réfléchi entre les cuisses \n se réunir aux deux chefs, devant le pubis.
9° Pansement de l'aine et de la hanche. Les pansements des plaies de la région inguinale sont maintenus par le spica; le spica esl -impie ou double suivant qu'une seule ou les deux aines sonl recouvertes par les Landes.
On commence par faire deux ou Irois tours de bande autour de la partie inférieure de l'abdomen, puis au moment où Ton arrive au niveau de l'épine iliaque antérieure, on conduit la bande obliquement sur la partie externe, postérieure et interne de la cuisse et on la ramène à l'épine iliaque pour lui taire décrire un circulaire autour de la partie inférieure de l'abdomen, redescendre sur la cuisse, et ainsi de suite un plus Ou moins grand nombre de lois suivant la dimension du pansement.
Le spica sert également pour les plaies de la cuisse, on le complète alors en faisant quelques circulaires autour de la cuisse avec la même bande (fig. 121).
Le spica double de l'aine se fait d'après les mômes principes, la bande fait deux ou trois circulaires autour de l'abdomen; arrivée au niveau de l'épine iliaque antérieure el supérieure droite, elle gagne la partie antérieure de la cuisse gauche en passant devant laine gauche, parcourt successivement la face externe, la face postérieure el la face interne de la cuisse gauche, revient à la partie antérieure et regagne le pourtour de l'abdomen, par la crête iliaque gauche. Arrivée au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure droite, elle descend alors sur cette cuisse droite, en passant devant l'aine droite, parcourant successivement la face interne, la face postérieure et la face externe de la cuisse droite, se porte au-devanl du pli inguinal et revient faire un circulaire autour de l'abdomen au-dessus de la crête iliaque gauche. On continue jusqu'à ce que les deux aines soient recouvertes.
11 va de soi qu'on peut intervertir le sens d'enroulement des bandes. Pour l'application d'un spica, le malade couché plie les genoux et prend point d'appui sur les pieds et les épaules pour soulever son sacrum audessus du plan du lit, les jambes étant légèrement écartées.
Si la position doit être maintenue longtemps on glissera sous le sacrum du malade un pelvi-support.
10° Pansement du genou. — Pour une plaie de la face antérieure ou de la face postérieure du genou, la disposition des bandes devra affecter le mode d'enroulement du huit postérieur du genou.
Fig. 121. — Spica de l'aine.
(Tuffier el Desfosses.)
319 Paracentèse de l'abdomen.
Le huit postérieur du genou commence par deux circulaires de la jambe, un peu au-dessous de l'articulation du genou.
La bande passe obliquement sur le creux poplité, décrit un circulaire de la cuisse, après quoi elle descend, derrière l'articulation vers la jambe en croisant le premier jet oblique ascendant. Elle l'ait ensuite le tour de la jambe et remonte vers la cuisse en suivant la direction du premier jet oblique. On continue ainsi jusqu'à l'entier épuisement de la bande.
11° Pansement du pied. — Pour une plaie du pied, la disposition des tours de bande revêtira la disposition du spiral contentif du pied. On commence par des tours de bande horizontaux au-dessus des malléoles, on descend la bande par devant l'articulation tibio- tarsienne jusqu'à la base des orteils et on remonte en faisant des renversés.
Arrivé au niveau de l'articulation, on revient par un oblique au-dessus des malléoles où on termine la bande, dès que l'application du pansement est suffisante. On peut commencer aussi par la racine des orteils.