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I. — ANOMALIES DE DIRECTION ET DE POSITION

Trichiasis. Distichiasis (OpfÇ, cheveu). — Direction vicieuse des cils, H notamment en arrière, duc aux inflammations chroniques el ulcéreuses, aux cicatrices (brûlures, plaies) des bords libres des paupières el surtout au trachome.

Les cils ainsi déviés irritent la cornée, d'où lésions inflammatoires, ulcérations, laies, photophobie, Larmoiement, sensation de corps étrangers

Le trichiasis est partiel ou total : dans les deux cas les cils déviés ne sonl pas

normaux, ils sonl petits, malingres, subissent des altérations trophiques.

Lorsque l'implantation des cils ne se faii pas suivant des séries Linéaires

normales, physiologiques, mais a lieu avec de grandes irrégularités de

nombre et d'écartement, il y a distichiasis.

Traitement. — Epilation ou mieux électrolyse dans le trichiasis partiel. Pour le trichiasis total on aura recours aux méthodes de déviation et aux opérations dites du trichiasis.

Entropion (rpsusiv, tourner). — 11 y a entropion lorsque le bord de la paupière est renversé en dedans. Dans le trichiasis proprement dit, l'angle

palpébral postérieur est arrondi et les cils sonl dé> iés de leur direction normale, ont une direction vicieuse; dans l'entropion les cils sonl dirigés en arrière parce que tout le bord palpébral esl incurvé en arrière.

On distingue deux variétés d'enlropion : l'entropion spasmodique, musculaire et l'entropion cicatriciel, organique. Le premier esl dû aux inflammations aiguës avec œdème ou infiltration sanguine des paupières, à la surcharge graisseuse des paupières (entropion par adipose); à la compression prolongée d'un bandeau oculaire, notamment chez les vieillards (fig. ICI), parce que chez eux la peau ridée et flasque ne maintient plus suffisamment les fibres musculaires; à l'enfoncemenl congénital ou acquis du globe de l'œil dans l'orbite, enfoncement fréquent chez les vieillards amaigris; à l'atrophie oculaire.

L'entropion cicatriciel est la conséquence d'une altération du tarse avec production de tissu cicatriciel telle qu'on la constate dans le trachome, les

Fig. 161. — Entropion sénile. (Péchii).]

Paupières (Affections diverses).

inflammations chroniques du bord libre et les cicatrices de la conjonctive par ulcération ou brûlure. Les conséquences de l'entropion sont les mêmes que celles du trichiasis.

Traitement. — Lorsque l'entropion est spasmodique et de courte durée, on agira sur la peau par des moyens appropriés : bandelettes, collodion, serre-fine; mais on doit reconnaître que ces moyens sont d'habitude peu efficaces, aussi devra-t-on, si l'entropion persiste et détermine des accidents, pratiquer la cautérisation linéaire superficielle, limitée à la peau et à l'orbiculaire, ou profonde et intéressant plus ou moins le tarse. Cette cautérisation linéaire donne habituellement de meilleurs résultats que les sutures de Gaillard ou de Snellen.

Dans l'entropion cicatriciel ou organique, on redressera le tarse soit par la cautérisation linéaire, qu'on pourra au besoin renouveler, soit par les méthodes opératoires du trichiasis [V. Paupières (Opérations)].

Ectropion. — Renversement de la paupière en dehors. Degrés variables depuis la simple éversion du bord palpébral jusqu'au renversement complet de la paupière. L'ectropion est dit paralytique lorsqu'il est dû à la paralysie de l'orbiculaire. Il ne peut siéger qu'à la paupière inférieure.

U ectropion sentie atteint également la paupière inférieure. Il est dû à la faiblesse, au manque de tonicité du derme et des fibres de l'orbiculaire. Chez les personnes âgées l'ectropion est surtout entretenu par un catarrhe chronique de la conjonctive qui se complique à son tour de conjonctivite lacrymale (fig. 162).

Chez les sujets jeunes, une inflammation de la conjonctive peut déterminer, en même temps quedublépharospasme, la contracture des faisceaux orbitaires do l'orbiculaire; c'est l'ectropion spasmodique.

Le bord palpébral peut être déjeté en dehors soil par gonflement œdémateux de la conjonctive, ectropion muqueux\ soil par rétraction du derme, ectropion sténoderminue.

Enfin l'ectropion reconnaîf pour cause une lésion cicatricielle de nature diverse : Iraumatismes, brûlures, ulcères tuberculeux ou syphilitiques, ostéopériostite du rebord or bi taire, pustule maligne, boulon d'Orient, etc.... ( ! rvi I ectropion cicatriciel.

Fig. i').'. — Ectropion dit spasmodique chez l< Péchin.)

vieillards.

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Lorsque l'ectropion esl léger, il ne se complique que de larmoiement par éversion, puis, atrophie du point lacrymal el d'altération des glandes ciliaires el <lr Meibomius avec sécheresse el ulcération des bords Libres. S'il esl Lrès accentué, il y a lagophtalmos, lésions graves de la conjonctive <] ni devient épaisse, charnue el bourgeonnante, et surtout kératite par Lagophtalmos avec toutes ses graves conséquences.

Traitement. — Lorsqu'il s'agit d'ectropion non cicatriciel on doit d'abord traiter L'affection causale (conjonctivites, kératites, affections des voies Lacrymales, affections cutanées) et en cas d'insuccès recourir, comme ou Le fera pour l'ectropion cicatriciel, à l'opérai ion de l'ectropion par le procédé applicable'à chaque cas particulier. Dans l'ectropion paralytique on se bornera à faire une tarsorraphie qui mettra l'œil à l'abri de tout danger en attendant que le muscle orbiculaire puisse reprendre ses fonctions.

Tout à fait au début et alors qu'il n'y a qu'éversion du point lacrymal on débridera ce point [Y. Paupières (Opérations)].

Ankyloblépharon (àyxû)or,, ankylose). — Consiste dans la soudure des bords palpébraux entre eux. Il est congénital ou acquis.

Congénital, il coexiste souvent avec l'ano ou cryptophtalmie. Il s'agit d'un défaut de développement des paupières ou de la persistance d'un pont membraneux placé derrière la rangée des cils. Cette soudure est normale chez le fœtus; elle se fait vers le troisième mois.

L'ankyloblépharon est partiel ou total. On peut n'observer qu'une petite ouverture qui indique l'emplacement de la fente palpébrale.

Acquis ou pathologique, il provient d'ulcérations profondes, de brûlures intéressant les bords palpébraux. Les deux variétés, congénitale et acquise, sont souvent compliquées de symblépharon.

Traitement. — Lorsqu'il n'y a pas de symblépharon, la simple séparation des paupières pourra suffire. Si les angles sont débridés, on recouvrira la plaie avec la muqueuse comme dans la canthoplastie. Dans certains cas, une autoplastie sera nécessaire. S'il y a symblépharon on ajoutera l'opération de cette complication (v. c. m.).

Symblépharon (aùv; et pXecpap&v, paupière). — Adhérence anormale, cicatricielle de la conjonctive palpébrale à la conjonctive bulbaire. L'adhérence est totale ou partielle selon qu'elle se fait par une ou plusieurs brides qui relient les deux conjonctives ou que celles-ci sont partout appliquées Tune contre l'autre. Lorsque les adhérences sont centrales, on a le symblépharon antérieur; si elles sont périphériques, au niveau des culs-de-sac, il s'agit du symblépharon postérieur, distinction qui a un intérêt au point de vue pronostic, le symblépharon des culs-de-sac ayant tendance à progresser el défiant souvent les procédés opératoires les plus ingénieux.

Les causes du symblépharon sont nombreuses; elles comprennent toutes les variétés de lésions qui peuvent compromettre l'indépendance physiologique des conjonctives bulbaire et palpébrale : érosions, ulcères, plaies consécutives à des brûlures et aux caustiques de toute espèce, 1 acide sulfurique principalement, aux opérations, à la diphtérie, aux ulcères ; à tout raccourcissement de la conjonctive résultant d'une rétraction graduelle de son tissu par trachome, pemphigus, psoriasis, pityriasis, herpès, etc.

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Le symblépharon léger ne donne lieu à aucun trouble sérieux ; il n'en est plus de même lorsque les adhérences sonl nombreuses et surtout lorsqu'il y a adhérence totale car, outre la gêne des mouvements de l'œil et des paupières pouvant entraîner la diplopie et le lagophtalmos, il y a l'irritation, les tiraillements des brides et surtout les complications cornéennes qui peuvent aller jusqu'à la cécité. Le symblépharon le plus grave est celui qui, partant du fornix, avance implacablement vers le limbe qu'il finit par atteindre avec le temps. J'ai observé une malade âgée qui avait été soignée par Desmarres père pour une atrophie conjonctivale avec processus rétraclile des deux yeux. Pendant une trentaine d'années l'affection avait évolué lentement, progressivement, jusqu'à l'investissement complet des deux cornées. Pendant que j'ai soigné cette malade, j'ai pu voir cet investissement se resserrer encore, les cornées furent envahies et la cécité devint complète.

Traitement. — Le symblépharon total est actuellement incurable. Pour le symblépharon partiel on aura recours suivant les cas aux divers procédés opératoires.

Blépharophimosis (<pfyu)fc>, museler, brider). — Dans le blépharophimosis, la fente palpébrale paraît raccourcie du côté de la commissure externe par un pli vertical qui se forme à ce niveau. Une inflammation chronique de la conjonctive et des paupières avec blépharospasme et larmoiement entretient sur le derme un état irritatif qui le raccourcit.

Traitement. — Soigner la conjonctive et les bords palpébraux. Et au besoin débridement avec section de l'aponévrose orbito-larsale ou cantlioplastie.

II. — CHROMHYDROSE. — La chromhydrosc sèche, localisée, récidivante est très rare et très contestée. On a cru à la supercherie, à la mystification. Il y a pourtant des cas authentiques. Celui de Blanchard et ceux de Leroy de Méricourl dissipent tous les doutes et établissent absolument l'existence de cet le affection.

Les deux variétés connues sont la chromhydrosc noire (mélanhydrose) cl la chromhydrosc bleue (cyanhydrosc). La nature chimique de la matière colorante est très différente.

La mélanhydrose apparaît sur les paupières, quelquefois en des régions symétriques, sous forme do taches noires. La peau n'est ni teintée, ni colorée, il s'agit d'un enduit qui est simplement déposé. Le frottage ou le lavage enlèvent cetenduitel alors la peau apparaît normale. Lue lois enlevé t'enduit noir ne larde pas à réapparaître. Cet enduit est composé d'une poudre impalpable Au microscope cette poussière est formée de particules d'un noir intense, amorphes 1res fines cl parfois animées de mouvements browniens. Ce dépôl noir esl d'origine sudorale ; c'est une forme de la fonction sudoripare. Peut-être la sueur contient-elle une substance chromo gène incolore, qui dans de certaines conditions encore mal connues se dépose sous forme i\c poussière colorée. Les taches ne sonl pas limitées aux paupières, on les constate aussi sur L'aile du ne/, au sourcil, sur la Langue.

L apparition des taches esl précédée de clignotement, de photophobie, (\<x conjonctivite.

\ ■ l'M ( VI

Paupières (Affections diverses). Wl

Elles semblenl apparaître avec le froid el disparaître avec la chaleur.

La chromhydrose bleue (cyanhydrose) esl formée de Lâches bleues qui sonl également d'origine sudorale.

Il s'agit d'un trouble de la fonction sécrétoire <!<•> glandes sudoripares. C'est une névrose particulière dont nous ignorons la nature. Aussi est-il impossible de formuler un traitement précis.

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